Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2008 07 4

Satan, L’enfer et les symbolismes qui s’y rattachent.

Classé sous — ganeshabreizh @ 12:10

Satan, L’enfer et les symbolismes qui s’y rattachent. 

                                          

A propos de SatanParmi les diables et les démons, Satan désigne par antonomase l’Adversaire, l’adversaire aussi arrogant que méchant : « Un jour comme les Fils de Dieu venaient de se présenter devant Yahvé, Satan aussi s’avançait parmi eux. Yahvé dit alors à Satan ; D’où viens-tu ? De parcourir la terre, répondit-il, et de m’y promener (Job, 1, 6, 7). 

Ce terme de Satan, l’adversaire, notent les traducteurs de la Bible de Jérusalem, est emprunté, semble-t-il au langage juridique. (Psaumes, 109, 6, 7) Le terme désignera de plus en plus un être foncièrement mauvais et deviendra un nom propre, celui de la puissance du ma, en fait le synonyme du Dragon, du Diable, du Serpent, autres désignations où figures de l’esprit du mal. Satan tente l’homme pour le pousser au péché, comme le serpent de la Genèse. 

Dans la tradition africaine, le mot est venu par l’Islam. Mais ce n’est pas ici l’anti-dieu, car rien ne peut exister contre Guéno (Doondari). C’est un esprit malin, qui agit par de mauvaises suggestions et incitations. (Amadou Ampaté Ba, Kaydara, (document de l’Unesco) p.37). Dans les traditions hermétiques, Satan est un autre nom de Saturne en tant que principe de la matérialisation de l’Esprit, s’est l’Esprit s’involuant, tombant dans la matière, la chute de Lucifer, le porte lumière…Le mythe de Satan résume tout le problème de ce qu’on nomme le mal, qui n’est autre qu’un monstre neptunien. Son existence, toute relative à l’ignorance humaine, n’est qu’une déviation de la lumière primordiale qui, ensevelie en la Matière, enveloppée en l’obscurité et réfléchie dans le désordre de la conscience humaine, tend constamment à se faire jour. Cette déviation, par les souffrances qu’elle entraîne, peut cependant être la véritable hiérarchie des valeurs et le point de départ de la transmutation de la conscience qui devient ensuite capable de réfléchir purement la Lumière originelle.(Marcelle Senard, Le Zodiaque, clé de l’ontologie appliquée à la psychologie, p.315 n, 417, Paris-Lausanne, 1948). 

Pour les cathares, Satan est le démiurge, le créateur du monde. C’est lui qui apparaît et parle à ses prophètes : le Dieu bon, aucun regard ne peut l’apercevoir. Il existe sans doute des rapports entre la pensée des ascètes juifs du XII ° siècle et la doctrine cathare, entre celle-ci et le Livre Bahir, à propos du rôle cosmique de Satan, ainsi qu’entre la démonologie Kabbalistique et celle des cathares concernant les femmes de Satan. C’est surtout Lilith que la tradition retient comme femme de Satan. En dépit des contacts inévitables, les savants juifs de Provence avaient bien conscience de l’abîme qui les séparait des cathares à propos des démons et de ce monde mauvais, qui ne pouvait qu’être l’œuvre de Satan. (Gershom C. Scholem, La Kabbale, p.250 et suivantes, (trad.de l’allemand par Jean Boesse) Paris, 1951). 

Quand à l’Enfer (Hadès) : Les croyances anciennes égyptiennes, grecques, romaines ont beaucoup varié ; aux mêmes époques, elles étaient déjà nombreuses, en voici l’essentiel. Hadès, « l’invisible », selon une étymologie douteuse, est chez les Grecs le dieu des morts. Comme nul n’osait prononcer son nom de crainte d’exciter sa colère, il reçut en surnom celui de Pluton (le Riche), affreuse dérision plutôt qu’euphémisme, pour désigner les richesses souterraines de la terre, parmi lesquelles ses trouve l’empire des morts. La dérision de vient macabre quand on met entre les bras de Pluton une corne d’abondance. En symbolique, toutefois, le souterrain est lieu des riches gisements, des métamorphoses, des passages de la mort à la vie, de la germination. 

