Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2009 09 25

Le silence III —Des poèmes sans mots dont le nom est Silence.

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 23:31

Des poèmes sans mot dont le mot est silence

 

 

 

Des poèmes sans mots dont le nom est  Silence.

 

 

J’ai écrit des poèmes sans mots… si vrais,

Des poèmes secrets, des  poèmes d’enfant,

Comme un conteur confiant du  destin qui se livre

Aux nues illuminées par l’arc-en-ciel du monde.

J’ai écrit des poèmes sans mots… si frais,

Dont les vers de silence ont ciselé  nos cœurs…

Ces battements muets disaient cette chamade

Qui étreignait nos souffles alors qu’ils se joignaient,

Ils mourraient l’un à l’autre pour naître plus fort.

 

Il ya l’unisson qui chante nos frissons de chair

Au moment du regard pensé sur le regard de l’autre,

Il y a cette étreinte enceinte de nos mains conjointes

A l’instant révélé du chant secret porté haut

Par nos âmes qui s’aiment, nos auras qui se fondent.

 

Je les relis maintenant que les jours et les nuits

De notre année première s’estompent dans le ciel.

Je nous repeins sans cesse aux rizières quotidiennes

Qui laissent échapper tant de caresses uniques

Répandant tout un baume sur tes douleurs de corps.

 

Je pense  à la grâce divine qui fit se joindre

Nos chemins d’infortune en bout de vie de plus,

Pour l’évolution commune en un halo de paix,

Pour panser nos blessures, nos « fur-et -à –mesure ».

Le jardin de la Vie se nourrit d’eau de vie.

Ce sont un peu les larmes et les sueurs du cœur

Qui font grandir l’osmose et croître en compassion ;

A bas les coups de nerf et les poings qui se serrent,

Juste place au sourire et à la main tendue.

 

C’est tout ce partage que l’on vit en Silence,

Le geste se mesure au rythme de l’amour.

J’écris des poèmes de toi, de moi, de nous,

Des poèmes sans mots dont le nom est Silence.

 

 

eso

2008 05 1

Né ici quelque part ou ailleurs !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 2:58

Né ici quelque part ou ailleurs ! 

Quelque part, le poète est…

Aussi un lecteur de…

Mots, un dégustateur souffrant et s’apaisant du …

Verbe, hédoniste particulier de sa muse en…

Bride abattue chevauchant la caractéristique ému en …

Croupe nue de la page blanche qui caracole en abstruses

Connotations absconses, échange de poils qu’il voudrait brosser

Alors que le vent, des consciences interrogées,

Où intelligemment mises à nue sous le boisseau

S’étreignent dans le rire des rimes et des vers qui les chatouillent.

 

 

 

 

Quelque part, disais-je, le poète…

Se révèle mutin, enjôleur de brouillon.

Il se répand un peu, ce tantinet soumis à la seconde mouche

Qui vole au secours de l’abeille qui passe alors que le bourdon

Picore le miel des oiseaux  fous d’amour qui butinent la terre.

Il rencontre le vers de terre qui s’ « alombrique » de mottes d’herbes en mottes d’ailes.

Naît  la libre folie qui traduit tous les rêves nourris de graines d’enfance et de labours, de connaissances.

Il fait jour et nuit pour ce poète ému, cet humain cultivateur avant tout tant

Il fait gerber de sons pour le blé qu’il sème en son aube vierge;

Son nocturne naissant, les âges de sa vie viennent y réfléchir leurs brides et leur libres sueurs froides.

 

 

La poétesse en homonyme masculine de sa féminité innée

Porte le regard de plume nourrie de ce compréhensif

Qui s’est alimenté des « interpellatifs » cheveux balayant  les …

Doutes issus des luttes ancrées des non sus et des oblitérés reflets

De tous ses interrogatifs culturels assénés  aux noms des préjugés ancrés.

Ainsi naît son pouvoir de dépasser tous les discriminés, les rassembler;

De les  entourer; de leur révéler tous les pouvoirs de l’être

Pour exister, et transmettre les valeurs acquises au nom de la souffrance.

Sa lecture naît de ses degrés d’apprendre ; elle conçoit le dire et le taire.

Le dire encore et le taire un peu plus créent les degrés du savoir respecter.

 

 

 

 

Pour le passager du verbe, le quêteur du simple vers et du complexe nu,

Le transcrit révélant est reflet inné du vibré délivré par l’enfant lorsqu’il s’ouvre.

Les yeux, les oreilles, les sens donnent au regard qu’ils  croisent

Comme au magnétisme animal et humain, ce chant de la nature est pur, et si pur.

L’art du transcrire est de livrer le brut en fi des fioritures,

Décoffrage de tous ces vagues à l’âme, complétude des silences,

Ni conçus, ni préconçus, juste sage phagocytant le nécrophage individu de vie.

Il se nourrit des paupières engoncées d’encre au goût d’algues,

Leurs suints de rencontres s’écoulent en matricielles cultures ou religions ;

Il reste au passager à vivre l’écoute, le respect, le partage de tout ce qui commence par des phéromones, au nom de tous lss non, au non de tous les oui : ces pourquoi ne serait-ce pas !

 

 

 

 

Les sucs du passé des corps et des esprits, des cœurs et des âmes

Sont inscrits dans tous les sens du poète lecteur et du lecteur poète

Du poète aussi bien poétesse que cette poétesse est poète.

Inscrit dans la moelle de tout ce qui vit et se nourrit de mort,

Dans tout ce qui meurt et se nourrit de vie demeure cet « A » de haine

Et qui veut dire Amour et ce « H » aspiré qui un peu inspiré

Habille la Nature de  » l’Hêtre », cet Arbre se nourrissant

D’un cosmos vivant, régénérescence et perpétuelle évolution.

Le poète est l’écrivain juxtaposé à l’Âme du Monde,

C’est par  son branchement vital de vivre et de mourir qu’il s’exprime, continue de mourir et de vivre les toujours fantasmés!

 

 

 

 

 

 

Il met les doigts « tentaculés » de lettres et d’empreintes « poétales »

Dans la prise de l’instant où s’exprime ce courant germé

De tous les continus et les alternatives attitudes bercées de tous les riens et les néants.

Il aime ce papier carbone qui réfléchit son monde.

Poète où poétesse, les deux, les trois ou les quatre à la fois,

Androgyne de la création pure générant cette émotion ultime, qui se cache et s’exprime…

Poésie d’équilibre en instance d’éternel don, et d’entière recherche,

Je te dis aujourd’hui tes quatre vérités alors que la nuit fuit.

