Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2011 12 2

Je t’aime, Toi qui lis ces mots.

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 22:55

Je t’aime, Toi qui lis ces mots.

 

 

Plonger les yeux fermés, les paupières soudées,

Dans la mémoire du temps, fleuve alimenté

Par le passé vivant et par le passé mort…

Vivre les sentiments dans l’apnée du remord,

Vivre encor’ et en corps la remontée du sort,

Est se nourrir souvent à mémoire du vent

Qui souffle en souffrances sur le fruit du présent.

 

Se couvrir la tête d’un manteau de tempête

Alors que le soleil se réveille en la tête ;

Se racornir le cœur à tout ce qui a fui…

Chercher le souvenir fait oublier l’oubli.

Aller jusqu’au pays de ces gens qui nous fuient,

Aliène lourdement la ressource de l’être,

Et il s’enfonce alors en des « va-et-vient » traîtres.

 

Par les pages tournées au tour du vivant,

Dans les mains réfléchies, dans le geste d’enfant,

L’être confie sa flamme, unique objet de vie,

Et le fruit de l’attente engrange sans souci,

Dans un élan compris dans la quête d’oubli,

Aussi bien l’en-avant en reflet d’existence,

Que le « nourrissement » de ce à quoi l’on pense.

 

La vie est à ce prix, fruit d’espoir et d’oubli !

Recréer son présent est graines du fleuri !

Juste chemin de l’Homme en ses gênes inscrit!

Il y a peu d’erreurs, errances de consciences,

Qui ne trouvent pardon en la reconnaissance !

C’est pourquoi je souris lors que  mon regard sombre

Aux réflexions intimes qui bousculent les ombres.

 

Aux regards alentours des jours qui se suivent,

Embellis, ça et là, aux bords de nos rives,

S’ensuit un geste simple, un don de soi vivant,

Sans calcul et sans voix, juste écrit de l’enfant…

Où pointe le certain de l’être s’engageant,

Cet enfant qui retrouve en la sincérité,

L’oubli des maux passés, le pardon du souillé.

 

Je t’aime, amour de Toi qui lit ces mots sincères.

De mes larmes d’oubli, issues des lois qui errent,

Je dépose ardemment au lit de ces maux lourds

Comme une vraie caresse comme gage d’amour,

Cette enfin certitude au reflet du toujours.

Je prends le souffle pur qui ressurgit du temps,

Je le pétris de l’âme en animant mes ans.

 

Je t’aime, Toi qui lis ces mots

Et je me réfugie au chaud,

Dans les feuilles de Toi qui doutes,

Embellies du destin qui fait route.

C’est le doute de toi qui nuit,

Confiance est au bout de ta nuit.

 

 

Yann

2011 03 13

DE LA POESIE A LA PRIERE [ 1 - Souvenons-nous... de la nuit jaillira Sa Lumière]

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 22:09

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SOUVENONS-NOUS :

DE LA NUIT JAILLIRA SA LUMIERE

 

 

Souvenons-nous…Adam et Eve du temps premier ;

Ce temps d’avant, vierge du péché !

Rappelle-toi Adam, ce goût d’éternité, de Paradis,

Tu y coulais la condition divine de ta vie !

Oh, Adam ! Qu’as-tu fais de toutes libertés ?

Pourquoi avoir voulu t’emparer de cette condition,

Voulant ainsi par orgueil égaler Dieu dans son action ?

Alors des jours illuminés par sa présence

Tu nous fis enterrer dans une nuit intense.

 

 

Quand de la nuit des temps surgit l’écho des voix

Qui se perdent au vent, s’éloignant de la Foi,

Percluses de jours trop lourds où la vie se fait dure,

Mais redressant toujours, une âme aux clairs murmures…

 

 

 

 

Ecoute le silence qui te dira sans bruit

Que Dieu est Bienveillance, et jamais ne t’oublie,

Que l’Espoir en partance met ton cœur en sursis

De l’attendue présence, ce grand souffle de Vie.

 

 

Quand la peur t’envahit, que sous ton front on voit

Planer nuages gris et rêves aux abois,

Que ton ciel entier crie, qu’en plus rien tu ne crois

Et que se noie ta vie en profond désarroi…

 

 

Ecoute la chanter, cristalline et vivante,

En cœur d’immensité et douceurs odorantes

La voix de cet Amour qui nous a tout donné

Nous promettant toujours de venir nous sauver…

 

 

 

 

Homme, réveille-toi ; femme suis son pas !

Femme, réveille-toi ; homme, suis son pas !

Les enfants vous regardent pour suivre le Chemin !

Si nous sommes dans la nuit d’un hésitant destin

C’est pour renaître en une humilité sans fin.

Les Prophètes éclairés annoncèrent le Sauveur des humains ;

Et ce temps de l’Avent crée l’hymne d’Amour total :

Ce Chant de Louange et de Joie reflets de sa Lumière Fœtale.

 

 

Et nous avons marché, et nous sommes tombés,

Nous sommes relevés, avec humilité.

Et nous avons couru dans le désert ardu,

Bravé nos pas perdus, pour ce nouveau-né, nu…

 

ALORS, TOI QUI CROIT… N’OUBLIE JAMAIS

 

D’écouter le silence qui te dit en chantant

Que Dieu n’est que clémence et t’aime infiniment.

Que l’espoir en partance met ton cœur en suspens

De cet Amour immense qui brille au firmament…

 

 

 

 

Que le doute s’efface en voie d’obéissance !

