Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2008 06 17

A propos de Symbolisme – Les Couleurs – I – Noir, le Noir : la couleur Noire !

Classé sous — ganeshabreizh @ 6:59

 

Noir, le Noir : la couleur Noire !

 

 

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Contre couleur du Blanc, le Noir est son égal en valeur absolue.

Comme le Blanc il peut se situer aux deux extrémités de la gamme chromatique, en tant que limite des couleurs chaudes comme des couleurs froides. ; selon sa matité ou sa brillance, il devient alors l’absence ou la somme des couleurs, leur négation ou leur synthèse.

Symboliquement, il est le plus souvent entendu sous son aspect froid négatif.

Contre-couleur de toute couleur, il est associé aux ténèbres primordiales, à l’indifférencié originel. En ce sens il rappelle la signification du blanc neutre, du blanc vide, et sert de support à des représentations symboliques analogues, telles que les chevaux de la mort, tantôt blanc, tantôt noirs. Mais le blanc neutre et chtonien est associé, dans les images du mondes, à l’axe Est-Ouest, qui est celui des départs et des mutations, tandis que le noir se place, lui, sur l’axe Nord-Sud, qui est celui de la transcendance absolue et des pôles.

Selon que les peuples placent leur enfer et le dessous du monde vers le Nord ou vers le Sud, l’une ou l’autre de ces directions est considérée comme noire. Ainsi le Nord est-il noir pour les Aztèques, les Algonkin, les Chinois, le Sud pour  les Mayas, et le Nadir, c’est-à-dire la base de l’axe du monde les indiens Pueblo.

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Installé ainsi en dessous du monde, le noir exprime la passivité absolue, l’état de mort accomplie et invariante entre ces deux nuits blanches où s’opèrent, sur ses flancs, les passages de la nuit au jour et du jour à la nuit.

Le noir est donc couleur de deuil, non point comme le blanc, mais d’une façon plus accablante. Le deuil blanc a quelque chose de messianique. Il indique une absence destinée à être comblée, une vacance provisoire. C’est le deuil des Rois et des Dieux, qui vont obligatoirement renaître : le Roi est mort, vive le Roi ! correspond bien à cette cour de France où le deuil se portait en blanc. 

Le deuil noir, lui, est, pourrait-on dire, le deuil sans espoir. « Comme une Rien sans possibilités, comme un Rien mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans l’espérance même d’un avenir, résonne intérieurement le noir», écrit Kandinsky [Vassili Kandinsky, Du spirituel dans l'art, Paris, 1954.]

Le deuil noir c’est la perte définitive, la chute sans retour dans le Néant : L’Adam et Eve du Zoroastrisme, abusés par Ahriman, s’habillent de noir lorsqu’ils sont chassés du Paradis.

Couleur de la condamnation, le noir devient aussi la couleur du renoncement à la vanité de ce monde, d’où les manteaux noirs qui constituent une proclamation de foi dans le Christianisme et dans l’Islam : Le manteau noir des Mawlavi – les Derviches tourneurs du Soufisme (taçawuff) – représente la pierre tombale. Lorsque l’initié le quitte  pour entreprendre sa danse giratoire, il apparaît vêtu d’une robe blanche, qui symbolise sa renaissance au divin, c’eset à dire à la Réalité Véritable : entre temps les trompettes du jugement ont sonné.

En Egypte, « ’après Horapollon, une colombe noire était le hiéroglyphe de la femme qui reste veuve jusqu’à sa mort.» [Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, Paris, 1837].Cette colombe noire peut être considérée comme l’Eros frustré, la vie niée. On sait la  fatalité manifestée par le navire aux voiles noires, depuis l’épopée grecque jusqu’à celle de Tristan.

Mais le monde chtonien, le dessous de la réalité apparente, est aussi le ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. « Couleur de deuil en Occident, le noir est à l’origine le symbole de la fécondité, comme dans l’Egypte ancienne ou en Afrique du Nord : la couleur de la terre fertile et des nuages gonflés d’eau de pluie. » [Jean Servier, l'Homme et l'Invisible, p. 96 Paris, 1964]. S’il est en noir comme les eaux profondes, c’est aussi parce qu’il contient la capital de la vie latente, parce qu’il est le grand réservoir de toutes choses : Homère voit l’Océan noir. Les Grandes Déesses de la Fertilité, ces vieilles déesses-mères, sont souvent noires en vertu de leur origine chtonienne : les Vierges noires reconduisent ainsi les Isis, les Athon, les Déméter et les Cybèles, les Aphrodites noires. Orphée dit, selon Frédéric Portal (ib.) : « Je chanterai la nuit, mère des dieux et des hommes, la nuit origine de toutes choses créées, et nous la nommerons Vénus. » Ce noir revêt le ventre du monde, où, dans la grande obscurité gestatrice, opère le rouge du feu et du sang, symbole de la force vitale. D’où l’opposition fréquente du rouge et du noir sur l’Axe Nord-Sud, ou, ce qui revient au même, le fait que rouge et noir peuvent apparaître comme deux substituts, ainsi que le fait remarquer Jacques Soustelle, [la Pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940.] à propos de l’image du monde des Aztèques. D’où aussi la représentation des Dioscures montés sur deux chevaux, l’un noir et l’autre rouge, sur un vase grec décrit par Frédéric Portal, et aussi, sur un autre vase, également décrit par cet auteur, le costume de Camillus, les grand psychopompe des Etrusques, qui a le corps rouge, mais des ailes, des bottines et une tunique noire.

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Les couleurs de « La Mort », Arcane 13 du Tarot, sont significatives. Cette mort initiatique, prélude d’une véritable naissance, fauche le paysage de la réalité apparente – paysage des illusion périssables – d’une faux rouge, tandis que ce paysage est lui-même peint en noir. L’instrument du trépas représente la force vitale et sa victime le néant : fauchant la vie illusoire, l’Arcane 13 prépare l’accès à la vie réelle.

Le symbolisme du nombre confirme ici celui de la couleur ; 13, qui succède à 12, chiffre du cycle accompli, introduit à un nouveau départ, amorce un renouvellement.

Dans le langage du blason, la couleur noire se nomme sable,  ce qui exprime ses affinités avec la terre stérile, habituellement représentée par un jaune ocre, qui est parfois aussi le substitut du noir : c’est ce même jaune de terre ou de sable qui représente le nord, froid et hivernal, pour certains peuples amérindiens, ainsi que pour les Tibétains et les Kalmouk. Le sable signifie prudence, sagesse et constance dans la tristesse et les adversités [Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, p. 177, Paris, 1837]. Du même symbolisme relèverait le fameux vers du Cantique des Cantiques : « Je suis noire et pourtant belle, fille de Jérusalem », qui selon des exégètes de l’Ancien Testament, est le symbole d’une grande épreuve. Il n’est peut être pas que cela, car le noir brillant et chaud, issu du rouge, représente, lui, la somme des couleurs. Il devient la lumière divine par excellence dans la pensée des mystiques musulmans. Mevlana Djalâlud-Din Rûmi, le fondateur de l’ordre des Mawlavi ou Derviches Tourneurs, compare les étapes de progressions intérieures du Soufi vers la béatitude à une échelle chromatique. Celle-ci part du blanc, qui représente le Livre de la Loi coranique, valeur de départ passive, par ce qu’elle précède l’engagement du Derviche sur la voie du perfectionnement. Elle aboutit au Noir par le rouge : ce Noir, selon la pensée de Mevlana, est la couleur absolue, l’aboutissement de toutes les autres couleurs, gravies comme autant de marches, pour atteindre au stade suprême de l’extase, où la Divinité apparaît au mystique et l’éblouit. Là aussi le Noir brillant est donc très exactement identique au Blanc brillant. Sans doute peut-on interpréter de la même manière la pierre de la Mecque, elle aussi d’un noir brillant.

On le retrouve en Afrique avec cette profonde patine aux reflets rougeâtres, qui recouvre les statuettes du Gabon gardiennes des sanctuaires où sont conservés les crânes des ancêtres.

Au profane, ce même noir brillant et rougeâtre est le noir « moreau »  des coursiers  de la tradition populaire russe, symbolisant l’ardeur et la puissance de la jeunesse.

Le mariage du noir et du blanc est une hiérogamie ; il engendre le gris moyen, qui, dans la sphère chromatique, est la valeur du centre, c’est-à-dire de l’homme.

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En Extrême-Orient, la dualité du noir et du blanc est, d’une façon générale, celle de l’ombre et de la lumière, du jour et de la nuit, de la connaissance et de l’ignorance, du yin et du yang, de la Terre et du Ciel.

En mode hindou, c’est celles des tendances « tamas » (descendante ou dispersive) et « sattva » (ascendante ou cohésive), ou encore celle de la caste des « shudra » et de la caste des Brahmanes (d’une façon générale, le blanc est la couleur du sacerdoce). Toutefois, « Shiva » (« tamas ») est blanc et « Vishnu » (« sattva ») est noir, ce que les textes expliquent par l’inter dépendances des opposés, mais surtout par le fait que la manifestation extérieure du principe blanc apparaît noire et inversement, de même qu’elle est inversée par la réflexion sur le « miroir » des Eaux.

Le noir est, de façon générale, la couleur de al Substance universelle (« Prakriti »), de la « materia prima », de l’indifférenciation primordiale, du chaos originel, dees eaux inférieures, du nord, de la « mort » : ainsi de la « nigredo » hermétique aux symbolismes hindou, chinois, japonais (ce en quoi il ne s’oppose d’ailleurs pas toujours au blanc mais, par exemple en Chine, au jaune ou au rouge).