Après la victoire de l’olympe sur les Titans, l’univers fut partagé entre les  trois frères, fil de Cronos et de Rhéa : à Zeus revint le Ciel, à Poséidon la Mer, à Hadès le « monde souterrain », les « Enfers » ou le « Tartare ». Maître impitoyable, aussi cruel que Perséphone, sa nièce et son épouse, il ne relâche aucun de ses sujets. Son nom a été donné au lieu qu’il domine ; l’Hadès est devenu le symbole des enfers. Là encore, les traits sont partout les mêmes : lieu invisible, éternellement sans issue (sauf pour ceux qui croyaient aux réincarnations), perdu dans les ténèbres et le froid, hanté par les monstres et les démons, qui tourmentent les défunts. (Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, préface de Ch. Picard ? 3° ed. corrigée, Paris, 1963). Déjà en Egypte, dans le tombeau de Ramsès VI, à Thèbes, les enfers étaient symbolisés par des cavernes remplies de damnés. Mais les morts n’étaient pas tous les victimes d’Hadès. Des élus, héros sages, initiés, connaissaient d’autres séjours que les Enfers ténébreux, Iles fortunés, Champs Elysées, où la lumière et le bonheur leur était prodigués. 

Paul Diel (psychologue français d’origine autrichienne, philosophe de formation) interprète l’enfer dans la perspective de l’analyse psychologique et éthique : « Chaque fonction de la psyché est représenté par une figure personnifiée et le travail intrapsychique de sublimation ou de pervertissement se trouve exprimé par l’interaction de ces personnages significatifs. L’esprit est appelé Zeus ; l’harmonie des désirs, Apollon ; l’inspiration intuitive , Pallas Athéné ; le refoulement, l’Hadès ; etc., l’élan évolutif (le désir essentiel) se trouve représenté par le héros ; la situation conflictuelle de la psyché humaine par le combat contre les monstres du pervertissement » (Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque, Préface de Gaston Bachelard, Paris, 1952 ;nouvelle édition, Paris, 1966, références prises à la dernière édition, p. 40). Dans cette conception, l’enfer est l’état de la Psyché qui a succombé aux monstres dans sa lutte, soit qu’elle ait accepté de s’identifier à eux dans une perversion consciente. 

Quelques textes religieux moyen-breton mentionnent l’enfer comme étant « an ifern yen » « l’enfer glacé ». Cette expression est si contraire aux normes usuelles qu’on doit la considérer comme une réminiscence d’anciennes conceptions celtiques relatives au « non-être. » 

Dans la cosmologie aztèque, les Enfers sont situés au Nord, pays de la nuit, appelé le « pays de la nuit », appelé le « pays des neuf plaines » ou des neuf enfers. Tous les humains, à l’exception de certaines catégories, héros sacralisés, guerriers morts au combat ou sacrifiés, femmes mortes en couches, enfants mort-nés, viennent des enfers et y retournent, guidé par le chien psychopompe (guide des âmes). Après avoir traversé les huit premiers enfers, ils atteignent le neuvième et dernier, où ils sombrent dans le néant. (Sources Orientales, Les Pèlerinages, III, Paris, 1960). 

Le Dieu des enfers est le cinquième des neuf Seigneurs de la Nuit. Il occupe donc l’exact « milieu » de la nuit ; il est, dirions-nous, le « Seigneur de la Nuit ». Il porte sur son dos le soleil noir. Ses animaux symboliques sont l’araignée et la chouette. 

Pour les peuples turcs altaïques, on se rapproche des esprits des enfers en allant d’Ouest en Est, soit à l’inverse de la démarche du soleil, qui symbolise au contraire le mouvement vital progressif. (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduits de l’allemand par  Jean-Louis Perret, Paris, 1959). 

Cette marche à l’encontre de la lumière, au lieu d’aller à sa poursuite, symbolise la régression vers les ténèbres. 

Dans la tradition chrétienne, le couple lumière ténèbre symbolisera les deux opposés, le ciel et l’enfer. Plutarque décrivait déjà le Tartare comme privé de soleil. Si la lumière s’identifie à la vie et à Dieu, l’enfer signifie la privation de Dieu et de la vie. « L’essence intime de l’enfer est le péché mortel lui-même, dans lequel les damnés sont morts » (Encyclopédie de la Foi, p. 470, Paris, 1965). C’est la perte de la présence de Dieu, et comme aucun autre bien ne peut plus faire illusion à l’âme du défunt, séparée du corps et des réalités sensibles, c’est le malheur absolu, la privation radicale, « tourment mystérieux et insondable ». C’est l’échec total, définitif, irrémédiable, d’une existence humaine. La conversion du damné n’est plus possible ; endurci dans son péché, il est éternellement fixé dans sa peine. 

