Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2008 10 21

Dakini

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 9:42

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*

Dakini

L’aragne ne vient jamais à vous, elle attend.

Vous allez à l’aragne et la toile de soie

Vibre enfin sous vos doigts pour peu qu’avec le temps

Les regards se partagent, naissent les émois.

L’aragne est femme-déesse qui danse, cadence

De son anaréisme amoureux, l’espérance.

Ce sont ses yeux noisette et son souffle de braise,

Ses bras de Dakini, qui vous tendent leurs mains.

Messagère céleste aux fils qui apaisent

Elle garde les secrets de la vie en demain,

Sachante transcendant les hiers de chacun

Elle souffre en humaine vers un passé défunt.

dakinileaf.jpg

 ’

La langue de ses mots, yogini accomplie,

Stimule le sens secret du langage oublié

La parole d’aragne est la caresse enfouie

Dans les replis d’esprit qui vous rend envié

Par ceux qui son perdu dans le délir des sens

Ayant oblitéré l’amour et son essence.

Belle en sa joie cosmique elle plante son esprit.

Son âme aventurière en l’univers profane

Le brise et le remplace en niveaux entrepris

Convertibles, integrables, esprits diaphanes,

Cachant mieux aux non-initiés le Grand-Secret:

Par semen et pensée d’éveil la Bodhicitta est.

*

eso

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2006 10 26

Réflexion sur le langage

Classé sous — ganeshabreizh @ 12:22

Veill-Rêve-Sommeil profond-Tunya (www.bld.net)

*

Réveil…ouverture vers la conscience du robinet de l’inconscient…
Penser…émission…réflexion avant de trouver un fil conducteur,
singulier ou pluriel

Je crois que je suis devenu un passeur de mots!

Action…Constatation…les pensées se diluent au contact de la plume
alors qu’elles étaient si présentes dans le rêve éveillé.

Pour vous, visiteuses du Grenier, à vous, visiteurs du Grenier, que je vous
connaisse ou non, soit que vous laissiez la trace anonyme d’un chiffre sur
le compteur de visite ou de mots qui vous sont personnels, je vais essayer de
mettre une patine sur cette logorrhée qui m’envahit à chaque fin de cycle du
sommeil et très souvent lors de l’endormissement, juste avant le « lâcher-prise ».

Ainsi je viens de me heurter à la matière de l’esprit, et à l’esprit de
la matière. La reflexion s’avance à mots feutrés, hésitant puis insistant
aussitôt acceptés ou rejetés dans leur association qui fait naître l’idée.
Vous savez ?
Il s’agit de cette image virtuelle en formation après laquelle on vole
d’interrogation en interrogation, de certitude en désillusion sur sa validité,
qui se compose et se décompose pour se recomposer à l’envie, comme si une idée
ne pouvait être qu’une création avant de naître en recréation suivant les filtres
de la conscience.
Cet état de fait est vivant.
Il vibre au chant des lettres qui animent les mots initiant un « abstrait » comme
une marée bruissante sur la grève d’un bord de « Mère », flux,étal, reflux, étal ;
comme un feu d’artifice dont les couleurs sillonnent dans tous les sens la toile
de mon ciel ; comme le murmure des murmures en froissement, en bruissement de
Nature sous la ramée du savoir et de la connaissance qui en émerge.

Ce qui existe dans ma tête existe ailleurs de par sa source, mais je n’ai pas de
nom pour cette dimension à moins d’imaginaire création… ou utopie.
Y aurait-il vanité de ma part à tenter de cerner à ma façon l’inexplicable
fourmillement d’un langage ? Non, ou bien je me sentirai lobotomiser dans ce que
j’appelle ma dernière liberté : Penser!
Je me heurte souvent au sens profond des mots. J’ai le choix, nous avons tous
le choix, d’utiliser ou non l’immense variété du vocabulaire de la vie (dans
laquelle j’associe la mort) que nous avons à notre disposition au fur et à mesure
de notre croissance, dans autant de langage que nous comprendrons nous-même, ou
qui nous permettrons de nous faire comprendre de l’autre, de cet interlocuteur qui
peut être humain, animal, végétal, minéral et extraterrestre pour ne fermer aucune
des portes constituant les univers des microcosmes ou les macrocosmes.

*(à suivre)

2006 10 7

Bereshit

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 12:57

Souffle créateur

Il y eut la Pangée…

Les aboiements des chiens dans la fuite s’estompent.
La nuit orphique s’abandonne en les couloirs.
La lune étoilée, isolée en grande pompe
Agenouille les draps sur le lits des espoirs.

Alors on a prié…

On prend pour le silence
Les mots qui se sont tus,
Temps mis en non-violence,
Jours d’obscurité nue.