Nourris et baignés par sa Parole en permanence

Alors nous qui croyons en Lui, vivrons ainsi,

Détruisant nos montagnes d’orgueil bouffies.

Car Jésus, Fils de Dieu, en naissant comme un homme

Du sein de la Vierge femme : Marie que l’on nomme ;

Est fruit du renoncement et de la soumission.

Le Père est là aimant voir que nous veillons.

 

Ne restons pas dans cet éphémère de la chair,

Celle-ci passe comme l’herbe se fane à l’air

Et nous serons sauvés par l’Esprit qui libère.

 

 

 

 

Patricia & Yann

20101215

 

2008 11 9

Vous avez dit « Je t’aime » !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 18:48

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*

Vous avez dit « Je t’aime »!

Pourquoi habiller le « je t’aime »  ,

Alors qu’il est si bien tout nu

Dans sa simplicité pure et son âme enfantine,

Dans sa dimension d’être enfin don ?



Le « je t’aime » est soleil pour effacer les ombres,

Le « je t’aime » est eau de source, immortalisation de vie,

Il est encore lumière intérieure nourrissant l’extérieur,

Et le phare de révérence sur la mer de la vie.


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Nous avons dit « je t’aime » !



« Je t’aime mon amour »! et tu n’es pas qu’amour

Vécu.

« Je t’aime mon ami »! et tu n’es pas qu’ami

Vivant.

« Je t’aime mon enfant »! et tu n’es pas qu’enfant.

Grandissant.

« Je t’aime mon frère, ma soeur »! et tu n’es pas que frère ou soeur

De sang, de coeur ou d’âme.

« Je t’aime mon père, ma mère »! et tu n’es pas que père ou mère

Géniteurs, éducateurs ou références.



Il n’y pas que les mots pour le dire

Mais le regard pour en attiser la braise.

S’aimer sans se le dire revient à respirer

L’amour dans les gestes et les sourires,

Les non-dits et les perçus pourtant.



Le « je t’aime »absolu est compassionnel et équanime,

Il a transcendé le sociétal plan commun

se nourrissant de ses relatifs archétypaux

Pour livrer le « je t’aime » à l’univers entier,

à tous les règnes du microcosme au macrocosme.



Il se lit dans l’écoute et la main qui se tend

Dans l’attention consciente de soulager la souffrance,

D’apaiser les désirs où elle trouve sa source,

Où qu’elle se niche et d’où qu’elle vienne,

Pour simplement initier l’éveil de l’être.



Le « je t’aime » est vibratoire, il résulte d’un partage

Où l’émotion imprimée au recto et au verso de l’entité humaine

Dépasse le simple plan terrestre

Et transcende l’Être enfin conscient

Fusionnant les égo au ça, au Soi.



Le « je t’aime » au creux du lit est semblable à la chaleur

Du « je t’aime » murmuré au saut du même lit

Encore tout empli de cette nuit rêveuse

Qui a livré l’amour à sa fonction primale,

Livrant pour un instant les êtres à la fusion.


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Il n’y a pas de « je t’aime » corporel

Car il n’est pas matière,

Ce ne sont que bouffées

De tendresse et d’esprit « masculin-féminin »,

Le « je t’aime », ainsi, devient union.



Il emplit le coeur et l’esprit de celui qui le dit

Par l’illumination du regard de celui qui le reçoit.



Le premier vrai « je t’aime » doit être celui

Que l’on dit à soi-même,

Peut-être les yeux fermés pour le mieux savourer

Ou les yeux grands ouverts et perlant quelque peu,

Brillant sûrement de confiance,

Après avoir compris

Que tant qu’il n’est pas dit ainsi,

En toute sincérité

Il ne peut être dit à autrui

Pour le vivre.



Et le temps est venu pour ce faire

Puisque c’est le passé des rencontres

Qui nous mène où nous sommes,

Nus enfin,

Vierges de tout jugement,

D’enfin nous dire « je t’aime »   juste à l’oreille

De la vie qui naît à ce moment,

De l’être intérieur, cet être et esprit

Qui sort alors l’humain de son tout mentalisme.



Voici ce «je t’aime » qui nous sort de l’illusion d’aimer

Et nous fait cheminer vers l’absolu universel.

A chaque battement de coeur, l’onde d’amour

Energise son ondulation en vague irrépressible qui nous submerge,

Nous immergeant dans l’apaisement du Tout.



Allons au devant de l’autre avant qu’il ne vienne à nous

Et si l’inverse se produit ouvrons-nous pour comprendre.

Ne plus reproduire à jamais les errances du passé de l’autre.

Vivre est conscience de créer.

Je t’aime, toi qui lis ces mots.



*

yannesoganesh

*

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2008 05 1

Né ici quelque part ou ailleurs !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 2:58

Né ici quelque part ou ailleurs ! 

Quelque part, le poète est…

Aussi un lecteur de…

Mots, un dégustateur souffrant et s’apaisant du …

Verbe, hédoniste particulier de sa muse en…

Bride abattue chevauchant la caractéristique ému en …

Croupe nue de la page blanche qui caracole en abstruses

Connotations absconses, échange de poils qu’il voudrait brosser

Alors que le vent, des consciences interrogées,

Où intelligemment mises à nue sous le boisseau

S’étreignent dans le rire des rimes et des vers qui les chatouillent.

 

 

 

 

Quelque part, disais-je, le poète…

Se révèle mutin, enjôleur de brouillon.

Il se répand un peu, ce tantinet soumis à la seconde mouche

Qui vole au secours de l’abeille qui passe alors que le bourdon

Picore le miel des oiseaux  fous d’amour qui butinent la terre.