2008 03 11

Citations à propos de la mort (14) – Sigmund Freud (Penseur et inventeur de la Psychanalyse – 6 mai 1856-23 septembre 1939)

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 Sigmund Freud

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La croyance à la nécessité interne de la mort n’est peut-être qu’une de ces nombreuses illusions que nous nous sommes créées pour nous rendre « supportable le fardeau de l’existence ».

(Essais de Psychanalyse, article 1909-1915, traduction du Docteur Stanislas Jankélévitch, Editions Payot, I, 6.) 

 

Le fait est qu’il nous est absolument impossible de nous représenter notre propre mort, et toutes les fois que nous l’essayons, nous nous apercevons que nous y assistons en spectateurs. C’est pourquoi l’école psychanalytique a pu déclaré qu’au fond personne ne croit à sa propre mort ou, ce qui revient au même, dans son inconscient chcun est persuadé de sa propre immortalité.

(Essais de Psychanalyse, article 1909-1915, traduction du Docteur Stanislas Jankélévitch, Editions Payot, IV, 2.)

Citations à propos de la mort (13) – Epictète (Philosophe grec de l’Ecole Stoïcienne – 50 – 125 ou 130)

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Epictète, Philosophe grec de l'Ecole Stoïcienne 

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Aie chaque jour devant les yeux la mort, l’exil et tout ce qui paraît effrayant, la mort surtout : tu n’auras alors jamais aucune pensée basse ni aucun désir excessif.

(Manuel, traduit par Jacques Souilhé et Armand  Jagu, Editions Les Belles Lettres, chapitre XXI.)

 

La mort, qu’est-elle ? Un épouvantail. Retourne le et tu verras ; regarde, il ne mord^pas. Ton misérable corps doit être séparé, ou maintenant ou plus tard, de ton pauvre souffle vital, come il en était séparé jadis. Pourquoi donc t’irriter si c’est maintenant ? Car si ce n’est pas maintenant, ce sera plus tard.

(Entretiens, traduit par Jacques Souilhé et Armand Jagu, Editions Les Belles Lettres, Livre II, Chapitre premier.)

 

Ne te rends-tu donc pas compte que ce qui, pour l’homme, est le principe de tous les maux et de sa bassesse d’âme et de sa lâcheté, ce n’est pas la mort, mais bien plutôt la crainte dela mort.

(Entretiens, traduit par Jacques Souilhé et Armand Jagu, Editions Les Belles Lettres, Livre III, Chapitre XXVI.)

 

Citations à propos de la mort (12) – Denis Diderot (Ecrivain, Philosophe et Encyclopédiste français -5 octobre 1713-31 juillet 1784)

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Diderot par Fragonard 

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Naître, vivre et passer, c’est changer de formes.

(Le rêve d’Alembert, 1769, in Oeuvres, La pléiade, page 900)

 

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Et qu’importe quel nom on imprimera à la tête de ton livre ou l’on gravera sur ta tombe ?

Est-ce que tu liras ton épitaphe ?

(Réfutation, suivie de l’ouvrage d’ Helvétius intiutulé : L’homme, 1875, in Oeuvres Complètes, Editions Garnier frères, II, page 387.)

2007 06 25

Citations à propos de la mort – 11 – René Descartes (Mathématicien, Physicien et philosophe français – 31 mars 1596 – 11 février 1650)

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(Mathématicien, Physicien et philosophe français – 31 mars 1596 – 11 février 1650)

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Si et comment l’homme fut immortel avant la chute, ce n’est pas une question pour le philosophe ; il faut la laisser aux théologiens… Maintenant, que la vie humaine pût être prolongée si nous connaissions l’art de la médecine, il n’en faut pas douter ; car puisque nous pouvons développer et prolonger la vie des plantes, etc., connaissant l’art de la culture, pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’homme ? Mais la meilleure manière de prolonger la vie et la méthode à suivre pour garder un bon régime c’est de vivre comme les bêtes et entre autre manger ce qui nous plaît, flatte notre goût, et seulement tant que cela nous plaît.

 

[Entretien avec Burman, 16 avril 1648, in Œuvres, La Pléiade, pages 1401-1402]

 

2007 06 15

Citations à propos de la mort – 10 – Auguste Comte (Examinateur à l’Ecole Polytechnique, Essayiste, Conférencier – 19 janvier 1798 – 5 septembre 1857)

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–Auguste Comte (Examinateur à l’Ecole Polytechnique, Essayiste, Conférencier

 

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En approfondissant la notion de mort, on reconnaît qu’elle ne concerne directement que  l’existence corporelle, ou même seulement la vie végétative. Elle ne s’étend aux frontières cérébrales que d’après leur fatale dépendance envers l’économie nutritive. Aussi ces éminents attributs se perpétuent-ils par l’existence subjective, quand leur organe personnel obtient une succession objective qui, se multipliant de plus en plus, l’incorpore définitivement à l’Humanité.

