Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2008 05 1

Né ici quelque part ou ailleurs !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 2:58

Né ici quelque part ou ailleurs ! 

Quelque part, le poète est…

Aussi un lecteur de…

Mots, un dégustateur souffrant et s’apaisant du …

Verbe, hédoniste particulier de sa muse en…

Bride abattue chevauchant la caractéristique ému en …

Croupe nue de la page blanche qui caracole en abstruses

Connotations absconses, échange de poils qu’il voudrait brosser

Alors que le vent, des consciences interrogées,

Où intelligemment mises à nue sous le boisseau

S’étreignent dans le rire des rimes et des vers qui les chatouillent.

 

 

 

 

Quelque part, disais-je, le poète…

Se révèle mutin, enjôleur de brouillon.

Il se répand un peu, ce tantinet soumis à la seconde mouche

Qui vole au secours de l’abeille qui passe alors que le bourdon

Picore le miel des oiseaux  fous d’amour qui butinent la terre.

Il rencontre le vers de terre qui s’ « alombrique » de mottes d’herbes en mottes d’ailes.

Naît  la libre folie qui traduit tous les rêves nourris de graines d’enfance et de labours, de connaissances.

Il fait jour et nuit pour ce poète ému, cet humain cultivateur avant tout tant

Il fait gerber de sons pour le blé qu’il sème en son aube vierge;

Son nocturne naissant, les âges de sa vie viennent y réfléchir leurs brides et leur libres sueurs froides.

 

 

La poétesse en homonyme masculine de sa féminité innée

Porte le regard de plume nourrie de ce compréhensif

Qui s’est alimenté des « interpellatifs » cheveux balayant  les …

Doutes issus des luttes ancrées des non sus et des oblitérés reflets

De tous ses interrogatifs culturels assénés  aux noms des préjugés ancrés.

Ainsi naît son pouvoir de dépasser tous les discriminés, les rassembler;

De les  entourer; de leur révéler tous les pouvoirs de l’être

Pour exister, et transmettre les valeurs acquises au nom de la souffrance.

Sa lecture naît de ses degrés d’apprendre ; elle conçoit le dire et le taire.

Le dire encore et le taire un peu plus créent les degrés du savoir respecter.

 

 

 

 

Pour le passager du verbe, le quêteur du simple vers et du complexe nu,

Le transcrit révélant est reflet inné du vibré délivré par l’enfant lorsqu’il s’ouvre.

Les yeux, les oreilles, les sens donnent au regard qu’ils  croisent

Comme au magnétisme animal et humain, ce chant de la nature est pur, et si pur.

L’art du transcrire est de livrer le brut en fi des fioritures,

Décoffrage de tous ces vagues à l’âme, complétude des silences,

Ni conçus, ni préconçus, juste sage phagocytant le nécrophage individu de vie.

Il se nourrit des paupières engoncées d’encre au goût d’algues,

Leurs suints de rencontres s’écoulent en matricielles cultures ou religions ;

Il reste au passager à vivre l’écoute, le respect, le partage de tout ce qui commence par des phéromones, au nom de tous lss non, au non de tous les oui : ces pourquoi ne serait-ce pas !

 

 

 

 

Les sucs du passé des corps et des esprits, des cœurs et des âmes

Sont inscrits dans tous les sens du poète lecteur et du lecteur poète

Du poète aussi bien poétesse que cette poétesse est poète.

Inscrit dans la moelle de tout ce qui vit et se nourrit de mort,

Dans tout ce qui meurt et se nourrit de vie demeure cet « A » de haine

Et qui veut dire Amour et ce « H » aspiré qui un peu inspiré

Habille la Nature de  » l’Hêtre », cet Arbre se nourrissant

D’un cosmos vivant, régénérescence et perpétuelle évolution.

Le poète est l’écrivain juxtaposé à l’Âme du Monde,

C’est par  son branchement vital de vivre et de mourir qu’il s’exprime, continue de mourir et de vivre les toujours fantasmés!

 

 

 

 

 

 

Il met les doigts « tentaculés » de lettres et d’empreintes « poétales »

Dans la prise de l’instant où s’exprime ce courant germé

De tous les continus et les alternatives attitudes bercées de tous les riens et les néants.

