Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2009 10 7

Harmonie

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 13:45

Harmonie innéfable

 

 

 

 

Harmonie

 

 

 

La diaphane harmonie tisse une  mue subtile

Née d’un doigt de soie d’or rencontré à l’aurore.

Au point d’Epiphanie germent en fils fertiles

Les cils d’un regard fort, intense métaphore

Du chemin de l’amour, passerelle de l’âme

Suspendue aux parcours des sentiments en flammes.

 

L’harmonie est le « Voir »

 

 

A l’instant d’un partir pour un voyage au nord

Je laissais au midi la chaleur de leurs mains

Qui venaient se blottir en dernier réconfort

Sur ma peine engourdie par un retour prochain ;

L’harmonie rassurait, enveloppante et sûre,

De ses bras satisfait la famille en murmure.

 

L’harmonie est « Sentir »

 

 

Cette petite mort d’un temps de vie naissante

Nourrit les certitudes des êtres qui s’imprègnent

Et ils se remémorent l’ascension concertante

Vers cette complétude absolue qu’ils atteignent

Par l’écoute attentive du silence et du dit,

Par la conscience vive que l’on approfondit.

 

L’harmonie est le « Ouïr »

 

 

L’harmonie se nourrit des gouttes de soi-même

Que l’on dispense au gré des dimensions d’aimer

Sorte de pot-pourri des victoires suprêmes,

Echelle des degrés de l’être à s’estimer

Enfant de l’univers et note de musique

Dans le divin concert de la vie vers l’Unique.

 

L’harmonie est « Unir »

 

 

 

eso

 

 

2008 11 17

Il y a tant d’amour feu et d’oubli, d’habitude dans le toujours aimé des jours qui passent

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 21:29

amouretlumire.jpg

*

Il y a tant d’amour feu et d’oubli, d’habitude dans le toujours aimé des jours qui passent

Parceque tu peux comprendre je réponds à ton Être

Cette part de toi même qui demeure sans paraître.

Il n’y a pas de titre, juste une image absolue :

Coeur en filigrane sur les années mal vécues.

Toute graine d’espoir déposée en un coeur ouvert,

Toute douceur et puissance en regard nu entrouvert,

Intensifiant l’alors de l’émotion crue ce miroir

De la vie inversée pressentie mais non vouloir:

Juste reflet bleu de l’esprit en quête d’un non vu,

Peut, dans le construit de l’esprit qui se livre imprévu,

Fonder l’étai des présents à venir en nourrissant,

Infimes parcelles des temps antérieurs agissant,

Intime une création d’Amour indéfinissable,

Livrée pour faire en sorte que « l’inaccommodable »,

Tous les jours un peu plus, se rendent pour vaincre l’épreuve,

Pour tous les amours aimés et les amours vivre fleuve.

 ’

Lorsque l’on devient pour l’autre l’esprit, le sang, la foi,

La loi, l’endroit aussi bien que l’envers, l’oubli de soi

Vient créer l’entrevoir du lien destructeur, d’irraison,

Cette racine empoisonnée qui fait se désaimer l’Être à foison.

L’amour cru devient alors prison de vivre pour qui,

Ne sachant plus durer qu’en référence d’un acquis,

Imagine en souffle de vie qu’il ne faille qu’un être

Pour exister toujours au rythme du vécu en Hêtre,

Le dernier souffle te verra esclave d’ illusions ;

Puisque ta croyance aura survécu sans révisions,

Ce sont tes relatifs qui auront nourri tes voulus

Alors que 1a conscience vibrant le su absolu

Demandait à l’esprit de vaincre le mental racine

Juste pour exister un peu en « âme-médecine ».

Il suffirait de presque rien, juste un lâcher-prise blanc

Et le sel de terre, de mer panse le ciel en sang.

Il reste à adoucir l’instant en berçant les présents

D’autant de vibrations ailées que de pas en avant,

C’est la spirale qui s’ouvre, pas de retour arrière,

Il n’y a point de paix car il n’y a pas eu de guerre.

Pour adoucir l’instant lambda des réponses émises

Aux questions inconnues de l’indéfinissable crise

Du temps, et de l’espace, passe et ne traverse pas,

La croisée des chemins se fait en nos mea-culpa,

Ces quotidiens sommeils qui deviennent soleils brillants

Servant d’amer sûr et de phare aux hommes divaguant.

