Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

2011 03 13

DE LA POESIE A LA PRIERE [ 1 - Souvenons-nous... de la nuit jaillira Sa Lumière]

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 22:09

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SOUVENONS-NOUS :

DE LA NUIT JAILLIRA SA LUMIERE

 

 

Souvenons-nous…Adam et Eve du temps premier ;

Ce temps d’avant, vierge du péché !

Rappelle-toi Adam, ce goût d’éternité, de Paradis,

Tu y coulais la condition divine de ta vie !

Oh, Adam ! Qu’as-tu fais de toutes libertés ?

Pourquoi avoir voulu t’emparer de cette condition,

Voulant ainsi par orgueil égaler Dieu dans son action ?

Alors des jours illuminés par sa présence

Tu nous fis enterrer dans une nuit intense.

 

 

Quand de la nuit des temps surgit l’écho des voix

Qui se perdent au vent, s’éloignant de la Foi,

Percluses de jours trop lourds où la vie se fait dure,

Mais redressant toujours, une âme aux clairs murmures…

 

 

 

 

Ecoute le silence qui te dira sans bruit

Que Dieu est Bienveillance, et jamais ne t’oublie,

Que l’Espoir en partance met ton cœur en sursis

De l’attendue présence, ce grand souffle de Vie.

 

 

Quand la peur t’envahit, que sous ton front on voit

Planer nuages gris et rêves aux abois,

Que ton ciel entier crie, qu’en plus rien tu ne crois

Et que se noie ta vie en profond désarroi…

 

 

Ecoute la chanter, cristalline et vivante,

En cœur d’immensité et douceurs odorantes

La voix de cet Amour qui nous a tout donné

Nous promettant toujours de venir nous sauver…

 

 

 

 

Homme, réveille-toi ; femme suis son pas !

Femme, réveille-toi ; homme, suis son pas !

Les enfants vous regardent pour suivre le Chemin !

Si nous sommes dans la nuit d’un hésitant destin

C’est pour renaître en une humilité sans fin.

Les Prophètes éclairés annoncèrent le Sauveur des humains ;

Et ce temps de l’Avent crée l’hymne d’Amour total :

Ce Chant de Louange et de Joie reflets de sa Lumière Fœtale.

 

 

Et nous avons marché, et nous sommes tombés,

Nous sommes relevés, avec humilité.

Et nous avons couru dans le désert ardu,

Bravé nos pas perdus, pour ce nouveau-né, nu…

 

ALORS, TOI QUI CROIT… N’OUBLIE JAMAIS

 

D’écouter le silence qui te dit en chantant

Que Dieu n’est que clémence et t’aime infiniment.

Que l’espoir en partance met ton cœur en suspens

De cet Amour immense qui brille au firmament…

 

 

 

 

Que le doute s’efface en voie d’obéissance !

Nourris et baignés par sa Parole en permanence

Alors nous qui croyons en Lui, vivrons ainsi,

Détruisant nos montagnes d’orgueil bouffies.

Car Jésus, Fils de Dieu, en naissant comme un homme

Du sein de la Vierge femme : Marie que l’on nomme ;

Est fruit du renoncement et de la soumission.

Le Père est là aimant voir que nous veillons.

 

Ne restons pas dans cet éphémère de la chair,

Celle-ci passe comme l’herbe se fane à l’air

Et nous serons sauvés par l’Esprit qui libère.

 

 

 

 

Patricia & Yann

20101215

 

2010 05 27

Acceptes-tu !

Classé sous A l'ecoute de ... — ganeshabreizh @ 12:32

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Acceptes-tu !

Paroles et musique : Cécile Brasseur –

Communauté des Béatitudes

1. Acceptes-tu de mourir avec moi, toi à qui je donne vie,

N´aie pas peur de ce chemin devant toi,

Moi, je précède ton pas.

Demeure en moi pour trouver la vraie vie

Hors de moi tu ne peux rien.

 

R. Laisse-moi étreindre ton cœur et ta vie,

Afin de porter du fruit (bis)

 

2. Mon cœur brulant veut s´épancher en toi

Source d´où jaillit la vie,

Laisse se creuser mon désir en toi pour renaitre de l´Esprit.

Si le grain tombé en terre ne meurt

Il ne peut porter du fruit

 

R. Laisse mon cœur se consumer en toi

De l´Amour qui donne vie. (Bis)

 

3. Laisse-moi façonner ton cœur à mon gré,

Peu à peu dans le secret

Tiens-le offert en silence près du mien

Coupe fragile de mon Sang

Laisse mes yeux éclairer ton regard

Pour en porter le reflet

 

R. Sois l´instrument de mon cœur, de ma joie

Va je suis là, ne crains pas !