Il aime ce papier carbone qui réfléchit son monde.

Poète où poétesse, les deux, les trois ou les quatre à la fois,

Androgyne de la création pure générant cette émotion ultime, qui se cache et s’exprime…

Poésie d’équilibre en instance d’éternel don, et d’entière recherche,

Je te dis aujourd’hui tes quatre vérités alors que la nuit fuit.

 

 

 

 

 

De l’émettre et du lire, du certain au sourire maquillé de grammaire et du mot liberté, 

Le balancier fluctue,  notions d’exacerber, et se berce ingénu de ce qu’il lâche aux lions,
 De l’observé au  percevoir jusque dans son inverse animal et humain !

Ne serait-ce que la goutte immatérielle glu de l’espace d’un temps

Nourrissant, biens qu’illusoire et transfert de pouvoir

Le partage d’un homme ou celui d’une femme, c’est l’enfant qui respire.

La communion nourrit la source de l’un la fuite de l’autre, ou tend son équilibre,

Issu d’un cru, d’un entendu, d’un attendu, d’un nu, de tous ses « in situ » qui ne situe personne.

 

 

yannesoganesh

[Ce poème est dédié à tous les auteurs qui figurent aujourd'hui sur ma liste d' Auteurs préférés du Site Nouvelle-Poésie et que vous pouvez consulter sur mon profil, et plus particulièrement à Ice-Raphaël - Sahel - Joséphine, sans qui je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.] – [Mention spéciale à tous les auteurs des poèmes "coupsdecoeur" que j'ai répertoriés au fur et à mesure de mes lectures _Mais j'ai en ai encore tant à faire, lire et dire pour tous vous connaître_ Mentions plus que spéciales à Khadija, Runiques et AlteregO  et Legrand pour leurs dimensions respectives.] y a trop d’absent qui brillent par la rareté de leur apparition et de leur expression, il tiennent néanmoins une place à part entière dans mon coeur)

2007 04 27

Consolation à Marcia – VII – VIII – IX – Seneque (mort dans le monde animal-entretien de la souffrance-inégalité des êtres devant la mort-Fait de la Nature-Anticipation)

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 12:04

 

Sénèque  ( Seneca)

*

VII

*

1 – « Mais, diras-tu, il est conforme à la Nature de regretter d’avoir perdu les siens. »

Qui dit le contraire, aussi longtemps que ce regret est mesuré ?

En effet, la séparation, et pas seulement la perte d’êtres très chers, fait inévitablement mal et elle serre les coeurs, même les plus endurcis. Mais il s’agit davantage des effets de notre imagination que des prescriptions de la Nature.

2 – Observe combien les animaux privés de parole manifestent, quand il perdent leurs petits, une douleur certes violente, mais brève : on entend seulement un jour ou deux le mugissement des vaches et la course errante et folle des cavales ne dure pas plus longtemps ; les bêtes sauvages, après avoir recherché les trace de leurs petits, après avoir erré dans les forêts, après être retournées à plusieurs reprises dans leurs tanières dévastées, étouffent leur fureur en peu de temps ; les oiseaux s’affolent à grands cris autour de leurs nids vides et pourtant, un instant suffit pour qu’ils reprennent tranquillement leur vol ; l’homme est le seul des animaux à regretter longuement d’avoir perdu son petit, il entretient sa souffrance et il n’en est pas seulement affecté aussi longtemps qu’il l’éprouve mais aussi longtemps qu’il a décidé de l’éprouver.

3 – Mais afin que tu saches qu’il n’est pas conforme à la Nature de se laisser briser par le chagrin, je te ferai d’abord remarquer qu’un même deuil brise plus profondément les femmes que les hommes, les Barbares que les gens appartenant à une nation pacifique et éduquée, les ignorants que les gens instruits.

Or ce qui tire ses effets de la Nature conserve des effets identiques chez tous les êtres : il est clair que ce qui varie n’est pas le fait de la Nature.

4 – Le feu brûlera indifféremment les gens de tous âges, les citoyens de toutes villes, les hommes comme les femmes ; le fer prouvera indifféremment sa capacité à trancher, quel que soit le corps. Pourquoi ?