 

 

 

 

 

De l’émettre et du lire, du certain au sourire maquillé de grammaire et du mot liberté, 

Le balancier fluctue,  notions d’exacerber, et se berce ingénu de ce qu’il lâche aux lions,
 De l’observé au  percevoir jusque dans son inverse animal et humain !

Ne serait-ce que la goutte immatérielle glu de l’espace d’un temps

Nourrissant, biens qu’illusoire et transfert de pouvoir

Le partage d’un homme ou celui d’une femme, c’est l’enfant qui respire.

La communion nourrit la source de l’un la fuite de l’autre, ou tend son équilibre,

Issu d’un cru, d’un entendu, d’un attendu, d’un nu, de tous ses « in situ » qui ne situe personne.

 

 

yannesoganesh

[Ce poème est dédié à tous les auteurs qui figurent aujourd'hui sur ma liste d' Auteurs préférés du Site Nouvelle-Poésie et que vous pouvez consulter sur mon profil, et plus particulièrement à Ice-Raphaël - Sahel - Joséphine, sans qui je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.] – [Mention spéciale à tous les auteurs des poèmes "coupsdecoeur" que j'ai répertoriés au fur et à mesure de mes lectures _Mais j'ai en ai encore tant à faire, lire et dire pour tous vous connaître_ Mentions plus que spéciales à Khadija, Runiques et AlteregO  et Legrand pour leurs dimensions respectives.] y a trop d’absent qui brillent par la rareté de leur apparition et de leur expression, il tiennent néanmoins une place à part entière dans mon coeur)

2007 10 5

Par des Mots d’errance » aux Editions Chloé Des Lys par Delphine Bouneb plus connue sous le nom de Sahel – Photopoème : Les Damnées – Composé par Sahel

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 10:05

Sahel - Delphine BounebSahel desertSahel - Delphine Bouneb

*

Les damnées par Sahel

Pour vous permettre de découvrir d’autres textes de Sahel, voici deux liens qui vous y conduiront  

[Une fois sur le site  mentionnez le nom :  Sahel  -  (dans la cadre Rechercher du site , colonne de droite.)]

http://nouvelle-poesie.com/

et

(et dans le cadre Rechercher de la colonne de gauche du forum.)

http://auxmotspassant.boardsmessage.com/ 

*

 

Quelques mots à propos de Sahel  Quelques mots à propos de Sahel,

  Influence : Des Artistes De La Toile, Miossec, Musset ·                               ·                             

 Présentation : Jeune Saint-Priote, par rencontre de coeur, de tout juste 20 ans, cette ville m’a permis de m’épanouir et de vaincre ma grande timidité que les mots oseront plus avouer que la voix. Cela pourrait expliquer une première apparence hermétique de mes textes, mais j’avoue que quelque part, j’ai espoir que le lecteur, seul souverain, y trouvera ce qu’il ne cherchait pas plus que ce que je n’y mettrai.Il me demeure en vérité que le vers, par subtile caprice, parle à celui qui le suit, d’un chemin inconnu même de l’auteur..En Mars 2007, à la naissance de mon fils, « Par des Mots d’errance » mon tout premier recueil est édité aux Editions Chloé Des Lys. 

*

Pour découvrir le livre, je préfèrerai modestement citer le mail
d’encouragement qu’elle a pu recevoir de l’un de ses premiers lecteurs : « 

« … j’ai adoré …mais je n’ai pas tout compris » !

*

Un univers où, plonger dans l’obscurité une étincelle, racontera toujours au

lecteur, bien plus que n’y mettra même le plus grand des auteurs. Il
appartiendra à vous de le découvrir .

Il me demeure en vérité que le vers, par subtile caprice, parle à celui qui
le suit, d’un chemin inconnu même de l’auteur.

    A l’exemple de « Réminiscences », j’ai emprunté à l’obscurité plus qu’au
pessimisme, le ton d’une
confidence en tentant l’esquisse d’un tableau à la manière d’un peintre
déchiré par les couleurs de
notre époque où chaque jour se déverse dans la torpeur générale la
vulgarisation des larmes des
victimes et les silences assourdissants des innocents.

J’ai posé en ce recueil, en modeste pinceaux de vers, plus qu’une
interrogation et plus que nos énièmes dénonciations, l’appel en chacun de ne

pas
oublier que nul ne peut éteindre la dernière étincelle, celle qui scintille
tant que tout n’est plus
qu’obscurité. Aussi, inspirée des mots du Poète espagnol, Gerardo Diego,
« créer ce que jamais nous ne verrons, c’est cela la ¨Poésie », j’ai voulu
isoler un vers au sein de chaque poème entre humeurs torrentielles et
horizons affamés, pour le murmure d’un espoir.

« Par des mots d’errance » est un tout premier recueil de 23 Poèmes. Mon
objectif ? Faire découvrir aux lecteurs que même les plus jeunes d’entre
nous ont des choses à dire, quel qu’en soit la forme, quel qu’en soit le
poids. Comment peuvent-ils dire que tous écrivent et peu lisent?  Sans
prétention, par ce livre et ce pas vers

le lecteur, je n’ai qu’une demande à celui-ci, qui parcourt ses mots, s’il
vous plait, sortez et
recherchez un jeune auteur inconnu, au premier livre, le premier que vous
trouverez.
Montrez-lui, qu’ici ses vers bien que non issus d’un nom célèbre, n’ont pas
été vains.

    Alors, et seulement, si des jeunes auteurs ne sont pas oubliés, je me
dirai que j’aurai su vous
parler de ce qu’est ma plume. C’est cela pour moi, « Par des Mots d’errance ».

Delphine BOUNEB
 

*

 

Couverture du Recueil de Poésies écrites par Delphine Bouneb : Par des Mots d'errance.

Par des Mots d’errance » aux Editions Chloé Des Lys.

En Mars 2007 est sort imon tout premier recueil de Poésie,

23 textes inédits aux éditions Chloé Des Lys,

par BOUNEB Delphine alias Sahel sur la toile.

 Pour l’obtenir, envoyez un mail à : chloe.deslys@scarlet.be M

Merci à tous Mes amitiés, Sahel.