[Système de politique positive ou Traité de Sociologie instituant la Religion de l’HUMANITE, tome troisième, 1853, chapitre premier, page 73.]

*

Dès qu’on croira que j’ai cessé de vivre on devra ma laisser au lit comme un simple malade, jusqu’à ce que mon corps soit dans un état prononcé de putréfaction, seul signe de mort vraiment certain, faute duquel ont souvent lieu des inhumations déplorables. Nul ne devant être soumis à l’exploration anatomique sans sa propre autorisation, j’interdis envers moi cette vaine curiosité, que j’ai toujours jugé aussi stérile pour l’intelligence que funeste au sentiment. Ce respect doit être poussé jusqu’à me préserver de toute opération d’embaumement.

[Testament, septembre 1884, Paris, 10 rue Monsieur le Prince]

 

2007 06 5

Citations à propos de la mort – 9 – François-René de Chateaubriand (Ecrivain romantique et Homme politique français – 4 septembre 1768 – 4 juillet 1848)

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François-René de Chateaubriand  (Ecrivain romantique et Homme politique français)

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Le premier mort que j’ai vu, était un chanoine de Saint-Malo ; il gisait expiré sur son lit, le visage distors par les dernières convulsions. La mort est belle, elle est notre amie : néanmoins, nous ne la reconnaissons pas, parce qu’elle se présente à nous masquée et que son masque nous épouvante.

[Mémoires d’outre-tombe, 1850, Livre deuxième , chapitre 4]

 

Citations à propos de la mort – 8 – Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (Poète et Moraliste français – 6 avril 1741 – 13 avril 1794)

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Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort  (Poète et Moraliste français) 

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On demandait à Monsieur de Fontenelle mourant : « Comment cela va-t-il ? – Cela ne va pas, dit-il ; cela s’en va. »

[Maximes et pensées, caractères et anecdotes, 1795, deuxième partie, 937]

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Une femme âgée de quatre-vingt-dix ans disait à Monsieur de Fontenelle, âgé de quatre-vingt-quinze ans : « La mort nous a oublié. -  Chut ! » lui répondit Monsieur de Fontenelle, en mettant le doigt sur sa bouche.

[Maximes et pensées, caractères et anecdotes, 1795, deuxième partie, 925]

 

2007 06 1

Citations à propos de la mort – 7 – Georges Canguilhem (Philosophe et Epistémologue français – 4 juin 1904 – 11 septembre 1995)

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Citations à propos de la mort – 5 –  Georges Canguilhem (Philosophe et Epistémologue français

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La vie cherche à gagner sur la mort, à tous les sens du mot gagner et d’abord au sens où le gain est ce qui est acquis par jeu.

[Le normal et le pathologique, 1966, Edition P.U.F., page 173]

 

2006 10 27

Dieu -(Alphonse de Lamartine)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 10:05