Parce que ses propriétés leur ont été données par la Nature qui n’établit rien à l’échelle de l’individu.

Mais la pauvreté, le chagrin occasionné par le deuil, le mépris, chacun les éprouve diversement, selon qu’il est plus ou moins corrompu par les habitudes et selon que le rend plus ou moins faible et sans courage l’opinion terrifiante qu’il se fait des choses qui ne sont pas terrifiantes.

*

VIII

*

1 – Je te ferai ensuite remarquer que ce qui est le fait de la Nature ne décroit pas avec le temps, alors qu’à la longue,  la douleur finit par se dissiper. Même si elle est très têtue, que chaque jour, elle se redresse et se cabre contre tous les remèdes, le temps, qui réussit merveilleusement à calmer les natures fougueuses, finit tout de même par l’affaiblir.

2 – Certes, Marcia, ton chagrin demeure immense et il semble s’être déjà couvert de callosités : si il n’est plus virulent comme au début, il reste tenace et obstiné ; celà n’empêchera cependant pas le temps de t’en délivrer progressivement.

Chaque fois que tu t’occuperas aillleurs, ton esprit s’en affranchira un peu plus.

3 – Mais pour le moment, tu te surveilles ; or il y a une grande différence entre te laisser aller à te lamenter et t’y forcer.

Comme il conviendrait davantage à ta distinction naturelle de mettre toi-même un terme à ton deuil et de ne pas attendre le jour où ta douleur cessera malgré toi ! Prends l’initiative de la rupture !

*

IX

*

1 –  » D’où vient donc, me diras-tu, que nous nous obstinions tellement dans nos lamentations, si ce n’est pas la Nature qui nous y invite ? »

C’est que nous n’anticipons pas le malheur avant qu’il ne nous arrive et comme si nous étions nous-même protégés et que nous nous avancions sur une voie plus sûre que celle qu’empruntent les autres gens, nous ne comprenons pas, en voyant les infortunes d’autrui, qu’elles nous sont communes à tous.

2 - Tous ces cortèges funèbres qui longent notre demeure… et pourtant nous ne songeons pas à la mort ! Tous ces morts prématurés… et pourtant nous n’arrêtons pas de penser à la future toge de nos bébés, à leur service militaire et leur succession à l’héritage paternel !

Tous ces riches sur lesquels nous voyons tout à coup fondre la pauvreté… et pourtant il ne nous effleure jamais à l’esprit que nos biens, à nous aussi, sont tout aussi peu en sûreté !

De cette manière, nous courons d’autant plus inévitablement à la catastrophe : les coups nous atteignent comme par surprise, tandis que des coups prévus longtemps à l’avance arrivent plus en douceur.

3 – Tu veux que je te dise que tu es exposée à tous les coups mais que les traits qui ont transpercé les autres n’ont fait que t’effleurer de leurs vibrations ?

Mais c’est comme si tu abordais à moitié armée une muraille ou un lieu gardé par une nombreuse armée et difficile à escalader : attends-toi à une blessure et considère que ces projectiles qui volent au-dessus de ta tête, accompagnés de flèches et de javelots, visaient ton corps. Chaque fois que quelqu’un tombera à tes côtés ou dans ton dos, écrie-toi : « Tu ne me tromperas pas, Fortune, et si tu m’écrases, ce ne sera pas parce que je ne me méfiais pas ou que je ne faisais pas attention. Je sais ce que tu prépares ; c’est quelqu’un d’autre que tu as frappé mais c’est moi que tu visais. »

4- Qui a jamais regardé ses biens en pensant qu’il allait mourir ?

Qui d’entre-nous à jamais osé songer à l’exil, à la pauvreté, au deuil ?

Qui, si on lui conseillait d’y songer, ne repousserait un tel conseil comme un sinistre présage et ne souhaiterait envoyer ces catastrophes sur la tête de ses ennemis ou même sur son inopportun donneur de leçons ?

 

5 – « Je n’ai pas cru que cela arriverait. »

Crois-tu vraiment qu’une chose dont tu sais qu’elle peut se produire, dont tu vois qu’elle s’est produite pour beaucoup de gens, n’arrivera pas ?

