Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2008 06 17

propos de Symbolisme – Les Couleurs – II – Rouge, le Rouge : la couleur Rouge ! Le Roux!

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Et si je vous parlais du Symbolisme du Rouge, la couleur Rouge !

Le Roux!

 

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Universellement considérée comme le symbole fondamental du principe de vie, avec sa force, sa  puissance et son éclat, le rouge, couleur de feu et de sang, possède toutefois la même ambivalence symbolique que ces derniers, sans doute, visuellement parlant, selon qu’il est clair ou foncé.

Le rouge clair, éclatant, centrifuge, est diurne, mâle, tonique, incitant à l’action, jetant comme un soleil son éclat sur toute chose avec une immense et une irréductible puissance. Le rouge sombre, tout au contraire, est nocturne, femelle, secret et, à la limite, centripète ; il représente non l’expression mais le mystère de la vie. L’un entraîne, encourage, provoque, c’est le rouge des drapeaux, des enseignes, des affiches et emballages publicitaires ; l’autre alerte, retient, incite à la vigilance et, à la limite, inquiète : c’est le rouge des feux de circulation routière, la lampe rouge interdisant l’entrée d’un studio de cinéma ou de radio, d’un bloc opératoire, etc. C’est aussi l’ancienne lampe rouge des maisons closes, ce qui pourrait paraître contradictoire, puisqu’au lieu d’interdire, elles invitent, mais ne l’est pas, lorsque l’on considère que cette invite concerne la transgression du plus profond interdit de l’époque concernée, l’interdit je té sur les pulsions sexuelles, la libido, les instincts passionnels.

Ce rouge nocturne et centripète est la couleur du « feu central » de l’homme et de la terre, celui du ventre et de l’athanor des alchimistes où, par l’ « œuvre au rouge » s’opère la digestion, le mûrissement, la génération ou la régénération de l’homme ou de l’œuvre.  (L’athanor étant symbole du creuset des transmutations, physiques, morales ou mystiques. Pour les alchimistes, « l’athanor, où s’opère la transmutation, est une matrice en forme d’œuf, comme le monde lui-même, qui est un œuf gigantesque, l’œuf orphique qu’on trouve à la base de toutes les initiations, en Egypte comme en Grèce ; et de même que l’Esprit du Seigneur, ou Ruah Elohim, flotte sur les eaux, de même dans les eaux de l’athanor, doit flotter l’esprit du monde, l’esprit de vie, dont l’alchimiste doit être assez habile pour s’emparer. » [Marcel Griaule, Masques Dogons, p.392, Paris, 1938.]). Les alchimistes occidentaux, chinois et islamiques, utilisent le sens du rouge d’une manière identique, et le « soufre rouge » des Arabes qui désigne l’ « homme universel » est directement issu de cette œuvre au rouge, gestation de l’athanor. Ainsi en va-t-il du « riz rouge » dans le boisseau des Chinois, lui aussi feu – ou sang- de l’athanor, lié au cinabre, dans lequel il se transforme alchimiquement, pour symboliser l’immortalité.

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Sous-jacent à la verdeur de la terre, à la noirceur du Vase, ce rouge éminemment « sacré et secret » est le mystère vital caché au fond des ténèbres et des océans primordiaux. C’est la couleur de l’âme, celle de la libido, celle du cœur. C’est la couleur de la Science, de la Connaissance ésotérique, interdite aux non-initiés, et que les Sages dissimulent sous leur manteau ; dans les lames des Tarots, l’ « Hermite », la « Papesse », l’ « Impératrice » portent une robe rouge, sous une cape ou un manteau bleu : tous trois, à des degrés divers, représentent la science secrète.

Ce rouge, on le voit, est matriciel. Il n’est licitement visible qu’au cours de la mort initiatique où il prend une valeur sacramentelle : les initiés aux mystères de Cybèle étaient descendus dans une fosse, où ils recevaient sur le corps le sang d’un taureau ou d’un bélier, placé sur une grille au-dessus de la fosse et rituellement sacrifié au-dessus d’eux [Victor Magnien, les Mystères d'Eleusis (leur origine, le rituel de leurs initiations), Paris, 1950.] tandis qu’un serpent allait boire à même la plaie de la victime.

Aux îles Fidji, dans un rituel analogue, on montrait aux jeunes gens « une rangée d’hommes apparemment morts, couverts de sang, le corps ouvert et les entrailles sortant. Mais à un cri du prêtre, les prétendus morts se dressaient sur leurs pieds et couraient à la rivière pour se nettoyer du sang et des entrailles de porc dont on les avait couverts. » [James George Frazer, The Golden Bough, A Study in Magic and Religion, 3ème éd. Revised and enlarged, 12 vol., « 3« , 425, London, 1911-1915.] . Les « océans empourprés » des Grecs et la « mer Rouge » relève du même symbolisme : ils représentent le ventre où mort et vie se transmutent l’une en l’autre.

Initiatique, ce rouge sombre et centripète revêt aussi une signification funéraire : « La couleur pourpre, selon Artémidore, a rapport avec la mort 3[Ste-Croix ; Mystère du Paganisme, in Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen Age et les Temps Moderne, p. 136-137, Paris, 1837.] – [Artémidore d'Éphèse (dit de Daldis ou Daldien) est un écrivain grec et oniromancien du IIe siècle né à Éphèse. Il a voyagé dans tout le bassin méditerranéen. Son ouvrage en grec intitulé Onirocriticon condense tout le savoir antique sur la divination par le rêve et servira durant des siècles d'ouvrage de référence sur la question. Il fut lu et relu par Freud.]

Car telle est en effet l’ambivalence de ce rouge de sang profond : caché, il est la condition de la vie. Répandu, il signifie la mort. D’où l’interdit qui frappe les femmes en règles : le sang qu’elle rejettent est l’impur, parce qu’en passant de la nuit utérine au jour il renverse sa polarité, et passe du sacré droit au sacré gauche. Ces femmes sont intouchables, et dans de nombreuses sociétés elles doivent accomplir une retraite purificatrice avant de réintégrer la société dont elles ont été momentanément exclues. Cet interdit c’est longtemps étendu à tout homme qui versait le sang d’autrui, fut-ce pour une juste cause ; le bourreau aux habits rouges est comme le forgeron un intouchable, parce qu’il touche à l’essence même du mystère vital, qu’incarne le rouge centripète du sang et du métal en fusion.

Un mythe des îles Trobiand (Mélanésie), rapporté par Bronislaw Malinowski, illustre l’universalité et l’ancienneté de ces croyances : au début des temps un homme apprit le secret de la magie d’un crabe, qui était rouge « à cause de la sorcellerie dont il était chargé ; l’homme tua le crabe après lui avoir extorqué son secret ; c’est pourquoi les crabes aujourd’hui sont noirs, parce qu’ils ont été dépouillés autrefois de leur sorcellerie ; toutefois ils demeurent lents à mourir parce qu’ils ont été jadis les maîtres de la vie et de la mort. » [Bronislaw Malinowski, Mœurs et Coutumes des Mélanésiens, p. 133-134, Paris, 1933.]

