Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2011 10 28

KARUKERA « A toi, fruit d’océan, Karukera fleur de terre, Danse du feu et de l’esprit, de l’âme des êtres qui t’habitent. »

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 13:45

 

Karukera,; guadeloupe mon amour

 KARUKERA,

 

 

«  A toi, fruit d’océan,  Karukera  fleur de terre, 

Danse du feu et de l’esprit, de l’âme des êtres qui t’habitent. »

 

 

 

Papillon de « Terre-Amérindienne » et  de « Souffre » du Ciel.

 

Les hommes et les femmes vivaient  en pêches rudes

 

Enrichies des ethnies en leurs quête et nourries par la mer.

 

Du fait de  l’île-terre il y avait un refuge en ces confins du ciel

 

Rocher aux tempêtes, aux ouragans, à la folie des luttes,

 

Les Caribs sanglants et guerriers n’étaient pas loin ;

 

Les étreintes de la colère élémentale s’enchaînaient ;

 

Et Dieu pleurait, densifiait la résistance  aux vents,

 

Pleurait sur la souffrance humaine du peuple né migrant,

 

Indigènes Caraïbes issus des Arawaks ou nobles Taïnos,

 

Sagesse ancestrale issu de la tradition orale,

 

Echo d’harmonie fusionnelle en nature et partage,

 

Déjà fleur de métissage aux sangs d’ailleurs ;

 

Esclaves en négritude endoloris et meurtris,

 

Colons aventuriers, conquérants fous en démesure.

 

 

 

Terre d’île et de volcan qui lave l’être et bruisse à son âme.

 

Par les pluies tropicales et le chant du petit-monde,

 

Comme une nourriture des Anciens qui s’expriment.

 

Ils disent son histoire à cette Basse – Terre, île coiffée,

 

Haute du feu de son volcan, « Vieille-Dame » de garde ;

 

C’est au pied de tes flancs que veille la Vierge !

 

Île drossée par la houle du large en côte sous le vent,

 

Baignée en quelque sorte par la rivière aux herbes,

 

Pansée par l’Esprit fort « Notre-Dame-Du-Mont-Carmel ».

 

Trois-Rivières a déterré les vestiges du temps,

 

Redonnant la mémoire de la terre aux peuples de l’île.

 

Le chant de la Basse-Terre a résonné en moi et je m’en suis nourri.

 

J’ai rencontré le silence des cœurs qui battaient à l’unisson

 

De l’histoire construite en quelque sorte, comme mouvance utile

 

Ramenée à la « conscience-outil » de l’enfant qui subit, hors famille,

 

Le poids de l’être ainsi, plutôt qu’autrement divisible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terre d’île et de volcan qui permet aux êtres le secours

 

Par le temps plus clément  qui fait cet accueil  complice.

 

Il y a aussi le chant du petit-monde qui se fait différent,

 

Comme une nourriture des Anciens qui s’expriment.

 

Ils disent son histoire à la Grande – Terre, large de ses plaines.

 

Ici croit la canne, cette fleur du « Ti-punch » et du sucre,

 

Les champs sentent presque le rhum et les sueurs du plant,

 

Alors que s’affairent à son pied une  main d’ancestralité.

 

Les coups du destin et les secondes de libre arbitre

 

Ont embaumé la sève de ces cannes qui vous broient la santé.

 

Ils disent leur histoire de l’en-dessous de cette mer salée

 

Aux  vallons des Grands-Fonds, aux mornes verdoyants ;

 

Aux plages de sables blancs, aux lagons protecteurs,

 

Aux mangroves nourricières, aux abruptes falaises

 

Où l’impétueux flot musclé de la mer Caraïbe

 

Vient se casser l’écume en « Pointe-des-Châteaux »

 

Livrant l’éponge aux sables  foulés par la mouette du large.

 

Il y avait comme des traces folles de bouteilles à la mer.

 

 

 

La flamme de l’instant se renforce un peu plus

 

Lorsque la conscience nue du cheminement pur,

 

Construit une marge  en page du croître enfin.