Quand on s’arrêtera à l’instant du regard pensé,

C’est dans les profondeurs oubliées du jamais sassé

Que l’on pourra puiser à l’ombre suie de nos mémoires,

L’instant créateur qui fera vivre un non-être espoir.

Nous voici au palier de l’agir, entre égo régnant,

Le Soi partageant sans compter de la vie le prégnant.

Il y a tant d’amour feu et d’oubli, d’habitude dans le toujours aimé des jours qui passent

Que les jours eux-mêmes initient en complétude leurs nuits propres à l’abri de quêtes lâsses.

Tu es la lettre majuscule qui enrichit l’écriture des corps chus et des bouts d’âmes

Et moi, je ne suis rien, que la ponctuation de toutes dimensions pour en chérir la flamme.

*

yannesoganesh

*

amourpartage.jpg

2008 05 1

Né ici quelque part ou ailleurs !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 2:58

Né ici quelque part ou ailleurs ! 

Quelque part, le poète est…

Aussi un lecteur de…

Mots, un dégustateur souffrant et s’apaisant du …

Verbe, hédoniste particulier de sa muse en…

Bride abattue chevauchant la caractéristique ému en …

Croupe nue de la page blanche qui caracole en abstruses

Connotations absconses, échange de poils qu’il voudrait brosser

Alors que le vent, des consciences interrogées,

Où intelligemment mises à nue sous le boisseau

S’étreignent dans le rire des rimes et des vers qui les chatouillent.

 

 

 

 

Quelque part, disais-je, le poète…

Se révèle mutin, enjôleur de brouillon.

Il se répand un peu, ce tantinet soumis à la seconde mouche

Qui vole au secours de l’abeille qui passe alors que le bourdon

Picore le miel des oiseaux  fous d’amour qui butinent la terre.

Il rencontre le vers de terre qui s’ « alombrique » de mottes d’herbes en mottes d’ailes.

Naît  la libre folie qui traduit tous les rêves nourris de graines d’enfance et de labours, de connaissances.

Il fait jour et nuit pour ce poète ému, cet humain cultivateur avant tout tant

Il fait gerber de sons pour le blé qu’il sème en son aube vierge;

Son nocturne naissant, les âges de sa vie viennent y réfléchir leurs brides et leur libres sueurs froides.

 

 

La poétesse en homonyme masculine de sa féminité innée

Porte le regard de plume nourrie de ce compréhensif

Qui s’est alimenté des « interpellatifs » cheveux balayant  les …

Doutes issus des luttes ancrées des non sus et des oblitérés reflets

De tous ses interrogatifs culturels assénés  aux noms des préjugés ancrés.

Ainsi naît son pouvoir de dépasser tous les discriminés, les rassembler;

De les  entourer; de leur révéler tous les pouvoirs de l’être

Pour exister, et transmettre les valeurs acquises au nom de la souffrance.

Sa lecture naît de ses degrés d’apprendre ; elle conçoit le dire et le taire.

Le dire encore et le taire un peu plus créent les degrés du savoir respecter.

 

 

 

 

Pour le passager du verbe, le quêteur du simple vers et du complexe nu,

Le transcrit révélant est reflet inné du vibré délivré par l’enfant lorsqu’il s’ouvre.

Les yeux, les oreilles, les sens donnent au regard qu’ils  croisent

Comme au magnétisme animal et humain, ce chant de la nature est pur, et si pur.

L’art du transcrire est de livrer le brut en fi des fioritures,

Décoffrage de tous ces vagues à l’âme, complétude des silences,

Ni conçus, ni préconçus, juste sage phagocytant le nécrophage individu de vie.

Il se nourrit des paupières engoncées d’encre au goût d’algues,

Leurs suints de rencontres s’écoulent en matricielles cultures ou religions ;

Il reste au passager à vivre l’écoute, le respect, le partage de tout ce qui commence par des phéromones, au nom de tous lss non, au non de tous les oui : ces pourquoi ne serait-ce pas !

 

 

 

 

Les sucs du passé des corps et des esprits, des cœurs et des âmes

Sont inscrits dans tous les sens du poète lecteur et du lecteur poète

Du poète aussi bien poétesse que cette poétesse est poète.

