Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2006 10 27

Metta Sûtra dit Sûtra de l’Amour Universel

Classé sous Pensees - Meditations - Citations — ganeshabreizh @ 4:19

*

Bouddha th24 (www.pure-research.net)***************************************************

Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage,
Qui recherche le Bien et a obtenu la Paix:
Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, docile,
Doux, humble, content, aisément satisfait;
Qu’il ne se laisse pas subjuguer par les affaires du monde,
Qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses,
Que ses sens soient maîtrisés;
Qu’il soit sans orgueil et ne s’attache pas aux familles.
Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin
Et que les sages puissent réprouver.

Ses pensées, ses paroles, ses actes
Doivent avoir pour objectif:
Le bonheur, la joie de tous les êtres,
Aussi bien petits que grands, faibles que forts,
Bien-portants que malades. pauvres que riches.
Qu’il ne déçoive ni ne méprise aucun être,
si peu que ce soit.

Qu’il soit sans haine, sans colère,
Ne souhaitant jamais le mal à autrui.
Pareil à la mère qui, au péril de sa vie,
Surveille et protège son unique enfant,
De même, avec un esprit sans limite,
Doit-on chérir toutes les choses vivantes.

Aimer le monde en son entier: au-dessus, au-dessous,
Et tout autour, sans aucune limite,
Avec une infinie bonté bienveillante.
Etant debout ou marchant, étant assis ou couché,
Celui qui veut vivre l’Enseignement du Bouddha
Doit avoir toujours présentes à l’esprit ces règles.

Ayant ainsi abandonné les vues fausses,
Possédant la vision intérieure profonde,
Avec persévérance, s’appliquant à la vertu
Parce que sans attachement à ses sens,
Celui qui arrive à cette perfection
Ne connaîtra plus la re-naissance
*
Buddha3 (www.aminadab.com)

2006 10 4

A propos des Mots et du Langage – [Lama Anagarika Govinda pour La Magie du mot et la puissance de la langue]

Classé sous — ganeshabreizh @ 4:23

La magie du mot et la puissance de la langue.


Par Lama Anagarika Govinda

Extrait du livre : les fondements de la mystique tibétaine

Edité chez Albin Michel dans la collection Spiritualités vivantes

N° 21

ISBN 2-226-00260-x


Tout le visible tient à l’ invisible

                                    L’ audible à l’inaudible

                                    Le tangible à l’ intangible.

                                    Et peut-être le pensable à l’ impensable

                                                                               (NOVALIS)

Les mots sont la marque de l’ esprit, les points finaux ou plus exactement les étapes de séries indéfinies d’ expériences qui, sortant du plus inimaginable passé, parviennent au présent et constituent de leur côté les points de départs de nouvelles séries indéfinies qui touchent à un futur tout aussi peu imaginable . Ils sont cet « audible qui tient à l’inaudible », le  »pensé » et le « pensable » qui émergent de l’Impensable .

   L’ essence du mot ne s’ épuise donc ni dans son utilité en tant que transmetteur du sens ou de l’ idée, ni dans sa signification présente ; il possède en même temps des propriétés qui dépassent le représentable, tout comme la mélodie d’ un chant, bien que lié à un contenu concevable, ne s’ identifie pas à celui-ci et ne peut être remplacé par lui . Et c’ est précisément cette propriété irrationnelle qui émeut notre sentiment profond, exalte notre être le plus intime et le fait vibrer avec les autres .

   L’ enchantement qu’ exerce sur nous la poésie repose sur ce facteur irrationnel, associé au rythme qui coule d’ une pareille source . Telle est la raison pour laquelle la magie poétique est plus puissante que le contenu objectif de ses paroles, plus puissante que 

l’ entendement avec toute sa logique, à la toute-puissance de laquelle nous croyons si fermement .

   Le succès des grands orateurs ne dépend pas seulement de ce qu’ ils disent, ais plutôt de la manière dont ils le disent . Si les humains pouvaient être convaincus par la logique et la démonstration scientifique, voilà bien longtemps que les philosophes auraient converti à leurs doctrines la plus grande partie de l’ Humanité ! Et, d’autre part, les Ecritures sacrées des religions universelles n’auraient jamais exercé une si énorme influence, car ce qu’elles communiquaient sous forme de pensées pure est faible, comparé aux créations des grands savants et des grands philosophes . Nous pouvons donc dire à bon droit que la puissance de  ces saintes Ecritures repose sur la magie du mot , c’est-à-dire sur la force occulte que connaissaient les Sages d’ antan, car ils se ttrouvaient tout près des source de la parole .