*

Voici quelques liens pour en savoir plus sur cette poétesse :

http://chloedeslysblog.canalblog.com/archives/2007/04/24/4724996.html

http://text.sfrjeunestalents.fr/artiste/Sahel/

http://www.litterature.tv/article.php3?id_article=375&titre=Par-des-mots-d-errance

*

Sahel desert

2007 09 13

De Cœur-Âme à Cœur-Âme ou Dialogue entre le Soi et l’Ego (A l’écho du poème de Cinderell’ « Au bout du chemin… »)

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 17:11

La lumière brille pour toi

Si vous souhaitez lire son poème  « Au bout du chemin » voici le lien:

http://auxmotspassant.boardsmessage.com/Poemes-f1/Au-bout-du-chemin-t428.htm

*

 

Alors que je lisais, je me suis arrêté, avec une voix intérieure ressentie, comme interpellé du coin de l’antérieur.
L’émotion vécue en participation est si forte !
Si l’on prend la mesure  des ces pas lents, que toi Poétesse tu nous fais  accomplir sur une trace pénétrante, dans les vers ainsi conçus qu’ils accompagnent notre « résonnance » en s’attendant l’un l’autre.
Alors, je recommence pour trouver la vibration qui me permet de suivre et de communier à cette écharpe de rosée vivante et consciente, et profonde.
J’aurai voulu m’arrêter là … sur le dernier vers « Unis à jamais pour la plus longue nuit… »  et ses points de suspension  qui laissent à l’esprit la main qui se tend pour qu’on la prenne avant que de trébucher sur un point dit final.
Alors je recommence, pour chercher les « respirations » dans les soupirs induits, que j’ai du dépasser pour calmer le partage, ou pour le densifier.
Poésie vraiment si pure et si humaine qu’elle initia en moi les mots qui suivent et que je t’offre :

 

Dialogue entre le Soi…et l’Ego

 

 

Le temps, notre vie ; l’espace, notre dimension ;
L’oubli en fruit de la mémoire occulte
Voient le sommeil acquis sans assoupissement.

Le balancier des consciences rythme tous nos silences,
Egrenant la vieillesse dans sa fraîcheur crispante,
Au cœur de l’Âme oméga se dessine.

Juste éclair des instants des années disparues avant que d’exister et n’étant pas encore,
Le geste de tendresse intime enclôt notre regard
Après que son soutien nous ait pris sous son aile.

« Être-non-Être » tu dois percevoir ce vivant,
Les signes précurseurs du passage ;
Ils valent pour les Deux un parallèle instant.

Les esprits suivent un chemin, les corps se transforment.
Voilà l’évolution ! Des doutes ressentis
La peine vaut son poids à l’écho de l’espoir.

Toute ride s’efface de la marée humaine
Alors qu’ « Amour-Confiant » nous livre à l’océan divin.
Nous pourrons cependant ployer pour ceux qui restent.

Un temps, juste un temps, nous ne sommes jamais seuls. 

yann(esoganesh)

2006 12 17

Victor Hugo – 2 poésies extraites de : Les Contemplations – Livre Troisième «Les luttes et les rêves »

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 16:16

 

Victor Hugo

 

Victor Hugo – 2 poésies extraites de : Les Contemplations – Livre Troisième «Les luttes et les rêves »

 

 

XI

 

?

 

 

Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément,

Où les vivats pensifs travaillent tristement ,

Et qui donne à regret à cette race humaine

Un peu de pain pour tant de labeur et de peine ;

Des hommes durs, éclos sur ces sillons ingrats ;

Des cités d’où s’en vont en se tordant les bras,

La charité, la paix, la foi, sœurs vénérables ;

L’orgueil chez les puissants et chez les misérables ;

La haine au cœur de tous ; la mort, spectre sans yeux,

Frappant sur les meilleurs des coups mystérieux ;

Deux vierges, la justice et la pudeur, vendues ;

Toutes les passions engendrent tous les maux ;

Des forêts abritant des loups sous leurs rameaux ;

Là le désert torride, ici les froids polaires ;

Des océans émus de subites colères,

Pleins de mâts frissonnants qui sombrent dans la nuit ;

Des continents couverts de fumées et de bruit,

Où deux torches aux mains, rugit la guerre infâme,

Où toujours quelque part fume une ville en flamme,

Où se heurtent sanglants les peuples furieux ; -

 

Et que tout cela fasse un astre dans les cieux !

 

 

Octobre 1840

 

 

 

XII

 

Explication

 

La terre est au soleil ce que l’homme est à l’ange.

L’un est fait de splendeur ; l’autre est pétri de fange.

Tout étoile est soleil ; tout astre est paradis.

Autour des globes purs sont les mondes maudits ;

Et dans l’ombre, où l’esprit voit mieux que la lunette,

Le soleil paradis traîne l’enfer planète.

L’ange habitant de l’astre est faillible ; et, séduit,

Il peut devenir l’homme habitant de la nuit.

Voilà ce que le vent m’a dit sur la montagne.

 

Tout globe obscur gémit ; toute terre est un bagne

Où la vie en pleurant, jusqu’au jour du réveil,

Vint écrouer l’esprit qui tombe du soleil.

Plus le globe est lointain, plus le bagne est terrible.

La mort est là, vannant les âmes dans un crible,

Qui juge, et, de la vie invisible témoin,

Rapporte l’ange à l’astre ou le jette plus loin.

 

O globe sans rayons et presque sans aurores !

Enorme Jupiter fouettés de météores,

Mars qui semble de loin la bouche d’un volcan,

O nocturne Uranus, ô Saturne au carcan !

Châtiments inconnus ! rédemptions ! mystères !

Deuils ! ô lunes encore plus mortes que les terres !

Ils souffrent ; ils sont noirs ; et qui sait ce qu’ils font ?

L’ombre entend par moments leur cri rauque et profond,

Comme on entend , le soir, la plainte des cigales.

Mondes spectres, tirant des chaînes inégales,

Ils vont, blêmes, pareil au rêve qui s’enfuit.

Rougis confusément d’un reflet de la nuit,

Implorant un messie, espérant des apôtres,

Seuls, séparés, les uns en arrière des autres,

Tristes, échevelés par des souffles hagards,

Jetant à la clarté de farouche regard,

Ceux-ci, vagues, roulant dans les profondeurs mornes,

Ceux-là, presque engloutis dans l’infini sans bornes,

Ténébreux, frissonnants, froids, glacés, pluvieux,

Autour du paradis ils tournent envieux ;

Et, du soleil, parmi les brumes et les ombres

On voit passer au loin toutes ces faces sombres.

 

Novembre 1840

 

 

 

Textes extraits du Livre Les Contemplations – Victor Hugo

Préface de Léon-Paul Fargue

Edité chez Gallimard – NRF – collection Poésie

Livre Troisième : Les luttes et les rêves – Pp 147,148,149

 

 

 

INTRODUCTION à l’œuvre,

 

« Les Contemplations seront ma grande pyramide », annonçait Hugo à son éditeur. De fait, cette œuvre est, par excellence, la somme poétique de Hugo. Du même coup, elle se présente comme la somme du romantisme, l’achèvement et le couronnement d’un demi-siècle de poésie. Et l’on serait tenté, paraphrasant une formule célèbre, de dire qu’en 1856, avec « les Contemplations », c’est un monde poétique qui meurt et qu’en 1857, avec « Les Fleurs du Mal , c’est un monde poétique qui naît. Or il es bien vrai que « Les Contemplations » sont un coucher de soleil – du soleil flamboyant du lyrisme romantique inauguré par Lamartine ; mais il est encore plus vrai qu’avec elles se lève aussi l’étoile de l’aventure poétique du XX° siècle.