Il rencontre le vers de terre qui s’ « alombrique » de mottes d’herbes en mottes d’ailes.

Naît  la libre folie qui traduit tous les rêves nourris de graines d’enfance et de labours, de connaissances.

Il fait jour et nuit pour ce poète ému, cet humain cultivateur avant tout tant

Il fait gerber de sons pour le blé qu’il sème en son aube vierge;

Son nocturne naissant, les âges de sa vie viennent y réfléchir leurs brides et leur libres sueurs froides.

 

 

La poétesse en homonyme masculine de sa féminité innée

Porte le regard de plume nourrie de ce compréhensif

Qui s’est alimenté des « interpellatifs » cheveux balayant  les …

Doutes issus des luttes ancrées des non sus et des oblitérés reflets

De tous ses interrogatifs culturels assénés  aux noms des préjugés ancrés.

Ainsi naît son pouvoir de dépasser tous les discriminés, les rassembler;

De les  entourer; de leur révéler tous les pouvoirs de l’être

Pour exister, et transmettre les valeurs acquises au nom de la souffrance.

Sa lecture naît de ses degrés d’apprendre ; elle conçoit le dire et le taire.

Le dire encore et le taire un peu plus créent les degrés du savoir respecter.

 

 

 

 

Pour le passager du verbe, le quêteur du simple vers et du complexe nu,

Le transcrit révélant est reflet inné du vibré délivré par l’enfant lorsqu’il s’ouvre.

Les yeux, les oreilles, les sens donnent au regard qu’ils  croisent

Comme au magnétisme animal et humain, ce chant de la nature est pur, et si pur.

L’art du transcrire est de livrer le brut en fi des fioritures,

Décoffrage de tous ces vagues à l’âme, complétude des silences,

Ni conçus, ni préconçus, juste sage phagocytant le nécrophage individu de vie.

Il se nourrit des paupières engoncées d’encre au goût d’algues,

Leurs suints de rencontres s’écoulent en matricielles cultures ou religions ;

Il reste au passager à vivre l’écoute, le respect, le partage de tout ce qui commence par des phéromones, au nom de tous lss non, au non de tous les oui : ces pourquoi ne serait-ce pas !

 

 

 

 

Les sucs du passé des corps et des esprits, des cœurs et des âmes

Sont inscrits dans tous les sens du poète lecteur et du lecteur poète

Du poète aussi bien poétesse que cette poétesse est poète.

Inscrit dans la moelle de tout ce qui vit et se nourrit de mort,

Dans tout ce qui meurt et se nourrit de vie demeure cet « A » de haine

Et qui veut dire Amour et ce « H » aspiré qui un peu inspiré

Habille la Nature de  » l’Hêtre », cet Arbre se nourrissant

D’un cosmos vivant, régénérescence et perpétuelle évolution.

Le poète est l’écrivain juxtaposé à l’Âme du Monde,

C’est par  son branchement vital de vivre et de mourir qu’il s’exprime, continue de mourir et de vivre les toujours fantasmés!

 

 

 

 

 

 

Il met les doigts « tentaculés » de lettres et d’empreintes « poétales »

Dans la prise de l’instant où s’exprime ce courant germé

De tous les continus et les alternatives attitudes bercées de tous les riens et les néants.

Il aime ce papier carbone qui réfléchit son monde.

Poète où poétesse, les deux, les trois ou les quatre à la fois,

Androgyne de la création pure générant cette émotion ultime, qui se cache et s’exprime…

Poésie d’équilibre en instance d’éternel don, et d’entière recherche,

Je te dis aujourd’hui tes quatre vérités alors que la nuit fuit.

 

 

 

 

 

De l’émettre et du lire, du certain au sourire maquillé de grammaire et du mot liberté, 

Le balancier fluctue,  notions d’exacerber, et se berce ingénu de ce qu’il lâche aux lions,
 De l’observé au  percevoir jusque dans son inverse animal et humain !

Ne serait-ce que la goutte immatérielle glu de l’espace d’un temps

Nourrissant, biens qu’illusoire et transfert de pouvoir

Le partage d’un homme ou celui d’une femme, c’est l’enfant qui respire.

La communion nourrit la source de l’un la fuite de l’autre, ou tend son équilibre,

Issu d’un cru, d’un entendu, d’un attendu, d’un nu, de tous ses « in situ » qui ne situe personne.

 

 

yannesoganesh

[Ce poème est dédié à tous les auteurs qui figurent aujourd'hui sur ma liste d' Auteurs préférés du Site Nouvelle-Poésie et que vous pouvez consulter sur mon profil, et plus particulièrement à Ice-Raphaël - Sahel - Joséphine, sans qui je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.] – [Mention spéciale à tous les auteurs des poèmes "coupsdecoeur" que j'ai répertoriés au fur et à mesure de mes lectures _Mais j'ai en ai encore tant à faire, lire et dire pour tous vous connaître_ Mentions plus que spéciales à Khadija, Runiques et AlteregO  et Legrand pour leurs dimensions respectives.] y a trop d’absent qui brillent par la rareté de leur apparition et de leur expression, il tiennent néanmoins une place à part entière dans mon coeur)

2008 02 11

Lettre ouverte à mon amour, Mademoiselle Renée, plusieurs fois renée et jamais morte en mon coeur – (Poème à l’esprit décalé pour la Saint Valentin 2008)

Classé sous POESIE — esotcelt @ 15:53

 

 Amour masqué broyant du noir à Paris alors que se disant en Afrique

 