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Le rouge vif, diurne, solaire, centrifuge incite, lui, à l’action ; il est image d’ardeur et de beauté, de force impulsive et généreuse, de jeunesse, de santé, de richesse, d’Eros libre et triomphant – ce qui explique qu’en bien des coutumes, telles que la lampe rouge ci-dessus évoquée, les deux faces du symbole sont présentes. C’est la peinture rouge, généralement diluée dans une huile végétale – ce qui augmente son pouvoir vitalisant – dont femmes et jeunes filles, en Afrique Noire, s’enduisent le corps et le visage, au relevé de l’interdit consécutif à leurs premières règles, à la veille de leur mariage, ou après la naissance de leur premier enfant. C’est la peinture rouge – également dilué dans une huile – dont s’ornent jeunes gens et jeunes filles chez les indiens d’Amérique ; elle est censée stimuler les forces et éveiller le désir. Elle prend une vertu médicale et devient une indispensable panacée. C’est le sens aussi des innombrables traditions qui, de Russie jusqu’en Chine et au Japon, associent la couleur rouge à toutes les festivités populaires, et spécialement aux fêtes de printemps, de mariage et de naissance : bien souvent on dira d’un garçon ou d’une fille qu’il est rouge pour dire qu’il est beau ; on le disait déjà chez les Celtes d’Irlande.

Mais incarnant la fougue et l’ardeur de al jeunesse, le rouge est aussi et par excellence, dans les traditions irlandaises, la couleur « guerrière », et le vocabulaire gaélique connaît deux adjectifs très courant pour le désigner : « derg » et « ruadh ». Les exemples existent par centaines, si ce n’est par milliers, et le Dagda dieu-druide  est dit « Ruahd Roghessa» « rouge de » « la grande science ». Quelques textes, dont surtout le récit de la Destruction de l’ « Auberge de Da Derga » connaissent encore des druides rouges ; ce qui est une référence à leurs capacités guerrières et à la double fonction qui leur est assignée, à la fois de prêtre et de guerrier.

La Gaule a honoré de son côté un Mars Rudiobus et un Rudianus (rouge) [Ernst Windisch, Irische Texte, 5 vol., Leipzig, 1880-1905 passim OGAM -Tradition celtique, 12 - p. 452 - 458,  Rennes, 1948.]

Ainsi, avec cette symbolique guerrière, semble-t-il bien que perpétuellement le rouge soit l’enjeu de la bataille – ou de la dialectique – entre ciel et enfer, feu chtonien et feu ouranien. Orgiastique et libérateur, c’est la couleur de Dyonisos. Les Alchimistes, dont nous avons vu les l’interprétation chtonienne du rouge, disent aussi de la pierre philosophale qu’elle « porte le signe du soleil ». On l’appelle encore Absolu, « elle est pure, puisqu’elle est composée des rayons concentrés du soleil. » [Claude d'Yge, Nouvelle assemblée des philosophes chimiques, aperçus sur le grand œuvre des alchimistes, Préface d'Eugène Canseliet, p. 113, Paris, 1954.].

Lorsque le symbolisme solaire l’emporte et que Mars ravit Venus à Vulcain, le guerrier devient conquérant, et le conquérant « Impérator ». Un rouge somptueux, plus « mûr » et légèrement violacé, devient l’emblème du « pouvoir », qui bien vite s’en réserve l’exclusif usage. C’est la pourpre : cette variété de rouge « était à Rome la couleur des généraux, de la noblesse, des patriciens : elle devint par conséquent celle des Empereurs. Ceux de Constantinople étaient entièrement habillés de rouge… Aussi, dans les commencements, y eut-il des lois qui défendait de porter de gueules dans ses armes [in Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen Age et les Temps Modernes, 130-131, Paris, 1837.] ; le Code de Justinien condamnait à mort l’acheteur ou le vendeur d’une étoffe de  pourpre. C’est dire qu’elle était devenue le symbole même du pouvoir suprême : « Le rouge et le blanc sont les deux couleurs consacrées à Jéhovah comme Dieu d’amour et de sagesse. » (Fred. Portal, id. supra, 125, n.3), qui semble confondre la sagesse et la conquête, la justice et la force.

LeTarot ne s’y trompe pas : l’arcane 11 – La Force – qui ouvre de ses deux mains la gueule du lion, porte cape rouge sur robe bleue, tandis que l’arcane 8, « La Justice » cache sa robe rouge sous un manteau bleu, à l’instar de «L’Impératrice ». Ext2riorisé, le rouge devient dangereux comme l’instinct de puissance s’il n’est pas contrôlé ; il mène à l’égoïsme, à la haine, à la « passion aveugle », à « l’amour infernal » (Fred. Portal, id. supra, 131) ; Méphistophélès porte le manteau rouge des  princes de l’enfer, tandis que les cardinaux portent celui des princes de l’Eglise, et Isaïe (1, 18) fait ainsi parler l’Eternel :

                        « Venez et discutons, dit Yavhé,

                        Quand vos péchés seraient comme l’écarlate,

                        Comme neige ils blanchiront,

                        Quand ils seraient rouges comme la pourpre,

                        Comme laine ils deviendront. »

Il n’est pas de peuple qui n’ait exprimé – chacun à sa manière- cette ambivalence d’où provient tout le pouvoir de fascination de al couleur rouge, qui porte en elle intimement liées les deux plus profondes pulsions humaines : action et passion, libération et oppression ; tant de drapeaux rouges, flottant au vent de notre temps, le prouvent !

Ce rouge de « gueules », comme dit le blason, renvoie à l’ambivalence de la « gueule », symbole, essentiellement, d’une libido non différenciée, qui hante les rêves des enfants, dont on connaît l’universelle attirance pour la couleur rouge. La « gueule ou rouge des armoiries, selon La Colombières (Fred. Portal, id. supra, 135.), dénote entre les vertus spirituelles l’ardent amour envers Dieu et le prochain ; des vertus mondaines, vaillance et fureur ; des vices, la cruauté, le meurtre et le carnage ; des complexions de l’homme, la colérique. » De son côté la sagesse des Bambara dit que la couleur rouge « fait penser au chaud, au feu, au sang, au cadavre, à la mouche, à l’agacement, à la difficulté, au Roi, à ce que l’on ne peut toucher, à l’inaccessible. » [Dominique Zahan, Sociétés d'initiation Bambara, le N'Domo, le Kore, p. 19, Paris - La Haye, 1960.]

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En Extrême-Orient, le rouge aussi évoque d’une manière générale, la chaleur, l’intensité, l’action, la passion. C’est la couleur de « rajas » la tendance expansive.