Nous nous efforcerons de le montrer ; auparavant, il faudra retracer, dans ces cheminements multiples, la lente genèse du recueil ; cette fois encore, « Les Contemplations » apparaîtront comme le terme et le couronnement d’une carrière ; en fait, ce couronnement, cet achèvement ont exigé la rupture.

 

L’histoire , que nous allons retracer à très grand traits, ne prendra son sens qu’avec l ‘analyse qui suggérera que la poésie des « Contemplations », tout en continuant, d’un côté, le lyrisme des recueils antécédents, rompt avec lui, d’un autre côté, amorçant, au-delà d’une poésie des harmonies, la poésie de la mort, de l’intime et essentielle fracture.*

 

Victor Hugo par Rodin

*

Romancier, dramaturge, poète, homme politique, dessinateur.

Victor Marie Hugo naquit à Besançon le 26 février 1802, il décéda à Paris le 22 mai 1885 à l’âge de 83 ans.

Sa mère s’appelait Sophie Trébuchet (1772-1821)

Son père était général d’empire Comte Joseph Sigisbert Hugo (Nancy 1773-Paris1828) , il était également écrivain.

La famille Hugo comptait aussi deux frères plus âgés : Abel Joseph Hugo (Paris1788-Paris1855) écrivain aussi, Sa connaissance de l’espagnol ne fut pas étrangère à l’inspiration poétique de Victor. Et Eugène Hugo, poète, (Nancy 1800 – Charenton 1837) une passion malheureuse pour la fiancé de son frère Victor l’éprouva beaucoup, il perdit la raison.

Joseph et Sophie se séparèrent et vers 1813 Sophie s’installa à Paris entretenant une liaison avec le général d’empire Victor Fanneau de la Horie qui devint ainsi le parrain et précepteur de Victor, favorisant par son éducation toutes sortes de lectures.

Lorrain du côté de son père et Vendéen du côté de sa mère , non baptisé et élevé sans religion, il a deviné de bonne heure la mésentente de ses parents.

Il es pauvre ; il se sent doué littérairement ; il veut réussir, âgé de 14 ans à peine, en juillet 1816, note sur un journal : « je veux être Chateaubriand ou rien » (Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, Adèle Hugo, 1863. La phrase aurait été notée dans un cahier d’écolier. Il aurait écrit ces mots à la suite d’un concours de poésie perdu – le jury ne pouvant croire qu’un individu si jeune ait réalisé un tel poème) .Dès 1817, il essaie de se faire connaître, et il obtient une mention de l’Académie pour une pièce de vers qu’il a envoyée au concours ; en mai 1819, le « lys d’or » lui est décerné, récompense la plus haute des jeux Floraux de Toulouse. A vingt en (juin 1822), il publie son premier ouvrage, « Odes et Poésies diverses ». L’ouvrage a paru en juin, et le jeune homme se marie en octobre avec Adèle Foucher, courageusement, car ils n’ont guère pour vivre, sa femme et lui, que la pension de mille francs allouée par Louis XVIII à l’auteur, très royaliste, des « Odes ».

Hugo va travailler, avec un acharnement sans pareil, à devenir illustre et riche. Il entasse les œuvres :

-Poèmes : Nouvelles Odes, 1824.

Ballades ajoutées aux Odes,1826.

-Romans : Han d’Islande, 1823. Bug-Jargal, 1826. Le Dernier Jour d’un Condamné, 1829

Charles X lui a donné en 1825, le ruban rouge de la Légion d’Honneur.

Mais il ne s’engage à fond dans le romantisme qu’une fois la partie gagnée.

Le drame de Cromwell (1827) et sa retentissante Préface, le recueil lyriques des « Orientales » (1829), marquent sa nouvelle orientation : Il suit le vent, cesse de se dire catholique et se fait libéral, comme la jeunesse intellectuelle dont l’engouement assure sa gloire. Il change aussi dans son âme et presque à son insu, renonçant à d’anciennes candeurs ; l’éloignement physique de sa femme, pou lui, dès la fin de 1830, le conduit à se lier, en février 1833, avec Juliette Drouet qu’il ne quittera plus (elle mourra en 1883).

Après 1830 ——- Cette année-là, son aîné et rival, Lamartine, est reçu à l’Académie ——- , il met tout son effort à prouver que, des deux, c’est lui le vrai poète lyrique de la France (« les Feuilles d’automnes, 1831 ; « les Chants du crépuscule », 1835 ; « les Voix intérieures », 1837 ; « les Rayons et les Ombres », 1840) ; ses pièces se succèdent au théâtre (Hernani, 1830 ; Marion de Lorme, 1831 ; « Le roi s’amuse », 1832 ; Lucrèce Borgia et Marie Tudor, 1833 ; Angelo, 1835 ; Ruy Blas, 1838, lui valent des sommes considérables.

Le succès de ses romans (Notre Dame de Paris, 1831 ; Claude Gueux, 1834) n’est pas moins vif.

Le 7 janvier 1841, il est académicien.

S ‘ouvre alors dans sa vie une période stagnante. Hugo est un homme arrivé. Il a vendu à une société constitué pour cela même l’ »exploitation » de ses œuvres complètes, et il vis maintenant à devenir un personnage dans l’Etat. Le jeune protestataire « antibourgeois » de 1828-1834 s’est beaucoup assagi ; il s’est rapproché de la Cour ; l’amitié que lui témoigne le duc et, plus encore, la duchesse d’Orléans est un gage précieux d’avancement.

Louis-Philippe le nomme pair de France au mois d’avril 1845. De son talent, Victor Hugo a fait jusqu’ici l’instrument de son ambition, se définissant lui-même comme un « écho sonore », beau mot souvent cité, mais qui est l’aveu d’une « insubstance » . Il s’installe, se carre et s ‘empâte. Il est un « assis » . Pendant dix ans –de quarante à cinquante ans- , il ne produit presque plus rien, sinon des lettres descriptives, qu’il réunit, en 1842, sous le titre « le Rhin », et son drame des « Burgraves » , en 1843. A quoi bon s’affirmer encore ? Il a réussi.