Sois l´instrument de mon cœur, de ma joie

Va je suis là près de toi !

2008 12 19

A ceux qui se sentent renaître !

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 14:01

 

Méditation sur le regard intérieur

 A ceux qui se sentent renaître !

‘ 

Se le dire quand le soleil se couche,

En rêver la nuit alors pour démultiplier, 

Méditer puissamment à l’astre se levant,

Le vivre au jour le jour ; à chaque respiration…

Être alors ce que l’ on décide en arbitre de soi,

Conscient du Destin qui s’anime…

A chaque battement de vie.

‘ 

Ton île d’être est le port de ton âme,
Ecoute les battements de ton coeur en chemin
Qui te rappellent à l’Être, au respir’,
La conscience se profile quand on ne l’attend pas.
Ferme les yeux et ouvre-les du regard intérieur,
Sens le enfin ce beau chemin vers toi!
Tu y verras cette terre neuve et libre,
Neuve du temps et de l’espace gommés, et libre…
Libre de toi qui te cherche, et des autres
Qui te trouvant, devront toujours te rechercher,
Toi la danseuse au goût d’étoiles et de planètes,
Toi le danseur « fildeferiste », équilibriste en transit,
Qui anime tant de soleils et de lunes !
Qui tutoies tant de chutes et de blessures !

Se le dire quand le soleil se couche,

En rêver la nuit alors pour démultiplier, 

Méditer puissamment à l’astre se levant,

Le vivre au jour le jour ; à chaque respiration…

Être alors ce que l’ on décide en arbitre de soi,

Conscient du Destin qui s’anime…

A chaque battement de vie.
 

 ’

Détrempez ce regard nouveau qui vient de sourdre,
Décillez vos dimensions du coeur à l’ancre,
Du coeur errant,du coeur de beurre qui fond sous « x ».
Ouvrez-vous à l’absolu, oubliez les relatifs communs,
Nourrissez-vous de tous les dons de Soi que vous distribuiez
Sans compter, sans rêver ou si peu… pas suffisamment !
Vivez ce nouveau regard intérieur plein de chaleur
Et de choses déjà dîtes en un temps et à redécouvrir !
Faites-le avec cette vibration intime d’oeuvrer,
D’être enfin une femme neuve, un « hommo-novus »,
Ceux que vous savez dessiner depuis tant de renaissances
Et que vous embrassez enfin pour le meilleur et pour le vivre.
La vie est à ce prix que la glace renvoie lorsque se fige le moment du  vrai regard.

Se le dire quand le soleil se couche,En rêver la nuit alors pour démultiplier, 

Méditer puissamment à l’astre se levant,

Le vivre au jour le jour ; à chaque respiration…

Être alors ce que l’ on décide en arbitre de soi,

Conscient du Destin qui s’anime…

A chaque battement de vie.
 

*

yannesh

2008 07 6

Symbolisme et nombre : le treize

Classé sous — ganeshabreizh @ 7:25

  

La Cène peinte par Duccio

 

Dès l’Antiquité, le nombre treize fut considéré comme de mauvais augure. Philippe de Macédoine (360- 3336 av.JC ; père d’Alexandre le Grand), ayant ajouté sa statue à celle des Douze Dieux majeurs, lors d’une procession mourût assassiné peu après au théâtre.

 

Au dernier repas du Christ avec ses apôtres, à la Cène, les convives étaient treize. La Kabbale dénombrait treize esprits du mal. Le 13ème chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et de la Bête.

 

Cependant, le treizième dans un groupe apparaît aussi dans l’Antiquité, comme le plus puissant et le plus sublime. Tel est le cas de Zeus dans le cortège des douze dieux, au milieu desquels il siège ou s’avance, comme un treizième, selon Platon et Ovide, distinct des autres par sa supériorité. Ulysse, le treizième de son groupe, échappe à l’appétit dévorant du Cyclope.

 

Dans l’arithmo – symbologie d’Allendy, « ce nombre représente un principe d’activité 3 s’exerçant dans l’unité d’un tout 10 qui le contient » et qui, en conséquence, le limite. Treize correspondrait à un système organisé et dynamique, mais déterminé et particulier, non pas universel ; il serait en quelque sorte la clé d’un ensemble partiel et relatif. Aussi R  Schwaller l’interprète-t-il comme « la puissance génératrice, bonne ou mauvaise ». Par ses limites statiques (le dénaire statique) et dynamiques (le ternaire actif), 13 marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance, puisque celle-ci est limitée : « effort périodiquement brisé ». D’une façon générale, le treize, comme un élément excentrique,  marginal, erratique, détache de l’ordre et des rythmes normaux de l’univers : « au point de vue cosmique, l’initiative du 13 est plutôt mauvaise, parce que l’action de la créature – non harmonisée avec la loi universelle – ne peut être qu’aveugle et insuffisante ; elle sert à l’évolution de l’individu, mais elle agite l’ordonnance du macrocosme et trouble son repos. C’est une unité secouant l’équilibre des rapports variés dans le monde (12 + 1) ».