Et l’on a médité…

Les métaphores fléchées en aurore de l’autre
Ont conscience de l’être qui a convaincu.
Les cris ont chu enfin et les regards se vautrent
Contact impersonnel, conscience d’avoir pu.

Conjugué…

Les pensées se libellent avec en signature
L’impression du vivant, la troisième personne
D’un singulier pluriel où en écho résonnent
La paix, l’amour, l’inné, la main de l’écriture.

Rencontré…

Lorsque les phrases du désert sonnent à l’huis
En visiteuse étrange des esprits à l’écoute
Elles révèlent à l’âme une pure escorte
Plus douce et subtile pour la fin de la route.

Il y eut l’involution…

Le symbole solaire s’est pâlement voilé
Pour ne pas éblouir la liberté du vent,
Son diamant d’un impur bonheur préoccupé
A fait croître l’enfant en une cangue d’an.

Rongé d’évolution…

Les archétypes fondent et donnent aux langages
Une pâte à lever qui sans Ego traduit
Donnera ce bon pain dont mie et croûte enfuies
Délayera la bouche et l’oreille sur le Soi sage.

Gâtée de science…fiction…

Tous psychanalysés, les temps de la Psychée
Font naître au maintenant un présent à venir
Ce début de conscience enfin introspectée
Qui d’amour greffera l’entier des souvenirs.

Pour quelle révolution…

Les révoltes sauvages envahissent l’oubli
Inquisitions, shoah, tyran, racisme, guerres,
Grand nettoyage ethnique, esclavagisme enfin,
Déraisons des Etats, génocides d’enfer.

Et quelle absolution…

Toute tuerie de Peuple aura blanchi les os.
La matière et le temps, les esprits apaisés
Auront soigné les morts…vivants respectés,
Infini le pardon deviendra sacerdoce.

Voici qu’une heure sonne…

La bête est repue, disparues les peurs, les haines
Atomisées par les vibrations, esprit d’Or…
Exit les gémonies des silences d’alors!
L’homme bon a le mal mourant,
L’être mauvais a le bien renaissant,
Le funèbre n’a de glas que l’éclat de son rire…
Un moteur de moto vrombit
Le réveil est brutal.
Ah! L’utopie!
N’y a-t-il que du regret
Dans la vibration de ce mot?
Les larmes ont toutes la vie.
Le monde est sec.
Tout va …
Se transformer
En vérité divine.

Que l’homme se réveille!

*

ésotcelt

ganeshabreizh

Souffle créateur

2006 10 4

A propos des Mots et du Langage – [Lama Anagarika Govinda pour La Magie du mot et la puissance de la langue]

Classé sous — ganeshabreizh @ 4:23

La magie du mot et la puissance de la langue.


Par Lama Anagarika Govinda

Extrait du livre : les fondements de la mystique tibétaine

Edité chez Albin Michel dans la collection Spiritualités vivantes

N° 21

ISBN 2-226-00260-x


Tout le visible tient à l’ invisible

                                    L’ audible à l’inaudible

                                    Le tangible à l’ intangible.

                                    Et peut-être le pensable à l’ impensable

                                                                               (NOVALIS)

Les mots sont la marque de l’ esprit, les points finaux ou plus exactement les étapes de séries indéfinies d’ expériences qui, sortant du plus inimaginable passé, parviennent au présent et constituent de leur côté les points de départs de nouvelles séries indéfinies qui touchent à un futur tout aussi peu imaginable . Ils sont cet « audible qui tient à l’inaudible », le  »pensé » et le « pensable » qui émergent de l’Impensable .

   L’ essence du mot ne s’ épuise donc ni dans son utilité en tant que transmetteur du sens ou de l’ idée, ni dans sa signification présente ; il possède en même temps des propriétés qui dépassent le représentable, tout comme la mélodie d’ un chant, bien que lié à un contenu concevable, ne s’ identifie pas à celui-ci et ne peut être remplacé par lui . Et c’ est précisément cette propriété irrationnelle qui émeut notre sentiment profond, exalte notre être le plus intime et le fait vibrer avec les autres .

   L’ enchantement qu’ exerce sur nous la poésie repose sur ce facteur irrationnel, associé au rythme qui coule d’ une pareille source . Telle est la raison pour laquelle la magie poétique est plus puissante que le contenu objectif de ses paroles, plus puissante que 

l’ entendement avec toute sa logique, à la toute-puissance de laquelle nous croyons si fermement .