Inscrit dans la moelle de tout ce qui vit et se nourrit de mort,

Dans tout ce qui meurt et se nourrit de vie demeure cet « A » de haine

Et qui veut dire Amour et ce « H » aspiré qui un peu inspiré

Habille la Nature de  » l’Hêtre », cet Arbre se nourrissant

D’un cosmos vivant, régénérescence et perpétuelle évolution.

Le poète est l’écrivain juxtaposé à l’Âme du Monde,

C’est par  son branchement vital de vivre et de mourir qu’il s’exprime, continue de mourir et de vivre les toujours fantasmés!

 

 

 

 

 

 

Il met les doigts « tentaculés » de lettres et d’empreintes « poétales »

Dans la prise de l’instant où s’exprime ce courant germé

De tous les continus et les alternatives attitudes bercées de tous les riens et les néants.

Il aime ce papier carbone qui réfléchit son monde.

Poète où poétesse, les deux, les trois ou les quatre à la fois,

Androgyne de la création pure générant cette émotion ultime, qui se cache et s’exprime…

Poésie d’équilibre en instance d’éternel don, et d’entière recherche,

Je te dis aujourd’hui tes quatre vérités alors que la nuit fuit.

 

 

 

 

 

De l’émettre et du lire, du certain au sourire maquillé de grammaire et du mot liberté, 

Le balancier fluctue,  notions d’exacerber, et se berce ingénu de ce qu’il lâche aux lions,
 De l’observé au  percevoir jusque dans son inverse animal et humain !

Ne serait-ce que la goutte immatérielle glu de l’espace d’un temps

Nourrissant, biens qu’illusoire et transfert de pouvoir

Le partage d’un homme ou celui d’une femme, c’est l’enfant qui respire.

La communion nourrit la source de l’un la fuite de l’autre, ou tend son équilibre,

Issu d’un cru, d’un entendu, d’un attendu, d’un nu, de tous ses « in situ » qui ne situe personne.

 

 

yannesoganesh

[Ce poème est dédié à tous les auteurs qui figurent aujourd'hui sur ma liste d' Auteurs préférés du Site Nouvelle-Poésie et que vous pouvez consulter sur mon profil, et plus particulièrement à Ice-Raphaël - Sahel - Joséphine, sans qui je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.] – [Mention spéciale à tous les auteurs des poèmes "coupsdecoeur" que j'ai répertoriés au fur et à mesure de mes lectures _Mais j'ai en ai encore tant à faire, lire et dire pour tous vous connaître_ Mentions plus que spéciales à Khadija, Runiques et AlteregO  et Legrand pour leurs dimensions respectives.] y a trop d’absent qui brillent par la rareté de leur apparition et de leur expression, il tiennent néanmoins une place à part entière dans mon coeur)

2007 02 25

Symbolisme et chiffre : le nombre 5 (cinq)

Classé sous — ganeshabreizh @ 2:50

 

Symbolisme et chiffre : Le nombre 5

*

Hierogamos-Hera zeus- tintoretto

Le nombre cinq tire son symbolisme de ce qu’il est, d’une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2+3) ; d’autre part , le milieu des neuf premier nombres. Il es signe d’union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; nombre aussi du centre, de l’harmonie et de l’équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre de la terre mère (2).

 

hierogamos *********Détail of hiero gamos vers 660

Il est encore symbole de l’homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq parties en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre – abri du cœur – la tête, les deux jambes.

Home symbole du nombre 5

Symbole également de l’univers : deux axes, l’un vertical et l’autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l’ordre et la perfection (Gérard de Champeaux, Dom Sébastien Sterckx (O.S.B.) – p.243, 244, Introduction au monde des Symboles, Paris, 1966).

 

Symbolisme et chiffre :  le nombre 5 (cinq) dans Non classé image001
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…


image001 dans Non classé
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…

 

 

 

 

*Axe du monde*

 

 

 

image002
Le pendant terrestre du Un, centre, axe du monde concret
: souverain de droit divin, prince du sang, montagne, source, etc…
image003
L’Un contenu dans le divers :
monde terrestre des apparences (Maya) et du temps qui passe, individus

 

Il représente aussi les 5 sens et les cinq formes sensibles de la nature : la totalité du monde sensible.