Lettre ouverte à mon amour,
Mademoiselle Renée, plusieurs fois renée et jamais morte en mon coeur,

Je prends ma plume une fois de plus mon amour pour t’apprendre que j’attends toujours, dans les même tourment silencieux, le matin qui m’apportera les mots divins de ta chère personne, ces mots de partage qui relient nos distances..
Dans les rêves auxquels je m’abandonne pendant mes nuits veillées par l’enveloppant souvenir de notre dernier serment, je me fonds dans ta bouche et je vis.
Le jour, je n’ai en tête que le reflet de ton être, tu planes dans la forme des nuages et tu danses dans les flammes d’un feu africain.
Ce soir j’entends ton nom dans l’appel des oiseaux de mer ; je reconnais ta douce voix dans le soupir que le vent nocturne exhale contre ma fenêtre.
Je sens la force de ton amour, sa chaleur au tournant du matin qui se fond dans nos souffles communs.
Le même oiseau ne chante-t-il pas à ta fenêtre le désir tendre et ardent dont il se charge en passant sous la mienne ?
En tous les quotidiens, parmi des roses de porcelaine, le parfum que je respire, les couleurs et les formes que je bois, ne sont que pâles reflet de mon amour ; pour aimable que soient ces fleurs, leur beauté n’est qu’un enfant « tigé » tandis que la tienne à toute la grâce des grands cygnes blancs.

Lettre ouverte à mon amour, Mademoiselle Renée, plusieurs fois renée et jamais morte en mon coeur - (Poème à l'esprit décalé pour la Saint Valentin 2008) dans POESIE eyesaware
C’est pourquoi, mon « cœur-d-amour », je t’offre une fois encore en toute humilité, tout ce que je suis, tout ce que j’ai, tout ce que je ne serai jamais.
Je t’aime au nom de l’Amour et de toute la tendresse qui l’accompagne et te lègue tout ce qui accompagne notre dimension amoureuse.

esotcelt à « Paris » fait le 11 fevrier 2150
Pour ne pas être « ab intestat » au cas où je mourrais avant
.

2008 01 28

Emotions, essence de vie – Recueil de poésie écrit par Lunessences aux Editions Chloé des Lys – [Ainsi que le clip de Father chanté par Helène Ségara - 6'02"] et [documentaires sur le Tigre - Un premier de 2'51" emplies de symbolisme, suivi d'un second de 6'53" d'une réelle émotion] terminé par Nigthtwish et Lacrimosa dans deep silence complete – 4’03 » – +=+ Lacrimosa dans Alleine zu zweit – 3’28

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 20:47

Essence de lune aquatique

Lunessences

*

 C’est en corrélation avec celui du soleil que se manifeste le symbolisme de la lune. Ses deux caractères les plus fondamentaux dérivent, d’une part, de ce que la lune est privée de lumière propre et n’est qu’un reflet de soleil  ; d’autre part, de ce qu’elle traverse des phases différentes et change de forme. C’est pourquoi elle symbolise la dépendance et le principe féminin (sauf exception), ainsi que la périodicité et le renouvellement.

A ce double titre, elle est symbole de transformation et de croissance.

*

Voici, je viens avec un plaisir immense vous emmener sur les pas d’un univers aux sens de Lunessences, à la découverte de ses contraires et de l’amour qu’elle a des mots dans tous ses quotidiens de vie et de pensée.

ganeshabreizh

***

http://www.dailymotion.com/video/x2jjon

Father – Hélène Ségara – 4’11 »

 

*

 

 Mon père,

Ses joues ravagées de sillons profonds, sa peau couleur terre aride, le nez bosselé et courbé comme le bec d’un aigle laissant échapper des narines évasées, la bouche aux lèvres charnues dessinant encore aujourd’hui le même sourire accueillant depuis tant d’années, m’attendrissent.
Ses sourcils broussailleux gris maintenant abritent encore l’éclat d’acier de ses yeux, qui n’ont rien perdu de leur douceur malgré le temps.

Ce paysage vieilli, couleur sépia, si cher à mon cœur d’enfant me sourit, à moi, l’adulte écervelée et nomade, oubliant les peurs et les déceptions infligées.
Ce cœur, d’amour rempli, me regarde tendrement par delà les épreuves et le temps, m’aime comme avant, il abreuve de bonté et de douceur l’enfant qu’il reconnaît et a toujours aimé.

Une perle de pluie naît au coin de ses yeux d’océan tourmenté, elle raconte le bonheur passé, elle raconte l’amour donné et reçu, les heures passées à bercer l’enfant qui a grandi, comme l’espérance de pouvoir le gourmander longtemps, gentiment.
Son discours est plus lent et sa voix moins tonnante, qu’importe, il est là, devant l’entrée, il m’attend et ses bras sont aussi chauds et accueillants que dans mes souvenirs.
Je n’espère plus, je vis.
Je l’aime, le sait-il ?

                                                    Lunessences

(10/05/2004)

*

Emotions, essence de vie - Recueil de poésie écrit par Lunessences édité par les Editions Chloé des Lys (1ère et 4ème de couverture) 

*

interview effectué par Aragorn du Forum Ames-Poétiques:

Cela faisait un moment que je voulais une interview de Lunessences, à force de persévérence j’ai enfin réussis à la décider…Et pour rien vous cachez je ne suis pas déçus…Vous trouverez quelqu’un qui à vécu avec un oeil réfléchit sur ce qu’est la vie, ce qu’on doit d’en faire…Une personne qui garde un peu de son jardin secret…Quelqu’un de bien vous allez voir.