Le noir possède incontestablement en ce sens un aspect d’obscurité et d’impureté. Mais inversement, il est le symbole supérieur de la non-manifestation et de la « virginité » primordiale : à ce sens se rattachent le symbolisme des Vierges noires médiévales, celui aussi de Kâlî, noire parce qu’elle réintègre dans l’informel la dispersion des formes et des couleurs.

Dans la « Bhagavad Gîta », c’est véritablement « Krishna », l’immortel, qui est le « sombre », tandis qu’ « Arjuna », le mortel, est le « blanc », images perspectives du « Soi » universel et du « moi » individuel. Nous rejoignons d’ailleurs ici le symbolisme de « Vishnu » et de « Shiva ». L’initié hindou s’assied sur une peau à poils noirs et blancs, signifiant encore le non-manifesté et la manifestation. Dans la même perspective, René Guénon a noté l’important symbolisme des « visages noires » éthiopiens, des « têtes noires » chaldéennes et aussi chinoies (kien-cheou), ainsi que de la « kem », ou « terre noire » égyptienne, toutes ces expressions ayant certainement un sens « central et primordial », la manifestation qui rayonne du centre apparaissant « blanche » comme la lumière.

Car en fait, le « hei » chinois évoque à la fois la couleur noire et la perversion et le repentir ; le noircissement rituel du visage est un signe d’humilité, il vise à solliciter le pardon des fautes. De même, « Malkût » est le second « Hé » du Tétragramme. Exilée et dolente, cette lettre, de taille normale, se rétrécit jusqu’à n’être qu’un petit point noir, qui évoque la forme de la lettre « yod », la plus petite de l’alphabet hébreu.

L’œuvre au noir hermétique, qui est une « mort » et un retour au « chaos » indifférencié, aboutit à l’œuvre au blanc, finalement à l’ « œuvre au rouge » de la libération spirituelle. Et l’embryologie symbolique du Taoïsme fait monter le « principe humide » des noirceurs de l’ « abîme » (k’an) pour l’unir au « principe igné », en vue de l’éclosion de la « Fleur d’Or » : la couleur de l’or est le blanc.

[Louis Chochod, Occultisme et Magie en Extrême-Orient, Paris, 1949.]

[Jean Danielou, le Mystère de l'Avent, Paris, 1948.]

[Mircea Eliade, Forgerons et Alchimiste, Paris, 1956.]

[Pierre Grison, le Traité de la Fleur d'Or du suprême Un, Paris, 1966.]

[René Guénon, le Symbolisme de la Croix, Paris, 1931.]

[René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962.]

[Jean Herbert, Aux sources du Japon : le Shintô, Paris, 1964.]

[Henri Maspero, le Taoïsme, Paris, 1950.]

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Du point de vue de l’analyse psychologique, dans les rêves diurnes ou nocturnes, comme dans les perceptions sensibles à l’état de veille, le noir est considéré comme l’absence de toute couleurs, de toute lumière. Le noir absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque, avant tout, le « chaos », le néant, le ciel nocturne, les ténèbres terrestres de la nuit, le mal, l’ « angoisse », la tristesse, l’inconscience et la Mort.

Mais le noir est aussi la « terre fertile », réceptacle du « si le grain ne meurt » de l’Evangile, cette terre qui contient les tombeaux, devenu ainsi le séjour des morts et préparent leur renaissance. C’est pourquoi les cérémonies du culte de Pluton, Dieu des Enfers, comprenaient des sacrifices d’animaux noirs, ornés de bandelettes de même couleur. Ces sacrifices ne pouvaient avoir lieu que dans les ténèbres et la tête de la victime devait être tournée vers la terre.

 Le noir rappelle aussi les profondeurs abyssales, les « gouffres » océaniques (« Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune » [Oceano Vox - Victor Hugo]) ; ce qui amenait les anciens à sacrifier des taureaux noirs à Neptune.

En tant qu’évocateur du néant et du chaos, c’est-à-dire de la confusion et du désordre, i lest l’ « obscurité des origines » ; il précède la création dans toutes les religions. Pour la Bible, avant que la « lumière soit, la terre était informe et vide, les ténèbres recouvraient la face de l’Abîme ». Pour la mythologie gréco-latine, l’état primordial du monde était le Chaos ; Le Chaos engendra la Nuit qui épousa son frère l’Erèbe : ils eurent un fils l’Ether.

Ainsi à travers Nuit et Chaos, commence à percer la lumière de la création : l’Ether. Mais entre temps, la Nuit avait engendré, outre le Sommeil et la Mort, toutes les misères du monde comme la pauvreté, la maladie, la vieillesse, etc. Cependant, malgré l’angoisse provoquée par les ténèbres, les Grecs qualifiaient la Nuit d’ « Euphronè », c’est-à-dire la « Mère de bon conseil ». Nous-même disons ; « la Nuit porte conseil. »

C’est qu’en effet, c’est principalement la nuit que nous pouvons progresser en faisant notre profit des avertissements donnés par les rêves, ainsi qu’il est conseillé dans la Bible (Job, 33, 14) et dans le Coran (Sourate, 42).

Si le noir s’attache à l’idée du Mal, c’est-à-dire à tout ce qui contrarie ou retarde le plan d’évolution voulu par le Divin, c’est que ce noir évoque, ce que les Hindous appellent l’Ignorance, l’ « ombre » de Carl Gustav Jung, le diabolique Serpent-Dragon des Mythologies, qu’il faut vaincre en soi pour assurer sa propre métamorphose, mais qui nous trahit à chaque instant.

Ainsi sur quelques très rares images du Moyen Age, Judas le traître apparaît nimbé de noir ;

Ce noir associé au Mal et à l’ « Inconscience » se retrouve dans des expressions telles que : « tramer de noirs desseins », la « noirceur de son âme », un « roman noir ». Quant à « être noir », c’est précisément se trouver dans l’inconscience de l’ivresse. Et si nos turpitudes et nos jalousies sont projetées sur quelqu’un, il devient notre « bête noire ».

Le noir comme couleur marquant la mélancolie, le pessimisme, l’affliction ou le malheur, se rencontreà toutes minutes dans le langage quotidien  nous « broyons du noir »,  nous avons des « idées noires », nous somme d’une « humeur noire », nous nous trouvons dans une « purée noire ». Les écoliers anglais appellent « Black Monday » le lundi de la rentrée des classes et les Romains marquaient d’une « pierre noire » les jours néfastes.

Lorsque le Noir évoque la mort, c’est bien dans les toilettes de deuil et dans les vêtements sacerdotaux des messes des morts ou du Vendredi Saint que nous le retrouvons.

Enfin le noir se joint aux couleurs diaboliques pour évoquer, avec le rouge, la matière en ignition. Satan est appelé le Prince des Ténèbres et Jésus lui-même est parfois représenté en Noir, lorsqu’il est tenté par le Diable, comme recouvert du voile noir de la tentation.

Dans son influence sur le psychisme, le Noir donne une impression d’opacité, d’épaississement, de « lourdeur ». C’est ainsi qu’un fardeau peint en noir apparaîtra plus lourd qu’un fardeau peint en blanc. Cependant un tableau aussi sombre (c’est le cas de le dire) des évocations de la couleur noire n’empêche pas celle-ci de prendre une aspect positif. En tant qu’image de la mort, de al terre, de la sépulture, de la « traversée nocturne » des mystiques, le Noir est aussi attaché à la promesse de l’aurore et l’hiver à celle du printemps. Nous avons en outre que, dans la plupart des Mystères antiques, le Myste  devait passer par certaines épreuves de nuit ou subir des rites dans un obscur souterrain. De même, de nos jours, les religieux et les religieuses meurent au monde dans un cloître.

Le Noir correspond au « Yin » féminin chinois, terrestre, instinctif et maternel. On l’a noté, plusieurs déesses Mères, plusieurs Vierges, sont noires ; la Diane d’Ephèse, la Kali hindoue ou Isis sont représentées en noir : une pierre noire symbolisait la Magna Mater sur le mont Palatin : la Ka’ba de La Mecque, en tant qu’ Anima Mundi, est constituée par un cube de pierre noire et d’innombrables pèlerins vénèrent des Vierges noires dans toutes l’Europe.

Dans le même ordre d’idée, le Cavalier de l’Apocalypse qui monte le cheval noir tient une balance à la main et doit mesurer le froment, l’orge, lhuile et le vin, répartissant ainsi, en une période de famine, les produits récoltés sur le sol terrestre fécond de la Grande Mère du Monde.

Dans les rêves, l’apparitions d’animaux noirs, de « nègres » ou d’autres personnages foncés, montre que nous prenons contact avec notre propre « Univers instinctif primitif » qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

 

2008 01 28

Emotions, essence de vie – Recueil de poésie écrit par Lunessences aux Editions Chloé des Lys – [Ainsi que le clip de Father chanté par Helène Ségara - 6'02"] et [documentaires sur le Tigre - Un premier de 2'51" emplies de symbolisme, suivi d'un second de 6'53" d'une réelle émotion] terminé par Nigthtwish et Lacrimosa dans deep silence complete – 4’03 » – +=+ Lacrimosa dans Alleine zu zweit – 3’28

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 20:47

Essence de lune aquatique

Lunessences

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 C’est en corrélation avec celui du soleil que se manifeste le symbolisme de la lune. Ses deux caractères les plus fondamentaux dérivent, d’une part, de ce que la lune est privée de lumière propre et n’est qu’un reflet de soleil  ; d’autre part, de ce qu’elle traverse des phases différentes et change de forme. C’est pourquoi elle symbolise la dépendance et le principe féminin (sauf exception), ainsi que la périodicité et le renouvellement.