Quel remarquable vers que celui-ci et comme il aurait mérité autre chose que les tréteaux :

« Ce qui peut arriver à un individu, peut arriver à n’importe qui » ! (vers de Publilius Syrus, mime célèbre pour ses maximes.)

Tel a perdu ses enfants ; toi aussi tu peux les perdre. Tel a été condamné ; ton innocence, elle aussi, est menacée. Telle est l’illusion qui nous trompe et nous ramollit quand nous subissons des malheurs dont nous n’avions jamais prévu que nous aurions à les subir. On ôte un peu de leur violence aux maux présents quand on les a vus venir.

*

 

La mort de Sénèque  ( détail) par Paul Rubens

2007 02 15

Olivia Ruiz – J’traîne des pieds – 3’322

Classé sous A l'ecoute de ... — ganeshabreizh @ 13:00

 

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J’traine Des Pieds Olivia Ruiz lyrics
Artist: Olivia Ruiz
Album: La Femme Chocolat
Year: 2005
Title: J’traine Des Pieds   Print
Correct

J’traînais les pieds, des casseroles
J’n'aimais pas beaucoup l’école
J’traînais les pieds, mes guiboles abîmées
J’explorais mon quartier

J’traînais des pieds dans mon café
Les vieux à la belotte braillaient
Papi, mamie, tonton André et toutes ces pépées
A mes p’tits soins, à m’pouponner

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p’tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous

La fumée du boeuf bourguignon
Toute la famille tête dans l’guidon
Du temps où ont pouvaient faire les cons
Les pensionnaires, les habitués, les gens d’passage surtout l’été
Joyeux bordel dans mon café

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p’tit coeur tout mou
balayée la terrasse, envolé le bout d’chou
envolées les miettes de nous

Je traîne les pieds, j’traîne mes casseroles
J’n'aime toujours pas l’école

Ecorché mon visage, écorchés mes genoux
écorché mon p’tit coeur tout mou
bousillées mes godasses, bousillé sur ma joue
bousillées les miettes de nous

 

2006 10 27

Dieu -(Alphonse de Lamartine)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 10:05