J'ai le mal de Dieu-J'ai le mal du peuple

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Dieu

(A M. de la Mennais)Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes :
Déposant le fardeau des misères humaines,
Laissant errer mes sens dans ce monde des corps,
Au monde des esprits je monte sans efforts.
Là, foulant à mes pieds cet univers visible,
Je plane en liberté dans les champs du possible,
Mon âme est à l’étroit dans sa vaste prison :
Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon.
Comme une goutte d’eau dans l’Océan versée,
L’infini dans son sein absorbe ma pensée ;
Là, reine de l’espace et de l’éternité,
Elle ose mesurer le temps, l’immensité,
Aborder le néant, parcourir l’existence,
Et concevoir de Dieu l’inconcevable essence.
Mais sitôt que je veux peindre ce que je sens,
Toute parole expire en efforts impuissants.
Mon âme croit parler, ma langue embarrassée
Frappe l’air de vingt sons, ombre de ma pensée.
Dieu fit pour les esprits deux langages divers :
En sons articulés l’un vole dans les airs ;
Ce langage borné s’apprend parmi les hommes,
Il suffit aux besoins de l’exil où nous sommes,
Et, suivant des mortels les destins inconstants
Change avec les climats ou passe avec les temps.
L’autre, éternel, sublime, universel, immense,
Est le langage inné de toute intelligence :
Ce n’est point un son mort dans les airs répandu,
C’est un verbe vivant dans le coeur entendu ;
On l’entend, on l’explique, on le parle avec l’âme ;
Ce langage senti touche, illumine, enflamme;
De ce que l’âme éprouve interprètes brûlants,
Il n’a que des soupirs, des ardeurs, des élans ;
C’est la langue du ciel que parle la prière,
Et que le tendre amour comprend seul sur la terre.
Aux pures régions où j’aime à m’envoler,
L’enthousiasme aussi vient me la révéler.
Lui seul est mon flambeau dans cette nuit profonde,
Et mieux que la raison il m’explique le monde.
Viens donc ! Il est mon guide, et je veux t’en servir.
A ses ailes de feu, viens, laisse-toi ravir !
Déjà l’ombre du monde à nos regards s’efface,
Nous échappons au temps, nous franchissons l’espace.
Et dans l’ordre éternel de la réalité,
Nous voilà face à face avec la vérité !
Cet astre universel, sans déclin, sans aurore,
C’est Dieu, c’est ce grand tout, qui soi-même s’adore !
Il est ; tout est en lui : l’immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L’espace est son séjour, l’éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image ;
Tout l’univers subsiste à l’ombre de sa main ;
L’être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S’en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui ses ouvrages parfaits
Bénissent en naissant la main qui les a faits !
Il peuple l’infini chaque fois qu’il respire ;
Pour lui, vouloir c’est faire, exister c’est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi !
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse,
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l’exerce à son gré ;
Le néant jusqu’à lui s’élève par degré :
Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse,
Sans s’épuiser jamais, il peut donner sans cesse,
Et comblant le néant de ses dons précieux,
Des derniers rangs de l’être il peut tirer des dieux !
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance,
Mesurent d’eux à lui l’éternelle distance,
Tendant par leur nature à l’être qui les fit;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore,
Qu’Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
Que Socrate annonçait, qu’entrevoyait Platon ;
Ce Dieu que l’univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l’infortune espère,
Et que le Christ enfin vint montrer à la terre !
Ce n’est plus là ce Dieu par l’homme fabriqué,
Ce Dieu par l’imposture à l’erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres,
Qu’adoraient en tremblant nos crédules ancêtres.
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son oeuvre, et le ciel sait son nom !
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l’adore !
Qui, tandis que le monde ou l’outrage ou l’ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S’élève au sanctuaire où la foi l’introduit
Et, consumé d’amour et de reconnaissance,
Brûle comme l’encens son âme en sa présence !
Mais pour monter à lui notre esprit abattu
Doit emprunter d’en haut sa force et sa vertu.
Il faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l’amour sont les ailes de l’âme.
Ah ! que ne suis-je né dans l’âge où les humains,
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l’innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence ?
Que n’ai-je vu le monde à son premier soleil ?
Que n’ai-je entendu l’homme à son premier réveil ?
Tout lui parlait de toi, tu lui parlais toi-même ;
L’univers respirait ta majesté suprême ;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Etalait en tous sens le nom de son auteur;
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âges,
En traits plus éclatants brillait sur tes Ouvrages ;
L’homme dans le passé ne remontait qu’à toi ;
Il invoquait son père, et tu disais : C’est moi.
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l’instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire.
Que de fois dans ta gloire à lui tu t’es montré,
Aux vallons de Sennar, aux chênes de Membré,
Dans le buisson d’Horeb, ou sur l’auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictait sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains,
Reçurent quarante ans la manne de tes mains
Tu frappais leur esprit par tes vivants oracles !
Tu parlais à leurs yeux par la voix des miracles !
Et lorsqu’ils t’oubliaient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs coeurs éperdus !
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s’altéra dans sa course !
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Eclipsa par degrés les rayons éclatants ;
Tu cessas de parler; l’oubli, la main des âges,
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages ;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L’homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde, Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire
Et pour les retrouver il nous faut, dans son cours,
Remonter flots à flots le long fleuve des jours !
Nature ! firmament ! l’oeil en vain vous contemple ;
Hélas ! sans voir le Dieu, l’homme admire le temple,
Il voit, il suit en vain, dans les déserts des cieux,
De leurs mille soleils le cours mystérieux !
Il ne reconnaît plus la main qui les dirige !
Un prodige éternel cesse d’être un prodige !
Comme ils brillaient hier, ils brilleront demain !
Qui sait où commença leur glorieux chemin ?
Qui sait si ce flambeau, qui luit et qui féconde,
Une première fois s’est levé sur le monde ?
Nos pères n’ont point vu briller son premier tour
Et les jours éternels n’ont point de premier jour.
Sur le monde moral, en vain ta providence,
Dans ces grands changements révèle ta présence !
C’est en vain qu’en tes jeux l’empire des humains
Passe d’un sceptre à l’autre, errant de mains en mains ;
Nos yeux accoutumés à sa vicissitude
Se sont fait de ta gloire une froide habitude ;
Les siècles ont tant vu de ces grands coups du sort :
Le spectacle est usé, l’homme engourdi s’endort.
Réveille-nous, grand Dieu ! parle et change le monde ;
Fais entendre au néant ta parole féconde.
Il est temps ! lève-toi ! sors de ce long repos ;
Tire un autre univers de cet autre chaos.
A nos yeux assoupis il faut d’autres spectacles !
A nos esprits flottants il faut d’autres miracles !
Change l’ordre des cieux qui ne nous parle plus !
Lance un nouveau soleil à nos yeux éperdus !
Détruis ce vieux palais, indigne de ta gloire ;
Viens ! montre-toi toi-même et force-nous de croire !
Mais peut-être, avant l’heure où dans les cieux déserts
Le soleil cessera d’éclairer l’univers,
De ce soleil moral la lumière éclipsée
Cessera par degrés d’éclairer la pensée ;
Et le jour qui verra ce grand flambeau détruit
Plongera l’univers dans l’éternelle nuit.
Alors tu briseras ton inutile ouvrage :
Ses débris foudroyés rediront d’âge en âge :
Seul je suis ! hors de moi rien ne peut subsister !
L’homme cessa de croire, il cessa d’exister !