 

Avant que d’en parler à vous qui me lisez

 

Je dis le secret fort des senteurs maternelles,

 

De la mangue qui tombe en ce bord des chemins,

 

A peine ramassée tant elle est… tant elle est.

 

De la pomme liane qui étire son plan

 

En fleur comme orchidée, en fruit de bord de haies ;

 

De la quenette douce et acide à la fois,

 

Un peu comme un letchi qui vous fond dans la bouche.

 

« J’anone » encore le corossol au goût douçâtre,

 

Je cueille la papaye aux vertus si soignantes

 

Que le respect se doit à ce fruit savoureux,

 

La carambole étoile agaçant les papilles.

 

L’ananas bouteille en mutations hybrides

 

Reflète la saveur du peuple en Guadeloupe,

 

Peuple enrichi de tant de traditions anciennes.

 

 

 

…./…A suivre

 

YANN

2008 11 9

Vous avez dit « Je t’aime » !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 18:48

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*

Vous avez dit « Je t’aime »!

Pourquoi habiller le « je t’aime »  ,

Alors qu’il est si bien tout nu

Dans sa simplicité pure et son âme enfantine,

Dans sa dimension d’être enfin don ?



Le « je t’aime » est soleil pour effacer les ombres,

Le « je t’aime » est eau de source, immortalisation de vie,

Il est encore lumière intérieure nourrissant l’extérieur,

Et le phare de révérence sur la mer de la vie.


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Nous avons dit « je t’aime » !



« Je t’aime mon amour »! et tu n’es pas qu’amour

Vécu.

« Je t’aime mon ami »! et tu n’es pas qu’ami

Vivant.

« Je t’aime mon enfant »! et tu n’es pas qu’enfant.

Grandissant.

« Je t’aime mon frère, ma soeur »! et tu n’es pas que frère ou soeur

De sang, de coeur ou d’âme.

« Je t’aime mon père, ma mère »! et tu n’es pas que père ou mère

Géniteurs, éducateurs ou références.



Il n’y pas que les mots pour le dire

Mais le regard pour en attiser la braise.

S’aimer sans se le dire revient à respirer

L’amour dans les gestes et les sourires,

Les non-dits et les perçus pourtant.



Le « je t’aime »absolu est compassionnel et équanime,

Il a transcendé le sociétal plan commun

se nourrissant de ses relatifs archétypaux

Pour livrer le « je t’aime » à l’univers entier,

à tous les règnes du microcosme au macrocosme.



Il se lit dans l’écoute et la main qui se tend

Dans l’attention consciente de soulager la souffrance,

D’apaiser les désirs où elle trouve sa source,

Où qu’elle se niche et d’où qu’elle vienne,

Pour simplement initier l’éveil de l’être.



Le « je t’aime » est vibratoire, il résulte d’un partage

Où l’émotion imprimée au recto et au verso de l’entité humaine

Dépasse le simple plan terrestre

Et transcende l’Être enfin conscient

Fusionnant les égo au ça, au Soi.



Le « je t’aime » au creux du lit est semblable à la chaleur

Du « je t’aime » murmuré au saut du même lit

Encore tout empli de cette nuit rêveuse

Qui a livré l’amour à sa fonction primale,

Livrant pour un instant les êtres à la fusion.


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Il n’y a pas de « je t’aime » corporel

Car il n’est pas matière,

Ce ne sont que bouffées

De tendresse et d’esprit « masculin-féminin »,

Le « je t’aime », ainsi, devient union.



Il emplit le coeur et l’esprit de celui qui le dit

Par l’illumination du regard de celui qui le reçoit.



Le premier vrai « je t’aime » doit être celui

Que l’on dit à soi-même,

Peut-être les yeux fermés pour le mieux savourer

Ou les yeux grands ouverts et perlant quelque peu,

Brillant sûrement de confiance,

Après avoir compris

Que tant qu’il n’est pas dit ainsi,

En toute sincérité

Il ne peut être dit à autrui

Pour le vivre.