J'ai le mal de Dieu-J'ai le mal du peuple

*

Dieu

(A M. de la Mennais)Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes :
Déposant le fardeau des misères humaines,
Laissant errer mes sens dans ce monde des corps,
Au monde des esprits je monte sans efforts.
Là, foulant à mes pieds cet univers visible,
Je plane en liberté dans les champs du possible,
Mon âme est à l’étroit dans sa vaste prison :
Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon.
Comme une goutte d’eau dans l’Océan versée,
L’infini dans son sein absorbe ma pensée ;
Là, reine de l’espace et de l’éternité,
Elle ose mesurer le temps, l’immensité,
Aborder le néant, parcourir l’existence,
Et concevoir de Dieu l’inconcevable essence.
Mais sitôt que je veux peindre ce que je sens,
Toute parole expire en efforts impuissants.
Mon âme croit parler, ma langue embarrassée
Frappe l’air de vingt sons, ombre de ma pensée.
Dieu fit pour les esprits deux langages divers :
En sons articulés l’un vole dans les airs ;
Ce langage borné s’apprend parmi les hommes,
Il suffit aux besoins de l’exil où nous sommes,
Et, suivant des mortels les destins inconstants
Change avec les climats ou passe avec les temps.
L’autre, éternel, sublime, universel, immense,
Est le langage inné de toute intelligence :
Ce n’est point un son mort dans les airs répandu,
C’est un verbe vivant dans le coeur entendu ;
On l’entend, on l’explique, on le parle avec l’âme ;
Ce langage senti touche, illumine, enflamme;
De ce que l’âme éprouve interprètes brûlants,
Il n’a que des soupirs, des ardeurs, des élans ;
C’est la langue du ciel que parle la prière,
Et que le tendre amour comprend seul sur la terre.
Aux pures régions où j’aime à m’envoler,
L’enthousiasme aussi vient me la révéler.
Lui seul est mon flambeau dans cette nuit profonde,
Et mieux que la raison il m’explique le monde.
Viens donc ! Il est mon guide, et je veux t’en servir.
A ses ailes de feu, viens, laisse-toi ravir !
Déjà l’ombre du monde à nos regards s’efface,
Nous échappons au temps, nous franchissons l’espace.
Et dans l’ordre éternel de la réalité,
Nous voilà face à face avec la vérité !
Cet astre universel, sans déclin, sans aurore,
C’est Dieu, c’est ce grand tout, qui soi-même s’adore !
Il est ; tout est en lui : l’immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L’espace est son séjour, l’éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image ;
Tout l’univers subsiste à l’ombre de sa main ;
L’être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S’en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui ses ouvrages parfaits
Bénissent en naissant la main qui les a faits !
Il peuple l’infini chaque fois qu’il respire ;
Pour lui, vouloir c’est faire, exister c’est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi !
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse,
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l’exerce à son gré ;
Le néant jusqu’à lui s’élève par degré :
Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse,
Sans s’épuiser jamais, il peut donner sans cesse,
Et comblant le néant de ses dons précieux,
Des derniers rangs de l’être il peut tirer des dieux !
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance,
Mesurent d’eux à lui l’éternelle distance,
Tendant par leur nature à l’être qui les fit;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore,
Qu’Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
Que Socrate annonçait, qu’entrevoyait Platon ;
Ce Dieu que l’univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l’infortune espère,
Et que le Christ enfin vint montrer à la terre !
Ce n’est plus là ce Dieu par l’homme fabriqué,
Ce Dieu par l’imposture à l’erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres,
Qu’adoraient en tremblant nos crédules ancêtres.
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son oeuvre, et le ciel sait son nom !
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l’adore !
Qui, tandis que le monde ou l’outrage ou l’ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S’élève au sanctuaire où la foi l’introduit
Et, consumé d’amour et de reconnaissance,
Brûle comme l’encens son âme en sa présence !
Mais pour monter à lui notre esprit abattu
Doit emprunter d’en haut sa force et sa vertu.
Il faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l’amour sont les ailes de l’âme.
Ah ! que ne suis-je né dans l’âge où les humains,
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l’innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence ?
Que n’ai-je vu le monde à son premier soleil ?
Que n’ai-je entendu l’homme à son premier réveil ?
Tout lui parlait de toi, tu lui parlais toi-même ;
L’univers respirait ta majesté suprême ;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Etalait en tous sens le nom de son auteur;
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âges,
En traits plus éclatants brillait sur tes Ouvrages ;
L’homme dans le passé ne remontait qu’à toi ;
Il invoquait son père, et tu disais : C’est moi.
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l’instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire.
Que de fois dans ta gloire à lui tu t’es montré,
Aux vallons de Sennar, aux chênes de Membré,
Dans le buisson d’Horeb, ou sur l’auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictait sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains,
Reçurent quarante ans la manne de tes mains
Tu frappais leur esprit par tes vivants oracles !
Tu parlais à leurs yeux par la voix des miracles !
Et lorsqu’ils t’oubliaient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs coeurs éperdus !
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s’altéra dans sa course !
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Eclipsa par degrés les rayons éclatants ;
Tu cessas de parler; l’oubli, la main des âges,
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages ;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L’homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde, Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire
Et pour les retrouver il nous faut, dans son cours,
Remonter flots à flots le long fleuve des jours !
Nature ! firmament ! l’oeil en vain vous contemple ;
Hélas ! sans voir le Dieu, l’homme admire le temple,
Il voit, il suit en vain, dans les déserts des cieux,
De leurs mille soleils le cours mystérieux !
Il ne reconnaît plus la main qui les dirige !
Un prodige éternel cesse d’être un prodige !
Comme ils brillaient hier, ils brilleront demain !
Qui sait où commença leur glorieux chemin ?
Qui sait si ce flambeau, qui luit et qui féconde,
Une première fois s’est levé sur le monde ?
Nos pères n’ont point vu briller son premier tour
Et les jours éternels n’ont point de premier jour.
Sur le monde moral, en vain ta providence,
Dans ces grands changements révèle ta présence !
C’est en vain qu’en tes jeux l’empire des humains
Passe d’un sceptre à l’autre, errant de mains en mains ;
Nos yeux accoutumés à sa vicissitude
Se sont fait de ta gloire une froide habitude ;
Les siècles ont tant vu de ces grands coups du sort :
Le spectacle est usé, l’homme engourdi s’endort.
Réveille-nous, grand Dieu ! parle et change le monde ;
Fais entendre au néant ta parole féconde.
Il est temps ! lève-toi ! sors de ce long repos ;
Tire un autre univers de cet autre chaos.
A nos yeux assoupis il faut d’autres spectacles !
A nos esprits flottants il faut d’autres miracles !
Change l’ordre des cieux qui ne nous parle plus !
Lance un nouveau soleil à nos yeux éperdus !
Détruis ce vieux palais, indigne de ta gloire ;
Viens ! montre-toi toi-même et force-nous de croire !
Mais peut-être, avant l’heure où dans les cieux déserts
Le soleil cessera d’éclairer l’univers,
De ce soleil moral la lumière éclipsée
Cessera par degrés d’éclairer la pensée ;
Et le jour qui verra ce grand flambeau détruit
Plongera l’univers dans l’éternelle nuit.
Alors tu briseras ton inutile ouvrage :
Ses débris foudroyés rediront d’âge en âge :
Seul je suis ! hors de moi rien ne peut subsister !
L’homme cessa de croire, il cessa d’exister !




