Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2007 03 7

A propos de la toile « Le Messager de l’aigle » (Nicolas Roerich)

Classé sous Decouverte de Jourdan-Migonney-Cocteau-Roerich — ganeshabreizh @ 18:24

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Au début de l’expédition des Roerich en Asie centrale, l’aîné des fils Georges, était âgé de 22 ans mais avait déjà achevé ses études, qu’il avait suivies à Londres, Columbia, Harvard et la Sorbonne ; cette formation allait être le point de départ d’une brillante carrière d’orientaliste. Dès 1924 il avait écrit un ouvrage sur la peinture tibétaine, puis il prépara ‘Trails to Inmost Asia’, récit d’expédition publié par Yale University Press en 1931. [Georges N. Roerich, ‘Tableaux tibétains’ (Paris : Librairie Orientaliste, Paul Geuthner, 1925)]. Il précise dans sa préface quels étaient les objectifs de ce projet :

« Nous eûmes l’occasion, en Asie centrale, d’observer l’une des plus immense chaîne de montagnes du haut monde, de voyager des mois durant à travers des hauts plateaux et des déserts arides de sables et de cailloux, et d’étudier les vestiges d’une culture disparue qui, en d’autres temps, liaient la Chine aux pays du bassin méditerrannéen. » [Georges N. Roerich, note de l'auteur, 'Trail to Inmost Asia', p.xi]

Georges Roerich définit en outre l’idée que se faisait son père de ce voyage, qui devait lui permettre « de rendre compte par la peinture des paysages et des peuples de l’Asie centrale » (ce qu’il fit en cinq cents tableaux), « d’estimer l’éventualité de nouvelles explorations archéologiques », et « de rassembler une large collection de matériel ethnographique et linguistique. »[ibid.) 

Le Message de l’aigle représente un lama méditant près d’une grotte, dans la montagne. La présence de l’aigle suggère que nous nous trouvons à une altitude vertigineuse et que le lama, qui reçoit le message de l’aigle, se trouve dans un état d’exaltation consciente. Au cour de son expédition, Roerich peignit des lamas, des moines, des yogis et des ermites dans leur retraite austère. C’était la première fois qu’un artiste occidental entretenait une telle tâche. Alexandra David-Neel, écrivain français du dix-neuvième siècle initiée à la vie monastique des bouddhistes tibétains fut l’une des rares personnes étrangères à témoigner de tels phénomène. Elle exprima par des mots ce que Roerich décrivait par la peinture : « des anachorètes vivant dans des grottes ou des huttes, situées en général à très haute altitude, parfois presque aussi haut que…les neiges éternelles…bien au-dessus de trois mille mètres, dans l’Himalaya et au Tibet. » [Alexandra David-Neel ‘Initiations and Initiates in Tibet’, traduction de Fred Rothwell (Londres : Rider, 1931), p. 211 & note 2].

Quand aux écrits d’Elena Roerich, ils soulignent les défis posés par le choix d’une vie spirituelle :

« La taupe est au chaud dans son trou.

L’aigle est transi dès avant le lever du jour ».

[‘Leaves and Morya’s Garden’ (Vol. 1, The call) p. 23]

La famille Roerich avait en effet quitté le confort de la vie new-yorkaise, pour se lancer dans une aventure dangereuse, durant laquelle ses membres durent affronter privations et manque de réserves. Sina Fosdick raconte que Roerich peignait parfois sur des caisses, comme c’est le cas ici, sur « de la toile de tente et même, sur les instances de Madame Roerich, sur du tissus découpé dans ses robes. » [Sina Fosdick entretien avec Kenneth Archer].

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[Source : Nicolas Roerich "Roerich Est & Ouest" par Kenneth Archer - Edition Parkstone - Parkstone Presse - Bournemouth-Angleterre-1999.ISBN / 1-85995-4 78-2]

 

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