Dans toute l’Extrême-Orient, c’est la couleur du feu, du Sud et parfois de la sécheresse (à noter que le rouge couleur de feu, éloigne le feu : on l’utilise ainsi dans le rite de la construction). C’est aussi la couleur du sang, celle de la vie, celle de  la beauté et de al richesse ; c’est la couleur de l’union (symbolisée par les fils rouges de la destinée noués dans le ciel). Couleur de la vie, c’est aussi celle de l’immortalité, obtenue par le cinabre (sulfure rouge de mercure), par le riz rouge de la Cité des Saules. L’alchimie chinoise rejoint ici le symbolisme de l « œuvre au rouge » de l’alchimie occidentale, et celui du « Soufre rouge » de l’hermétisme islamique. Ce dernier, qui désigne l’ « homme universel », est en fait le produit du premier : la « rubedo » équivaut en effet à l’accession aux « grands Mystères »,  à la sortie de la condition individuelle.

Au Japon, la couleur rouge (Aka) est portée presque exclusivement par les femmes. C’est un symbole de sincérité et de bonheur. D’après certaines écoles shintoïstes, le rouge désigne l’harmonie et l’expansion. Les conscrits japonais portent une ceinture rouge le jour de leur départ, en symbole de fidélité à la patrie. Lorsque l’on veut souhaiter du bonheur à quelqu’un : anniversaire, réussite à un examen, etc., on colore le riz en rouge.

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Le roux est une couleur qui se situe entre le rouge et l’ocre : un rouge terreux. Il rappelle le feu, la flamme, d’où l’expression de « roux ardent ». Mais au lieu de représenter le feu limpide de l’amour céleste (le rouge), il caractérise le feu impur, qui brûle sous la terre, le feu de l’Enfer, c’est une couleur chtonienne.

Chez les Egyptiens, Seth-Typhon, dieu de la concupiscence dévastatrice, était représenté comme roux, et Plutarque raconte qu’à certaines de ses fêtes l’exaltation devenait telle qu’on précipitait les hommes roux dans la boue. La tradition voulait que Judas eût les cheveux roux.

En somme, le roux évoque le feu infernal dévorant, les délires de la luxure, la passion du désir, la chaleur d’ « en bas », qui consument l’être physique et spirituel.

 

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[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

2008 03 11

Citations à propos de la mort (12) – Denis Diderot (Ecrivain, Philosophe et Encyclopédiste français -5 octobre 1713-31 juillet 1784)

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Diderot par Fragonard 

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Naître, vivre et passer, c’est changer de formes.

(Le rêve d’Alembert, 1769, in Oeuvres, La pléiade, page 900)

 

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Et qu’importe quel nom on imprimera à la tête de ton livre ou l’on gravera sur ta tombe ?

Est-ce que tu liras ton épitaphe ?

(Réfutation, suivie de l’ouvrage d’ Helvétius intiutulé : L’homme, 1875, in Oeuvres Complètes, Editions Garnier frères, II, page 387.)

2007 02 16

Conscience – 3 – Valeur de l’inconscient (9 citations)

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Conscience

 

 

[Valeur de l’inconscient]

 

 

1- « Notre art est de savoir faire de notre maladie un charme. »

(Ernest Renan – 1823-1892 – Ecrivain, philosophe,philologue et historien français.)

 

 

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2- « La vie véritable réside dans cette nappe profonde qui effleure à la conscience dans le rêve et l’inspiration. »

(André Breton – 1896-1966 – Ecrivain français, poète et théoricien du Surréalisme.)

 

 

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3- « Les psychanalystes sont les égoutiers de l’âme ; l’odeur pénétrante de leur profession les suit jusque dans leur vie privée. »

(Un personnage de Arthur Koestler in Testament espagnol, 1937)

[Arthur Koestler – 1905-1983 – Romancier, philosophe, historien et essayiste Hongrois naturalisé Britannique]

 

 

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4- « Satan fait aujourd’hui de la psychanalyse, il a imaginé ce moyen de nous convier allègrement à contempler les bas-fonds et à excuser nos fautes par le déterminisme de nos tendances inconnues. »

(André Chaumeix – 1874-1955- Journaliste et critique français.)

 

 

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5- « Une diminution de l’hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peut avoir que de bons résultats sur le plan de la tolérance, car on est que trop disposé à reporter sur autrui le tort et la violence que l’on fait à sa propre nature. »

(Carl Gustav Jung – 1875-1961 – Médecin psychiatre et psychanalyste Suisse – Psychologie de l’inconscient, 1912.)

[Introducteur du concept d’inconscient, théoricien de l’inconscient collectif.]

 

 

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6- « Les sentiments nobles sont devenus moins suspects depuis que la psychanalyse en a dégagé les racines ignobles. »

(Jean Rostand – 1894-1977 – Ecrivain et biologiste français -Nouvelles pensées d’un biologiste, Paris, Stock, 1947.)

 

 

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7-« Le freudisme, si fameux, est un art d’inventer en chaque homme un animal redoutable, d’après des signes tout à fait ordinaires

La plus grave erreur est de croire que l’inconscient est un autre Moi ; l’inconscient est une idolâtrie du corps ; pas d’inconvénient à employé le terme d’inconscient : c’est un abrégé du mécanisme ; mais si on le grossit commence l’erreur ; pis c’est une faute. »

(Alain [Emile Auguste Chartier] – 1868-1951 – Philosophe, journaliste et professeur français – Eléments de philosophie, 1940.)

 

 

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8« La conscience est toujours implicitement morale et l’immoralité consiste toujours à ne pas vouloir penser qu’on pense et à ajourner le jugement intérieur. »

(Alain [Emile Auguste Chartier] – 1868-1951 – Philosophe, journaliste et professeur français – Définitions, dans les Arts et les Dieux, Gallimard, Collection « bibliothèque de la Pléiade, 1954 »

 

 

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9- « Tout ce qui devient conscient devient plat, bête, généralisation, marque de troupeau. Dès que l’on prend conscience il se produit une falsification. »

(Friedrich Nietzsche – 1844-1900 – Le Gai Savoir [Die fröliche Wissenschaft ], 1882 et 1887.))

[Nietzsche veut dire que ce sont seulement les sentiments et les idées qui peuvent être communiqués, c’est-à-dire nos états les plus superficiels, les plus dépendants des préjugés sociaux qui parviennent aisément à la conscience ; ce qui est aisément conscient serait donc ce qui n’est pas original.]

2007 02 15

Conscience – 2 – L’inconscience dans sa nature et son existence – Psychanalyse (21 citations)

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CONSCIENCE

 

[Nature et existence de l’inconscience. Psychanalyse]

 

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1- « L’inconscient est la marge dont la conduite déborde la conscience. »

(Charles Baudoin – 1893-1963 – Psychanalyste, philosophe, humaniste, poète et romancier – L’âme et l’action, 1944-1949.)