 

Chiffre sacré fondamental dans l’astronomie, le calendrier et la théologie des anciens mexicains : les « treize dieux » et le dieu treize dans le Popol – Vuh ; le soleil au zénith et les douze étoiles, les douze « dieux des pluies », hypostase du treizième qui est aussi le premier, ou « grand dieu du ciel » : « La Treizième revient… c’est encore la première. Et c’est toujours la seule, ou c’est le seul moment. Car tu es reine, ô toi ! la première ou dernière… (Gérard de Nerval : Artémis – dans les Chimères). C’est dans ce sens qu’il faut interpréter la Mort, treizième arcane majeur du Tarot : elle ne signifie pas une fin, mais un recommencement après l’achèvement d’un cycle : 13 =  12 + 1.

 

Chez les aztèques, c’est le chiffre des temps lui-même, celui qui représente l’achèvement de al série temporelle, il est associé au chiffre 52, le siècle  aztèque (13 x 4), la « ligature des années » pour la durée des soleils. Le premier et le quatrième soleil, qui ont une durée de 676 ans chacun, sont les plus parfaits, puisqu’ils ne contiennent que les deux nombres : 13 x 52 = 676.

Treize jours, c’est également la durée de la semaine aztèque.

D’une façon générale, ce nombre correspondrait à un recommencement, avec cette nuance péjorative qu’il s’agirait moins de renaître que de refaire quelque chose. Il représenterait, par exemple, la perpétuelle remontée du rocher de Sisyphe, ou le tonneau des Danaïdes impossible à remplir.

 

Mythe de Sisyphe (cratère de Munich)

2008 06 17

A propos de Symbolisme – Les Couleurs – I – Noir, le Noir : la couleur Noire !

Classé sous — ganeshabreizh @ 6:59

 

Noir, le Noir : la couleur Noire !

 

 

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Contre couleur du Blanc, le Noir est son égal en valeur absolue.

Comme le Blanc il peut se situer aux deux extrémités de la gamme chromatique, en tant que limite des couleurs chaudes comme des couleurs froides. ; selon sa matité ou sa brillance, il devient alors l’absence ou la somme des couleurs, leur négation ou leur synthèse.

Symboliquement, il est le plus souvent entendu sous son aspect froid négatif.

Contre-couleur de toute couleur, il est associé aux ténèbres primordiales, à l’indifférencié originel. En ce sens il rappelle la signification du blanc neutre, du blanc vide, et sert de support à des représentations symboliques analogues, telles que les chevaux de la mort, tantôt blanc, tantôt noirs. Mais le blanc neutre et chtonien est associé, dans les images du mondes, à l’axe Est-Ouest, qui est celui des départs et des mutations, tandis que le noir se place, lui, sur l’axe Nord-Sud, qui est celui de la transcendance absolue et des pôles.

Selon que les peuples placent leur enfer et le dessous du monde vers le Nord ou vers le Sud, l’une ou l’autre de ces directions est considérée comme noire. Ainsi le Nord est-il noir pour les Aztèques, les Algonkin, les Chinois, le Sud pour  les Mayas, et le Nadir, c’est-à-dire la base de l’axe du monde les indiens Pueblo.

*

Installé ainsi en dessous du monde, le noir exprime la passivité absolue, l’état de mort accomplie et invariante entre ces deux nuits blanches où s’opèrent, sur ses flancs, les passages de la nuit au jour et du jour à la nuit.

Le noir est donc couleur de deuil, non point comme le blanc, mais d’une façon plus accablante. Le deuil blanc a quelque chose de messianique. Il indique une absence destinée à être comblée, une vacance provisoire. C’est le deuil des Rois et des Dieux, qui vont obligatoirement renaître : le Roi est mort, vive le Roi ! correspond bien à cette cour de France où le deuil se portait en blanc. 

Le deuil noir, lui, est, pourrait-on dire, le deuil sans espoir. « Comme une Rien sans possibilités, comme un Rien mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans l’espérance même d’un avenir, résonne intérieurement le noir», écrit Kandinsky [Vassili Kandinsky, Du spirituel dans l'art, Paris, 1954.]