Et le temps est venu pour ce faire

Puisque c’est le passé des rencontres

Qui nous mène où nous sommes,

Nus enfin,

Vierges de tout jugement,

D’enfin nous dire « je t’aime »   juste à l’oreille

De la vie qui naît à ce moment,

De l’être intérieur, cet être et esprit

Qui sort alors l’humain de son tout mentalisme.



Voici ce «je t’aime » qui nous sort de l’illusion d’aimer

Et nous fait cheminer vers l’absolu universel.

A chaque battement de coeur, l’onde d’amour

Energise son ondulation en vague irrépressible qui nous submerge,

Nous immergeant dans l’apaisement du Tout.



Allons au devant de l’autre avant qu’il ne vienne à nous

Et si l’inverse se produit ouvrons-nous pour comprendre.

Ne plus reproduire à jamais les errances du passé de l’autre.

Vivre est conscience de créer.

Je t’aime, toi qui lis ces mots.



*

yannesoganesh

*

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2008 06 17

A propos de Symbolisme – Les Couleurs – I – Noir, le Noir : la couleur Noire !

Classé sous — ganeshabreizh @ 6:59

 

Noir, le Noir : la couleur Noire !

 

 

*

Contre couleur du Blanc, le Noir est son égal en valeur absolue.

Comme le Blanc il peut se situer aux deux extrémités de la gamme chromatique, en tant que limite des couleurs chaudes comme des couleurs froides. ; selon sa matité ou sa brillance, il devient alors l’absence ou la somme des couleurs, leur négation ou leur synthèse.

Symboliquement, il est le plus souvent entendu sous son aspect froid négatif.

Contre-couleur de toute couleur, il est associé aux ténèbres primordiales, à l’indifférencié originel. En ce sens il rappelle la signification du blanc neutre, du blanc vide, et sert de support à des représentations symboliques analogues, telles que les chevaux de la mort, tantôt blanc, tantôt noirs. Mais le blanc neutre et chtonien est associé, dans les images du mondes, à l’axe Est-Ouest, qui est celui des départs et des mutations, tandis que le noir se place, lui, sur l’axe Nord-Sud, qui est celui de la transcendance absolue et des pôles.

Selon que les peuples placent leur enfer et le dessous du monde vers le Nord ou vers le Sud, l’une ou l’autre de ces directions est considérée comme noire. Ainsi le Nord est-il noir pour les Aztèques, les Algonkin, les Chinois, le Sud pour  les Mayas, et le Nadir, c’est-à-dire la base de l’axe du monde les indiens Pueblo.

*

Installé ainsi en dessous du monde, le noir exprime la passivité absolue, l’état de mort accomplie et invariante entre ces deux nuits blanches où s’opèrent, sur ses flancs, les passages de la nuit au jour et du jour à la nuit.

Le noir est donc couleur de deuil, non point comme le blanc, mais d’une façon plus accablante. Le deuil blanc a quelque chose de messianique. Il indique une absence destinée à être comblée, une vacance provisoire. C’est le deuil des Rois et des Dieux, qui vont obligatoirement renaître : le Roi est mort, vive le Roi ! correspond bien à cette cour de France où le deuil se portait en blanc. 

Le deuil noir, lui, est, pourrait-on dire, le deuil sans espoir. « Comme une Rien sans possibilités, comme un Rien mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans l’espérance même d’un avenir, résonne intérieurement le noir», écrit Kandinsky [Vassili Kandinsky, Du spirituel dans l'art, Paris, 1954.]

Le deuil noir c’est la perte définitive, la chute sans retour dans le Néant : L’Adam et Eve du Zoroastrisme, abusés par Ahriman, s’habillent de noir lorsqu’ils sont chassés du Paradis.

Couleur de la condamnation, le noir devient aussi la couleur du renoncement à la vanité de ce monde, d’où les manteaux noirs qui constituent une proclamation de foi dans le Christianisme et dans l’Islam : Le manteau noir des Mawlavi – les Derviches tourneurs du Soufisme (taçawuff) – représente la pierre tombale. Lorsque l’initié le quitte  pour entreprendre sa danse giratoire, il apparaît vêtu d’une robe blanche, qui symbolise sa renaissance au divin, c’eset à dire à la Réalité Véritable : entre temps les trompettes du jugement ont sonné.