Alphonse De Lamartine (1790-1869)

In « Méditations Poétiques »

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Alphonse de Lamartine

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Alphonse de Lamartine


Alphonse de LamartineAlphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Biographie]

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S’ennuyant, il s’adonna à l’écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Trois ans après, ce furent : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, l’année suivante, à l’Académie Française.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s’engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues[59380], et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l’abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l’assistance.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l’un des acteurs des journées de la république de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l’un des protagonistes de l’abolition de l’esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle. Le coup d’État de décembre et l’avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l’exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l’écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Survol de l’œuvre

Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du style.

Histoire

Lamartine est également un historien méconnu du grand public :

Analyse de l’œuvre

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l’expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrétise dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine a dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.

C’est en ce sens qu’il est le plus poète des poètes français, qu’il est la poésie elle-même.

Citations

  • Qui reconnaîtrait la Révolution entre nos mains ? (…) Au lieu du travail et de l’industrie libre, la France vendue aux capitalistes ! (1843)
  • Les utopies ne sont que des vérités prématurées.
  • Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
  • Je suis las des musées, cimetières des arts.
  • O temps! suspends ton vol.
  • Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
  • Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires; il n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes.

Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze ans à la Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double, l’unicité de Dieu est, l’autre disant ce qu’il n’est pas; l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée!

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet!

A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?

Il n’y a de plus grand que celui qui, en enseignant avant lui le même dogme, avait promulgué en même temps une morale plus pure, qui n’avait pas tiré l’épée pour aider la parole, seul glaive de l’esprit, qui avait donné son sang au lieu de répandre celui de ses frères, et qui avait été martyr au lieu d’être conquérant. Mais celui-là, les hommes l’ont jugé trop grand pour être mesuré à la mesure des hommes, et si sa nature humaine et sa doctrine l’ont fait prophète, même parmi les incrédules, sa vertu et son sacrifice l’ont proclamé Dieu!

Histoire de la Turquie, Paris, 1854. Tome 1 et Livre 1 – pp. 277-278 et 280-281.


  • Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement du cœur à l’égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, sont faits pour férociser les instincts du cœur

Œuvres

En histoire :

Autres :

Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)

Correspondance

  • Correspondance d’Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie – Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 – 1867), présentation et notes d’Henri Guillemin, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 – 1851), présentation d’Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.

Voir aussi

Lamartine écrivait un texte célèbre sur le prophète Mahomet en 1854
« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabie, conquérait à l’Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Égypte, l’Éthiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?… »

Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l’Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Guillemin Henri, Lamartine, l’homme et l’œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l’Etudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine)
  • Guillemin Henri, Connaissance de Lamartine, Librairie de l’Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine en 1848″‘, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.

Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.

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