A ce double titre, elle est symbole de transformation et de croissance.

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Voici, je viens avec un plaisir immense vous emmener sur les pas d’un univers aux sens de Lunessences, à la découverte de ses contraires et de l’amour qu’elle a des mots dans tous ses quotidiens de vie et de pensée.

ganeshabreizh

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http://www.dailymotion.com/video/x2jjon

Father – Hélène Ségara – 4’11 »

 

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 Mon père,

Ses joues ravagées de sillons profonds, sa peau couleur terre aride, le nez bosselé et courbé comme le bec d’un aigle laissant échapper des narines évasées, la bouche aux lèvres charnues dessinant encore aujourd’hui le même sourire accueillant depuis tant d’années, m’attendrissent.
Ses sourcils broussailleux gris maintenant abritent encore l’éclat d’acier de ses yeux, qui n’ont rien perdu de leur douceur malgré le temps.

Ce paysage vieilli, couleur sépia, si cher à mon cœur d’enfant me sourit, à moi, l’adulte écervelée et nomade, oubliant les peurs et les déceptions infligées.
Ce cœur, d’amour rempli, me regarde tendrement par delà les épreuves et le temps, m’aime comme avant, il abreuve de bonté et de douceur l’enfant qu’il reconnaît et a toujours aimé.

Une perle de pluie naît au coin de ses yeux d’océan tourmenté, elle raconte le bonheur passé, elle raconte l’amour donné et reçu, les heures passées à bercer l’enfant qui a grandi, comme l’espérance de pouvoir le gourmander longtemps, gentiment.
Son discours est plus lent et sa voix moins tonnante, qu’importe, il est là, devant l’entrée, il m’attend et ses bras sont aussi chauds et accueillants que dans mes souvenirs.
Je n’espère plus, je vis.
Je l’aime, le sait-il ?

                                                    Lunessences

(10/05/2004)

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Emotions, essence de vie - Recueil de poésie écrit par Lunessences édité par les Editions Chloé des Lys (1ère et 4ème de couverture) 

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interview effectué par Aragorn du Forum Ames-Poétiques:

Cela faisait un moment que je voulais une interview de Lunessences, à force de persévérence j’ai enfin réussis à la décider…Et pour rien vous cachez je ne suis pas déçus…Vous trouverez quelqu’un qui à vécu avec un oeil réfléchit sur ce qu’est la vie, ce qu’on doit d’en faire…Une personne qui garde un peu de son jardin secret…Quelqu’un de bien vous allez voir.

Pour commencer Lune, le résumé du film de ta vie c’est quoi?
Une adolescence qui ne dérogea pas aux règles de la majorité des jeunes,
quelques petites bêtises au collège et au lycée, une ambition démesurée
qui a fait un saut de 10 étages quand j’ai compris certaines réalités
de la vie. Des études donc interrompues mais aujourd’hui sans regret.
Maman de bonne heure, vivre en liberté devinrent mes objectifs. Très
maman poule j’ai appliqué la loi des femelles sauvages, protection et
prévention pour ma progéniture en leur apprenant très tôt à être
indépendant. Aujourd’hui mes enfants ont respectivement 27 et 23 ans,
et j’avoue qu’ils ont bien profité des enseignements de la vie.

Lunessences au quotidien, c’est qui, c’est quoi, c’est comment?
Lunessences (je vais me là jouer à la Delon) est une « chieuse », exigeante envers elle-même et envers les autres. C’est une femme parfois, une
insatisfaite tout le temps. Lunessences c’est terrible, car tellement
simple pourtant….

Une personne qui a marqué ton enfance?
Sans réfléchir : mon père.

Et à quoi rêvait Lunessences petite fille?
Je rêvais d’être une fée ou un avocat.

Ta scolarité et toi? C’était haine, amour, long fleuve tranquille…
J’ai toujours adoré l’école, apprendre, connaître, tout comprendre sauf les maths (j’ai horreur de ça !). Beaucoup de plaisirs dans ma scolarité, mais elle fût sabordée par l’envie d’indépendance et de liberté que j’éprouvais, donc j’ai stoppé très tôt mes études. Fini le long fleuve tranquille !

Te souviens-tu du jour où tu as franchis l’âge adulte?
Je m’en souviens parfaitement puisque c’était le 25 août 1980.

Pourquoi cette date, pourquoi le 25 Août 1980?
Date de naissance de ma fille.

La vie pour toi au jour le jour c’est plutôt? La vie en rose, I will survivre, je t’aime, Staying alive ou je marche seul…
Je pense un peu comme tout le monde, un jour avec, un jour sans. J’essaye
en général de me donner toutes les chances ou tous les outils pour
vivre le mieux possible, et pour cela c’est : « the eye of the tiger ».
Il y a des risques à vivre de cette façon là, en particulier d’apprécier la solitude.

Qu’est ce qu’il te fait avancer dans la vie?
Mes objectifs me font avancer, uniquement. Si je n’ai plus de projets je meurs.

Et avec le temps qu’as-tu perdu?
Ma confiance envers l’autre et ma fraîcheur.

Lunessences au quotidien c’est plutôt la passion ou bien la raison?
La passion nous fait sentir la vie battre en nous, vivifiante, elle est son expression extrême. La raison je n’en ai pas.

Une couleur qui te définirait le mieux?
En rouge et noir, mais j’adore le rose fuschia.

Et puis trois de tes qualités et trois de tes défauts?
Exigeante-autoritaire-méfiante-prudente- paradoxalement naïve et enfantine.

Un choix un seul, chocolat, cigarette, alcool ou amour?
Un choix cornélien, un peu d’Absinthe parfois, mais toujours un bout de chocolat et une cigarette après l’amour.

Et bien oui, cela serait trop facile sinon…Une question d’ordre plus générale maintenant tu es plutôt Tv, radio, livre?
Les trois : La télé pour les films,
La radio pour la musique,
Les livres, pour l’enseignement et la mémoire de l’humanité.

Tu invites trois personnalités actuellement dans l’actualité à manger chez toi, tu choisis qui?
Un spécialiste dans le droit au travail,
Un dans la défense des Droits de l’homme,
Et Casanova.

Al Gore frappe à ta porte, c’est quoi ta réaction?
Dehors ! Va signer le protocole de Kyoto, on verra après, hypocrite et menteur !

Attention Al Gore c’est un prix Nobel…En parlant de prix Nobel Je t’en offre un, lequel choisis-tu?
Prix Nobel : Aucun, ils ne servent à rien sauf aux buts mercantiles et publicitaires.

Qu’aimerais-tu inventer?
La société a pour valeur majeure le profit à tout prix, donc je souhaiterais
réinventer l’altruisme, surtout pour en droguer les Etats-Unis.

Le destin, fiction ou réalité?
Destin espéré ou voulu, on se le donne, le hasard n’existe pas. Il faut du
courage et beaucoup d’amour de soi pour se le forger, hélas, j’en ai
manqué.

Un regret, un seul et unique?
Ne pas avoir compris et accepter plus tôt que l’on a la vie que l’on se donne.

Une épitaphe?
Ne gît pas ici ! ou alors « oh non pas encore !! »

Merci beaucoup Lunessences de t’être ouvert à nous de cette façon, une bien jolie interview il est vrai…On va t’adorer encore plus maintenant…  

Aragorn

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Lien de l’interview pour suivre les commentaires sur le forum:
http://amespoetique.niceboard.com

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 La notion de tigre interviens dans l’Être Lunessence aussi dois-je l’évoquer.

Le tigre évoque, d’une manière générale, les idées de puissance et de férocité ; ce qui ne comporte pas que des signes négatifs. C’est un animal chasseur, et en celà un symbole de la caste guerrière. Dans la géomancie comme dans l’alchimie chinoise, le tigre s’oppose au dragon ; mais s’ il est , dans le premier cas, un symbole malfaisant, il figure dsans le second un principe actif, l’énergie, par opposition au principe humide et passif, le plomb opposé au mercure, le souffle au semen.

Les cinq tigres, symboles desforces protectrices, sont les gardiens des quatre points cardinaux et du centre. On donne d’ailleurs à pluseurs reprise, dans l’histoire et la légende chinoise, l’appellation de cinq tigres (wou ho) à des groupes de guerriers valeureux, protecteurs de l ‘empire. L’apparition d’un tigre blanc est un signe de la vertu royale. Le tigre est plus spécialement un animal du Nord, du solstice d’hiver, où il dévore les influences maléfiques. S’il est parfois la monture d’un Immortel, c’est qu’il est doué lui-même de longévité. Sa force symbolise encore, dans le Bouddhisme, celle de la foi, de l’effort spirituel, traversant la jungle des péchés, elle même figurée par une forêt de bambous….