 

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2- « La conscience règne et ne gouverne pas. »

(Paul Valéry – 1871-1945 – Ecrivain, poète, philosophe et épistémologue français – Mauvaises pensées et autres, 1942.)

 

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3- « L’amour propre est souvent invisible à lui-même ; il nourrit sans le savoir un grand nombre d’affections et de haines et il en forme de si monstrueuses que lorsqu’il les a mises à jour, il les méconnaît. »

(François VI duc de la Rochefoucauld – 1613-1680 – Ecrivain, moraliste et mémorialiste français – Les maximes,)

[L’édition définitive avec les 700 maximes ne parut qu’en 1817]

 

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4- « …jusque dans les secrets que je crains de savoir. Jusque dans le repli de l’amour de soi-même. »

(Paul Valery [ibid.]- Poème : Narcisse)

 

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5- « L’intellect est tout à fait étranger aux résolutions de la volonté. Il faut qu’il la prenne en flagrant délit pour deviner ses intentions véritables. »

(Arthur Schopenhauer – 1788-1860 – Philosophe idéaliste allemand – Le monde comme volonté et comme représentation, 1818/1819 – 2ème Tome : 1844°)

 

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6- « Notre thérapeutique agit en transformant l’inconscient en conscient. »

(Sigmund Freud (Sigismund Schlomo Freud)- 1856-1939- Médecin autrichien, Inventeur de la psychanalyse – Introduction à la psychanalyse, 1917)

[ Un des trois « penseur du soupçon », qui ont induit le doute dans la conception philosophique classique du sujet, avec Karl Marx et Friedrich Nietzsche ;]

 

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7- « N’était la vigilante pitié de Dieu, il me semble qu’à la première conscience qu’il aurait de lui-même l’homme retomberait en poussière. »

(Georges Bernanos (Joseph Jurt)- 1856-1939 – Ecrivain français – Journal d’un curé de campagne, 1935/1936.)

[Grand prix du roman de l’Académie française-1936]

 

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8- « Les hommes éveillés n’ont qu’un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. »

(Héraclite d’Ephèse – 544/541- 480 Av. J.C. – Philosophe présocratique grec de la fin du VIème siècle av. J.C. – Fragments.)

 

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9- « Le rêve est le gardien du sommeil. »

(Sigmund Freud – Ibid.

 

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10- « Le rêve est la satisfaction d’un désir. »

(Sigmund Freud)

 

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11- « Platon disait que les bons sont ceux qui se contentent de rêver ce que les méchants font en réalité. »

(Sigmund Freud)

 

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12- « L’inconscient s’exprime à l’infinitif. »

(Sigmund Freud)

 

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13- « L’enfant est le père de l’homme. »

(William Wordsworth – 1770-1850 – Poète romantique anglais – Poème : L’arc en ciel)

 

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14- « Les névroses sont des produits, non de la sexualité, mais du conflit entre le moi et la sexualité. »

(Sigmund Freud)

 

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15- « Je dis que si l’homme était un il ne serait jamais malade. »

(Hippocrate Le Grand – vers 460 av. J.C. – vers 470 av. J.C.- Médecin grec – De la nature humaine.)

 

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16- « L’insensé lui-même n’est jamais qu’une ruse du sens, une manière pour le sens de venir au jour. »

(Michel Foucault – 1926-1984 – Philosophe français – in Histoire de la philosophie contemporaine, Tome II, Tableau de la philosophie contemporaine, A. Weber et D. Huisman.)

[Titulaire d’une chaire au Collège de France à laquelle il donna le titre d’Histoire des systèmes de santé.]

 

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17- « Les primitifs qui se croient en état de péché mortel se laissent mourir…et meurent souvent sans lésion apparente ; un individu se casse quelque membre ; il ne se rétablira que du jour où il aura fait sa paix avec les règles qu’il a vilées. »

18- (Marcel Mauss – 1872-1950 – Fondateur de l’ Ecole française de sociologie et fondateur de l’ethnologie – Sociologie et anthropologie, 1950.)

 

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19- « L’inconscient est un discours qui s’articule en dehors du sujet, ailleurs dans un autre registre en langage chiffré, clandestin. »

(Jacques Lacan – 1901-1981 (Jacques-Marie Emile Lacan) – Psychanalyste français – Article in L’Express, 31 Mai 1957.)

 

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20- « Le génie de Freud a consisté à montrer en action une raison raisonnante comme telle, je veux dire en train de raisonner et de fonctionner comme logique, à l’insu du sujet, ceci dans le champ même classiquement réservé à l’irraison, disons le champ de la passion. »

(Jacques Lacan)

 

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21- « Les névrosés se libèrent de leur conflit s’ils parviennent à l’exprimer, c’est-à-dire à transformer le conflit en récit, à rattacher une expérience solitairement vécue comme ineffable, lourde d’angoisse et d’inconnu aux chaînes communes du langage…

Exprimer en langage verbal ce qui n’était exprimable qu’en langage d’organes, exprimer plus ou moins clairement ce qui était au fond de nous même obscurément imprimé, c’est ordonner notre désordre. »

(Jean Delay – 1907-1987 – Médecin psychiatre et écrivain français – Perspectives sur la médecine du corps et de l’esprit, Conférences des Annales, avril 1952.)

 

Conscience – 1 – Définition et analyse (18 citations)

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CONSCIENCE

 

[Définition et analyse]

 

1- « La conscience c’est l’intuition qu’ a l’esprit de ses états et de ses actes . »

(André Lalande – 1867-1963, Vocabulaire technique et critique de la philosophie) [Lalande développa un rationalisme qui fait de la raison un ensemble de normes intellectuelles en progrès continu.]

 

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2-« La conscience est un ensemble de réactions de l’individu à ses propres actes. »

(Pierre Janet – Philosophe, médecin et psychologue français [figure majeure de la psychologie clinique française du XIXème siècle] 1859-1947, De l’angoisse à l’extase, 1925).

 

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3–« La prise de conscience d’un acte consiste toujours à lui superposer une action nouvelle. Ainsi la prise de conscience du succès est une conduite de triomphe qui se greffe sur l’action de réussir. »

(Pierre Janet – ibid.)

 

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4-« Toute conscience, Husserl l’a montré, est conscience de quelque chose. Cela signifie qu’il n’est pas de conscience qui ne soit position d’un objet transcendant. »

(Jean-Paul Sartre –Philosophe et écrivain français [Existentialisme, phénoménologie] – 1905-1980, L’Être et le Néant, 1943 [essai d’ontologie phénoménologique])

 

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5-« « Être une conscience c’est s’éclater vers le monde »

(Jean-Paul Sartre – ibid.)