   La naissance du langage fut aussi celle de l’humanité . Chaque mot était l’équivalent phonétique d’une expérience, d’ uj événement, d’ un stimulus intérieur ou extérieur . Un puissant effort, un exploit créateur était inclus dans cette formation de sons qui a du

s’ étendre sur de longues périodes et grâce à laquelle l’homme est parvenu à s’élever

au-desus de la bête .

   Si l’Art peut être tenu pour la création nouvelle et l’ aspect plastique de la Réalité par le moyen de l’ expériene humaine, de même pouvons-nous considérer la création de la parole comme le plus haut exploit artistique de l’ humanité . Chaque mot, à l’ origine était un foyer

d’ énergies dans lesquelles la transmutation de la réalité en modulations de la voix humaine, expression vivante de l’ âme, se produisait . Par cette création verbale, l’homme prit possession de l’ univers . Plus encore : il découvrit une nouvelle dimension , un monde à     l’ intérieur de lui-même par lequel s’ ouvrit à lui la perspective d’une plus haute forme de

vie, dépassant l’ état présent de l’ humanité autant que la conscience de l’ homme civilisé dépasse l’ animal .

   Le pressentiment  – la certitude même – d’ états d’ être aussi élevé est lié à certaines expériences d’ une nature à ce point fondamentale qu’ elle ne peuvent ni s’ expliquer ni se décrire . Elles sont tellement subtiles qu’ on ne saurait les comparer à rien à quoi pourrait s’attacher un pensée ou une représentation . Et pourtant ces expériences sont plus réelles que n’ importe quoi pouvant être par nous vu, pensé, touché, senti, goûté ou entendu, et cela parce qu’ elles sont remplies de ce qui précède et embrasse toutes les sensations particulières, de sorte qu’ elles ne peuvent s’ identifier avec aucune de celles-ci . C’ est pourquoi, seuls des symboles peuvent suggérer le sens de ces expériences . Et ces symboles ne sont pas des inventions arbitraires, mais bien des formes spontanées d’ expression surgiesdes plus profondes régions de l’ esprit humain .

   Ils sortent du voyant sous forme de vision et du chanteur sous forme de son et se présentent directement dans l’ enchantement de la vision et du son . Leur présence essentielle constitue le tout dela puissance sacerdotale du poète-voyant (kavi) . Ce que proclame sa bouche n’est pas dans les mots communs, (shabda) les sons dont ce composent le discours ; c’est « mantra »  : contrainte en vue de créer l’image mentale, contrainte exercée sur ce qui est , pour qu’il soit tel qu’ il es dans son Être essentiel . C’ est

aussi expérience. C’ est immédiate et réciproque pénétration du connaissant et du connu .

Tout comme dans la première parole existait la force évocatrice avec laquelle l’ immédiat fondit sur le poète-voyant sous la forme de la parole et de la vision, force avec laquelle le poète maitrisa l’immédiat par mots et par images, ainsi et pour tous les temps, celui qui sait utiliser les paroles-mantras possédera la puissance de conjuration, le moyen magique d’agir

sur la réalité immédiate-révélation des Dieux, jeux des forces.

   « Dans le mot « mantra » se trouve la racine « man », penser (du grec « menos », lat. « mens ») unie à l’ élément « tra » qui forme des mots outils . Ainsi, pour « mantra » : outil à penser, chose menant à une image mentale . Par sa résonance, il appelle son contenu à 

l’ immédiate réalisation . Le « mantra » est puissance et nom simple opinion que l’esprit peut contredire ou éluder . Ce qu’ énonce le « mantra » est ainsi , est là, se produit . Ici ou nulle part, les paroles sont des actes dont la réalisation est immédiates » . -[Heinrich Zimmer, "l'Inde éternelle"]

   Ainsi, le mot était, à l’heure de sa naissance un centre de force et de réalité ; seule l’ habitude en a fait un simple moyen d’expression conventionnel et stéréotypé . Le mot-mantra a , jusqu’à un certain point, échappé à ce sort parce qu’il n’avait aucune signification concrète et que par conséquent, il ne se prêtait pas à des buts utilitaires .