   Le succès des grands orateurs ne dépend pas seulement de ce qu’ ils disent, ais plutôt de la manière dont ils le disent . Si les humains pouvaient être convaincus par la logique et la démonstration scientifique, voilà bien longtemps que les philosophes auraient converti à leurs doctrines la plus grande partie de l’ Humanité ! Et, d’autre part, les Ecritures sacrées des religions universelles n’auraient jamais exercé une si énorme influence, car ce qu’elles communiquaient sous forme de pensées pure est faible, comparé aux créations des grands savants et des grands philosophes . Nous pouvons donc dire à bon droit que la puissance de  ces saintes Ecritures repose sur la magie du mot , c’est-à-dire sur la force occulte que connaissaient les Sages d’ antan, car ils se ttrouvaient tout près des source de la parole .

   La naissance du langage fut aussi celle de l’humanité . Chaque mot était l’équivalent phonétique d’une expérience, d’ uj événement, d’ un stimulus intérieur ou extérieur . Un puissant effort, un exploit créateur était inclus dans cette formation de sons qui a du

s’ étendre sur de longues périodes et grâce à laquelle l’homme est parvenu à s’élever

au-desus de la bête .

   Si l’Art peut être tenu pour la création nouvelle et l’ aspect plastique de la Réalité par le moyen de l’ expériene humaine, de même pouvons-nous considérer la création de la parole comme le plus haut exploit artistique de l’ humanité . Chaque mot, à l’ origine était un foyer

d’ énergies dans lesquelles la transmutation de la réalité en modulations de la voix humaine, expression vivante de l’ âme, se produisait . Par cette création verbale, l’homme prit possession de l’ univers . Plus encore : il découvrit une nouvelle dimension , un monde à     l’ intérieur de lui-même par lequel s’ ouvrit à lui la perspective d’une plus haute forme de

vie, dépassant l’ état présent de l’ humanité autant que la conscience de l’ homme civilisé dépasse l’ animal .

   Le pressentiment  – la certitude même – d’ états d’ être aussi élevé est lié à certaines expériences d’ une nature à ce point fondamentale qu’ elle ne peuvent ni s’ expliquer ni se décrire . Elles sont tellement subtiles qu’ on ne saurait les comparer à rien à quoi pourrait s’attacher un pensée ou une représentation . Et pourtant ces expériences sont plus réelles que n’ importe quoi pouvant être par nous vu, pensé, touché, senti, goûté ou entendu, et cela parce qu’ elles sont remplies de ce qui précède et embrasse toutes les sensations particulières, de sorte qu’ elles ne peuvent s’ identifier avec aucune de celles-ci . C’ est pourquoi, seuls des symboles peuvent suggérer le sens de ces expériences . Et ces symboles ne sont pas des inventions arbitraires, mais bien des formes spontanées d’ expression surgiesdes plus profondes régions de l’ esprit humain .

   Ils sortent du voyant sous forme de vision et du chanteur sous forme de son et se présentent directement dans l’ enchantement de la vision et du son . Leur présence essentielle constitue le tout dela puissance sacerdotale du poète-voyant (kavi) . Ce que proclame sa bouche n’est pas dans les mots communs, (shabda) les sons dont ce composent le discours ; c’est « mantra »  : contrainte en vue de créer l’image mentale, contrainte exercée sur ce qui est , pour qu’il soit tel qu’ il es dans son Être essentiel . C’ est

aussi expérience. C’ est immédiate et réciproque pénétration du connaissant et du connu .

Tout comme dans la première parole existait la force évocatrice avec laquelle l’ immédiat fondit sur le poète-voyant sous la forme de la parole et de la vision, force avec laquelle le poète maitrisa l’immédiat par mots et par images, ainsi et pour tous les temps, celui qui sait utiliser les paroles-mantras possédera la puissance de conjuration, le moyen magique d’agir

sur la réalité immédiate-révélation des Dieux, jeux des forces.

   « Dans le mot « mantra » se trouve la racine « man », penser (du grec « menos », lat. « mens ») unie à l’ élément « tra » qui forme des mots outils . Ainsi, pour « mantra » : outil à penser, chose menant à une image mentale . Par sa résonance, il appelle son contenu à 

l’ immédiate réalisation . Le « mantra » est puissance et nom simple opinion que l’esprit peut contredire ou éluder . Ce qu’ énonce le « mantra » est ainsi , est là, se produit . Ici ou nulle part, les paroles sont des actes dont la réalisation est immédiates » . -[Heinrich Zimmer, "l'Inde éternelle"]

   Ainsi, le mot était, à l’heure de sa naissance un centre de force et de réalité ; seule l’ habitude en a fait un simple moyen d’expression conventionnel et stéréotypé . Le mot-mantra a , jusqu’à un certain point, échappé à ce sort parce qu’il n’avait aucune signification concrète et que par conséquent, il ne se prêtait pas à des buts utilitaires .