 

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6-« Ce qui élève l’homme par rapport à l’animal, c’est la conscience qu’il a d’être un animal…Du fait qu’il sait qu’il est un animal, il cesse de l’être. »

(Georg Wilhelm Friedrich Hegel – 1770-1831 – Philosophe allemand représentatif de l’idéalisme allemand, [célèbre pour son analyse de la dialectique du Maître et de l’esclave, pour la phénoménologie de l’esprit ainsi que pour la célèbre dialectique].)

 

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7-« La conscience est l’acte inhérent à toute pensée de poser un objet pour un sujet. »

(Octave Hamelin – 1856-1907 – Philosophe français – Essai sur les Eléments principaux de la Représentation – 1907- [il est aussi un historien de la philosophie]).

 

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8-« Il n’y a que les gens malsains pour se sentir exister. »

(Pierre Maine de Biran (de son vrai nom Marie-François-Pierre Gonthier de Biran) 1766-1824 – Journal –[d’abord sensualiste (Condillac, Locke) il se tourne ensuite ver l’intellectualisme et devint finalement un théosophiste mystique.]

 

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9-« Une conscience qui se ré-fléchit est déjà un e mauvaise conscience ; la conscience ne peut se saisir que dans ses déchirements. »

(Maurice Pradines – 1874-1958 – Philosophe français et professeur -Traité de psychologie générale, 1943-1946) [Il a développé une philosophie de la connaissance à la lumière d’une problématique de la sensation.]

 

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10-« On peut appeler la conscience une ironie naissante, un sourire de l’esprit. »

(Vladimir Jankélévitch – 1903-1985 – Philosophe et musicologue français – L’ironie ou la bonne conscience, 1936) [son œuvre est centré autour de trois axes de réflexion : la métaphysique du « je ne sais quoi » et du « presque rien », la morale de l’intention bienfaisante et l’esthétique de l’ineffable.]

 

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11-« L’être de la conscience c’est une être pour lequel il est dans son être question de son être. »

(Jean-Paul Sartre – Ibid.)

[(Cette formule exprime une expérience très familière : Avoir conscience de soi, c’est se mettre en question, se dédoubler. J’ai conscience d’être untel. Le moi se dédouble en un moi spectacle et un sujet spectateur. Ainsi pour Sartre la conscience introduit une inquiétude, un doute, une mauvaise foi. Avoir conscience d’être timide ce n’est plus être timide ingénument. Avoir conscience d’être timide c’est jouer sa timidité devant un spectateur (sa propre conscience)]

 

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12-« La conscience suppose une séparation de moi d’avec moi. »

(Alain (de son vrai nom : Emile-Auguste Chartier) – 1868-1951 – Philosophe, journaliste et professeur français – « Histoire de mes pensées » dans les arts et les dieux, Paris, Gallimard, 1937)

 

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13-« La conscience ramasse un être dispersé…Elle est une synthèse, caractère qui a le plus frappé l’opinion de tous les temps puisqu’elle l’a inscrit dans le terme même (cum-science) dont elle le désigne. »

(Maurice Pradines – Ibid.)

 

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14-« La conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. »

(Henri Bergson – 1859 – 1941 – Philosophe français, prix Nobel de littérature en 1927 – L’évolution créatrice, 1907)

[Hostile au positivisme scientiste et matérialiste, mais aussi aux philosophies intellectualistes, il a voulu opérer un retour aux données de l’intuition, coïncidence immédiate et spontanée avec un objet, permettant d’atteindre l’être profond des choses, lequel est durée pure et spirituelle, mais aussi liberté jaillissante.]

 

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15-« La conscience correspond exactement à la puissance de choix dont le vivant dispose ; elle est coextensive à la frange d’action possible qui entoure l’action réelle. »

(Henri Bergson – Ibid.)

 

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16-« Savoir c’est savoir qu’on sait. »

(Alain [Emile Chartier] – Ibid. mais : Les idées et les âges, 1927.)

 

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17-« La conscience d’une douleur n’est pas douloureuse mais vraie. »

(Jules Lachelier – 1832-1918 – Philosophe français – Psychologie et Métaphysique, 1885)

 

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18-« Il n’y a pour une conscience qu’une façon d’exister, c’est d’avoir conscience qu’elle existe. »

(Jean-Paul Sartre – 1905-1980 – L’imagination, 1936)

 

2007 02 12

L’homme n’est qu’un roseau….pensant…(Blaise Pascal)

Classé sous Pensees - Meditations - Citations — ganeshabreizh @ 18:41

 

 

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L ‘homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme

pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit, pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserai, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui ; l’univers n’en sait rien .

Toute notre dignité consiste donc en la pensée.

C’est là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

Blaise Pascal(Blaise Pascal – 1623-1662 – Mathématicien, physicien, philosophe et écrivain français -Les pensées, 1670)

2006 10 27

Dieu -(Alphonse de Lamartine)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 10:05