Le deuil noir c’est la perte définitive, la chute sans retour dans le Néant : L’Adam et Eve du Zoroastrisme, abusés par Ahriman, s’habillent de noir lorsqu’ils sont chassés du Paradis.

Couleur de la condamnation, le noir devient aussi la couleur du renoncement à la vanité de ce monde, d’où les manteaux noirs qui constituent une proclamation de foi dans le Christianisme et dans l’Islam : Le manteau noir des Mawlavi – les Derviches tourneurs du Soufisme (taçawuff) – représente la pierre tombale. Lorsque l’initié le quitte  pour entreprendre sa danse giratoire, il apparaît vêtu d’une robe blanche, qui symbolise sa renaissance au divin, c’eset à dire à la Réalité Véritable : entre temps les trompettes du jugement ont sonné.

En Egypte, « ’après Horapollon, une colombe noire était le hiéroglyphe de la femme qui reste veuve jusqu’à sa mort.» [Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, Paris, 1837].Cette colombe noire peut être considérée comme l’Eros frustré, la vie niée. On sait la  fatalité manifestée par le navire aux voiles noires, depuis l’épopée grecque jusqu’à celle de Tristan.

Mais le monde chtonien, le dessous de la réalité apparente, est aussi le ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. « Couleur de deuil en Occident, le noir est à l’origine le symbole de la fécondité, comme dans l’Egypte ancienne ou en Afrique du Nord : la couleur de la terre fertile et des nuages gonflés d’eau de pluie. » [Jean Servier, l'Homme et l'Invisible, p. 96 Paris, 1964]. S’il est en noir comme les eaux profondes, c’est aussi parce qu’il contient la capital de la vie latente, parce qu’il est le grand réservoir de toutes choses : Homère voit l’Océan noir. Les Grandes Déesses de la Fertilité, ces vieilles déesses-mères, sont souvent noires en vertu de leur origine chtonienne : les Vierges noires reconduisent ainsi les Isis, les Athon, les Déméter et les Cybèles, les Aphrodites noires. Orphée dit, selon Frédéric Portal (ib.) : « Je chanterai la nuit, mère des dieux et des hommes, la nuit origine de toutes choses créées, et nous la nommerons Vénus. » Ce noir revêt le ventre du monde, où, dans la grande obscurité gestatrice, opère le rouge du feu et du sang, symbole de la force vitale. D’où l’opposition fréquente du rouge et du noir sur l’Axe Nord-Sud, ou, ce qui revient au même, le fait que rouge et noir peuvent apparaître comme deux substituts, ainsi que le fait remarquer Jacques Soustelle, [la Pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940.] à propos de l’image du monde des Aztèques. D’où aussi la représentation des Dioscures montés sur deux chevaux, l’un noir et l’autre rouge, sur un vase grec décrit par Frédéric Portal, et aussi, sur un autre vase, également décrit par cet auteur, le costume de Camillus, les grand psychopompe des Etrusques, qui a le corps rouge, mais des ailes, des bottines et une tunique noire.

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Les couleurs de « La Mort », Arcane 13 du Tarot, sont significatives. Cette mort initiatique, prélude d’une véritable naissance, fauche le paysage de la réalité apparente – paysage des illusion périssables – d’une faux rouge, tandis que ce paysage est lui-même peint en noir. L’instrument du trépas représente la force vitale et sa victime le néant : fauchant la vie illusoire, l’Arcane 13 prépare l’accès à la vie réelle.

Le symbolisme du nombre confirme ici celui de la couleur ; 13, qui succède à 12, chiffre du cycle accompli, introduit à un nouveau départ, amorce un renouvellement.

Dans le langage du blason, la couleur noire se nomme sable,  ce qui exprime ses affinités avec la terre stérile, habituellement représentée par un jaune ocre, qui est parfois aussi le substitut du noir : c’est ce même jaune de terre ou de sable qui représente le nord, froid et hivernal, pour certains peuples amérindiens, ainsi que pour les Tibétains et les Kalmouk. Le sable signifie prudence, sagesse et constance dans la tristesse et les adversités [Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, p. 177, Paris, 1837]. Du même symbolisme relèverait le fameux vers du Cantique des Cantiques : « Je suis noire et pourtant belle, fille de Jérusalem », qui selon des exégètes de l’Ancien Testament, est le symbole d’une grande épreuve. Il n’est peut être pas que cela, car le noir brillant et chaud, issu du rouge, représente, lui, la somme des couleurs. Il devient la lumière divine par excellence dans la pensée des mystiques musulmans. Mevlana Djalâlud-Din Rûmi, le fondateur de l’ordre des Mawlavi ou Derviches Tourneurs, compare les étapes de progressions intérieures du Soufi vers la béatitude à une échelle chromatique. Celle-ci part du blanc, qui représente le Livre de la Loi coranique, valeur de départ passive, par ce qu’elle précède l’engagement du Derviche sur la voie du perfectionnement. Elle aboutit au Noir par le rouge : ce Noir, selon la pensée de Mevlana, est la couleur absolue, l’aboutissement de toutes les autres couleurs, gravies comme autant de marches, pour atteindre au stade suprême de l’extase, où la Divinité apparaît au mystique et l’éblouit. Là aussi le Noir brillant est donc très exactement identique au Blanc brillant. Sans doute peut-on interpréter de la même manière la pierre de la Mecque, elle aussi d’un noir brillant.