Le déchirement même qu’est pour lui la mort de sa fille aînée, Léopoldine, le 4 septembre 1843, à Villequier, ne l’arrache point à l’espèce d’enlisement qu’il subit dans la facilité et les honneurs. Pourtant une part de lui-même reste vivante ; il a commencé un grand livre qui doit s’appeler « les Misères » ; mais il ne lui tarde point de l’achever, car l’ouvrage peut déplaire en haut lieu, et Victor Hugo caresse le rêve , lorsque le roi disparaîtra , d’être quelque chose comme l’éminence grise de la régence.

Les événement de 1848-1851 sont pour lui une commotion. Il ne s’était point, jusqu’ici, passionné pour la politique ni pour les problèmes religieux. La révolution de février, l’insurrection de juin surtout lui donnent à réfléchir.

Député de la Constituante, puis à la législative, fondateur du journal « L’Evénement » (1er août 1848), il a pris son rôle au sérieux, et cette question de la misère, qui le tracassait mollement depuis quelques années, devient à ses yeux obsédantes, car il l’a vue, selon son expression même, « exploser » devant lui. Naïvement, Hugo croit pouvoir compter sur ses collègues conservateurs, qui forment la majorité de la Chambre, et qui se disent presque tous catholiques, pour une actions immédiate en faveur des classes asphyxiées ; et il découvre avec stupeur que, derrière M. de Falloux et M. de Montalembert , la droite –le parti de l’Ordre- n’a qu’un seul souci : L’établissement, au plus vite, d’un régime policier capable d’assurer aux riches le silence obéissant des pauvres qui les entretiennent . Hugo rompt avec le parti de l’Ordre à l’heure où toutes les chances sont pour une dictature, et il se fait républicain lorsque la république se fait écrasée. En même temps, l’idée de Dieu, qui demeurait en lui terne et vague, s’allume. Il se persuade que tous ces « catholiques » qu’il voit à l’œuvre , en politique, ne croient point eux-mêmes à la foi dont ils font parade. Mais Dieu existe cependant : le Christ est sur le monde comme « une immense aurore », et l’attentat du 2-Décembre, où se mêle le parjure et l’assassinat, constitue plus qu’une transgression de la loi morale : une agression contre Quelqu’un. Le profond souffle qui emplit les pages de « Napoléon-le-Petit (écrit en quelque semaine au printemps 1852) gonfle déjà toute l’œuvre future de cet homme, révélé pour ainsi dire à lui-même par une indignation pareille au brusque embrasement de la Charité.

Ayant payé de sa personne, et assumé les risques suprêmes dans la résistance au coup d’Etat, Hugo, le 9 janvier 1852, a été mis au nombre des proscrits. Il a conquis maintenant son identité. Et parce qu’il a désormais des choses à dire qui lui tiennent à cœur, parce que ses livres ne sont plus comme hier les jeux profitables d’un littérateur, mais des actes, un cri, une annonciation, ses pouvoirs d’écrivain eux-mêmes se métamorphosent . L’authenticité prend la place de la rhétorique, et le talent se mue en génie. La dissemblance est fondamentale entre les œuvres de Victor Hugo antérieures à 1852 et celles qui suivent cette date-là : avant, c’est le poète lauréat et le fabricant très doué ; après, il a acquis la maîtrise.

Hugo n’est plus alors dans le divertissement, mais dans le témoignage. « les Châtiments »,1853 ; « les Contemplations », (1856 ; là, des pièces plus anciennes parmi beaucoup d’autres récentes), la « Légende des siècles, 1859 ; les »Misérables », 1862 ; les « Travailleurs de la mer, 1866 ; « l’Homme qui rit », 1869, tout ce qui compte, véritablement, dans ce que nous a donné Hugo, et qui est, certes, d’un autre ordre que « Marie Tudor » ou « les Burgraves », tout cela date de l’exil. Et telle est la puissance de style dont il dispose à présent que, dans cette récréation même qu’il s’accorde avec ses « chansons des rues et des bois » (1865), il réussit une merveille. Louis Veuillot – Veuillot l’ennemi- saluait ce livre-là en l’appelant « le plus bel animal de la langue française ».

Hugo resta dans son exil, d’abord obligatoire, puis volontaire à partir d’août 1859, tant que Louis Bonaparte, devenu Napoléon III, régna sur la France. Il avait passé ces dix huit années presque entièrement à Jersey (jusqu ‘en octobre 1855), puis à Guernesay, à « Hauteville House ». Il revint à Paris lorsque la république y reparut, après le désastre où l’empire s’était englouti (5 septembre 1870). Hugo n’approuva point la Commune (« une bonne chose mal faite »), mais défendit les communards lorsque la vengeance du parti de l’Ordre s’abattit sur eux ; pour avoir offert à ces vaincus traqués un refuge dans sa maison de Bruxelles, il fut expulsé par le gouvernement belge. La presse conservatrice française poursuivait son nom d’une haine furieuse ; et déjà, avant le 18 mars 1871, élu député de Paris, il s’était fait exécrer de la droite par son opposition à la politique d’abandon national réclamée par une Chambre toute occupée de compression sociale et de restauration monarchique. Démissionnaire de son mandant de député, il sera élu sénateur de Paris en 1876. Bien au-delà de sa mort, Hugo sera détesté par toux ceux que gênait son option politique, et qui, incapables de faire croire qu’il n’avait aucun talent, se sont évertués du moins à redire qu’il n’était en somme, par l’esprit, qu’un « primaire

A la fin de juin1878 , Hugo eut une petite « attaque » qui le laissa diminué. Si il n’expira qu’en 1885, ses six dernières années furent presque stériles ; mais il avait écrit tant de choses de 1852 à 1878 , que des livres de lui pouvaient encore paraître tous les ans :

« l’Année terrible », 1872.

« Quatrevingt-Treize », 1874.

« Actes et Paroles », 1875-1876.

« L’Art d’être grand-père », la « seconde série » de la « Légende des siècles » et « Histoir d’un crime »,1877-1878.

« la Pitié suprême », 1879.

« Religion et religion et l’Ane »,1880.

« Les Quatre Vents de l’esprit », 1881.

« Torquemada », 1882.

La « troisième série » de la « Légende », 1883.

Sa tombe même semblait inépuisable, tant de grandes œuvres en sortaient toujours :

« Le Théâtre en liberté et la Fin de Satan »,1886.

« Choses vues et Tout la lyre », 1888.

« Dieu », 1891.

« Les Années funestes », 1898.

« La Dernière Gerbes », 1902.

Ses œuvres complètes, dans l’édition dite « de l’Imprimerie nationale », et comportant de nombreux « reliquats », fournirent encore, en 1942, tout un volume nouveau : « Océan, Tas de pierres, » et des textes complémentaires ont paru de 1951 à 1954 :

« Pierres, journal (1830-1848).

