Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

  • Accueil
  • > Recherche : parle dependance

2008 07 10

Quand on parle de dépendance!

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 17:58

  

Mon ami « Marlboro » s’appelle « Malbarré ». 

Il m’a leurré de son imprégnation,

Il a perpétué l’illusion d’être autre, intégré,

Alors que je partais en fumée, il m’a rendu sectaire.

Il a mégoté si fort lorsque j’ai voulu rompre

Que les manques ont dressé leurs murailles de quête

Inondant ma dépendance, me leurrant d’importance,

Confortant l’être à la « Compens » du « deal » avec soi-même.

‘ 

Ami se disait-il pour mieux me dominer,

Mieux me rendre esclave de ses vapeurs nicotinées

Alourdi des goudrons, des exhausteurs de saveur

Qui t’amènent sûrement à tous les « hauts le coeur ».

Convivialité, échange et partage,

Peu importe les « Mois » ,ces « Egos »  qui nous amènent en « joint ».

La faiblesse nourrie par les violences reçues

Fait que l’adolescent, homme ou femme se vend.

 ’

Tout part en fumée sois-en certain l’ami;

Quand tu tires sur le mégot tu n’aspires plus la vie,

Tu engranges la mort. Peu importe l’échéance

Me diras-tu pour te rassurer un peu, si peu.

La fuite en avant n’est pas conscience

C’est beaucoup de subi, de lâchage de soupape,

D’aparté avec soi-même pour dire. Pour dire

Que demain sera un autre jour et qu’il sera autre

Le lendemain, plus d’interrogation : l’oubli se crée sa niche,

La vérité s’occulte sur ce qui mène l’être à cette dépendance.

‘ 

L’esprit continue à vivre sur l’errer de ses leurres,

Renforcé sans arrêt par l’image des autres,

Ces autres qui ploient eux aussi sous d’autres fardeaux,

Ces poids qu’on ne nomme pas, qu’on enjambe pour pouvoir se lever

Ces dimensions qui pèsent et qu’on pense ne résoudre que dans la déchirure.

C’est conditionnement personnel et sociétal

Que ce geste qui part d’un pragmatisme serein !

C’est s’amputé aussi de la présomption de soi

Juste  à prévoir de dire inconsidérément  j’arrête !

*

ganeshabreizh

2007 04 26

Consolation à Marcia – IV – V – VI – Sénèque [Malheur-Mort-Perte d'être-Souffrance-Douleur]

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 14:32

Sénèque (Seneca)

*

 

IV

 

 

*

1 – Je ne t’entraînerai pas non plus dans les recommandations trop sévères, comme de supporter d’une façon inhumaine des malheurs qui frappent les êtres humains ou comme sécher tes larmes de mère le jour même de l’enterrement. Je vais me soumettre en même temps que toi à un arbitrage ; la questin débattue entre nous de savoir s’il vaut mieux qu’une souffrance soit profonde ou perpétuelle.

Je ne doute pas de tes préférences pour l’exemple de Julia Augusta (c’est le nom que Livia reçut à la mort d’Auguste), dont tu fus très proche ; c’est elle qui t’invite à prendre part à ses délibérations.

 

2 – Dans la prime ardeur de la douleur, quand le malheur rend particulièrement impulsif et agressif, elle permit à Areus, le philosophe attitré de son époux, de venir la voir et elle reconnut qu’elle y trouva un grand réconfort, plus qu’en le peuple romain auquel elle ne voulait pas communiquer son chagrin, plus qu’en Auguste qui titubait depuis qu’il avait perdu l’un de ses deux appuis et qui n’avait pas besoin qu’on lui fasse porter le fardeau du chagrin des siens, plus qu’en son fils Tibère dont l’amour l’empêcha, lors de cette mort prématurée et pleurée par le monde entier, de sentir autre chose qu’une différence dans le nombre de ses enfants.

 

3 – Voici, à mon avis, comment il l’aborda, voici en quels termes il commença à s’adresser à cette femme si soucieuse de rester fidèle à sa réputation :

« Jusqu’à ce jour, Julia, et pour autant que je le sache, moi qui accompagne partout ton époux et qui connais non seulement ce que vous laisser voir en public mais aussi les mouvements plus secrets de vos coeurs, tu as veillé à ce qu’on ne puisse rien blâmer en toi.

 

4 – Et quelles que fussent les circonstances – graves ou banales- tu t’es appliquée à ne rien faire qui te fît souhaiter le pardon d’une opinion publique qui juge les princes en toute indépendance.