   Cependant, bien que les mots-mantras aient continué à vivre, leur tradition s’est presqu’ éteinte et rare, de nos jours, sont ceux qui ont encore conscience de la vraie nature des mots mantriques et qui savent s’ en servir . L’ humanité moderne n’ est même pas capable de se représenter combien la magie du mot et de la parole a été vécue dans les civilisations antiques et quelle puissante influence elle a exercé sur la vie dans son ensemble, surtout sur le plan religieux .

   Dans l’ ère de la Radio et des journaux où les mots, parlés ou écrits, se projettent par millions et sans choix dans le monde entier, la valeur du vocable est si bas descendue qu’ il est difficile de donner à l’ homme d’ aujourd’ hui une idée -même lointaine- de l’attitude respectueuse que l’homme des temps plus spiritualisés et les civilisations religieuses observaient à l’égard du mot, porteur de la tradition sacrée et incarnation de l’ esprit . 

   Les derniers vestiges de telles civilisations résonnent encore dans les pays d’ Orient . Mais un seul pays a réussi à maintenir vivantes jusqu’ à ce jour les traditions mantriques ; c’ est le Tibet .I ci ce n’ est pas seulement le mot qui est un symbole sacré, mais aussi chaque lettre de l’ alphabet, chaque son . Même servant à des fins profanes, ses origines ni sa valeur ne sont jamais oubliées ou négligées complètement . Le mot écrit est toujours traité avec respect ; il n’ est jamais jeté distraitement en des endroits où il pourrait être piétiné par les hommes ou patr les animaux . Et quand il s’ agit de paroles ou d’écrits  de nature religieuse, le moindre de leurs fragments est traité comme une précieuse relique et non pasdétruit arbitrairement, même devenu sans objet . Il est déposé dans des sanctuaires ou des coffrets, ou bien en des grottes, en vue de sa dissolution naturelle .

   Cela peut, à qui l’ observe de l’ extérieur, paraître une superstition primitive, s’il considère

de tels procédés en les isolant de leurs rapports avec leurs arrière-plans métaphysiques, car

ce qui est ici en cause ce n’est pas le morceau de papier et les signes qu’il porte, mais l’attitude de l’ esprit qui s’exprime dans chacun de ces procédés et qui a son fondement dans l’évocation d’ une haute réalité toujours présente qui agit en nous efficacement , suscitée par tout contact avec ses symboles .

   Le symbole n’ est ainsi jamais retiré des profondeurs pour être ravalé au niveau d’ une simple moyen d’ usage quotidien ou d’une simple « édification dominicale » ; c’est quelque chose de vivant et d’actuel, auquel est soumis ce qui es profane, matériel et utilitaire . Oui,

ce que nous appeleons « profane » et « matériel » est, par cette attitude dépuillé de ces caractères et devient l’ expression d’ une réalité cachée derrière les apparences et qui, seule, confère un sens à notre vie et à notre action, incorporant la moindre et la moins apparente des choses dans la vaste corrélation de tout ce qui advient et de tout ce qui existe .

    » Dans le moindre tu trouveras un Maître que tu ne pourras, du plus profond de toi-même,

jamis assez servir  » (RILKE) . Si cette attitude spirituelle s’interrompait en quelque point, elle perdrait son unité et, de ce fait, sa consistance et ses forces .

   Le voyant , le poète, le chanteur, le créateur spirituel, l’ âme sensible, le saint, tous connaissent l’essence de la forme dans le mot et dans le son, dans le visible et le tangible .

Ils ne trahissent pas ce qui est petit, car ils savent y discerner ce qui est grand  . Sur leurs lèvres le m ot devient mantra, les sons et les signes dont il est formé deviennent porteurs de

forces mystérieuses ; à leurs yeux le visible devient symbole, l’objet devient instrument créateur de l’esprit et la vie un fleuve profond, coulant d’ une éternité à l’ autre :  » Tout est sceau ; tout est miroir ; tout, pourtant, est voilé au regard brouillé « , comme dit si admirablement  Melchior Lechter.

   Il est bon de nous rappeler de temps à autre que cette attitude  de l’ Orient avait aussi droit de cité en Europe et que jusqu’ à ces temps-ci, la tradition du mot intérieur e de l’ efficacité du symbole avait ses hérauts . Je me borne  à rappeler le concept mantrique du

 » mot  » de Rainer Maria Rilke, qui a saisi l’ essence de la mantrique dans ses plus grandes

profondeurs .