« Souvenirs personnels », 1848-1851.

« Carnets intimes »,1870-1871

On a monté en 1961 une de ses pièces inédites : « Mille francs de récompense ».

L’œuvre dessiné de Victor Hugo est dans la même ligne que sa vision de poète ; les deux se complètent et s’interpénètrent étroitement . Il a eu le pouvoir d’exprimer plastiquement les images suggérées par son imagination poétique.

Si des influences comme celles de Célestin Nanteuil, de Piranese ou des Goya le marquèrent, la fantasmagorie de ses lavis de sépia ou d’encre de Chine, avec quelques rehauts de couleurs, n’appartient qu’à son propre univers intérieur. Qu’il s’agisse d’un burg des bords du Rhin, d’un château médiéval surgit d’un clair-obscur romantique, ou de silhouettes décharnées d’arbres, sa maîtrise graphique est étonnante.

Il a pratiqué également la satire politique dans des dessins à la plume, non sans analogie de style avec certains caricaturistes anglais.(« le char de la Monarchie », au Musée Victor Hugo).

Il atteint à une ampleur tragique dans ces célèbres « pendus » , arrachés aux ténèbres par un rayon lunaire. La plus grande part des dessins de Victor Hugo est conservée au Musée Victor Hugo à Paris (Place des Vosges) et à Guernezey, ainsi qu’au Louvre.


 

Hugo avait connu dans sa vie intime de lourds chagrins. Des cinq enfants nés sous son toit, il en a vu quatre mourir : Léopold en 1823, Léopoldine en 1843, Charles en 1871, François-Victor en 1873 ; sa seconde fille Adèle, née en 1830, s’était enfuie en Nouvelle-Ecosse au mois de juin 1863 et avait étérapatriée en 1872, démente. Hugo avait formulé ainsi ses dernières volontés : « je refuse l’oraison de toute s les Eglises. Je demande une prière pour toutes les âmes. Je crois en Dieu. »

2006 10 4

Les joies (Johann Wolfgang von Goethe)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 3:48
  • *

Libellule

Volant autour de la source,

La changeante libellule

M’ éjouit depuis longtemps :

Tantôt sombre et tantôt claire,

Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,

Tantôt bleue et tantôt verte.

Oh ! Si je pouvais, du moins,

Voir de tout près ses couleurs !

Elle bourdonne et plane et point ne cesse !

Mais, chut ! Au tronc du saule elle se pose.

Ah ! Je la tiens ! Ah ! Je la tiens ! Sur l’heure,

Je l’ examine avec précision,

Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’ analyste de tes Joies !

*

Johann Wolfgang von Goethe

******************************************************************

Poème extrait de POESIES / GEDICHTE

des origines au Voyage en Italie

(Page 177)

AUBIER – Collection Bilingue

Edition 1951 

Saule

Johann Wolfgang von Goethe

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Johann Wolfgang von Goethe (né à Francfort le 28 août 1749 et mort le 22 mars 1832 à Weimar à l’âge de 82 ans) est un poète, romancier et dramaturge allemand, également scientifique et grand administrateur.

Biographie
Johann Wolfgang von Goethe  Johann Wolfgang von Goethe
Son père était conseiller de Francfort – il aurait d’ailleurs été très dur et sévère. Le jeune Goethe était davantage attaché à sa mère. Dans sa ville natale, il s’éprit de la jeune et belle Lili Schoenemann. Il reçoit une éducation humaniste rigoureuse (il avait dû apprendre notamment plusieurs langues dont le grec ancien, le latin, le français…). Goethe a étudié le droit à Leipzig de 1765 à 1768 et à Strasbourg de 1770 à 1771. Il y rencontre Johann Gottfried Herder, et eut une idylle avec Frédérique Brion. En 1772, il est reçu docteur, revient à Francfort, et devient magistrat à Wetzlar. En 1773, il commence à écrire. Au cours d’un voyage avec Basedow et Lavatter sur la Lahn, il compose devant le château-fort de Lahneck le poème Geistesgruss, poème traduit par Madame de Staël. En 1775, il s’installe à Weimar en tant qu’attaché à la cour du duc, puis en 1786, à Rome. Il entame une liaison avec Charlotte von Stein de sept ans son aînée, qui dura dix ans. Il lui écrivit 1 700 lettres.

Deux ans plus tard, il revient à Weimar, devient ministre du Duc et s’installe avec Christiane Vulpius, qu’il épouse en 1806. En 1791, il devient directeur du théâtre ducal jusqu’en 1817. En 1792, il est à la bataille de Valmy aux côtés du duc de Saxe-Weimar.
En 1794, il se lie d’amitié avec Schiller, et participe à la revue de ce dernier, Les Heures.

En 1808, il rencontre Napoléon Bonaparte à Erfurt qui le décore de la Légion d’honneur.
Il rencontre, en 1813, le philosophe Arthur Schopenhauer avec qui il discute de sa théorie des couleurs. Visiteur assidu du salon littéraire tenu par sa mère Johanna, il y rencontre artistes et philosophes dont Heinrich Reiss et le peintre Füssli. En 1814, il se prend de passion pour Marianne von Willemer. En 1822, il demande en mariage Ulrike von Levetzow (16 ans ), qui refuse. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les expériences de Goethe avec les femmes ont influencé les personnages féminins dépeints dans ses œuvres : ainsi le personnage de Lotte dans Les Souffrances du jeune Werther correspond en partie à Charlotte von Stein; la jeune Ulrike von Levetzow lui inspire le personnage de Marguerite dans Faust. Il finit sa vie célèbre sous le nom de « Sage de Weimar ».

Il est l’auteur d’une œuvre prolifique qui le rattache à deux mouvements littéraires, le Sturm und Drang et le classicisme de Weimar (Weimarer Klassik), ainsi que d’une théorie de la lumière et de la découverte d’un os de la mâchoire.

Il est notamment l’auteur des Souffrances du jeune Werther (die Leiden des jungen Werther), Les affinités électives (Wahlverwandschaften), Faust I et II, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) ainsi que de nombreux poèmes dont beaucoup sont si célèbres que des vers en sont entrés comme proverbes dans la langue allemande : Willkommen und Abschied (« es schlug mein Herz, geschwind zu Pferde / es war getan fast eh gedacht »), Mignon (« kennst du das land wo die Zitronen blühen… », Connais-tu le pays où fleurit le citronnier), Erlkönig, Le roi des aulnes (« Wer reitet so spät durch Nacht und Wind / es ist der Vater mit seinem Kind… ») Der König in Thule, etc.