J'ai le mal de Dieu-J'ai le mal du peuple

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Dieu

(A M. de la Mennais)Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes :
Déposant le fardeau des misères humaines,
Laissant errer mes sens dans ce monde des corps,
Au monde des esprits je monte sans efforts.
Là, foulant à mes pieds cet univers visible,
Je plane en liberté dans les champs du possible,
Mon âme est à l’étroit dans sa vaste prison :
Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon.
Comme une goutte d’eau dans l’Océan versée,
L’infini dans son sein absorbe ma pensée ;
Là, reine de l’espace et de l’éternité,
Elle ose mesurer le temps, l’immensité,
Aborder le néant, parcourir l’existence,
Et concevoir de Dieu l’inconcevable essence.
Mais sitôt que je veux peindre ce que je sens,
Toute parole expire en efforts impuissants.
Mon âme croit parler, ma langue embarrassée
Frappe l’air de vingt sons, ombre de ma pensée.
Dieu fit pour les esprits deux langages divers :
En sons articulés l’un vole dans les airs ;
Ce langage borné s’apprend parmi les hommes,
Il suffit aux besoins de l’exil où nous sommes,
Et, suivant des mortels les destins inconstants
Change avec les climats ou passe avec les temps.
L’autre, éternel, sublime, universel, immense,
Est le langage inné de toute intelligence :
Ce n’est point un son mort dans les airs répandu,
C’est un verbe vivant dans le coeur entendu ;
On l’entend, on l’explique, on le parle avec l’âme ;
Ce langage senti touche, illumine, enflamme;
De ce que l’âme éprouve interprètes brûlants,
Il n’a que des soupirs, des ardeurs, des élans ;
C’est la langue du ciel que parle la prière,
Et que le tendre amour comprend seul sur la terre.
Aux pures régions où j’aime à m’envoler,
L’enthousiasme aussi vient me la révéler.
Lui seul est mon flambeau dans cette nuit profonde,
Et mieux que la raison il m’explique le monde.
Viens donc ! Il est mon guide, et je veux t’en servir.
A ses ailes de feu, viens, laisse-toi ravir !
Déjà l’ombre du monde à nos regards s’efface,
Nous échappons au temps, nous franchissons l’espace.
Et dans l’ordre éternel de la réalité,
Nous voilà face à face avec la vérité !
Cet astre universel, sans déclin, sans aurore,
C’est Dieu, c’est ce grand tout, qui soi-même s’adore !
Il est ; tout est en lui : l’immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L’espace est son séjour, l’éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image ;
Tout l’univers subsiste à l’ombre de sa main ;
L’être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S’en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui ses ouvrages parfaits
Bénissent en naissant la main qui les a faits !
Il peuple l’infini chaque fois qu’il respire ;
Pour lui, vouloir c’est faire, exister c’est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi !
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse,
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l’exerce à son gré ;
Le néant jusqu’à lui s’élève par degré :
Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse,
Sans s’épuiser jamais, il peut donner sans cesse,
Et comblant le néant de ses dons précieux,
Des derniers rangs de l’être il peut tirer des dieux !
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance,
Mesurent d’eux à lui l’éternelle distance,
Tendant par leur nature à l’être qui les fit;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore,
Qu’Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
Que Socrate annonçait, qu’entrevoyait Platon ;
Ce Dieu que l’univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l’infortune espère,
Et que le Christ enfin vint montrer à la terre !
Ce n’est plus là ce Dieu par l’homme fabriqué,
Ce Dieu par l’imposture à l’erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres,
Qu’adoraient en tremblant nos crédules ancêtres.
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son oeuvre, et le ciel sait son nom !
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l’adore !
Qui, tandis que le monde ou l’outrage ou l’ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S’élève au sanctuaire où la foi l’introduit
Et, consumé d’amour et de reconnaissance,
Brûle comme l’encens son âme en sa présence !
Mais pour monter à lui notre esprit abattu
Doit emprunter d’en haut sa force et sa vertu.
Il faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l’amour sont les ailes de l’âme.
Ah ! que ne suis-je né dans l’âge où les humains,
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l’innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence ?
Que n’ai-je vu le monde à son premier soleil ?
Que n’ai-je entendu l’homme à son premier réveil ?
Tout lui parlait de toi, tu lui parlais toi-même ;
L’univers respirait ta majesté suprême ;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Etalait en tous sens le nom de son auteur;
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âges,
En traits plus éclatants brillait sur tes Ouvrages ;
L’homme dans le passé ne remontait qu’à toi ;
Il invoquait son père, et tu disais : C’est moi.
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l’instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire.
Que de fois dans ta gloire à lui tu t’es montré,
Aux vallons de Sennar, aux chênes de Membré,
Dans le buisson d’Horeb, ou sur l’auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictait sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains,
Reçurent quarante ans la manne de tes mains
Tu frappais leur esprit par tes vivants oracles !
Tu parlais à leurs yeux par la voix des miracles !
Et lorsqu’ils t’oubliaient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs coeurs éperdus !
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s’altéra dans sa course !
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Eclipsa par degrés les rayons éclatants ;
Tu cessas de parler; l’oubli, la main des âges,
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages ;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L’homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde, Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire
Et pour les retrouver il nous faut, dans son cours,
Remonter flots à flots le long fleuve des jours !
Nature ! firmament ! l’oeil en vain vous contemple ;
Hélas ! sans voir le Dieu, l’homme admire le temple,
Il voit, il suit en vain, dans les déserts des cieux,
De leurs mille soleils le cours mystérieux !
Il ne reconnaît plus la main qui les dirige !
Un prodige éternel cesse d’être un prodige !
Comme ils brillaient hier, ils brilleront demain !
Qui sait où commença leur glorieux chemin ?
Qui sait si ce flambeau, qui luit et qui féconde,
Une première fois s’est levé sur le monde ?
Nos pères n’ont point vu briller son premier tour
Et les jours éternels n’ont point de premier jour.
Sur le monde moral, en vain ta providence,
Dans ces grands changements révèle ta présence !
C’est en vain qu’en tes jeux l’empire des humains
Passe d’un sceptre à l’autre, errant de mains en mains ;
Nos yeux accoutumés à sa vicissitude
Se sont fait de ta gloire une froide habitude ;
Les siècles ont tant vu de ces grands coups du sort :
Le spectacle est usé, l’homme engourdi s’endort.
Réveille-nous, grand Dieu ! parle et change le monde ;
Fais entendre au néant ta parole féconde.
Il est temps ! lève-toi ! sors de ce long repos ;
Tire un autre univers de cet autre chaos.
A nos yeux assoupis il faut d’autres spectacles !
A nos esprits flottants il faut d’autres miracles !
Change l’ordre des cieux qui ne nous parle plus !
Lance un nouveau soleil à nos yeux éperdus !
Détruis ce vieux palais, indigne de ta gloire ;
Viens ! montre-toi toi-même et force-nous de croire !
Mais peut-être, avant l’heure où dans les cieux déserts
Le soleil cessera d’éclairer l’univers,
De ce soleil moral la lumière éclipsée
Cessera par degrés d’éclairer la pensée ;
Et le jour qui verra ce grand flambeau détruit
Plongera l’univers dans l’éternelle nuit.
Alors tu briseras ton inutile ouvrage :
Ses débris foudroyés rediront d’âge en âge :
Seul je suis ! hors de moi rien ne peut subsister !
L’homme cessa de croire, il cessa d’exister !




Alphonse De Lamartine (1790-1869)

In « Méditations Poétiques »

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Alphonse de Lamartine

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Alphonse de Lamartine


Alphonse de LamartineAlphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Biographie]

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S’ennuyant, il s’adonna à l’écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Trois ans après, ce furent : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, l’année suivante, à l’Académie Française.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s’engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues[59380], et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l’abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l’assistance.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l’un des acteurs des journées de la république de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l’un des protagonistes de l’abolition de l’esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle. Le coup d’État de décembre et l’avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l’exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l’écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Survol de l’œuvre

Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du style.

Histoire

Lamartine est également un historien méconnu du grand public :

Analyse de l’œuvre

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l’expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrétise dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine a dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.

C’est en ce sens qu’il est le plus poète des poètes français, qu’il est la poésie elle-même.

Citations

  • Qui reconnaîtrait la Révolution entre nos mains ? (…) Au lieu du travail et de l’industrie libre, la France vendue aux capitalistes ! (1843)
  • Les utopies ne sont que des vérités prématurées.
  • Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
  • Je suis las des musées, cimetières des arts.
  • O temps! suspends ton vol.
  • Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
  • Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires; il n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes.

Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze ans à la Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double, l’unicité de Dieu est, l’autre disant ce qu’il n’est pas; l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée!

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet!

A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?