Pour commencer Lune, le résumé du film de ta vie c’est quoi?
Une adolescence qui ne dérogea pas aux règles de la majorité des jeunes,
quelques petites bêtises au collège et au lycée, une ambition démesurée
qui a fait un saut de 10 étages quand j’ai compris certaines réalités
de la vie. Des études donc interrompues mais aujourd’hui sans regret.
Maman de bonne heure, vivre en liberté devinrent mes objectifs. Très
maman poule j’ai appliqué la loi des femelles sauvages, protection et
prévention pour ma progéniture en leur apprenant très tôt à être
indépendant. Aujourd’hui mes enfants ont respectivement 27 et 23 ans,
et j’avoue qu’ils ont bien profité des enseignements de la vie.

Lunessences au quotidien, c’est qui, c’est quoi, c’est comment?
Lunessences (je vais me là jouer à la Delon) est une « chieuse », exigeante envers elle-même et envers les autres. C’est une femme parfois, une
insatisfaite tout le temps. Lunessences c’est terrible, car tellement
simple pourtant….

Une personne qui a marqué ton enfance?
Sans réfléchir : mon père.

Et à quoi rêvait Lunessences petite fille?
Je rêvais d’être une fée ou un avocat.

Ta scolarité et toi? C’était haine, amour, long fleuve tranquille…
J’ai toujours adoré l’école, apprendre, connaître, tout comprendre sauf les maths (j’ai horreur de ça !). Beaucoup de plaisirs dans ma scolarité, mais elle fût sabordée par l’envie d’indépendance et de liberté que j’éprouvais, donc j’ai stoppé très tôt mes études. Fini le long fleuve tranquille !

Te souviens-tu du jour où tu as franchis l’âge adulte?
Je m’en souviens parfaitement puisque c’était le 25 août 1980.

Pourquoi cette date, pourquoi le 25 Août 1980?
Date de naissance de ma fille.

La vie pour toi au jour le jour c’est plutôt? La vie en rose, I will survivre, je t’aime, Staying alive ou je marche seul…
Je pense un peu comme tout le monde, un jour avec, un jour sans. J’essaye
en général de me donner toutes les chances ou tous les outils pour
vivre le mieux possible, et pour cela c’est : « the eye of the tiger ».
Il y a des risques à vivre de cette façon là, en particulier d’apprécier la solitude.

Qu’est ce qu’il te fait avancer dans la vie?
Mes objectifs me font avancer, uniquement. Si je n’ai plus de projets je meurs.

Et avec le temps qu’as-tu perdu?
Ma confiance envers l’autre et ma fraîcheur.

Lunessences au quotidien c’est plutôt la passion ou bien la raison?
La passion nous fait sentir la vie battre en nous, vivifiante, elle est son expression extrême. La raison je n’en ai pas.

Une couleur qui te définirait le mieux?
En rouge et noir, mais j’adore le rose fuschia.

Et puis trois de tes qualités et trois de tes défauts?
Exigeante-autoritaire-méfiante-prudente- paradoxalement naïve et enfantine.

Un choix un seul, chocolat, cigarette, alcool ou amour?
Un choix cornélien, un peu d’Absinthe parfois, mais toujours un bout de chocolat et une cigarette après l’amour.

Et bien oui, cela serait trop facile sinon…Une question d’ordre plus générale maintenant tu es plutôt Tv, radio, livre?
Les trois : La télé pour les films,
La radio pour la musique,
Les livres, pour l’enseignement et la mémoire de l’humanité.

Tu invites trois personnalités actuellement dans l’actualité à manger chez toi, tu choisis qui?
Un spécialiste dans le droit au travail,
Un dans la défense des Droits de l’homme,
Et Casanova.

Al Gore frappe à ta porte, c’est quoi ta réaction?
Dehors ! Va signer le protocole de Kyoto, on verra après, hypocrite et menteur !

Attention Al Gore c’est un prix Nobel…En parlant de prix Nobel Je t’en offre un, lequel choisis-tu?
Prix Nobel : Aucun, ils ne servent à rien sauf aux buts mercantiles et publicitaires.

Qu’aimerais-tu inventer?
La société a pour valeur majeure le profit à tout prix, donc je souhaiterais
réinventer l’altruisme, surtout pour en droguer les Etats-Unis.

Le destin, fiction ou réalité?
Destin espéré ou voulu, on se le donne, le hasard n’existe pas. Il faut du
courage et beaucoup d’amour de soi pour se le forger, hélas, j’en ai
manqué.

Un regret, un seul et unique?
Ne pas avoir compris et accepter plus tôt que l’on a la vie que l’on se donne.

Une épitaphe?
Ne gît pas ici ! ou alors « oh non pas encore !! »

Merci beaucoup Lunessences de t’être ouvert à nous de cette façon, une bien jolie interview il est vrai…On va t’adorer encore plus maintenant…  

Aragorn

*

Lien de l’interview pour suivre les commentaires sur le forum:
http://amespoetique.niceboard.com

*

 La notion de tigre interviens dans l’Être Lunessence aussi dois-je l’évoquer.

Le tigre évoque, d’une manière générale, les idées de puissance et de férocité ; ce qui ne comporte pas que des signes négatifs. C’est un animal chasseur, et en celà un symbole de la caste guerrière. Dans la géomancie comme dans l’alchimie chinoise, le tigre s’oppose au dragon ; mais s’ il est , dans le premier cas, un symbole malfaisant, il figure dsans le second un principe actif, l’énergie, par opposition au principe humide et passif, le plomb opposé au mercure, le souffle au semen.