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Image de prévisualisation YouTube

[C’est tout simplement génial pour qui sait se transposer dans lesymbolisme du Tigre
Belle réalisation.
amicalement
ganeshabreizh
]

 

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Monstre de l’obscurité et de la nouvelle lune, il est ausi une des figures du monde supérieure, le monde de la vie et  de la lumière naissante. On le voit souvent reproduis laissant échapper de sa gueule  l’être humain, représenté par un enfant. Il es t l’ancêtre su clan, assimilé  à la lune renaissante : la lumière qui revient (Carl Hentze dans Mythes et symboles lunaires, Anvers, 1932 et Mircea Eliade dans Traité d’histoire des religions, Paris, 1949, nouvelle édition, 1964).

…….

 

http://www.dailymotion.com/video/xbohl

 

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Sur le banc du destin

Autre texte pour vous permettre de sentir la necessité qu’il y a  à lire son expression poétique:

Destin…

 

Assise sur un banc, dans cette ville de bruits inutiles,
 j’ai lancé un pont d’espoir et de douleur
 vers des souvenirs qui usent mon cœur.
Images d’odeurs qui font pleurer mes yeux au bord de ta fenêtre.

J’attends, j’attends ma vie depuis que tu es parti, faiblesse d’une femme au cœur tari,
fêlure d’une existence longue de mélancolie.
J’attends… Un rire, une voix, un signe qui jamais ne viendra.
Ame torturée qui ne sais plus vivre,
Cœur aride qui ne peut que survivre…Je suis.

Aujourd’hui, plus jamais ne serai ce que tu as connu, le temps a fait son œuvre, doucement sans bruit s’en est allé… Et s’est perdu.
Assise sur un banc, je regarde ma vie,
ressac éternel pour une erreur commise, un amour interdit
prière indécente pour un amour sacrilège voire libertin
d’un ange et d’une catin.

 

                                                               05/08/2006     

                                        Lunessences 
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http://www.dailymotion.com/video/x1b84o

 

Nightswish et Lacrimosa – Deep silence complete – 4’03″

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                            Ainsi en musique Lunessences vous dit au revoir et à bientôt sur la terres de sa poésie pour un nouveau partage qu’elle commence immédiatement par un dernier texte :

   Ecorchée vive

Il vit haut perché, là où la lune est née, cet homme froid que j’ai touché, hostile et glacial à tout ce qui n’était pas nous.

Je l’ai aimé pour sa beauté d’âme, et j’ai succombé sous le joug de sa chair.
Seigneur de mes nuits je l’ai baptisé et ma peau suinte encore ses caresses et nos ébats.
Il est ce que je suis et ce que je serai,
il est l’homme de toutes les nuits,
il est l’ivresse jusqu’à plus soif,
il est douleur d’aimer,
il est l’esprit fait homme, l’enfant au creux de mon ventre…

L’envie de son corps, de sa peau, ne se tait ni jour, ni nuit,
le désir de gémir sous ses étreintes me tenaille,
écorche ma chair…encore.
la folie me guette, l’odeur de son intimité affole mes sens.

Ange féroce et doux qui m’avez appris cette amoureuse rage, ne soyez plus aveugle et sourd à la luxure de mes suppliques !!
Mais le temps passe et l’automne de ma vie ôte déjà les agréments de ma chair.

                                                                                    Lunessences

                                                                             27/03/2004 

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Tiger moon, la lune du tigre  

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Lunessences par sa Lune du

Tigre salue en vous toutes vos parts de

Soleil et de Lune, elles sont autant de

parts de masculin et de féminin qui

l’habitent.

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Ainsi le fun de la poésie s’accomplit dans un ultime partage en recherche fusionnelle d’échange avec:

 Lacrimosa – Allaine zu zweit – 3’28 »

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http://www.dailymotion.com/video/x3rp1

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Je n’ai vraiment pas envie de vous quitter alors retrouvons-nous sur toutes les pages des « Grenier Des Mots-Reflet » aussi souvent que vous  voudrez partager ; c’est gràce  à vous qu’ils existent au singulier de leurs pluriels.
ganeshabreizh-esotcelt-cherchant-kegineryann-yannesoganesh

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A fleur de peau lunaire et solaire

 

                           

2007 03 2

Symbolisme et chiffre : le nombre 2 (deux)

Classé sous — ganeshabreizh @ 9:11

 

Symbolisme et chiffre : Le nombre 2

 

 

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Symbole d’opposition, de conflit, de réflexion, ce nombre indique l’équilibre réalisé ou des menaces latentes. Il est le chiffe de toutes les ambivalences et les dédoublements ; Il est la première et la plus radicale des divisions (le créateur et la créature, le blanc et le noir, le masculin et le féminin, la matière et l’esprit, etc.), celle dont découlent toutes les autres, il était attribué dans l’antiquité à la Mère ; il désigne le principe féminin. Et parmi ses redoutables ambivalences, il peut être le germe d’une évolution créatrice aussi bien que d’une involution désastreuse.Masculin féminin astrologique

 

Le nombre deux symbolise le dualisme, sur le quel repose toute la dialectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, tout progrès. Mais la division est le principe de la multiplication, aussi bien que de la synthèse. Et la multiplication est bipolaire, elle augment ou diminue, selon le signe qui affecte le nombre.

 

Les deux exprime donc un antagonisme, qui de latent devient manifeste ; une rivalité, une réciprocité, qui peut être de haine autant que d’amour : une opposition, qui peut être contraire et incompatible, aussi bien que complémentaire et féconde.

 

Une image double dans la symbolique, deux lion, deux aigles, etc., renforce, en la multipliant, la valeur symbolique de l’image ou, à l’inverse, en la dédoublant, montre les divisions internes qui l’affaiblissent.

Naples under double eagle                         * Déité égyptienne-Aker-Double lion-Gardant les deux extrémités du jour.

 

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Toute la symbolique africaine repose sur un dualisme fondamental, considéré comme la loi cosmique par excellence : il y a dans l’homme la mort et la vie, le bien et le mal ; du même Gueno (dieu) viennent le bien et le mal ; toute chose à son aspect positif (diurne) et son aspect négatif (nocturne) ; à noter aussi la rivalité de a gauche et de la droite, du haut et du bas, de l’inférieur et du supérieur en chaque être et dans ses relations avec tout être, des points cardinaux opposés deux par deux, du jour et de la nuit, des sexes…[Hampate Ba, Amadou, Kaydara (document de l’Unesco).]

 

Dans le système arithmosophique des Bambara (du Mali), le chiffre de la dualité initiale et de la gémellité est un symbole d’union, d’amour ou d’amitié. [Germaine Dieterlen, Essai sur la religion des Bambara, Paris, 1951]

 

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Dans le monde celtique, un certain nombre de figures mythiques vont par deux, groupant ainsi des caractères opposés ou complémentaires. Le travail d’exploration et d’interprétation de la mythologie celtique n’est pas assez avancé pour qu’on en puisse nommer un grand nombre avec certitude, mais le couple, la dualité essentielle est, en pays celtique, celle du druide et du guerrier, souvent réunie ou concentrée en une seule entité divine. L’un représente la force, l’autre la sagesse de la tradition. Toute les séries ou constructions mythologiques respectent ce principe dualiste, qui s’intègre facilement dans une série de symboles numéraux couvrant le champ théologique. [Ogam, 12, 209-234 et 349-382, Tradition Celtique, Rennes, 1948.]

 

 

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En ce qui concerne le dualisme Chinois, il convient de se référer à la notion de Yin et Yang que voici :

Le caractère yin se compose de yin (exprimant la présence des nuages, le temps couvert) et de fou (la colline, le versant) ; yang se compose de yang (désignant le soleil élevé au-dessus de l’horizon, son action) et du même radical fou. Il s’agit donc originellement du versant ombreux et du versant ensoleillé d’une vallée, dont l’étude a pu être une des bases d’étude de la géomancie. Par extension, yin et yang désignent l’aspect obscur et l’aspect lumineux de toutes choses : l’aspect terrestre et l’aspect céleste ; l’aspect négatif, et l’aspect positif : l’aspect féminin et l’aspect masculin ; c’est en somme l’expression du dualisme et du complémentarisme universel. Yin et Yang n’existent que l’un par rapport à l’autre. Ils sont inséparables, et le rythme du monde, celui même de leur alternance : Yi yin, yi yang, dit le Hi-tseu : un yin, un yang, une fois yin, une fois yang.

 

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Yin s’exprime dans le Yi-king par la ligne interrompue – -, Yang par la ligne continue – . Leur combinaison forme les trigrammes, les hexagrammes. Trois (ou six) lignes yin, c’est k’ouen, la perfection passive, la Terre ; trois (ou six) lignes yang, k’ien, la perfection active, le Ciel, Terre et Ciel, c’est la polarisation de l’Unité primordiale, du Grand Faite T’ai-ki : Un produit deux dit le Tao (aphorisme 42). L’Unité se polarise, se détermine en yin et yang : c’est le processus de la manifestation cosmique, la séparation en deux moitiés de l’Oeuf du Monde. Je suis Un qui devient Deux, dit une inscription égyptienne antique. D’une autre façon, si l’on se limite au domaine de la manifestation, yang et yin évoque respectivement l’unité et la dualité, la monade et la dyade des Pythagoriciens, l’impair et le pair.