Il n’y a de plus grand que celui qui, en enseignant avant lui le même dogme, avait promulgué en même temps une morale plus pure, qui n’avait pas tiré l’épée pour aider la parole, seul glaive de l’esprit, qui avait donné son sang au lieu de répandre celui de ses frères, et qui avait été martyr au lieu d’être conquérant. Mais celui-là, les hommes l’ont jugé trop grand pour être mesuré à la mesure des hommes, et si sa nature humaine et sa doctrine l’ont fait prophète, même parmi les incrédules, sa vertu et son sacrifice l’ont proclamé Dieu!

Histoire de la Turquie, Paris, 1854. Tome 1 et Livre 1 – pp. 277-278 et 280-281.


  • Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement du cœur à l’égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, sont faits pour férociser les instincts du cœur

Œuvres

En histoire :

Autres :

Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)

Correspondance

  • Correspondance d’Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie – Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 – 1867), présentation et notes d’Henri Guillemin, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 – 1851), présentation d’Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.

Voir aussi

Lamartine écrivait un texte célèbre sur le prophète Mahomet en 1854
« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabie, conquérait à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Égypte, l’Éthiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?… »

Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l’Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Guillemin Henri, Lamartine, l’homme et l’œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l’Etudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine)
  • Guillemin Henri, Connaissance de Lamartine, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine en 1848″‘, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.

Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.

2006 10 4

Les joies (Johann Wolfgang von Goethe)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 3:48
  • *

Libellule

Volant autour de la source,

La changeante libellule

M’ éjouit depuis longtemps :

Tantôt sombre et tantôt claire,

Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,

Tantôt bleue et tantôt verte.

Oh ! Si je pouvais, du moins,

Voir de tout près ses couleurs !

Elle bourdonne et plane et point ne cesse !

Mais, chut ! Au tronc du saule elle se pose.

Ah ! Je la tiens ! Ah ! Je la tiens ! Sur l’heure,

Je l’ examine avec précision,

Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’ analyste de tes Joies !

*

Johann Wolfgang von Goethe

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Poème extrait de POESIES / GEDICHTE

des origines au Voyage en Italie

(Page 177)

AUBIER – Collection Bilingue

Edition 1951 

Saule

Johann Wolfgang von Goethe

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Johann Wolfgang von Goethe (né à Francfort le 28 août 1749 et mort le 22 mars 1832 à Weimar à l’âge de 82 ans) est un poète, romancier et dramaturge allemand, également scientifique et grand administrateur.

Biographie
Johann Wolfgang von Goethe  Johann Wolfgang von Goethe
Son père était conseiller de Francfort – il aurait d’ailleurs été très dur et sévère. Le jeune Goethe était davantage attaché à sa mère. Dans sa ville natale, il s’éprit de la jeune et belle Lili Schoenemann. Il reçoit une éducation humaniste rigoureuse (il avait dû apprendre notamment plusieurs langues dont le grec ancien, le latin, le français…). Goethe a étudié le droit à Leipzig de 1765 à 1768 et à Strasbourg de 1770 à 1771. Il y rencontre Johann Gottfried Herder, et eut une idylle avec Frédérique Brion. En 1772, il est reçu docteur, revient à Francfort, et devient magistrat à Wetzlar. En 1773, il commence à écrire. Au cours d’un voyage avec Basedow et Lavatter sur la Lahn, il compose devant le château-fort de Lahneck le poème Geistesgruss, poème traduit par Madame de Staël. En 1775, il s’installe à Weimar en tant qu’attaché à la cour du duc, puis en 1786, à Rome. Il entame une liaison avec Charlotte von Stein de sept ans son aînée, qui dura dix ans. Il lui écrivit 1 700 lettres.

Deux ans plus tard, il revient à Weimar, devient ministre du Duc et s’installe avec Christiane Vulpius, qu’il épouse en 1806. En 1791, il devient directeur du théâtre ducal jusqu’en 1817. En 1792, il est à la bataille de Valmy aux côtés du duc de Saxe-Weimar.
En 1794, il se lie d’amitié avec Schiller, et participe à la revue de ce dernier, Les Heures.

En 1808, il rencontre Napoléon Bonaparte à Erfurt qui le décore de la Légion d’honneur.
Il rencontre, en 1813, le philosophe Arthur Schopenhauer avec qui il discute de sa théorie des couleurs. Visiteur assidu du salon littéraire tenu par sa mère Johanna, il y rencontre artistes et philosophes dont Heinrich Reiss et le peintre Füssli. En 1814, il se prend de passion pour Marianne von Willemer. En 1822, il demande en mariage Ulrike von Levetzow (16 ans ), qui refuse. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les expériences de Goethe avec les femmes ont influencé les personnages féminins dépeints dans ses œuvres : ainsi le personnage de Lotte dans Les Souffrances du jeune Werther correspond en partie à Charlotte von Stein; la jeune Ulrike von Levetzow lui inspire le personnage de Marguerite dans Faust. Il finit sa vie célèbre sous le nom de « Sage de Weimar ».

Il est l’auteur d’une œuvre prolifique qui le rattache à deux mouvements littéraires, le Sturm und Drang et le classicisme de Weimar (Weimarer Klassik), ainsi que d’une théorie de la lumière et de la découverte d’un os de la mâchoire.

Il est notamment l’auteur des Souffrances du jeune Werther (die Leiden des jungen Werther), Les affinités électives (Wahlverwandschaften), Faust I et II, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) ainsi que de nombreux poèmes dont beaucoup sont si célèbres que des vers en sont entrés comme proverbes dans la langue allemande : Willkommen und Abschied (« es schlug mein Herz, geschwind zu Pferde / es war getan fast eh gedacht »), Mignon (« kennst du das land wo die Zitronen blühen… », Connais-tu le pays où fleurit le citronnier), Erlkönig, Le roi des aulnes (« Wer reitet so spät durch Nacht und Wind / es ist der Vater mit seinem Kind… ») Der König in Thule, etc.

L’histoire naturelle [modifier]
Goethe dans la campagna romana (Tischbein – 1786)

Goethe s’intéresse à la botanique et publie un essai sur la métamorphose des plantes : Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu erklären (1790). Dans celui-ci, Goethe tente d’établir une théorie générale sur la morphologie des végétaux en reconnaissant l’analogie de certaines formes comme les cotylédons, la forme des fleurs ou des feuilles. Il esquisse également une théorie de l’évolution chez les végétaux et relie la morphologie avec la phylogénie. Cette vision est très en avance sur les idées généralement tenues sur les végétaux à son époque. Il est ainsi l’un des premiers (et peut-être le premier) à employer le terme de métamorphose en botanique.

L’arbre fétiche de Goethe était également celui de la ville de Weimar, le Ginkgo biloba.