Les cinq tigres, symboles desforces protectrices, sont les gardiens des quatre points cardinaux et du centre. On donne d’ailleurs à pluseurs reprise, dans l’histoire et la légende chinoise, l’appellation de cinq tigres (wou ho) à des groupes de guerriers valeureux, protecteurs de l ‘empire. L’apparition d’un tigre blanc est un signe de la vertu royale. Le tigre est plus spécialement un animal du Nord, du solstice d’hiver, où il dévore les influences maléfiques. S’il est parfois la monture d’un Immortel, c’est qu’il est doué lui-même de longévité. Sa force symbolise encore, dans le Bouddhisme, celle de la foi, de l’effort spirituel, traversant la jungle des péchés, elle même figurée par une forêt de bambous….

*

 

Image de prévisualisation YouTube

[C’est tout simplement génial pour qui sait se transposer dans lesymbolisme du Tigre
Belle réalisation.
amicalement
ganeshabreizh
]

 

*

Monstre de l’obscurité et de la nouvelle lune, il est ausi une des figures du monde supérieure, le monde de la vie et  de la lumière naissante. On le voit souvent reproduis laissant échapper de sa gueule  l’être humain, représenté par un enfant. Il es t l’ancêtre su clan, assimilé  à la lune renaissante : la lumière qui revient (Carl Hentze dans Mythes et symboles lunaires, Anvers, 1932 et Mircea Eliade dans Traité d’histoire des religions, Paris, 1949, nouvelle édition, 1964).

…….

 

http://www.dailymotion.com/video/xbohl

 

*

Sur le banc du destin

Autre texte pour vous permettre de sentir la necessité qu’il y a  à lire son expression poétique:

Destin…

 

Assise sur un banc, dans cette ville de bruits inutiles,
 j’ai lancé un pont d’espoir et de douleur
 vers des souvenirs qui usent mon cœur.
Images d’odeurs qui font pleurer mes yeux au bord de ta fenêtre.

J’attends, j’attends ma vie depuis que tu es parti, faiblesse d’une femme au cœur tari,
fêlure d’une existence longue de mélancolie.
J’attends… Un rire, une voix, un signe qui jamais ne viendra.
Ame torturée qui ne sais plus vivre,
Cœur aride qui ne peut que survivre…Je suis.

Aujourd’hui, plus jamais ne serai ce que tu as connu, le temps a fait son œuvre, doucement sans bruit s’en est allé… Et s’est perdu.
Assise sur un banc, je regarde ma vie,
ressac éternel pour une erreur commise, un amour interdit
prière indécente pour un amour sacrilège voire libertin
d’un ange et d’une catin.

 

                                                               05/08/2006     

                                        Lunessences 
Copyright SGDL 2006
Tous droits réservés   

 

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http://www.dailymotion.com/video/x1b84o

 

Nightswish et Lacrimosa – Deep silence complete – 4’03″

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                            Ainsi en musique Lunessences vous dit au revoir et à bientôt sur la terres de sa poésie pour un nouveau partage qu’elle commence immédiatement par un dernier texte :

   Ecorchée vive

Il vit haut perché, là où la lune est née, cet homme froid que j’ai touché, hostile et glacial à tout ce qui n’était pas nous.

Je l’ai aimé pour sa beauté d’âme, et j’ai succombé sous le joug de sa chair.
Seigneur de mes nuits je l’ai baptisé et ma peau suinte encore ses caresses et nos ébats.
Il est ce que je suis et ce que je serai,
il est l’homme de toutes les nuits,
il est l’ivresse jusqu’à plus soif,
il est douleur d’aimer,
il est l’esprit fait homme, l’enfant au creux de mon ventre…

L’envie de son corps, de sa peau, ne se tait ni jour, ni nuit,
le désir de gémir sous ses étreintes me tenaille,
écorche ma chair…encore.
la folie me guette, l’odeur de son intimité affole mes sens.

Ange féroce et doux qui m’avez appris cette amoureuse rage, ne soyez plus aveugle et sourd à la luxure de mes suppliques !!
Mais le temps passe et l’automne de ma vie ôte déjà les agréments de ma chair.

                                                                                    Lunessences

                                                                             27/03/2004 

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Tiger moon, la lune du tigre  

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Lunessences par sa Lune du

Tigre salue en vous toutes vos parts de

Soleil et de Lune, elles sont autant de

parts de masculin et de féminin qui

l’habitent.

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Ainsi le fun de la poésie s’accomplit dans un ultime partage en recherche fusionnelle d’échange avec:

 Lacrimosa – Allaine zu zweit – 3’28 »

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http://www.dailymotion.com/video/x3rp1

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Je n’ai vraiment pas envie de vous quitter alors retrouvons-nous sur toutes les pages des « Grenier Des Mots-Reflet » aussi souvent que vous  voudrez partager ; c’est gràce  à vous qu’ils existent au singulier de leurs pluriels.
ganeshabreizh-esotcelt-cherchant-kegineryann-yannesoganesh

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A fleur de peau lunaire et solaire

 

                           

2007 05 18

Questionnement pour « être »

Classé sous Questionnements — ganeshabreizh @ 8:32

to_be-or-not-to_be - Peter G.Ray - http://kenworthwmoffett.net

 

Ne faut-il pas se poser les bonnes  questions, les vraies questions, pour nous permettre d’ « être » ?

En ne connaissant pas le doute, le vrai et simple doute,  ne fait-on pas que devenir ?

En ne se remettant pas en question constamment, ne fait-on pas que paraître ?