 

Yin yang

Le symbolisme du Yin-Yang s’exprime par un cercle divisé en deux moitiés égales par une ligne sinueuse, une partie noir (yin), l’autre blanche (yang), dont on peut remarquer que la longueur deal séparation médiane est égale à celle de la demi-circonférence extérieure ; que le contour de chaque moitié yin et yang est donc égale au périmètre total de la figure. Un tel diagramme évoque la formule du kabbaliste Knor de Rosenroth : Le Ciel et la Terre étaient attachés l’un à l’autre et s’étreignaient mutuellement. L’alternance, l’union statique du yin et du yang s’expriment aussi par l’échiquier, le mandala quaternaire simple de Shiva. Le T’ai-ki t’ou de Tcheou Touen-yi les représente par trois anneaux concentriques, qu’un diamètre sépare en moitiés, alternativement noires et blanches. Mais leur aspect dynamique, productif (des cinq éléments et des dix mille êtres), en même temps que leur interprétation ne peuvent s’exprimer mieux que par le yin-yang, dont il faut encore observer que la moitié yin comporte un point yang et la moitié yang un point yin, signe de l’interdépendance des deux déterminations, trace de la lumière dans l’ombre et de l’ombre dans la lumière. Du point de vue spirituel, selon Frithjof Schuon, c’est le signe de la Présence réelle dans la nuit de l’ignorance et de l’individualité ou de la nuit dans l’universalité et le jour de la Connaissance. La ligne médiane peut représenter la trace d’une hélice évolutive, ce qui exprime le symbolisme du yin-yang en tant que cycle de la destinée individuelle : c’est l’élément d’une spirale de pas infinitésimale, les deux extrémités de la spire (entrée et sortie de la figure) correspondant à la naissance et à la mort.

 

Au Japon, Jikkan et Jûnishi correspondent au yin et au yang chinois. Il faut encore signaler un symbole très proche : le tomoe (ou plus précisément le mitsu-tomoe) japonais (qu’on dit originaire de Corée). C’est une forme plus dynamique encore du déroulement cyclique, qui représente les tendances cosmiques sous un aspect ternaire, familier à l’Inde. On a aussi noté que les joyaux impériaux du Japon (magatama) avaient la forme du demi yin-yang, proche de celle du croissant lunaire. Le yin-yang avait été mis autrefois en rapport avec les phases de la lune. Il s’agit évidemment encore d’un aspect de l’évolution cyclique, mais qui apparaît ici de nature subsidiaire, car la lune, astre nocturne, est toujours yin par rapport au soleil yang.

 

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Mitsu-tomoe

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[Sources :

 

Dr. Albert Chamfrault, Traité de médecine chinoise, Angoulême, 1957.

 

Marcel Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934.

 

René Guénon, Le symbolisme de la Croix, Paris, 1931.

 

René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, Paris, 1945.

 

Jean Herbert, Aux sources du Japon : Le Shintô, Paris, 1964.

 

Jacques Lionnet, Les origines de la civilisation chinoise d’après les légendes, in Etudes Traditionnelles, Septembre 1956 numéro 334.

 

Matgioi (Albert Puyou Comte de Pouvourville), La voie métaphysique, Paris, 1936.

 

Gershom C. Scholem, la Kabbale et sa symbolique (traduction de Jean Boesse), Paris, 1966.

 

Paul Schilder, L’image du corps, Paris, 1968.

 

R. P. Léon Wieger, Caractères chinois, Hien-hien, 1932.

 

Richard Wilhelm, I Ging, das Buch der Wandlungen, Düsseldorf, 1956.

 

Yüan-Kuang et Ch. Canone, Méthode pratique de civilisation chinoise par le Yi-King, Paris, 1950.]

 

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Ce symbole condense la plus profonde philosophie et la plus caractéristique de l’esprit chinois. Il n’éprouve guère le besoin de faire appel à des idées abstraites de nombre, de temps, d’espace, de cause, de rythme. Pour traduire ces notions, les Chinois ont ce symbole concret qui, avec le Tao, exprime tout l’ensemble de l’ordonnance du Monde et de celle de l’Esprit. Pour eux, il n’y a pas le temps d’une part et l’espace de l’autre ; ils ne peuvent les concevoir indépendamment des actions concrètes. L’action d’un homme, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle, ne peut exister sans eux, de même que le temps et l’espace ne peuvent se concevoir sans action de l’homme.

 

Ils décomposent le temps en périodes et l’espace en régions, les périodes et les espaces sont qualifiés tantôt de yin, tantôt de yang suivant qu’ils sont clairs ou sombres, bons ou mauvais, intérieurs ou extérieurs, chauds ou froid, masculins ou féminin, ouverts ou fermés, etc.

 

Le yin et le yang sont l’analyse et l’image des représentations spatio-temporelles.

 

Très tôt, les chinois s’en sont servis pour l’utilisation religieuse des sites et des occasions ; ces symboles commandaient alors la liturgie et le cérémonial, de même que l’art topographique et chronologique.

 

Le Yin et le Yang, bien qu’ils représentent deux contraires, ne s’opposent jamais, de façon absolue, parce qu’entre eux il y a toujours une période de mutation qui permet une continuité ; tout, homme, temps, espace est tantôt yin, tantôt yang ; simultanément, tout tient des deux par son devenir même et son dynamisme, avec sa double possibilité d’évolution et d’involution.

 

La littérature chinoise se rapporte toujours, sous des allusions plus ou moins claires, au Yin et au Yang.

 

Peux-tu ouvrir et clore les Célestes Battants. (Lao-Tse).

 

Dans le livre de Mao-Tse-Tung, La stratégie de la guerre révolutionnaire, on lira :

 

La Chine est un grand pays où la nuit tombe à l’Ouest, quand le jour se lève à l’Est ; où la lumière se retire au Midi, tandis que le Nord s’éclaire.

 

Et plus loin :

 

L’échec est souvent l’accoucheur du succès.

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Selon l’arithmosophie d’Allendy, deux est le nombre de la différenciation relative, de la réciprocité antagoniste ou attractive. [Dr. René Allendy, 19, Le symbolisme des nombres, Paris, 1948.] Comme tout progrès ne s’opère que par une certaine opposition, tout au moins par la négation de ce que l’on veut dépasser, deux est le moteur du développement différencié et du progrès. Il est l’autre en tant qu’autre. De même si la personnalité se pose en s’opposant, comme on l’a dit, deux est le principe moteur sur la voie de l’individualisation. Les symboles binaires ou les couples (se référer au symbolisme des jumeaux), sont innombrables dans toutes les traditions ; ils sont à l’origine de toute pensée, de toute manifestation, de tout mouvement.

 

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Dans la culture iranienne, on retrouve le chiffre deux attaché aux thèmes suivants :

- le jour et la nuit présenté comme deux aspects de l’éternel retour du temps et du mouvement célestes ;

- le monde d’ici-bas et le monde de l’au-delà, symbolisé par deux demeures ou deux palais (do-sarâ) ;

- la vie terrestre représentée par une demeure faite de poussière, où existent deux portes, l’une pour entrer et l’autre pour sortir, c’est à dire mourir ;

- la brièveté de la vie illustrée par un séjour de deux jours (do-rûza-mâqam) dans ce monde ;

- Les divergences et les différends entre les homes de chaque époque ont été traduits par un climat où règnent deux atmosphères (do-havâî).

 

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Dans les descriptions populaires poétiques de la beauté d’une femme, certaines parties de son corps et de son visage sont associées deux par deux à des images que l’on retrouve dans tous les contes populaires. En voici un exemple :

 

« Deux boucles d’oreilles de perles ornaient ses deux lobes, deux tresses comme deux bouquets de narcisses caressaient la rose de son visage où deux grains de beauté faisaient penser à deux Indous noirs s’asseyant au bord de la source de ses lèvres ; ses deux yeux ressemblaient à deux narcisses, ses deux lèvres à deux cornalines suaves, et ses sourcils étaient dessinés comme deux arcs…. ses deux seins comme deux citrons doux d’Omman se devinaient sous sa chemise de soie… ; ses deux jambes avaient la grâce de deux colonnes d’ivoire, etc. »

 

En témoignage de son respect ou de son amour, au cours de libations, le héros mets les deux genoux sur le sol, en offrant des deux mains une coupe de vin à sa princesse ou à sa bien-aimée.

Pour exorciser les esprits malfaisants ou pour briser l’enchantement d’un château, le héros récite deux rak’at de prières musulmanes.

fateha - first rak'at

 

Pour bien rendre l’image d’un démon, l’accent est toujours mis sur ses deux cornes.Démon

Les principales expressions persanes utilisant le chiffre deux sont très nombreuses et tendent toutes à montrer que les vertus du sujet sont doublées, décuplées, portées en quelque sorte au carré ou à l’infini. Le deux multiplie la puissance à l’infini, dans la symbolique persane. Par exemple, le messager à deux chevaux signifie une extrême rapidité ; une tente à deux compartiments, l’extrême confort, etc.

[Voir par exemple Nizami, Haft-paykar, ed.Vahid Dastgerdi (2° édition), Téhéran 1334 H.s. p. 354, 101-147 ; Mohammad Kâzen, ‘Alamârâ-ye Nâderî, Moscou, 1960, p. 586.]

 

 

 

 

[Autre Source : Dictionnaire des Symboles, Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres

Editions Robert Laffont/Jupiter

Collection Bouquins

Paris, 1969, 1982

ISBN : 2.221.50319.8]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2007 02 15

Conscience – 2 – L’inconscience dans sa nature et son existence – Psychanalyse (21 citations)

Classé sous Pensees - Meditations - Citations — ganeshabreizh @ 23:22

 

CONSCIENCE

 

[Nature et existence de l’inconscience. Psychanalyse]

 

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1- « L’inconscient est la marge dont la conduite déborde la conscience. »

(Charles Baudoin – 1893-1963 – Psychanalyste, philosophe, humaniste, poète et romancier – L’âme et l’action, 1944-1949.)