En Egypte, « ’après Horapollon, une colombe noire était le hiéroglyphe de la femme qui reste veuve jusqu’à sa mort.» [Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, Paris, 1837].Cette colombe noire peut être considérée comme l’Eros frustré, la vie niée. On sait la  fatalité manifestée par le navire aux voiles noires, depuis l’épopée grecque jusqu’à celle de Tristan.

Mais le monde chtonien, le dessous de la réalité apparente, est aussi le ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. « Couleur de deuil en Occident, le noir est à l’origine le symbole de la fécondité, comme dans l’Egypte ancienne ou en Afrique du Nord : la couleur de la terre fertile et des nuages gonflés d’eau de pluie. » [Jean Servier, l'Homme et l'Invisible, p. 96 Paris, 1964]. S’il est en noir comme les eaux profondes, c’est aussi parce qu’il contient la capital de la vie latente, parce qu’il est le grand réservoir de toutes choses : Homère voit l’Océan noir. Les Grandes Déesses de la Fertilité, ces vieilles déesses-mères, sont souvent noires en vertu de leur origine chtonienne : les Vierges noires reconduisent ainsi les Isis, les Athon, les Déméter et les Cybèles, les Aphrodites noires. Orphée dit, selon Frédéric Portal (ib.) : « Je chanterai la nuit, mère des dieux et des hommes, la nuit origine de toutes choses créées, et nous la nommerons Vénus. » Ce noir revêt le ventre du monde, où, dans la grande obscurité gestatrice, opère le rouge du feu et du sang, symbole de la force vitale. D’où l’opposition fréquente du rouge et du noir sur l’Axe Nord-Sud, ou, ce qui revient au même, le fait que rouge et noir peuvent apparaître comme deux substituts, ainsi que le fait remarquer Jacques Soustelle, [la Pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940.] à propos de l’image du monde des Aztèques. D’où aussi la représentation des Dioscures montés sur deux chevaux, l’un noir et l’autre rouge, sur un vase grec décrit par Frédéric Portal, et aussi, sur un autre vase, également décrit par cet auteur, le costume de Camillus, les grand psychopompe des Etrusques, qui a le corps rouge, mais des ailes, des bottines et une tunique noire.

*

Les couleurs de « La Mort », Arcane 13 du Tarot, sont significatives. Cette mort initiatique, prélude d’une véritable naissance, fauche le paysage de la réalité apparente – paysage des illusion périssables – d’une faux rouge, tandis que ce paysage est lui-même peint en noir. L’instrument du trépas représente la force vitale et sa victime le néant : fauchant la vie illusoire, l’Arcane 13 prépare l’accès à la vie réelle.

Le symbolisme du nombre confirme ici celui de la couleur ; 13, qui succède à 12, chiffre du cycle accompli, introduit à un nouveau départ, amorce un renouvellement.

Dans le langage du blason, la couleur noire se nomme sable,  ce qui exprime ses affinités avec la terre stérile, habituellement représentée par un jaune ocre, qui est parfois aussi le substitut du noir : c’est ce même jaune de terre ou de sable qui représente le nord, froid et hivernal, pour certains peuples amérindiens, ainsi que pour les Tibétains et les Kalmouk. Le sable signifie prudence, sagesse et constance dans la tristesse et les adversités [Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, p. 177, Paris, 1837]. Du même symbolisme relèverait le fameux vers du Cantique des Cantiques : « Je suis noire et pourtant belle, fille de Jérusalem », qui selon des exégètes de l’Ancien Testament, est le symbole d’une grande épreuve. Il n’est peut être pas que cela, car le noir brillant et chaud, issu du rouge, représente, lui, la somme des couleurs. Il devient la lumière divine par excellence dans la pensée des mystiques musulmans. Mevlana Djalâlud-Din Rûmi, le fondateur de l’ordre des Mawlavi ou Derviches Tourneurs, compare les étapes de progressions intérieures du Soufi vers la béatitude à une échelle chromatique. Celle-ci part du blanc, qui représente le Livre de la Loi coranique, valeur de départ passive, par ce qu’elle précède l’engagement du Derviche sur la voie du perfectionnement. Elle aboutit au Noir par le rouge : ce Noir, selon la pensée de Mevlana, est la couleur absolue, l’aboutissement de toutes les autres couleurs, gravies comme autant de marches, pour atteindre au stade suprême de l’extase, où la Divinité apparaît au mystique et l’éblouit. Là aussi le Noir brillant est donc très exactement identique au Blanc brillant. Sans doute peut-on interpréter de la même manière la pierre de la Mecque, elle aussi d’un noir brillant.