En ne faisant pas en sorte de se connaître profondément, sincèrement, sans se juger soi-même, ne fait-on pas en sorte autre chose que de prolonger la dualité qui amène à ne pas s’aimer ou à l’illusion que l’on s’aime ; et en ne s’aimant pas, ou en baignant dans cette illusion d’amour de soi-même,  comment parvenir à aimer les autres ?

 

Pour chaque individu vivant, tout n’est-il pas qu’apparence sil il n’y a pas  « expérimentation personnelle » de toutes les propositions ou affirmations qui nous entourent ?

 

Ne peut-on pas réaliser petit à petit ?

Au fur et à mesure la conscience d’ « être » ne s’éveille-t-elle pas et ne permet-elle pas de comprendre des faits jusqu’alors incompréhensible ?

N’est-ce pas notre mental revêtu de la couverture de l’éducation, habillé de l’errance des archétypes que les sociétés successives ont créés, lestés pesamment par les différentes religions, spiritualités, du monde et leurs « interprétations » et « amalgames », nourris de tous les automatismes et autres habitudes générés par des choix de facilité ou d’impuissance, de peur et de souffrance, qui dirige trop notre pensée qui nous fait « mentaliser » et crée notre illusion d’ « être » ?

 

S’il peut s’avérer que l’on parle la même langue, il n’en demeure pas moins que chacun à son propre langage, ainsi naît l’incompréhension, les faux-semblants, la complaisance inconsciente, qui empêche tout un chacun de ses comprendre. Ne faut-il pas chercher à utiliser le même langage pour éviter les errances et les pertes d’énergie ?

Parler le même langage c’est faire en sorte de se comprendre, non ?

Parler le même langage c’est faire preuve d’amour, non ?

Y aurait-il amour sans compréhension ?

 

S’abstenir d’aller petit à petit, à son rythme, au fond de la connaissance de soi-même, avec l’humilité et la simplicité de l’enfant, n’est-ce pas décider de continuer à avoir peur, à souffrir ?

Et en nourrissant ces peurs et ses souffrances n’obtient-on pas comme seul résultat, de faire souffrir les autres et d’alimenter leurs propres peurs ?

En étant dans cet état, on pense soigner sa personne, mais ne fait-on pas autre chose que de se « droguer » d’illusions ?

Est-il si facile de se passer de ses « drogues » qui peuvent s’appeler, argent, matérialisme, spiritualité, laïcité, religion, philosophie, sagesse… qui ne sont que des concepts revêtus de la pensée des autres ?

Pour se désintoxiquer des « soi-disant-savoirs » pour quoi ne pas apprendre à s’ouvrir à soi-même, alors que l’on est le plus souvent tourné vers l’extérieur et ses apparences, de manière à s’initier au « lâcher-prise », à méditer, et les passer au crible de sa conscience propre ?

En ne prenant pas le soin de le faire sous quelques prétextes que ce soit, ne parvient-on pas à la conclusion que le temps choisi pour le réaliser est un temps à prendre sur les « soi-disant-loisirs » de chaque individu ? Et ses loisirs seraient donc plus importants que ce qu’on leurs sacrifierait ? Ces « loisirs », ne participent-t-ils pas à nous maintenir dans l’illusion ?

Le choix est-il si difficile ?

 

Pourquoi ne pas y arriver progressivement, mais consciemment, sans aucune contrainte, sans se forcer ni s’obliger à. Simplement transformer petit à petit la conscience que l’on a de soi-même. Apprendre à vivre sans ce que certains appellent le poids du passé, ni l’illusion de ce que l’on entretien avec la notion de futur, ce devenir qui n’est pas « être. « » ( Comment parler d’avenir, envisager un futur alors qu’on ne maîtrise pas la notion d’ « être » ? Si l’on n’est pas d’abord il ne peut y avoir de futur, ne faut-il donc pas d’abord construire l’« être » pour pouvoir envisager le futur et non pas l’inverse ?  ) Est-il donc utopiste de l’exécuter ?

 

N’est-ce pas à chacun de trouver ses réponses ?

 

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ganeshabreizh

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Foetus de 15 semaines

2007 04 27

Consolation à Marcia – VII – VIII – IX – Seneque (mort dans le monde animal-entretien de la souffrance-inégalité des êtres devant la mort-Fait de la Nature-Anticipation)

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 12:04

 

Sénèque  ( Seneca)

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VII

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1 – « Mais, diras-tu, il est conforme à la Nature de regretter d’avoir perdu les siens. »

Qui dit le contraire, aussi longtemps que ce regret est mesuré ?

En effet, la séparation, et pas seulement la perte d’êtres très chers, fait inévitablement mal et elle serre les coeurs, même les plus endurcis. Mais il s’agit davantage des effets de notre imagination que des prescriptions de la Nature.

2 – Observe combien les animaux privés de parole manifestent, quand il perdent leurs petits, une douleur certes violente, mais brève : on entend seulement un jour ou deux le mugissement des vaches et la course errante et folle des cavales ne dure pas plus longtemps ; les bêtes sauvages, après avoir recherché les trace de leurs petits, après avoir erré dans les forêts, après être retournées à plusieurs reprises dans leurs tanières dévastées, étouffent leur fureur en peu de temps ; les oiseaux s’affolent à grands cris autour de leurs nids vides et pourtant, un instant suffit pour qu’ils reprennent tranquillement leur vol ; l’homme est le seul des animaux à regretter longuement d’avoir perdu son petit, il entretient sa souffrance et il n’en est pas seulement affecté aussi longtemps qu’il l’éprouve mais aussi longtemps qu’il a décidé de l’éprouver.