 

*

 

2- « La conscience règne et ne gouverne pas. »

(Paul Valéry – 1871-1945 – Ecrivain, poète, philosophe et épistémologue français – Mauvaises pensées et autres, 1942.)

 

*

 

3- « L’amour propre est souvent invisible à lui-même ; il nourrit sans le savoir un grand nombre d’affections et de haines et il en forme de si monstrueuses que lorsqu’il les a mises à jour, il les méconnaît. »

(François VI duc de la Rochefoucauld – 1613-1680 – Ecrivain, moraliste et mémorialiste français – Les maximes,)

[L’édition définitive avec les 700 maximes ne parut qu’en 1817]

 

*

4- « …jusque dans les secrets que je crains de savoir. Jusque dans le repli de l’amour de soi-même. »

(Paul Valery [ibid.]- Poème : Narcisse)

 

*

 

5- « L’intellect est tout à fait étranger aux résolutions de la volonté. Il faut qu’il la prenne en flagrant délit pour deviner ses intentions véritables. »

(Arthur Schopenhauer – 1788-1860 – Philosophe idéaliste allemand – Le monde comme volonté et comme représentation, 1818/1819 – 2ème Tome : 1844°)

 

*

 

6- « Notre thérapeutique agit en transformant l’inconscient en conscient. »

(Sigmund Freud (Sigismund Schlomo Freud)- 1856-1939- Médecin autrichien, Inventeur de la psychanalyse – Introduction à la psychanalyse, 1917)

[ Un des trois « penseur du soupçon », qui ont induit le doute dans la conception philosophique classique du sujet, avec Karl Marx et Friedrich Nietzsche ;]

 

*

 

7- « N’était la vigilante pitié de Dieu, il me semble qu’à la première conscience qu’il aurait de lui-même l’homme retomberait en poussière. »

(Georges Bernanos (Joseph Jurt)- 1856-1939 – Ecrivain français – Journal d’un curé de campagne, 1935/1936.)

[Grand prix du roman de l’Académie française-1936]

 

*

 

8- « Les hommes éveillés n’ont qu’un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. »

(Héraclite d’Ephèse – 544/541- 480 Av. J.C. – Philosophe présocratique grec de la fin du VIème siècle av. J.C. – Fragments.)

 

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9- « Le rêve est le gardien du sommeil. »

(Sigmund Freud – Ibid.

 

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10- « Le rêve est la satisfaction d’un désir. »

(Sigmund Freud)

 

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11- « Platon disait que les bons sont ceux qui se contentent de rêver ce que les méchants font en réalité. »

(Sigmund Freud)

 

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12- « L’inconscient s’exprime à l’infinitif. »

(Sigmund Freud)

 

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13- « L’enfant est le père de l’homme. »

(William Wordsworth – 1770-1850 – Poète romantique anglais – Poème : L’arc en ciel)

 

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14- « Les névroses sont des produits, non de la sexualité, mais du conflit entre le moi et la sexualité. »

(Sigmund Freud)

 

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15- « Je dis que si l’homme était un il ne serait jamais malade. »

(Hippocrate Le Grand – vers 460 av. J.C. – vers 470 av. J.C.- Médecin grec – De la nature humaine.)

 

*

 

16- « L’insensé lui-même n’est jamais qu’une ruse du sens, une manière pour le sens de venir au jour. »

(Michel Foucault – 1926-1984 – Philosophe français – in Histoire de la philosophie contemporaine, Tome II, Tableau de la philosophie contemporaine, A. Weber et D. Huisman.)

[Titulaire d’une chaire au Collège de France à laquelle il donna le titre d’Histoire des systèmes de santé.]

 

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17- « Les primitifs qui se croient en état de péché mortel se laissent mourir…et meurent souvent sans lésion apparente ; un individu se casse quelque membre ; il ne se rétablira que du jour où il aura fait sa paix avec les règles qu’il a vilées. »

18- (Marcel Mauss – 1872-1950 – Fondateur de l’ Ecole française de sociologie et fondateur de l’ethnologie – Sociologie et anthropologie, 1950.)

 

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19- « L’inconscient est un discours qui s’articule en dehors du sujet, ailleurs dans un autre registre en langage chiffré, clandestin. »

(Jacques Lacan – 1901-1981 (Jacques-Marie Emile Lacan) – Psychanalyste français – Article in L’Express, 31 Mai 1957.)

 

*

 

20- « Le génie de Freud a consisté à montrer en action une raison raisonnante comme telle, je veux dire en train de raisonner et de fonctionner comme logique, à l’insu du sujet, ceci dans le champ même classiquement réservé à l’irraison, disons le champ de la passion. »

(Jacques Lacan)

 

*

 

21- « Les névrosés se libèrent de leur conflit s’ils parviennent à l’exprimer, c’est-à-dire à transformer le conflit en récit, à rattacher une expérience solitairement vécue comme ineffable, lourde d’angoisse et d’inconnu aux chaînes communes du langage…

Exprimer en langage verbal ce qui n’était exprimable qu’en langage d’organes, exprimer plus ou moins clairement ce qui était au fond de nous même obscurément imprimé, c’est ordonner notre désordre. »

(Jean Delay – 1907-1987 – Médecin psychiatre et écrivain français – Perspectives sur la médecine du corps et de l’esprit, Conférences des Annales, avril 1952.)

 

2006 10 27

Dieu -(Alphonse de Lamartine)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 10:05

J'ai le mal de Dieu-J'ai le mal du peuple

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Dieu

(A M. de la Mennais)Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes :
Déposant le fardeau des misères humaines,
Laissant errer mes sens dans ce monde des corps,
Au monde des esprits je monte sans efforts.
Là, foulant à mes pieds cet univers visible,
Je plane en liberté dans les champs du possible,
Mon âme est à l’étroit dans sa vaste prison :
Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon.
Comme une goutte d’eau dans l’Océan versée,
L’infini dans son sein absorbe ma pensée ;
Là, reine de l’espace et de l’éternité,
Elle ose mesurer le temps, l’immensité,
Aborder le néant, parcourir l’existence,
Et concevoir de Dieu l’inconcevable essence.
Mais sitôt que je veux peindre ce que je sens,
Toute parole expire en efforts impuissants.
Mon âme croit parler, ma langue embarrassée
Frappe l’air de vingt sons, ombre de ma pensée.
Dieu fit pour les esprits deux langages divers :
En sons articulés l’un vole dans les airs ;
Ce langage borné s’apprend parmi les hommes,
Il suffit aux besoins de l’exil où nous sommes,
Et, suivant des mortels les destins inconstants
Change avec les climats ou passe avec les temps.
L’autre, éternel, sublime, universel, immense,
Est le langage inné de toute intelligence :
Ce n’est point un son mort dans les airs répandu,
C’est un verbe vivant dans le coeur entendu ;
On l’entend, on l’explique, on le parle avec l’âme ;
Ce langage senti touche, illumine, enflamme;
De ce que l’âme éprouve interprètes brûlants,
Il n’a que des soupirs, des ardeurs, des élans ;
C’est la langue du ciel que parle la prière,
Et que le tendre amour comprend seul sur la terre.
Aux pures régions où j’aime à m’envoler,
L’enthousiasme aussi vient me la révéler.
Lui seul est mon flambeau dans cette nuit profonde,
Et mieux que la raison il m’explique le monde.
Viens donc ! Il est mon guide, et je veux t’en servir.
A ses ailes de feu, viens, laisse-toi ravir !
Déjà l’ombre du monde à nos regards s’efface,
Nous échappons au temps, nous franchissons l’espace.
Et dans l’ordre éternel de la réalité,
Nous voilà face à face avec la vérité !
Cet astre universel, sans déclin, sans aurore,
C’est Dieu, c’est ce grand tout, qui soi-même s’adore !
Il est ; tout est en lui : l’immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L’espace est son séjour, l’éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image ;
Tout l’univers subsiste à l’ombre de sa main ;
L’être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S’en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui ses ouvrages parfaits
Bénissent en naissant la main qui les a faits !
Il peuple l’infini chaque fois qu’il respire ;
Pour lui, vouloir c’est faire, exister c’est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi !
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse,
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l’exerce à son gré ;
Le néant jusqu’à lui s’élève par degré :
Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse,
Sans s’épuiser jamais, il peut donner sans cesse,
Et comblant le néant de ses dons précieux,
Des derniers rangs de l’être il peut tirer des dieux !
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance,
Mesurent d’eux à lui l’éternelle distance,
Tendant par leur nature à l’être qui les fit;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore,
Qu’Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
Que Socrate annonçait, qu’entrevoyait Platon ;
Ce Dieu que l’univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l’infortune espère,
Et que le Christ enfin vint montrer à la terre !
Ce n’est plus là ce Dieu par l’homme fabriqué,
Ce Dieu par l’imposture à l’erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres,
Qu’adoraient en tremblant nos crédules ancêtres.
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son oeuvre, et le ciel sait son nom !
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l’adore !
Qui, tandis que le monde ou l’outrage ou l’ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S’élève au sanctuaire où la foi l’introduit
Et, consumé d’amour et de reconnaissance,
Brûle comme l’encens son âme en sa présence !
Mais pour monter à lui notre esprit abattu
Doit emprunter d’en haut sa force et sa vertu.
Il faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l’amour sont les ailes de l’âme.
Ah ! que ne suis-je né dans l’âge où les humains,
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l’innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence ?
Que n’ai-je vu le monde à son premier soleil ?
Que n’ai-je entendu l’homme à son premier réveil ?
Tout lui parlait de toi, tu lui parlais toi-même ;
L’univers respirait ta majesté suprême ;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Etalait en tous sens le nom de son auteur;
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âges,
En traits plus éclatants brillait sur tes Ouvrages ;
L’homme dans le passé ne remontait qu’à toi ;
Il invoquait son père, et tu disais : C’est moi.
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l’instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire.
Que de fois dans ta gloire à lui tu t’es montré,
Aux vallons de Sennar, aux chênes de Membré,
Dans le buisson d’Horeb, ou sur l’auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictait sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains,
Reçurent quarante ans la manne de tes mains
Tu frappais leur esprit par tes vivants oracles !
Tu parlais à leurs yeux par la voix des miracles !
Et lorsqu’ils t’oubliaient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs coeurs éperdus !
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s’altéra dans sa course !
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Eclipsa par degrés les rayons éclatants ;
Tu cessas de parler; l’oubli, la main des âges,
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages ;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L’homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde, Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire
Et pour les retrouver il nous faut, dans son cours,
Remonter flots à flots le long fleuve des jours !
Nature ! firmament ! l’oeil en vain vous contemple ;
Hélas ! sans voir le Dieu, l’homme admire le temple,
Il voit, il suit en vain, dans les déserts des cieux,
De leurs mille soleils le cours mystérieux !
Il ne reconnaît plus la main qui les dirige !
Un prodige éternel cesse d’être un prodige !
Comme ils brillaient hier, ils brilleront demain !
Qui sait où commença leur glorieux chemin ?
Qui sait si ce flambeau, qui luit et qui féconde,
Une première fois s’est levé sur le monde ?
Nos pères n’ont point vu briller son premier tour
Et les jours éternels n’ont point de premier jour.
Sur le monde moral, en vain ta providence,
Dans ces grands changements révèle ta présence !
C’est en vain qu’en tes jeux l’empire des humains
Passe d’un sceptre à l’autre, errant de mains en mains ;
Nos yeux accoutumés à sa vicissitude
Se sont fait de ta gloire une froide habitude ;
Les siècles ont tant vu de ces grands coups du sort :
Le spectacle est usé, l’homme engourdi s’endort.
Réveille-nous, grand Dieu ! parle et change le monde ;
Fais entendre au néant ta parole féconde.
Il est temps ! lève-toi ! sors de ce long repos ;
Tire un autre univers de cet autre chaos.
A nos yeux assoupis il faut d’autres spectacles !
A nos esprits flottants il faut d’autres miracles !
Change l’ordre des cieux qui ne nous parle plus !
Lance un nouveau soleil à nos yeux éperdus !
Détruis ce vieux palais, indigne de ta gloire ;
Viens ! montre-toi toi-même et force-nous de croire !
Mais peut-être, avant l’heure où dans les cieux déserts
Le soleil cessera d’éclairer l’univers,
De ce soleil moral la lumière éclipsée
Cessera par degrés d’éclairer la pensée ;
Et le jour qui verra ce grand flambeau détruit
Plongera l’univers dans l’éternelle nuit.
Alors tu briseras ton inutile ouvrage :
Ses débris foudroyés rediront d’âge en âge :
Seul je suis ! hors de moi rien ne peut subsister !
L’homme cessa de croire, il cessa d’exister !