   Au lieu où, lentement, hors du bien-oublié

   Ce qui fut éprouvé remonte jusqu’ à nou,

   Maitrisé, doux, hors de toute limite,

   Et vécu dans l’impondérable

   Là commence le Mot, tel que nous l’ entendons ;

   Sa valeur, pourtant, nous dépasse,

   Car l’ Esptrit qui nou veut seuls

   Veut aussi être sûr de tous nous réunir .

(C’était le Chapitre 1 du livre ,pages 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21)

A propos de Spiritualités -[ORIA et L' Evangile de la Colombe.]

Classé sous — ganeshabreizh @ 4:17

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Calligraphie d'Abdelatif Habib-www.flwi.ugent.be

La connaissance est lumière, l’ignorance est obscurité.

(Calligraphie d’Abdelatif Habib-www.flwi.ugent.be)

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- Des mots de l’évangile de la Colombe par Oria -

« Alors sont venues les limites

Des quatre coins du Monde elles sont venues

pour être berceau du Créé. »

Cet Alphabet de la Connaissance, le Cavalier voulait apprendre à l’ épeler… et de

l’ Evangile de la Colombe, emplir son coeur et couvrir les chemins de cette marche qu’ il savait longue .

L’ Etranger avait accepté de diriger ses pas vers le faîte de la Montagne, et d’ oter la buée de son regard voilé par le froid pétrifié par les apparences .

Il lui avait dit :  » Tu es le chemin que tu construis, et il est ton pas qui le foule . Mais entre la flèche et la cible qui l’ attend, il est un espace invisible, amoureux de la cible et de la flèche…

Souviens-toi de cela: :  » amoureux de la cible et de la flèche « . Il lui avait dit aussi : Ne te révolte pas, que la tourmente ne s’ attache pas à tes pas , qu’ elle ne laisse pas sur la Terre d’ épineuses empreintes .

Il lui avait dit encore : Les paroles qui jailliront de moi édifieront le Meilleur de Toi-même, et cependant, souvent te croiras-tu gisant dans le fossé de tes erreurs humaines et ses bases s’ ébranleront avec fracas .

Ne te révolte pas…Car si tu tournes sur toi-même et détournes tes yeux de l’ Etre, tu chuteras.

Ecoute moi . Il est un Livre ouvert où je t’ apprendrais à puiser . Mais n’ oublie pas : tout se donne à celui dont le Coeur est fait pour restituer .

Je graverai des mots en ta mémoire, des images que tu ne comprendras pas dès ce jour, mais ces paroles en Toi demeureront vivantes .

Ce matin là, il ouvrit l’ Evangile à ses premières pages … et le Cavalier, se tenant à ses pieds, écouta .

Il lui conta l’ histoire des trois Oiseaux qui depuis le grand Nid invisible s’ élancèrent

dans le mouvement de la Vie…

Il dessina l’ image de leurs ailes . Celles se dépliant, celles se repliant .

Il lui parla des deux frontières nécessaires : celle qui clôt le Champ, celle qui fait le Coeur du Sanctuaire .

Et du muable il lui parla, de l’ immuable il lui parla de même et du Soutien de tout cela.

Il parla de cette couleur, tentée par le désir d’épanchement…

Il parla de cette couleur, tentée par le retour sur elle-même.

Il parla de la Force Troisième. De cela toujours « en deça » qui réglait la passion des deux ailes .

De l’Oiseau Blanc, de l’ Oiseau Noir il lui parla, mais ne dit rien du combat de leurs ailes .

Non…d’ aucune guerre il ne parla. Il évoqua l’ Enlacement… Il mit l’ attention sur

l’ Echange. Il prononça le mot Amour …

www.spiritualites-egypte.org

O grand Oiseau Triple !

Toi qui ne descendras jamais de ton aire

peut-il cesser un jour

le rythme lent de ta respiration ?

Rien n’ existe, si ce n’ est la volonté de Toi-même

pour te donner la Vie

Rien n’ existe, si ce n’ est la volonté de Toi-même

pour te donner la Mort

Cependant O grand Oiseau Triple

manifesté Tu l’ es pourtant …

S’ il est partout la manifestation de Toi-même

Tu es.