L’histoire naturelle [modifier]
Goethe dans la campagna romana (Tischbein – 1786)

Goethe s’intéresse à la botanique et publie un essai sur la métamorphose des plantes : Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu erklären (1790). Dans celui-ci, Goethe tente d’établir une théorie générale sur la morphologie des végétaux en reconnaissant l’analogie de certaines formes comme les cotylédons, la forme des fleurs ou des feuilles. Il esquisse également une théorie de l’évolution chez les végétaux et relie la morphologie avec la phylogénie. Cette vision est très en avance sur les idées généralement tenues sur les végétaux à son époque. Il est ainsi l’un des premiers (et peut-être le premier) à employer le terme de métamorphose en botanique.

L’arbre fétiche de Goethe était également celui de la ville de Weimar, le Ginkgo biloba.

Œuvres
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Johann Wolfgang von Goethe.
Wikisource propose un ou plusieurs textes de Johann Wolfgang von Goethe dans le domaine public

Le serpent vert
Traité des couleurs
La métamorphose des plantes et autres écrits botaniques, précédé de l’introduction de Rudolf Steiner (1884), Editions Triades.
Correspondance
Correspondance : Goethe, Carlyle (édition de Charles Eliot Norton ; traduction de Georges Khnopff). – Paris : Éditions du Sandre, 2005. – 183 p., 22 cm. – ISBN 2-914958-22-6. Inclut le texte d’une correspondance du 24 juin 1824 au 6 mai « 1832″ et quelques annexes.
Claudia Schweizer, Johann Wolfgang von Goethe und Kaspar Maria von Sternberg, Münster 2004, ISBN 3-8258-7579-2
Poésies
Prométhée (Prometheus) (1774)
Ballades (1787)
Le Roi des Aulnes (1782)
L’Apprenti sorcier
Élégies romaines (1788 – 1790)
Épigrammes vénitiennes (1790)
Xénies (1796) avec Schiller
Hermann et Dorothée (1798)
Achilléide
Le Roman de Renard
Le Divan occidental-oriental (1819)
Lieds (Chansons)
Odes
Vers inspirés par la vue du crâne de Schiller
Romans]
Les Souffrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werther) (1774);
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Wilhelm Meisters Lehrjahre) (1796);
Les Affinités électives (Die Wahlverwandschaften) (1809)
Théâtre [modifier]
L’amant capricieux (Die Laune des Verliebten) ;
Goetz de Berlichingen (Götz von Berlichingen)(1773)
Clavigo (1774)
Stella (1776)
Iphigénie en Tauride (1779)
Egmont (1789)
Torquato Tasso
Le grand Cophte (1790)
Le Général citoyen (1793)
Les Révoltés (1793)
La Fille naturelle(1804)
Faust I (1808) et II (1832, posthume)
Autobiographie
Poésie et vérité (1811 – 1833)
Autres
Voyage en Suisse et en Italie
Campagne de France (1822)
Maximes et réflexions (1833)
Entretiens de Goethe et d’Eckermann (1822 – 1833)
Entretiens d’Émigrés allemands – LE CONTE (1795) – Editions Novalis, 1993
Textes divers [modifier]
Discours en l’honneurs de Wieland
Importance de l’individuel
Kotzebue
Sur moi-même ; fragments
Proposition amiable
Fréron
Du goût
Palissot
Piron
Voltaire
Sur le Laocoon
La Cène de Léonard de Vinci
Vérité et vraisemblance dans les œuvres d’art
Poésies de Jean-Henri Voss
Poésies alemaniques par J-P Hebel
Sans-culottisme littéraire
Sur la langue allemande
Traduction de Lucrèce par de Knebel
Pour les jeunes poètes
Encore un mot pour les jeunes poètes
Bibliographie
Édouard Rod: Essai sur Goethe, Paris, Perrin, 1898
Karl Otto Conrady: Goethe – Leben und Werk, Artemis Verlag Zürich 1994, 1040 Seiten.
Richard Friedenthal: Goethe – sein Leben und seine Zeit, Piper-Verlag München
Nicholas Boyle: Goethe. Der Dichter in seiner Zeit. Aus dem Engl. übers. von Holger Fliessbach. Frankfurt am Main: Insel 2004.
Bd. 1: 1749–1790. (Insel-Taschenbuch. 3025) ISBN 3-458-34725-9
Bd. 2: 1790–1803. (Insel-Taschenbuch. 3050) ISBN 3-458-34750-X
George Henry Lewes: Goethe’s Leben und Schriften. übers. von von Julius Frese. Berlin : Duncker 1857.
Gero von Wilpert: Goethe-Lexikon. Stuttgart 1998, Kröner, ISBN 3-520-40701-9
Goethe, Johann Wolfgang, in: Allgemeine Deutsche Biographie, Leipzig, München 1875–1912, Bd. 9, S. 413ff.
Wolfram Voigt/Ulrich Sucker: Johann Wolfgang von Goethe. BSB B. G. Teubner Verlagsgesellschaft, Reihe: Biographien hervorragender Naturwissenschaftler, Techniker und Mediziner Band 38, Leipzig 1987
Renate Wieland: Schein Kritik Utopie. Zu Goethe und Hegel. München (edition text + kritik) 1992, ISBN 3-88377-419-7
Ettore Ghibellino: Goethe und Anna Amalia – eine verbotene Liebe, A.J. Denkena-Verlag, Weimar 2003, ISBN 3-936177-02-3
Peter Matussek: Goethe zur Einführung. Hamburg: Junius, 2002, 2. Aufl., ISBN 3885069725
Jürgen Hartmann: Goethe und die Ehrenlegion/ Goethe et la Légion d’Honneur Mainz: Schmidt Universitätsdruckerei, 2005, ISBN 3-93 5647-27-1
Bortoft : La démarche scientifique de Goethe – Editions Triades, 2001
Rudolf Steiner
L’Esprit de Goethe, EAR
Une théorie de la connaissance chez Goethe, EAR
Goethe et sa conception du monde – EAR
Goethe, le Galilée de la science du vivant, Editions Novalis 2002. – Cet écrit rassemble les introductions réalisées par Rudolf Steiner lors des éditions de l’œuvre scientifique de Goethe, publiée entre 1882 et 1897.
Jad Hatem, Satan, monothéiste absolu selon Goethe et Hallaj, Éditions du Cygne, Paris, 2006
Anecdote
Sur son lit de mort, Goethe agonisait ; il rouvrit alors les yeux, tendant un bras et lançant « Encore un peu de lumière… », puis s’éteignit.