L’harmonie pentagonale des Pythagoriciens laisse sa marque dans l’architecture des cathédrales gothiques. L’étoile à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbolisme hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c’est la quint-essence, ou l’éther. Le cinq par rapport au six est le microcosme par rapport au macrocosme, l’homme individuel par rapport à l’Homme universel.

En Chine également, 5 est le nombre du centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-Chou. La caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s’ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèle s’y adjoignent : le Ciel et la Terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont au nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux,cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l’espace, bien entendu aussi cinq sens. Cinq est le nombre de la Terre : il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l’univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la Terre et le Ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang, de T’ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C’est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l’arc en ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

Dans le symbolisme hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Shiva transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole Shivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangle de feu rayonnants qui sont de linga. Shiva, qui, en tant que Seigneur de l’Univers, domine les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s’identifie à l’axe et n’est généralement pas figurée.

[-L Benoist, L’art du monde, Pris, 1946

- K Battacharya, Les religions brahmaniques dans l’ancien Cambodge, Paris, 1961

- Jean Danielou, Le mystère de l’Avent, Paris, 1948

- M Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934

- René Guénon, Le symbolisme de la croix, Paris, 1931

- René Guénon, La grande triade, Nancy, 1946

-J Lionnet, Le Tao Te King, Paris, 1962

-R.P. Léon Wieger, Caractères chinois, Hien-hien, 1932

-Stella Kramrisch, Arts de l’Inde, Londres, 1955]

Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux, plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs ; cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l’adepte de l’ésotérisme Shingon doit s’efforce d’acquérir, progressivement, pour accéder au niveau de l’éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

Cinq est le nombre des provinces d’Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Munster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d’une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en irlandais mayen coiced, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondateur du panthéon celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux, dont il transcnede tous les aspects : Dadge (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mac Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante, mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. L e shéma est confirmé par César qui, dans le de Bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve. Toutefois chez l’auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait ainsi un symbole de la totalité : totalité du pays d’Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui rassemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait, littéralement trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l’infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d’emploi malaisé.

En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c’est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par une main ouverte. Selon Raphaël Girard (page 198, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954), la sacralisation du chiffre cinq serait lié au processus de germination d u maïs, dont la première feuille sort de terre cinq jour après les semailles. Les Jumeaux Dieux du maïs, après leur mort initiatique, ressuscite des eaux de la rivière cinq jours après que leurs cendres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu’ils apparaissent d’abord sous forme de poissons, puis d’hommes-poissons (sirènes) avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les traits d’un poisson. De nos jours encore les Chorti, descendants des Maya, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans al suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et en Dieu Lune. C’est le Dieu Lune qui conserve le cinq comme symbole numérique (d’où l’analogie avec le poisson, symbole lunaire).

Chez les Chorti également le cycle de l’enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du maïs est le patron des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de raison, c’est-à-dire âgés de moins de cinq ans. (Raphaël Girard, p.201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde qui est son âme, le cinquième jour, de même que le maïs termine sa période de gestation et sort de terre halés par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelé corde ou âme.

Dans la tradition mexicaine, Quetzalcoatl reste quatre jours en enfer avant de renaître le cinquième jour (Raphaël Girard, p.200 et 201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également un dieu solaire.

Cinq est aussi symbole de perfection chez les Maya (J Eric S Thompson, Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouv. édition, 1960) pour qui le cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc, sans discussion le jour du serpent qui envoie la pluie.

Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l’accomplissement d’un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé, mais pas encore manifesté. C’est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s’accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils – et de ces âges – correspondait à l’un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessiné. Il est l’éveil de ce centre le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l’homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au Soleil du Centre la divinité Xiuhtecutli, maître du Feu, représenté quelquefois par un papillon (Jacques Soustelle, La pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940).

Chez lez Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinienne l’associe à l’amour, au printemps, à l’aurore, et à tous les jeux. Le même dieu appelé le chanteur est, chez les Huitchol, l’Etoile du matin.