Alphonse De Lamartine (1790-1869)

In « Méditations Poétiques »

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Alphonse de Lamartine

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Alphonse de Lamartine


Alphonse de LamartineAlphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Biographie]

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S’ennuyant, il s’adonna à l’écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Trois ans après, ce furent : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, l’année suivante, à l’Académie Française.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s’engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues[59380], et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l’abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l’assistance.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l’un des acteurs des journées de la république de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l’un des protagonistes de l’abolition de l’esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle. Le coup d’État de décembre et l’avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l’exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l’écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Survol de l’œuvre

Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du style.

Histoire

Lamartine est également un historien méconnu du grand public :

Analyse de l’œuvre

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l’expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrétise dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine a dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.

C’est en ce sens qu’il est le plus poète des poètes français, qu’il est la poésie elle-même.

Citations

  • Qui reconnaîtrait la Révolution entre nos mains ? (…) Au lieu du travail et de l’industrie libre, la France vendue aux capitalistes ! (1843)
  • Les utopies ne sont que des vérités prématurées.
  • Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
  • Je suis las des musées, cimetières des arts.
  • O temps! suspends ton vol.
  • Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
  • Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires; il n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes.

Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze ans à la Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double, l’unicité de Dieu est, l’autre disant ce qu’il n’est pas; l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée!

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet!

A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?

Il n’y a de plus grand que celui qui, en enseignant avant lui le même dogme, avait promulgué en même temps une morale plus pure, qui n’avait pas tiré l’épée pour aider la parole, seul glaive de l’esprit, qui avait donné son sang au lieu de répandre celui de ses frères, et qui avait été martyr au lieu d’être conquérant. Mais celui-là, les hommes l’ont jugé trop grand pour être mesuré à la mesure des hommes, et si sa nature humaine et sa doctrine l’ont fait prophète, même parmi les incrédules, sa vertu et son sacrifice l’ont proclamé Dieu!

Histoire de la Turquie, Paris, 1854. Tome 1 et Livre 1 – pp. 277-278 et 280-281.


  • Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement du cœur à l’égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, sont faits pour férociser les instincts du cœur

Œuvres

En histoire :

Autres :

Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)

Correspondance

  • Correspondance d’Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie – Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 – 1867), présentation et notes d’Henri Guillemin, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 – 1851), présentation d’Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.

Voir aussi

Lamartine écrivait un texte célèbre sur le prophète Mahomet en 1854
« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabie, conquérait à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Égypte, l’Éthiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?… »

Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l’Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Guillemin Henri, Lamartine, l’homme et l’œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l’Etudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine)
  • Guillemin Henri, Connaissance de Lamartine, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine en 1848″‘, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.

Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.

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