La Conscience d’ un seul aspect de Toi donne Vie

celle d’ un autre aspect le reprend .

Tu es Toi-même Inconscient

des transformations engendrées

en un aspect premier

de l’ impulsivité de ton respir .

O grand Oiseau Triple !

Il est des mondes où des coeurs se demandent :

Doit on donner l’ impulsion de la Vie

Inconséquence ou Effusion d’ Amour ?…

Le Cavalier écoutait avec attention , et la musique de ces paroles l’ émerveillait .

- Oh, Etranger, cela est-il science véritable ?

- Sur le chemin de la Science Véritable cela est .

- Sur le chemin qui monte ou celui qui descend ?

- Sur le chemin… toujours le même . Il n’ est pas deux échelles, Cavalier .

- N’ y a-t-il point de suite à cette histoire ?

- En des mondes ou en d’ autres, une histoire toujours recommencée…

Rêve du Graal - - Cyril Carau - www.abstraisme.free.fr

Rêve du Graal de Cyril Carau – www.abstraisme.free.fr

*

Méfie-toi, cependant, et garde-toi de « séparer ». Il m’ apparaît que tu mesures, il m’ apparaît que tu soupèses depuis le point où tu es toi-même « pesé » .

La Sagesse n’ est pas dans l’ une ou l’ autre des couleurs révélées, mais elle est, Cavalier, dans la parfaite Connaissance des deux ailes .

Le Cavalier n’ entendait pas cela… Mais apprendre la suite de l’ histoire l’ impatientait :

O grand Oiseau Triple ! du mouvement de tes plus grandes forces, mouvement de l’ onde qui va et vient, mouvement de l’ aile qui s’ élève et se replie, dans un sursaut, une impulsion instinctive, des milliers d’ oiseaux surgirent et surgissent toujours de ces mouvements incessants…

Je connais les Enfants de Toi, O grand Oiseau Triple .

Ces nuées si blanches et si pures qu’ elles ne peuvent par elles-mêmes donner la Vie .

Par elles, d’ innombrables chemins furent tracés,et ouverte la Voie pour leurs frères .

Labourant l’ immensité de l’ Espace, semant dans les sillons de leur passage le témoignage de leur pure Origine .

Et du battement de leurs ailes, s’ écoulent les perles invisibles de leur pureté…

O invisibles perles ! toujours allant et toujours venant , vous parcourez

l’ Invisible des Mondes, vous nourrissez les ondes du rappel de leur Dieu .

O grand Oiseau Triple ! ne pouvant se poser nulle part, ne pouvant stationner de par leur pure forme, elles retournent près de ton Coeur,

veillant et surveillant… Car proche de ton Coeur, grand Oiseau, est leur place .

Et les autres nuées de Toi, je les connais de même, lorsqu’ elles s’ en vont de par le vaste Espace, curieuses des états se manifestant… Se penchant sur les chemins préparés, et s’ imprégnant des influences .

Utilisant la Semence de la nuée première, créant et se modelant elle-même, et sur un même rythme se projetant, cette nuée d’ Enfants, voilà

O grand Oiseau, qu’ elle s’ affaire .

Et voilà que s’ élancent, comme un cheval fougueux aux millions d’ ailes, tes Fils aux formes innombrables…

Quand se sont aplanis les chemins, modelé le visage de chaque Monde .

Et eux aussi , et d’ autres encore ils font Ton Oeuvre .

Lacher-prise - Oiseau blanc - www.eternelpresent.ch

Ce que le Cavalier avait appris ce matin-là, c’ est qu’ il fallait à toute existence deux limites . Que toute résistance favoriserait le mouvement . que le Secret était de lâcher prise . En son Coeur très profond se révélait le sens de ces paroles… A la surface de son être, seuls deux mots émergèrent pourtant : celui de Noir, celui de Blanc.

Extrait de L’ Evangile de la Colombe – (pages 30, 31, 32, 33, 34)

écrit par ORIA

Publié aux éditions Albin Michel

Collection Espaces libres – N° 17

ISBN 2-226-05272-0

ORIA, née en 1950, vit depuis1975 à Montségur, haut lieu de l’ aventure Cathare. Elle est l’auteur de La Paix est mon royaume et La Révolte Essentielle . Au cours de ses conférences, elle dispense un enseignement spirituel hors de tout dogme et éclairé par l’ inspiration fulgurente du « vivant » .

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