Reprenant l’interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, Jacques Soustelle, dans son article : Observation sur le symbolisme du chiffre cinq chez les ancien Mexicains, in Actes du XVIII ème congrès international des Américanistes, Paris, 1947, met clairement en lumière l’ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il, est tout d’abord le nombre du monde présent (qui a été précédé de quatre premières ébauches de création) et du centre de la croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acception, d’une part, solaire, donc liée au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d’autre part, sous sa forme interne, terrestre, chtonienne, liée à la nuit et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcoatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l’idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d’une part au soleil, d’autre part à vénus, qui tous deux disparaissent à l’Ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître – renaître – à l’Est, avec le jour. En tant que Seigneur de la maison de l’aurore, Quetzalcoatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représenté sur les manuscrits mexicains, comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise Jacques Soustelle, dans le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l’auto-sacrifice est la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l’idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l’astre, qui conditionne à son tour la vie. De même le Centre du monde, représenté le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. Le Centre du monde est ici le carrefour central, et comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

Rappelons que c’est aux carrefours qu’apparaissent cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui divinisés comme les guerriers morts au combat ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne – ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quand à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que cinq, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l’opposé de sept, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s’oppose à l’heureuse déesse Chicomecoatl, 7ème des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c’est le soleil des mort – le soleil noir – qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut Jacques Soustelle, le nombre 5 symbolise pour les Mexicains, le passage d’une vie à l’autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l’univers.

Le précieux récit du Père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum (Francisco De Avila, De Pricorum Huarichiriensum Origine et Institutis, Madrid, 1942) montre le rôle capital que jouait le nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours, après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n’étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait apparaître leur esprit, sous la forme d’une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges apparaissent un déluge, qui dura cinq jours et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors, les cimes des montagnes s’entrechoquèrent, les mortier et les pierres à moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un en cinq, il fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l’éclair des cinq régions du ciel.

La conception de cinq humanités successives – la nôtre étant la cinquième – se retrouve dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d’or, les hommes de bronze et les demi-dieux – qui périrent au cours de la guerre de Troie – avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d’or sont devenus, les bons génies de la terre, les gardiens de la terre, dispensateurs des richesses (Hesiode, P.121 à 125 – Théogonie, Les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par P Mazon, Paris, 1928) ; leurs successeurs, les hommes d’argent, coupables d’une folle démesure ayant refusés de rendre le culte dû aux Immortels, furent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore (Ibidem 140-144) ; les hommes de bronze, coupables, eux, non de l’orgueil lucifériens de leurs prédécesseurs, mais de l’excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l’Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre (ibidem, 150 à 155) ; quant à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre des soucis, dans les îles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l’Océan (ibidem, 170 à 175), c’est-à-dire à l’extrême Occident, près du jardins des dieux, gardé par les Hespérides, il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des Aztèques.

Pour les Dogon et les Bambara du Mali, l’unique est exceptionnel, non comme un synonyme d’achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d’erreur de la nature : c’est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé, de ce fait, cinq, fait de l’association de quatre, symbole féminin et de un, est lui-même un symbole d’incomplétude, d’impureté, d’inharmonie, d’instabilité, de création inachevée. C’est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs – dont les fausses couches – et à la mort. Cependant il peut être considéré comme un heureux symbole : les Bambara parlent d’un cinquième monde – à venir – qui serait le monde parfait, né de l’association non plus de quatre et un, comme dans le monde actuel, mais de trois et de deux (Germaine Dieterlen, Essai sur la religion des Bambaras, Paris, 1951).

Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l’homme. L’homme se divise, dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur formée par les bras étendus d’une extrémité d’une main à l’autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur, et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l’homme peut s’inscrire dans un carré parfait (M M Davy, P.170, Un traité de la vie solitaire : Lettres aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940-1946). Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l’intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l’homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

Outre les cinq parties égale dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l’homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête, mains, pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la genèse ou il est dit que les poissons et les volatiles furent créer le cinquième jour de la création… Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, L’association de l’un et de l’autre étant androgyne… Ainsi le pentagramme est l’emblème du microcosme et de l’androgyne. Dans les miniatures médiévales, l’homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme.

Le nombre cinq régit donc bien la structure de l’homme (M M Davy, P. 171, Un traité de la vie solitaire : Lettre aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940, 1946).

 

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