On le retrouve en Afrique avec cette profonde patine aux reflets rougeâtres, qui recouvre les statuettes du Gabon gardiennes des sanctuaires où sont conservés les crânes des ancêtres.

Au profane, ce même noir brillant et rougeâtre est le noir « moreau »  des coursiers  de la tradition populaire russe, symbolisant l’ardeur et la puissance de la jeunesse.

Le mariage du noir et du blanc est une hiérogamie ; il engendre le gris moyen, qui, dans la sphère chromatique, est la valeur du centre, c’est-à-dire de l’homme.

*

En Extrême-Orient, la dualité du noir et du blanc est, d’une façon générale, celle de l’ombre et de la lumière, du jour et de la nuit, de la connaissance et de l’ignorance, du yin et du yang, de la Terre et du Ciel.

En mode hindou, c’est celles des tendances « tamas » (descendante ou dispersive) et « sattva » (ascendante ou cohésive), ou encore celle de la caste des « shudra » et de la caste des Brahmanes (d’une façon générale, le blanc est la couleur du sacerdoce). Toutefois, « Shiva » (« tamas ») est blanc et « Vishnu » (« sattva ») est noir, ce que les textes expliquent par l’inter dépendances des opposés, mais surtout par le fait que la manifestation extérieure du principe blanc apparaît noire et inversement, de même qu’elle est inversée par la réflexion sur le « miroir » des Eaux.

Le noir est, de façon générale, la couleur de al Substance universelle (« Prakriti »), de la « materia prima », de l’indifférenciation primordiale, du chaos originel, dees eaux inférieures, du nord, de la « mort » : ainsi de la « nigredo » hermétique aux symbolismes hindou, chinois, japonais (ce en quoi il ne s’oppose d’ailleurs pas toujours au blanc mais, par exemple en Chine, au jaune ou au rouge).

Le noir possède incontestablement en ce sens un aspect d’obscurité et d’impureté. Mais inversement, il est le symbole supérieur de la non-manifestation et de la « virginité » primordiale : à ce sens se rattachent le symbolisme des Vierges noires médiévales, celui aussi de Kâlî, noire parce qu’elle réintègre dans l’informel la dispersion des formes et des couleurs.

Dans la « Bhagavad Gîta », c’est véritablement « Krishna », l’immortel, qui est le « sombre », tandis qu’ « Arjuna », le mortel, est le « blanc », images perspectives du « Soi » universel et du « moi » individuel. Nous rejoignons d’ailleurs ici le symbolisme de « Vishnu » et de « Shiva ». L’initié hindou s’assied sur une peau à poils noirs et blancs, signifiant encore le non-manifesté et la manifestation. Dans la même perspective, René Guénon a noté l’important symbolisme des « visages noires » éthiopiens, des « têtes noires » chaldéennes et aussi chinoies (kien-cheou), ainsi que de la « kem », ou « terre noire » égyptienne, toutes ces expressions ayant certainement un sens « central et primordial », la manifestation qui rayonne du centre apparaissant « blanche » comme la lumière.

Car en fait, le « hei » chinois évoque à la fois la couleur noire et la perversion et le repentir ; le noircissement rituel du visage est un signe d’humilité, il vise à solliciter le pardon des fautes. De même, « Malkût » est le second « Hé » du Tétragramme. Exilée et dolente, cette lettre, de taille normale, se rétrécit jusqu’à n’être qu’un petit point noir, qui évoque la forme de la lettre « yod », la plus petite de l’alphabet hébreu.