   Cependant, bien que les mots-mantras aient continué à vivre, leur tradition s’est presqu’ éteinte et rare, de nos jours, sont ceux qui ont encore conscience de la vraie nature des mots mantriques et qui savent s’ en servir . L’ humanité moderne n’ est même pas capable de se représenter combien la magie du mot et de la parole a été vécue dans les civilisations antiques et quelle puissante influence elle a exercé sur la vie dans son ensemble, surtout sur le plan religieux .

   Dans l’ ère de la Radio et des journaux où les mots, parlés ou écrits, se projettent par millions et sans choix dans le monde entier, la valeur du vocable est si bas descendue qu’ il est difficile de donner à l’ homme d’ aujourd’ hui une idée -même lointaine- de l’attitude respectueuse que l’homme des temps plus spiritualisés et les civilisations religieuses observaient à l’égard du mot, porteur de la tradition sacrée et incarnation de l’ esprit . 

   Les derniers vestiges de telles civilisations résonnent encore dans les pays d’ Orient . Mais un seul pays a réussi à maintenir vivantes jusqu’ à ce jour les traditions mantriques ; c’ est le Tibet .I ci ce n’ est pas seulement le mot qui est un symbole sacré, mais aussi chaque lettre de l’ alphabet, chaque son . Même servant à des fins profanes, ses origines ni sa valeur ne sont jamais oubliées ou négligées complètement . Le mot écrit est toujours traité avec respect ; il n’ est jamais jeté distraitement en des endroits où il pourrait être piétiné par les hommes ou patr les animaux . Et quand il s’ agit de paroles ou d’écrits  de nature religieuse, le moindre de leurs fragments est traité comme une précieuse relique et non pasdétruit arbitrairement, même devenu sans objet . Il est déposé dans des sanctuaires ou des coffrets, ou bien en des grottes, en vue de sa dissolution naturelle .

   Cela peut, à qui l’ observe de l’ extérieur, paraître une superstition primitive, s’il considère

de tels procédés en les isolant de leurs rapports avec leurs arrière-plans métaphysiques, car

ce qui est ici en cause ce n’est pas le morceau de papier et les signes qu’il porte, mais l’attitude de l’ esprit qui s’exprime dans chacun de ces procédés et qui a son fondement dans l’évocation d’ une haute réalité toujours présente qui agit en nous efficacement , suscitée par tout contact avec ses symboles .

   Le symbole n’ est ainsi jamais retiré des profondeurs pour être ravalé au niveau d’ une simple moyen d’ usage quotidien ou d’une simple « édification dominicale » ; c’est quelque chose de vivant et d’actuel, auquel est soumis ce qui es profane, matériel et utilitaire . Oui,

ce que nous appeleons « profane » et « matériel » est, par cette attitude dépuillé de ces caractères et devient l’ expression d’ une réalité cachée derrière les apparences et qui, seule, confère un sens à notre vie et à notre action, incorporant la moindre et la moins apparente des choses dans la vaste corrélation de tout ce qui advient et de tout ce qui existe .

    » Dans le moindre tu trouveras un Maître que tu ne pourras, du plus profond de toi-même,

jamis assez servir  » (RILKE) . Si cette attitude spirituelle s’interrompait en quelque point, elle perdrait son unité et, de ce fait, sa consistance et ses forces .

   Le voyant , le poète, le chanteur, le créateur spirituel, l’ âme sensible, le saint, tous connaissent l’essence de la forme dans le mot et dans le son, dans le visible et le tangible .

Ils ne trahissent pas ce qui est petit, car ils savent y discerner ce qui est grand  . Sur leurs lèvres le m ot devient mantra, les sons et les signes dont il est formé deviennent porteurs de

forces mystérieuses ; à leurs yeux le visible devient symbole, l’objet devient instrument créateur de l’esprit et la vie un fleuve profond, coulant d’ une éternité à l’ autre :  » Tout est sceau ; tout est miroir ; tout, pourtant, est voilé au regard brouillé « , comme dit si admirablement  Melchior Lechter.

   Il est bon de nous rappeler de temps à autre que cette attitude  de l’ Orient avait aussi droit de cité en Europe et que jusqu’ à ces temps-ci, la tradition du mot intérieur e de l’ efficacité du symbole avait ses hérauts . Je me borne  à rappeler le concept mantrique du

 » mot  » de Rainer Maria Rilke, qui a saisi l’ essence de la mantrique dans ses plus grandes

profondeurs .

   Au lieu où, lentement, hors du bien-oublié

   Ce qui fut éprouvé remonte jusqu’ à nou,

   Maitrisé, doux, hors de toute limite,

   Et vécu dans l’impondérable

   Là commence le Mot, tel que nous l’ entendons ;

   Sa valeur, pourtant, nous dépasse,

   Car l’ Esptrit qui nou veut seuls

   Veut aussi être sûr de tous nous réunir .

(C’était le Chapitre 1 du livre ,pages 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21)

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