Et je ne connais rien de plus beaux pour des gens très haut placés que d’accorder souvent leur pardon sans jamais le solliciter de quiconque.

Tu dois donc dans la situation présente, rester fidèle à ta manière, autrement dit ne rien faire que tu souhaiterais ne pas avoir fait ou avoir fait autrement.

 

 

*

 

 

 

V

 

 

 

 

*

 

1 – « Ensuite je te prie et te supplie de ne pas opposer à tes amis une humeur difficile et intraitable. Tu ne dois pas ignorer, en effet, qu’aucun d’entre eux ne sait comment se comporter, s’il doit parler ou non de Drusus en ta présence, pris entre la peur d’offenser un si brillant  jeune homme en l’oubliant et celle de t’offenser en le nommant.

 

2 – Quand nous nous réunissons en ton absence, nous glorifions ses faits et dires avec toute l’admiration qui lui est due ; mais en ta présence, nous observons un profond silence à son sujet. Et ainsi tu te prives d’un plaisir extrême : entendre les louanges de ton fils, louanges que, je n’en doute pas un instant, tu ferais durer éternellement, fût-ce au péril de ta vie, si la possibilité t’en était donnée.

 

3 – Tolère donc, encourage même les conversations à son sujet et prête une oreille complaisante au nom et à la mémoire de ton fils ; et ne considère pas cela comme une épreuve, à l’instar de tous ces gens qui, en pareille circonstance, considèrent qu’entendre des paroles consolatrices est une part de leur malheur.

 

4 – Pour le moment, tu as pris le parti complètement opposé et, oubliant les bons côté de ta Fortune, tu n’en vois que les mauvais côtés : tu ne te retournes pas vers les moments agréables vécus avec ton fils lors de vos rencontres ni vers ses douces caresses d’enfant ni vers ses progrès d’écolier ; tu t’appesantis sur le dernier aspect des choses et comme si celui-ci n’était pas assez horrible en soi, tu fais tout ton possible pour en amplifier l’horreur.

 

5 – Non ! Je t’en supplie, ne convoite pas la gloire perverse entre toutes de donner l’image du malheur absolu !

Songe également qu’il n’y a pas de grandeur à se montrer courageux dans la prospérité, lorsque la vie suit son cours favorable ; une mer calme et un vent complaisant ne mettent pas non plus en valeur le savoir-faire du pilote, il faut que survienne une épreuve pour que se révèle son courage.

 

6 – Ne te laisse donc pas abattre, garde l’équilibre, reprends tes esprits dans tout ce vacarme et résiste à cette avalanche de coups qui s’est abattue sur toi. La Fortune ne déteste rien autant qu’un esprit qui garde son calme ».  Après quoi il lui montra celui de ces fils qui était en vie et il lui montra ses petits enfants issus de celui qu’elle avait perdu.

 

*

 

 

VI

 

 

*

1 – C’est dans ton cas, Marcia, qu’il s’agissait là, c’est à tes côtés qu’Areus est venu s’asseoir. Intervertis les rôles : c’est toi qu’il a cherché à consoler. Mais je veux bien croire, Marcia, qu’on t’ait arraché plus que n’a jamais perdu aucune mère – je ne cherche pas à t’apaiser ni à minimiser le malheur qui s’est abattu sur toi. Si les pleurs triomphent des rigueurs du destin, pleurons ensemble.

2 – Passons chacune de nos journées à gémir, consumons chacune de nos nuits dans l’affliction et l’insomnie ; déchirons-nous à pleines mains la poitrine, attaquons-nous même à notre visage et donnons libre cours à notre peine, quitte à ce qu’elle tourne à la cruauté.

Mais si aucune de ces bruyantes manifestations de deuil ne rappelle à la vie ce qui est mort, si aucune souffrance ne modifie le cours d’un destin immuable et fixé de toute éternité et si la mort retient ce qu’elle a emporté, que cesse une souffrance inutile.

3 – Contrôlons-nous donc et ne laissons pas cette force aveugle nous détourner de notre route ! Honte au pilote à qui les vagues ont arraché son gouvernail, qui a laissé les voiles flotter au gré des vents, qui a abandonné son bateau à la tempête ; gloire à celui, même en plein naufrage, que la mer a englouti tandis qu’il cherchait à redresser la barre !

*

 

Consolation par Györgi Giergl - www.cgfa.sunsite.dk

 

 

Fée |
Rikach-inspiration |
yvanlepape |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le Rêve Errant
| Jean-michel BARRAT Artiste ...
| MIDO