L’œuvre au noir hermétique, qui est une « mort » et un retour au « chaos » indifférencié, aboutit à l’œuvre au blanc, finalement à l’ « œuvre au rouge » de la libération spirituelle. Et l’embryologie symbolique du Taoïsme fait monter le « principe humide » des noirceurs de l’ « abîme » (k’an) pour l’unir au « principe igné », en vue de l’éclosion de la « Fleur d’Or » : la couleur de l’or est le blanc.

[Louis Chochod, Occultisme et Magie en Extrême-Orient, Paris, 1949.]

[Jean Danielou, le Mystère de l'Avent, Paris, 1948.]

[Mircea Eliade, Forgerons et Alchimiste, Paris, 1956.]

[Pierre Grison, le Traité de la Fleur d'Or du suprême Un, Paris, 1966.]

[René Guénon, le Symbolisme de la Croix, Paris, 1931.]

[René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962.]

[Jean Herbert, Aux sources du Japon : le Shintô, Paris, 1964.]

[Henri Maspero, le Taoïsme, Paris, 1950.]

*

Du point de vue de l’analyse psychologique, dans les rêves diurnes ou nocturnes, comme dans les perceptions sensibles à l’état de veille, le noir est considéré comme l’absence de toute couleurs, de toute lumière. Le noir absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque, avant tout, le « chaos », le néant, le ciel nocturne, les ténèbres terrestres de la nuit, le mal, l’ « angoisse », la tristesse, l’inconscience et la Mort.

Mais le noir est aussi la « terre fertile », réceptacle du « si le grain ne meurt » de l’Evangile, cette terre qui contient les tombeaux, devenu ainsi le séjour des morts et préparent leur renaissance. C’est pourquoi les cérémonies du culte de Pluton, Dieu des Enfers, comprenaient des sacrifices d’animaux noirs, ornés de bandelettes de même couleur. Ces sacrifices ne pouvaient avoir lieu que dans les ténèbres et la tête de la victime devait être tournée vers la terre.

 Le noir rappelle aussi les profondeurs abyssales, les « gouffres » océaniques (« Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune » [Oceano Vox - Victor Hugo]) ; ce qui amenait les anciens à sacrifier des taureaux noirs à Neptune.

En tant qu’évocateur du néant et du chaos, c’est-à-dire de la confusion et du désordre, i lest l’ « obscurité des origines » ; il précède la création dans toutes les religions. Pour la Bible, avant que la « lumière soit, la terre était informe et vide, les ténèbres recouvraient la face de l’Abîme ». Pour la mythologie gréco-latine, l’état primordial du monde était le Chaos ; Le Chaos engendra la Nuit qui épousa son frère l’Erèbe : ils eurent un fils l’Ether.

Ainsi à travers Nuit et Chaos, commence à percer la lumière de la création : l’Ether. Mais entre temps, la Nuit avait engendré, outre le Sommeil et la Mort, toutes les misères du monde comme la pauvreté, la maladie, la vieillesse, etc. Cependant, malgré l’angoisse provoquée par les ténèbres, les Grecs qualifiaient la Nuit d’ « Euphronè », c’est-à-dire la « Mère de bon conseil ». Nous-même disons ; « la Nuit porte conseil. »

C’est qu’en effet, c’est principalement la nuit que nous pouvons progresser en faisant notre profit des avertissements donnés par les rêves, ainsi qu’il est conseillé dans la Bible (Job, 33, 14) et dans le Coran (Sourate, 42).

Si le noir s’attache à l’idée du Mal, c’est-à-dire à tout ce qui contrarie ou retarde le plan d’évolution voulu par le Divin, c’est que ce noir évoque, ce que les Hindous appellent l’Ignorance, l’ « ombre » de Carl Gustav Jung, le diabolique Serpent-Dragon des Mythologies, qu’il faut vaincre en soi pour assurer sa propre métamorphose, mais qui nous trahit à chaque instant.