3 – Mais afin que tu saches qu’il n’est pas conforme à la Nature de se laisser briser par le chagrin, je te ferai d’abord remarquer qu’un même deuil brise plus profondément les femmes que les hommes, les Barbares que les gens appartenant à une nation pacifique et éduquée, les ignorants que les gens instruits.

Or ce qui tire ses effets de la Nature conserve des effets identiques chez tous les êtres : il est clair que ce qui varie n’est pas le fait de la Nature.

4 – Le feu brûlera indifféremment les gens de tous âges, les citoyens de toutes villes, les hommes comme les femmes ; le fer prouvera indifféremment sa capacité à trancher, quel que soit le corps. Pourquoi ?

Parce que ses propriétés leur ont été données par la Nature qui n’établit rien à l’échelle de l’individu.

Mais la pauvreté, le chagrin occasionné par le deuil, le mépris, chacun les éprouve diversement, selon qu’il est plus ou moins corrompu par les habitudes et selon que le rend plus ou moins faible et sans courage l’opinion terrifiante qu’il se fait des choses qui ne sont pas terrifiantes.

*

VIII

*

1 – Je te ferai ensuite remarquer que ce qui est le fait de la Nature ne décroit pas avec le temps, alors qu’à la longue,  la douleur finit par se dissiper. Même si elle est très têtue, que chaque jour, elle se redresse et se cabre contre tous les remèdes, le temps, qui réussit merveilleusement à calmer les natures fougueuses, finit tout de même par l’affaiblir.

2 – Certes, Marcia, ton chagrin demeure immense et il semble s’être déjà couvert de callosités : si il n’est plus virulent comme au début, il reste tenace et obstiné ; celà n’empêchera cependant pas le temps de t’en délivrer progressivement.

Chaque fois que tu t’occuperas aillleurs, ton esprit s’en affranchira un peu plus.

3 – Mais pour le moment, tu te surveilles ; or il y a une grande différence entre te laisser aller à te lamenter et t’y forcer.

Comme il conviendrait davantage à ta distinction naturelle de mettre toi-même un terme à ton deuil et de ne pas attendre le jour où ta douleur cessera malgré toi ! Prends l’initiative de la rupture !

*

IX

*

1 –  » D’où vient donc, me diras-tu, que nous nous obstinions tellement dans nos lamentations, si ce n’est pas la Nature qui nous y invite ? »

C’est que nous n’anticipons pas le malheur avant qu’il ne nous arrive et comme si nous étions nous-même protégés et que nous nous avancions sur une voie plus sûre que celle qu’empruntent les autres gens, nous ne comprenons pas, en voyant les infortunes d’autrui, qu’elles nous sont communes à tous.

2 - Tous ces cortèges funèbres qui longent notre demeure… et pourtant nous ne songeons pas à la mort ! Tous ces morts prématurés… et pourtant nous n’arrêtons pas de penser à la future toge de nos bébés, à leur service militaire et leur succession à l’héritage paternel !

Tous ces riches sur lesquels nous voyons tout à coup fondre la pauvreté… et pourtant il ne nous effleure jamais à l’esprit que nos biens, à nous aussi, sont tout aussi peu en sûreté !

De cette manière, nous courons d’autant plus inévitablement à la catastrophe : les coups nous atteignent comme par surprise, tandis que des coups prévus longtemps à l’avance arrivent plus en douceur.

3 – Tu veux que je te dise que tu es exposée à tous les coups mais que les traits qui ont transpercé les autres n’ont fait que t’effleurer de leurs vibrations ?

Mais c’est comme si tu abordais à moitié armée une muraille ou un lieu gardé par une nombreuse armée et difficile à escalader : attends-toi à une blessure et considère que ces projectiles qui volent au-dessus de ta tête, accompagnés de flèches et de javelots, visaient ton corps. Chaque fois que quelqu’un tombera à tes côtés ou dans ton dos, écrie-toi : « Tu ne me tromperas pas, Fortune, et si tu m’écrases, ce ne sera pas parce que je ne me méfiais pas ou que je ne faisais pas attention. Je sais ce que tu prépares ; c’est quelqu’un d’autre que tu as frappé mais c’est moi que tu visais. »

4- Qui a jamais regardé ses biens en pensant qu’il allait mourir ?

Qui d’entre-nous à jamais osé songer à l’exil, à la pauvreté, au deuil ?

Qui, si on lui conseillait d’y songer, ne repousserait un tel conseil comme un sinistre présage et ne souhaiterait envoyer ces catastrophes sur la tête de ses ennemis ou même sur son inopportun donneur de leçons ?

 

5 – « Je n’ai pas cru que cela arriverait. »

Crois-tu vraiment qu’une chose dont tu sais qu’elle peut se produire, dont tu vois qu’elle s’est produite pour beaucoup de gens, n’arrivera pas ?

Quel remarquable vers que celui-ci et comme il aurait mérité autre chose que les tréteaux :

« Ce qui peut arriver à un individu, peut arriver à n’importe qui » ! (vers de Publilius Syrus, mime célèbre pour ses maximes.)

Tel a perdu ses enfants ; toi aussi tu peux les perdre. Tel a été condamné ; ton innocence, elle aussi, est menacée. Telle est l’illusion qui nous trompe et nous ramollit quand nous subissons des malheurs dont nous n’avions jamais prévu que nous aurions à les subir. On ôte un peu de leur violence aux maux présents quand on les a vus venir.

*

 

La mort de Sénèque  ( détail) par Paul Rubens

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