Alphonse De Lamartine (1790-1869)

In « Méditations Poétiques »

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Alphonse de Lamartine

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Alphonse de Lamartine


Alphonse de LamartineAlphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Biographie]

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S’ennuyant, il s’adonna à l’écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Trois ans après, ce furent : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, l’année suivante, à l’Académie Française.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s’engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues[59380], et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l’abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l’assistance.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l’un des acteurs des journées de la république de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l’un des protagonistes de l’abolition de l’esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle. Le coup d’État de décembre et l’avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l’exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l’écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Survol de l’œuvre

Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du style.

Histoire

Lamartine est également un historien méconnu du grand public :

Analyse de l’œuvre

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l’expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrétise dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine a dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.

C’est en ce sens qu’il est le plus poète des poètes français, qu’il est la poésie elle-même.

Citations

  • Qui reconnaîtrait la Révolution entre nos mains ? (…) Au lieu du travail et de l’industrie libre, la France vendue aux capitalistes ! (1843)
  • Les utopies ne sont que des vérités prématurées.
  • Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
  • Je suis las des musées, cimetières des arts.
  • O temps! suspends ton vol.
  • Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
  • Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires; il n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes.

Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze ans à la Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double, l’unicité de Dieu est, l’autre disant ce qu’il n’est pas; l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée!

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet!

A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?

Il n’y a de plus grand que celui qui, en enseignant avant lui le même dogme, avait promulgué en même temps une morale plus pure, qui n’avait pas tiré l’épée pour aider la parole, seul glaive de l’esprit, qui avait donné son sang au lieu de répandre celui de ses frères, et qui avait été martyr au lieu d’être conquérant. Mais celui-là, les hommes l’ont jugé trop grand pour être mesuré à la mesure des hommes, et si sa nature humaine et sa doctrine l’ont fait prophète, même parmi les incrédules, sa vertu et son sacrifice l’ont proclamé Dieu!

Histoire de la Turquie, Paris, 1854. Tome 1 et Livre 1 – pp. 277-278 et 280-281.


  • Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement du cœur à l’égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, sont faits pour férociser les instincts du cœur

Œuvres

En histoire :

Autres :

Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)

Correspondance

  • Correspondance d’Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie – Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 – 1867), présentation et notes d’Henri Guillemin, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 – 1851), présentation d’Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.

Voir aussi

Lamartine écrivait un texte célèbre sur le prophète Mahomet en 1854
« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabie, conquérait à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Égypte, l’Éthiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?… »

Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l’Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Guillemin Henri, Lamartine, l’homme et l’œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l’Etudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine)
  • Guillemin Henri, Connaissance de Lamartine, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine en 1848″‘, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.

Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.

2006 10 4

Les joies (Johann Wolfgang von Goethe)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 3:48
  • *

Libellule

Volant autour de la source,

La changeante libellule

M’ éjouit depuis longtemps :

Tantôt sombre et tantôt claire,

Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,

Tantôt bleue et tantôt verte.

Oh ! Si je pouvais, du moins,

Voir de tout près ses couleurs !

Elle bourdonne et plane et point ne cesse !

Mais, chut ! Au tronc du saule elle se pose.

Ah ! Je la tiens ! Ah ! Je la tiens ! Sur l’heure,

Je l’ examine avec précision,

Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’ analyste de tes Joies !

*

Johann Wolfgang von Goethe

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Poème extrait de POESIES / GEDICHTE

des origines au Voyage en Italie

(Page 177)

AUBIER – Collection Bilingue

Edition 1951 

Saule

Johann Wolfgang von Goethe

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Johann Wolfgang von Goethe (né à Francfort le 28 août 1749 et mort le 22 mars 1832 à Weimar à l’âge de 82 ans) est un poète, romancier et dramaturge allemand, également scientifique et grand administrateur.

Biographie
Johann Wolfgang von Goethe  Johann Wolfgang von Goethe
Son père était conseiller de Francfort – il aurait d’ailleurs été très dur et sévère. Le jeune Goethe était davantage attaché à sa mère. Dans sa ville natale, il s’éprit de la jeune et belle Lili Schoenemann. Il reçoit une éducation humaniste rigoureuse (il avait dû apprendre notamment plusieurs langues dont le grec ancien, le latin, le français…). Goethe a étudié le droit à Leipzig de 1765 à 1768 et à Strasbourg de 1770 à 1771. Il y rencontre Johann Gottfried Herder, et eut une idylle avec Frédérique Brion. En 1772, il est reçu docteur, revient à Francfort, et devient magistrat à Wetzlar. En 1773, il commence à écrire. Au cours d’un voyage avec Basedow et Lavatter sur la Lahn, il compose devant le château-fort de Lahneck le poème Geistesgruss, poème traduit par Madame de Staël. En 1775, il s’installe à Weimar en tant qu’attaché à la cour du duc, puis en 1786, à Rome. Il entame une liaison avec Charlotte von Stein de sept ans son aînée, qui dura dix ans. Il lui écrivit 1 700 lettres.

Deux ans plus tard, il revient à Weimar, devient ministre du Duc et s’installe avec Christiane Vulpius, qu’il épouse en 1806. En 1791, il devient directeur du théâtre ducal jusqu’en 1817. En 1792, il est à la bataille de Valmy aux côtés du duc de Saxe-Weimar.
En 1794, il se lie d’amitié avec Schiller, et participe à la revue de ce dernier, Les Heures.