Ainsi sur quelques très rares images du Moyen Age, Judas le traître apparaît nimbé de noir ;

Ce noir associé au Mal et à l’ « Inconscience » se retrouve dans des expressions telles que : « tramer de noirs desseins », la « noirceur de son âme », un « roman noir ». Quant à « être noir », c’est précisément se trouver dans l’inconscience de l’ivresse. Et si nos turpitudes et nos jalousies sont projetées sur quelqu’un, il devient notre « bête noire ».

Le noir comme couleur marquant la mélancolie, le pessimisme, l’affliction ou le malheur, se rencontreà toutes minutes dans le langage quotidien  nous « broyons du noir »,  nous avons des « idées noires », nous somme d’une « humeur noire », nous nous trouvons dans une « purée noire ». Les écoliers anglais appellent « Black Monday » le lundi de la rentrée des classes et les Romains marquaient d’une « pierre noire » les jours néfastes.

Lorsque le Noir évoque la mort, c’est bien dans les toilettes de deuil et dans les vêtements sacerdotaux des messes des morts ou du Vendredi Saint que nous le retrouvons.

Enfin le noir se joint aux couleurs diaboliques pour évoquer, avec le rouge, la matière en ignition. Satan est appelé le Prince des Ténèbres et Jésus lui-même est parfois représenté en Noir, lorsqu’il est tenté par le Diable, comme recouvert du voile noir de la tentation.

Dans son influence sur le psychisme, le Noir donne une impression d’opacité, d’épaississement, de « lourdeur ». C’est ainsi qu’un fardeau peint en noir apparaîtra plus lourd qu’un fardeau peint en blanc. Cependant un tableau aussi sombre (c’est le cas de le dire) des évocations de la couleur noire n’empêche pas celle-ci de prendre une aspect positif. En tant qu’image de la mort, de al terre, de la sépulture, de la « traversée nocturne » des mystiques, le Noir est aussi attaché à la promesse de l’aurore et l’hiver à celle du printemps. Nous avons en outre que, dans la plupart des Mystères antiques, le Myste  devait passer par certaines épreuves de nuit ou subir des rites dans un obscur souterrain. De même, de nos jours, les religieux et les religieuses meurent au monde dans un cloître.

Le Noir correspond au « Yin » féminin chinois, terrestre, instinctif et maternel. On l’a noté, plusieurs déesses Mères, plusieurs Vierges, sont noires ; la Diane d’Ephèse, la Kali hindoue ou Isis sont représentées en noir : une pierre noire symbolisait la Magna Mater sur le mont Palatin : la Ka’ba de La Mecque, en tant qu’ Anima Mundi, est constituée par un cube de pierre noire et d’innombrables pèlerins vénèrent des Vierges noires dans toutes l’Europe.

Dans le même ordre d’idée, le Cavalier de l’Apocalypse qui monte le cheval noir tient une balance à la main et doit mesurer le froment, l’orge, lhuile et le vin, répartissant ainsi, en une période de famine, les produits récoltés sur le sol terrestre fécond de la Grande Mère du Monde.

Dans les rêves, l’apparitions d’animaux noirs, de « nègres » ou d’autres personnages foncés, montre que nous prenons contact avec notre propre « Univers instinctif primitif » qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

 

2006 10 8

Arrachement aux soupirs

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 10:59

Solitude

Detresse -Solitude

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Dans la chaleur des nuits

J’ai rêvé d’une main

Qui entraînait mon coeur

Sans une ombre, sans fleur,

Et cette main pleurait

En chantant sa rengaine.

Puis j’ai du murmurer

Le nom d’un tendre oiseau.

Bleu de douceur en fusion

Il m’a pris cette griffe

Qui me tuait l’espace

D’aimer le jour sans cri.

Absent de tout amour

Je me suis réveillé

Personne à mes côtés.

Ma bouche déformait

Un reflux solitude

Au froid de l’absolu nu.

Amère pensée ma traîne

Puisse-tu ramener

La renégate sans feinte.

Après tant de promesses

Puisses-tu recoller

Mes morceaux de détresse.

*

Cherchant

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