Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2007 03 7

A propos de la toile du Décor pour Peer Gynt (Nicolas Roerich)

Classé sous Decouverte de Jourdan-Migonney-Cocteau-Roerich — ganeshabreizh @ 18:30

La hutte de style nordique perchée sur le rocher apparaît comme une construction solide en équilibre instable sur une base étroite. En la peignant vue d’en bas, Roerich accentue cette apparente contradiction et semble établir un parallèle entre la hutte de Solveig et ce qu’éprouve la jeune fille pour Peer Gynt : un amour pur qu’il rejette mais qui survivra à son désir de voyage. Les amants sont réunis au cinquième acte de la pièce écrite par Henrik Ibsen en 1867.

L’arbre situé au centre du tableau a perdu toutess ses jeunes branches mais reste ancré dans la pierre, comme soutenu par elle ; de même le héros prodigue rentre vieilli et assagi de ses aventures, qui l’ont mené au royaume des Trolls et plus loin encore.

Roerich créa de multiples décors pour la mise en scène du Théâtre d’Art de Moscou en 1912 ; tous abondent en allusions symbolistes, le peintre voyant dans la pièce d’Ibsen un « drame norvégien cosmique ». [« Spectacle », ‘Adamant’ (Paris : Presse franco-russe, 1923 ; New york : Corona  Mundi, 1924), p.49.]  

Le dessin exécuté au pastel, joue sur une palette limitée de bleus et de jaunes, composantes de la couleur verte que Roerich utilise avec parcimonie pour suggérer l’espoir et la rédemption que représente l’amour de Solveig dans ce conte faustien.

Roerich reçut cette comande des directeurs du Théâtre d’ Art de Moscou, Konstantin Stanislavski et Vladimir Nemirovitch-Dantchenko, qui étaient au courant de sa réputation grandissante de décorateur. Sa toute première commande datait de 1907, Nikolaï Evreinov et Nikolaï Drizen lui ayant demandé de concevoir les décors de The Three Wise Men pour le théâtre Starinny de Saint-Pétersbourg ; il y eut ensuite Fuente Ovejuna, en 1911. Le fait d’être reconnu par d’éminentes figures du monde théâtral stimula la productivité du jeune homme, et l’incita, en tant qu’artiste, à prendre des risques.

Dès le début de sa carrière, Roerich trouva un précieux conseiller en Vladimir Stassov, bibliothécaire d’une grande érudition, critique reconnu, et partisan du nationalisme en art. Svetoslav Roerich évoque, à propos de cette époque, la culture encyclopédique de Stassov et le cercle d’intellectuels dont il ouvrit les portes à Nicolas ; il lui présenta par exemple Nikolaï Rimski-Korsakov et Léon Tolstoï.[Svetoslav Roerich entretien avec Kenneth Archer.) Bien que Roerich obtint ses premières commandes grâce à Stassov, et malgré la slavophilie commune qui liait les deux hommes, le jeune peintre se sentait attiré par de nouveaux courants intellectuels, notamment par le Monde de l’Art de Diaghilev. Il fallait à l’évidence, cultiver une telle relation, puisque ce dernier demanda à Roerich, en 1909, de créer lesdécors et les costumes de Prince Igor pour sa saison parisienne.

*

[Source : Nicolas Roerich "Roerich Est & Ouest" par Kenneth Archer - Edition Parkstone - Parkstone Presse - Bournemouth-Angleterre-1999.ISBN / 1-85995-4 78-2]

Laisser un commentaire

Fée |
Rikach-inspiration |
yvanlepape |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le Rêve Errant
| Jean-michel BARRAT Artiste ...
| MIDO