  
 

En 1926, la psychologue Catherine Morris Cox a publié une étude sur les hommes et femmes, ayant vécu entre 1450 et 1850, réputés être les plus intelligents. Leur QI a été estimé d’après les écrits et travaux qu’ils ont laissés. Philosophes, mathématiciens, écrivains, musiciens, etc: ce sont souvent des personnalités qui excellaient dans plusieurs domaines. Selon elle, le poète allemand Goethe surclasserait tout le monde avec un QI de 210, suivi de près par Blaise Pascal (195), Galilée (185), Descartes et Nietzsche (180), Mozart (165) et Einstein avec « seulement » 160.
Certains de ses poèmes ont été source d’inspiration pour des groupes allemands comme Rammstein.
Liens internes
Goethe-Institut
Littérature germanique
Goetheanum
Rudolf Steiner
Lien externe
Une bio-bibliographie
Quelques citations de J. W. von Goethe Les citations.net
J. W. von Gœthe, Poésie et vérité : Livre I (Goethe par lui-même : sa première enfance), Œuvres complètes de Johann Wolfgang von Gœthe, tome 8 : Mémoires, Traduction nouvelle par Jacques Porchat, Libraire Hachette et Cie, Paris, 1862, Première partie, pp. 4-38.
J. W. von Goethe, Le serpent vert, “Entretiens d’émigrés allemands : Conte”, Œuvres de Goethe, tome VII : “Les années de voyage”, traduction nouvelle par Jacques Porchat, Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1860, pp. 501-532.

   

Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Wolfgang_von_Goethe

 

 

La perfection (Khalil Gibran)

Classé sous Inspiration de Poetes Connus — ganeshabreizh @ 3:46

Tu me demandes, mon frère, quand l’ homme deviendra parfait.

Voici donc ma réponse.

L’ homme peut se diriger vers la perfection dès lors qu’ il se sent
confondu avec l’ espace dénué de toute limite et avec l’ océan
dépourvu de tout rivage, qu’ il est devenu ce feu qui ne cesse
de se ranimer, cette lumière à jamais étincelante, cet air quiet
ou cette tempête en furie, ces nuées chargées d’ éclairs,
de tonnerre et de pluie, ces rivières qui festoient ou larmoient,
ces arbres qui fleurissent ou se défeuillent, ces terres qui
s’ élèvent en monts ou s’ incurvent en vallons, ces champs
en semailles ou en sommeil.

Lorsque l’ homme éprouve tout cela, il est à mi-chemin.
Et s’ il désire atteindre le sommet de la perfection, il devra,
quand il ressent la plénitude de son être, s’ identifier à cet
enfant dépendant de sa mère, à ce père responsable de
sa famille, à ce jeune homme égaré entre ses aspirations
et ses soupirs, à ce vieillard qui lutte contre son passé et
son avenir, à ce dévot dans son ermitage, à ce criminel dans
sa geôle, à cet érudit entre ses livres et ses écrits, à cet
ignorant entre la cécité de ses nuits et l’ obscurité de ses jours,
à cette religieuse entre les fleurs de sa foi et les épines de
son austérité, à cette prostituée entre les crocs de sa faiblesse
et les griffes de ses nécessités, à ce pauvre entre son amertume
et sa soumission, à ce nanti entre ses ambitions et sa complaisance,
à ce poète entre la brume de ses crépuscules et la lueur de ses aurores.

Quand l’ homme parvient à expérimenter et à connaître tout cela, il atteint alors la perfection et devient une des ombres de Dieu.

*

Khalil GIBRAN dans Merveilles et Processions

traduit de l’ arabe par Jean-Pierre Dahdah

*

chez Albin Michel – Collection Spiritualités vivantes – N° 138

Collections dirigées par Jean Mouttapa et Marc de Smedt

*

KHALIL GIBRAN

 
     
:

Khalil Gibran enfant

 
1883 Naissance du poète et peintre libanais à Bcharré, village situé dans la « Vallée Sainte » avoisinant les forêts de grands cèdres. Il est baptisé dans la religion chrétienne maronite dont était issue sa mère. Il reçoit son enseignement primaire en arabe et en syriaque.
 
1895 Il émigre aux États-Unis en compagnie de sa mère, son frère et de ses deux soeurs pour s’établir à Boston et ouvrir une épicerie

1897 De retour au Liban, il s’installe à Beyrouth pour suivre les cours de la fameuse école de la Sagesse al-Hikmat où l’histoire des religions et le droit international lui sont enseignés. 
 
1901 Une série de voyages en Grèce, en Italie et en Espagne le conduisent à Paris où pendant deux années il étudie la peinture et achève son livre Les Esprits Rebelles : cette oeuvre protestataire, mal reçue par les autorités turques, est brûlé publiquement.
 
1903 Gibran est rappelé à Boston où décèdent sa mère, son frère et une de ses soeurs de la tuberculose. C’est dans un état de détresse et de détachement qu’il entame une version anglaise du Prophète, oeuvre dont il avait déjà esquissé les grandes lignes en arabe dès l’âge de quinze ans et qu’il travaillera jusqu’en 1923.
 
1904 Le quotidien new-yorkais Al-Muhajir, publié en langue arabe, diffuse ses poèmes, récits et essais; ils seront par la suite rassemblés dans le recueil Larmes et Sourires (1914).
 
1908 Un séjour de deux ans à Paris lui permet d’étudier à l’Académie des beaux arts et de rencontrer de nombreux artistes : Rodin, Debussy, Maeterlinck, Rostand
 
1910 Gibran se fixe définitivement à New York : sa renommée mondiale ne cessera de croître.
 
1916 « Mon peuple est mort« , cette citation résume son engagement pour son pays natal qu’il soutient dans sa lutte contre le joug ottoman et la famine.
 
1920 Gibran est à la tête de « Al-rabiat al-qalamiyyat », cercle littéraire réunissant l’élite du monde arabe émigré aux États-Unis. 
 
1923 Publication et succès immédiat de son oeuvre longuement mûrie et remaniée : Le Prophète. A son grand regret, sa santé détériorée ne lui permet pas un retour en orient
 
1931 Gibran meurt le 10 Avril dans un hôpital de New York. Son corps fut déposé à sa demande dans le monastère Mar Sarkis, non loin de Bcharré
 

 

Publications du vivant de Gibran
1918 The Madman
1919 Twenty Drawings
1920 The Forerunner
1923 The Prophet
1926 Sand and Foam
1928 Jesus, the Son of Man
1931 The Earth God
Publications posthumes
The Wanderer
The Garden of the Prophet
Prose Poems
The Broken Wings
A Self-Portrait
Thought and Meditations
Spiritual sayings
Lazarus and his Beloved

Khalil Gibran

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