Œuvres
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Wikisource propose un ou plusieurs textes de Johann Wolfgang von Goethe dans le domaine public

Le serpent vert
Traité des couleurs
La métamorphose des plantes et autres écrits botaniques, précédé de l’introduction de Rudolf Steiner (1884), Editions Triades.
Correspondance
Correspondance : Goethe, Carlyle (édition de Charles Eliot Norton ; traduction de Georges Khnopff). – Paris : Éditions du Sandre, 2005. – 183 p., 22 cm. – ISBN 2-914958-22-6. Inclut le texte d’une correspondance du 24 juin 1824 au 6 mai « 1832″ et quelques annexes.
Claudia Schweizer, Johann Wolfgang von Goethe und Kaspar Maria von Sternberg, Münster 2004, ISBN 3-8258-7579-2
Poésies
Prométhée (Prometheus) (1774)
Ballades (1787)
Le Roi des Aulnes (1782)
L’Apprenti sorcier
Élégies romaines (1788 – 1790)
Épigrammes vénitiennes (1790)
Xénies (1796) avec Schiller
Hermann et Dorothée (1798)
Achilléide
Le Roman de Renard
Le Divan occidental-oriental (1819)
Lieds (Chansons)
Odes
Vers inspirés par la vue du crâne de Schiller
Romans]
Les Souffrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werther) (1774);
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) (1796);
Les Affinités électives (Die Wahlverwandschaften) (1809)
Théâtre [modifier]
L’amant capricieux (Die Laune des Verliebten) ;
Goetz de Berlichingen (Götz von Berlichingen)(1773)
Clavigo (1774)
Stella (1776)
Iphigénie en Tauride (1779)
Egmont (1789)
Torquato Tasso
Le grand Cophte (1790)
Le Général citoyen (1793)
Les Révoltés (1793)
La Fille naturelle(1804)
Faust I (1808) et II (1832, posthume)
Autobiographie
Poésie et vérité (1811 – 1833)
Autres
Voyage en Suisse et en Italie
Campagne de France (1822)
Maximes et réflexions (1833)
Entretiens de Goethe et d’Eckermann (1822 – 1833)
Entretiens d’Émigrés allemands – LE CONTE (1795) – Editions Novalis, 1993
Textes divers [modifier]
Discours en l’honneurs de Wieland
Importance de l’individuel
Kotzebue
Sur moi-même ; fragments
Proposition amiable
Fréron
Du goût
Palissot
Piron
Voltaire
Sur le Laocoon
La Cène de Léonard de Vinci
Vérité et vraisemblance dans les œuvres d’art
Poésies de Jean-Henri Voss
Poésies alemaniques par J-P Hebel
Sans-culottisme littéraire
Sur la langue allemande
Traduction de Lucrèce par de Knebel
Pour les jeunes poètes
Encore un mot pour les jeunes poètes
Bibliographie
Édouard Rod: Essai sur Goethe, Paris, Perrin, 1898
Karl Otto Conrady: Goethe – Leben und Werk, Artemis Verlag Zürich 1994, 1040 Seiten.
Richard Friedenthal: Goethe – sein Leben und seine Zeit, Piper-Verlag München
Nicholas Boyle: Goethe. Der Dichter in seiner Zeit. Aus dem Engl. übers. von Holger Fliessbach. Frankfurt am Main: Insel 2004.
Bd. 1: 1749–1790. (Insel-Taschenbuch. 3025) ISBN 3-458-34725-9
Bd. 2: 1790–1803. (Insel-Taschenbuch. 3050) ISBN 3-458-34750-X
George Henry Lewes: Goethe’s Leben und Schriften. übers. von von Julius Frese. Berlin : Duncker 1857.
Gero von Wilpert: Goethe-Lexikon. Stuttgart 1998, Kröner, ISBN 3-520-40701-9
Goethe, Johann Wolfgang, in: Allgemeine Deutsche Biographie, Leipzig, München 1875–1912, Bd. 9, S. 413ff.
Wolfram Voigt/Ulrich Sucker: Johann Wolfgang von Goethe. BSB B. G. Teubner Verlagsgesellschaft, Reihe: Biographien hervorragender Naturwissenschaftler, Techniker und Mediziner Band 38, Leipzig 1987
Renate Wieland: Schein Kritik Utopie. Zu Goethe und Hegel. München (edition text + kritik) 1992, ISBN 3-88377-419-7
Ettore Ghibellino: Goethe und Anna Amalia – eine verbotene Liebe, A.J. Denkena-Verlag, Weimar 2003, ISBN 3-936177-02-3
Peter Matussek: Goethe zur Einführung. Hamburg: Junius, 2002, 2. Aufl., ISBN 3885069725
Jürgen Hartmann: Goethe und die Ehrenlegion/ Goethe et la Légion d’Honneur Mainz: Schmidt Universitätsdruckerei, 2005, ISBN 3-93 5647-27-1
Bortoft : La démarche scientifique de Goethe – Editions Triades, 2001
Rudolf Steiner
L’Esprit de Goethe, EAR
Une théorie de la connaissance chez Goethe, EAR
Goethe et sa conception du monde – EAR
Goethe, le Galilée de la science du vivant, Editions Novalis 2002. – Cet écrit rassemble les introductions réalisées par Rudolf Steiner lors des éditions de l’œuvre scientifique de Goethe, publiée entre 1882 et 1897.
Jad Hatem, Satan, monothéiste absolu selon Goethe et Hallaj, Éditions du Cygne, Paris, 2006
Anecdote
Sur son lit de mort, Goethe agonisait ; il rouvrit alors les yeux, tendant un bras et lançant « Encore un peu de lumière… », puis s’éteignit.

  
 

En 1926, la psychologue Catherine Morris Cox a publié une étude sur les hommes et femmes, ayant vécu entre 1450 et 1850, réputés être les plus intelligents. Leur QI a été estimé d’après les écrits et travaux qu’ils ont laissés. Philosophes, mathématiciens, écrivains, musiciens, etc: ce sont souvent des personnalités qui excellaient dans plusieurs domaines. Selon elle, le poète allemand Goethe surclasserait tout le monde avec un QI de 210, suivi de près par Blaise Pascal (195), Galilée (185), Descartes et Nietzsche (180), Mozart (165) et Einstein avec « seulement » 160.
Certains de ses poèmes ont été source d’inspiration pour des groupes allemands comme Rammstein.
Liens internes
Goethe-Institut
Littérature germanique
Goetheanum
Rudolf Steiner
Lien externe
Une bio-bibliographie
Quelques citations de J. W. von Goethe Les citations.net
J. W. von Gœthe, Poésie et vérité : Livre I (Goethe par lui-même : sa première enfance), Œuvres complètes de Johann Wolfgang von Gœthe, tome 8 : Mémoires, Traduction nouvelle par Jacques Porchat, Libraire Hachette et Cie, Paris, 1862, Première partie, pp. 4-38.
J. W. von Goethe, Le serpent vert, “Entretiens d’émigrés allemands : Conte”, Œuvres de Goethe, tome VII : “Les années de voyage”, traduction nouvelle par Jacques Porchat, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1860, pp. 501-532.

   

Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Wolfgang_von_Goethe

 

 

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