En 1808, il rencontre Napoléon Bonaparte à Erfurt qui le décore de la Légion d’honneur.
Il rencontre, en 1813, le philosophe Arthur Schopenhauer avec qui il discute de sa théorie des couleurs. Visiteur assidu du salon littéraire tenu par sa mère Johanna, il y rencontre artistes et philosophes dont Heinrich Reiss et le peintre Füssli. En 1814, il se prend de passion pour Marianne von Willemer. En 1822, il demande en mariage Ulrike von Levetzow (16 ans ), qui refuse. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les expériences de Goethe avec les femmes ont influencé les personnages féminins dépeints dans ses œuvres : ainsi le personnage de Lotte dans Les Souffrances du jeune Werther correspond en partie à Charlotte von Stein; la jeune Ulrike von Levetzow lui inspire le personnage de Marguerite dans Faust. Il finit sa vie célèbre sous le nom de « Sage de Weimar ».

Il est l’auteur d’une œuvre prolifique qui le rattache à deux mouvements littéraires, le Sturm und Drang et le classicisme de Weimar (Weimarer Klassik), ainsi que d’une théorie de la lumière et de la découverte d’un os de la mâchoire.

Il est notamment l’auteur des Souffrances du jeune Werther (die Leiden des jungen Werther), Les affinités électives (Wahlverwandschaften), Faust I et II, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) ainsi que de nombreux poèmes dont beaucoup sont si célèbres que des vers en sont entrés comme proverbes dans la langue allemande : Willkommen und Abschied (« es schlug mein Herz, geschwind zu Pferde / es war getan fast eh gedacht »), Mignon (« kennst du das land wo die Zitronen blühen… », Connais-tu le pays où fleurit le citronnier), Erlkönig, Le roi des aulnes (« Wer reitet so spät durch Nacht und Wind / es ist der Vater mit seinem Kind… ») Der König in Thule, etc.

L’histoire naturelle [modifier]
Goethe dans la campagna romana (Tischbein – 1786)

Goethe s’intéresse à la botanique et publie un essai sur la métamorphose des plantes : Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu erklären (1790). Dans celui-ci, Goethe tente d’établir une théorie générale sur la morphologie des végétaux en reconnaissant l’analogie de certaines formes comme les cotylédons, la forme des fleurs ou des feuilles. Il esquisse également une théorie de l’évolution chez les végétaux et relie la morphologie avec la phylogénie. Cette vision est très en avance sur les idées généralement tenues sur les végétaux à son époque. Il est ainsi l’un des premiers (et peut-être le premier) à employer le terme de métamorphose en botanique.

L’arbre fétiche de Goethe était également celui de la ville de Weimar, le Ginkgo biloba.

Œuvres
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Johann Wolfgang von Goethe.
Wikisource propose un ou plusieurs textes de Johann Wolfgang von Goethe dans le domaine public

Le serpent vert
Traité des couleurs
La métamorphose des plantes et autres écrits botaniques, précédé de l’introduction de Rudolf Steiner (1884), Editions Triades.
Correspondance
Correspondance : Goethe, Carlyle (édition de Charles Eliot Norton ; traduction de Georges Khnopff). – Paris : Éditions du Sandre, 2005. – 183 p., 22 cm. – ISBN 2-914958-22-6. Inclut le texte d’une correspondance du 24 juin 1824 au 6 mai « 1832″ et quelques annexes.
Claudia Schweizer, Johann Wolfgang von Goethe und Kaspar Maria von Sternberg, Münster 2004, ISBN 3-8258-7579-2
Poésies
Prométhée (Prometheus) (1774)
Ballades (1787)
Le Roi des Aulnes (1782)
L’Apprenti sorcier
Élégies romaines (1788 – 1790)
Épigrammes vénitiennes (1790)
Xénies (1796) avec Schiller
Hermann et Dorothée (1798)
Achilléide
Le Roman de Renard
Le Divan occidental-oriental (1819)
Lieds (Chansons)
Odes
Vers inspirés par la vue du crâne de Schiller
Romans]
Les Souffrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werther) (1774);
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) (1796);
Les Affinités électives (Die Wahlverwandschaften) (1809)
Théâtre [modifier]
L’amant capricieux (Die Laune des Verliebten) ;
Goetz de Berlichingen (Götz von Berlichingen)(1773)
Clavigo (1774)
Stella (1776)
Iphigénie en Tauride (1779)
Egmont (1789)
Torquato Tasso
Le grand Cophte (1790)
Le Général citoyen (1793)
Les Révoltés (1793)
La Fille naturelle(1804)
Faust I (1808) et II (1832, posthume)
Autobiographie
Poésie et vérité (1811 – 1833)
Autres
Voyage en Suisse et en Italie
Campagne de France (1822)
Maximes et réflexions (1833)
Entretiens de Goethe et d’Eckermann (1822 – 1833)
Entretiens d’Émigrés allemands – LE CONTE (1795) – Editions Novalis, 1993
Textes divers [modifier]
Discours en l’honneurs de Wieland
Importance de l’individuel
Kotzebue
Sur moi-même ; fragments
Proposition amiable
Fréron
Du goût
Palissot
Piron
Voltaire
Sur le Laocoon
La Cène de Léonard de Vinci
Vérité et vraisemblance dans les œuvres d’art
Poésies de Jean-Henri Voss
Poésies alemaniques par J-P Hebel
Sans-culottisme littéraire
Sur la langue allemande
Traduction de Lucrèce par de Knebel
Pour les jeunes poètes
Encore un mot pour les jeunes poètes
Bibliographie
Édouard Rod: Essai sur Goethe, Paris, Perrin, 1898
Karl Otto Conrady: Goethe – Leben und Werk, Artemis Verlag Zürich 1994, 1040 Seiten.
Richard Friedenthal: Goethe – sein Leben und seine Zeit, Piper-Verlag München
Nicholas Boyle: Goethe. Der Dichter in seiner Zeit. Aus dem Engl. übers. von Holger Fliessbach. Frankfurt am Main: Insel 2004.
Bd. 1: 1749–1790. (Insel-Taschenbuch. 3025) ISBN 3-458-34725-9
Bd. 2: 1790–1803. (Insel-Taschenbuch. 3050) ISBN 3-458-34750-X
George Henry Lewes: Goethe’s Leben und Schriften. übers. von von Julius Frese. Berlin : Duncker 1857.
Gero von Wilpert: Goethe-Lexikon. Stuttgart 1998, Kröner, ISBN 3-520-40701-9
Goethe, Johann Wolfgang, in: Allgemeine Deutsche Biographie, Leipzig, München 1875–1912, Bd. 9, S. 413ff.
Wolfram Voigt/Ulrich Sucker: Johann Wolfgang von Goethe. BSB B. G. Teubner Verlagsgesellschaft, Reihe: Biographien hervorragender Naturwissenschaftler, Techniker und Mediziner Band 38, Leipzig 1987
Renate Wieland: Schein Kritik Utopie. Zu Goethe und Hegel. München (edition text + kritik) 1992, ISBN 3-88377-419-7
Ettore Ghibellino: Goethe und Anna Amalia – eine verbotene Liebe, A.J. Denkena-Verlag, Weimar 2003, ISBN 3-936177-02-3
Peter Matussek: Goethe zur Einführung. Hamburg: Junius, 2002, 2. Aufl., ISBN 3885069725
Jürgen Hartmann: Goethe und die Ehrenlegion/ Goethe et la Légion d’Honneur Mainz: Schmidt Universitätsdruckerei, 2005, ISBN 3-93 5647-27-1
Bortoft : La démarche scientifique de Goethe – Editions Triades, 2001
Rudolf Steiner
L’Esprit de Goethe, EAR
Une théorie de la connaissance chez Goethe, EAR
Goethe et sa conception du monde – EAR
Goethe, le Galilée de la science du vivant, Editions Novalis 2002. – Cet écrit rassemble les introductions réalisées par Rudolf Steiner lors des éditions de l’œuvre scientifique de Goethe, publiée entre 1882 et 1897.
Jad Hatem, Satan, monothéiste absolu selon Goethe et Hallaj, Éditions du Cygne, Paris, 2006
Anecdote
Sur son lit de mort, Goethe agonisait ; il rouvrit alors les yeux, tendant un bras et lançant « Encore un peu de lumière… », puis s’éteignit.

  
 

En 1926, la psychologue Catherine Morris Cox a publié une étude sur les hommes et femmes, ayant vécu entre 1450 et 1850, réputés être les plus intelligents. Leur QI a été estimé d’après les écrits et travaux qu’ils ont laissés. Philosophes, mathématiciens, écrivains, musiciens, etc: ce sont souvent des personnalités qui excellaient dans plusieurs domaines. Selon elle, le poète allemand Goethe surclasserait tout le monde avec un QI de 210, suivi de près par Blaise Pascal (195), Galilée (185), Descartes et Nietzsche (180), Mozart (165) et Einstein avec « seulement » 160.
Certains de ses poèmes ont été source d’inspiration pour des groupes allemands comme Rammstein.
Liens internes
Goethe-Institut
Littérature germanique
Goetheanum
Rudolf Steiner
Lien externe
Une bio-bibliographie
Quelques citations de J. W. von Goethe Les citations.net
J. W. von Gœthe, Poésie et vérité : Livre I (Goethe par lui-même : sa première enfance), Œuvres complètes de Johann Wolfgang von Gœthe, tome 8 : Mémoires, Traduction nouvelle par Jacques Porchat, Libraire Hachette et Cie, Paris, 1862, Première partie, pp. 4-38.
J. W. von Goethe, Le serpent vert, “Entretiens d’émigrés allemands : Conte”, Œuvres de Goethe, tome VII : “Les années de voyage”, traduction nouvelle par Jacques Porchat, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1860, pp. 501-532.

   

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