On le retrouve en Afrique avec cette profonde patine aux reflets rougeâtres, qui recouvre les statuettes du Gabon gardiennes des sanctuaires où sont conservés les crânes des ancêtres.

Au profane, ce même noir brillant et rougeâtre est le noir « moreau »  des coursiers  de la tradition populaire russe, symbolisant l’ardeur et la puissance de la jeunesse.

Le mariage du noir et du blanc est une hiérogamie ; il engendre le gris moyen, qui, dans la sphère chromatique, est la valeur du centre, c’est-à-dire de l’homme.

*

En Extrême-Orient, la dualité du noir et du blanc est, d’une façon générale, celle de l’ombre et de la lumière, du jour et de la nuit, de la connaissance et de l’ignorance, du yin et du yang, de la Terre et du Ciel.

En mode hindou, c’est celles des tendances « tamas » (descendante ou dispersive) et « sattva » (ascendante ou cohésive), ou encore celle de la caste des « shudra » et de la caste des Brahmanes (d’une façon générale, le blanc est la couleur du sacerdoce). Toutefois, « Shiva » (« tamas ») est blanc et « Vishnu » (« sattva ») est noir, ce que les textes expliquent par l’inter dépendances des opposés, mais surtout par le fait que la manifestation extérieure du principe blanc apparaît noire et inversement, de même qu’elle est inversée par la réflexion sur le « miroir » des Eaux.

Le noir est, de façon générale, la couleur de al Substance universelle (« Prakriti »), de la « materia prima », de l’indifférenciation primordiale, du chaos originel, dees eaux inférieures, du nord, de la « mort » : ainsi de la « nigredo » hermétique aux symbolismes hindou, chinois, japonais (ce en quoi il ne s’oppose d’ailleurs pas toujours au blanc mais, par exemple en Chine, au jaune ou au rouge).

Le noir possède incontestablement en ce sens un aspect d’obscurité et d’impureté. Mais inversement, il est le symbole supérieur de la non-manifestation et de la « virginité » primordiale : à ce sens se rattachent le symbolisme des Vierges noires médiévales, celui aussi de Kâlî, noire parce qu’elle réintègre dans l’informel la dispersion des formes et des couleurs.

Dans la « Bhagavad Gîta », c’est véritablement « Krishna », l’immortel, qui est le « sombre », tandis qu’ « Arjuna », le mortel, est le « blanc », images perspectives du « Soi » universel et du « moi » individuel. Nous rejoignons d’ailleurs ici le symbolisme de « Vishnu » et de « Shiva ». L’initié hindou s’assied sur une peau à poils noirs et blancs, signifiant encore le non-manifesté et la manifestation. Dans la même perspective, René Guénon a noté l’important symbolisme des « visages noires » éthiopiens, des « têtes noires » chaldéennes et aussi chinoies (kien-cheou), ainsi que de la « kem », ou « terre noire » égyptienne, toutes ces expressions ayant certainement un sens « central et primordial », la manifestation qui rayonne du centre apparaissant « blanche » comme la lumière.

Car en fait, le « hei » chinois évoque à la fois la couleur noire et la perversion et le repentir ; le noircissement rituel du visage est un signe d’humilité, il vise à solliciter le pardon des fautes. De même, « Malkût » est le second « Hé » du Tétragramme. Exilée et dolente, cette lettre, de taille normale, se rétrécit jusqu’à n’être qu’un petit point noir, qui évoque la forme de la lettre « yod », la plus petite de l’alphabet hébreu.

L’œuvre au noir hermétique, qui est une « mort » et un retour au « chaos » indifférencié, aboutit à l’œuvre au blanc, finalement à l’ « œuvre au rouge » de la libération spirituelle. Et l’embryologie symbolique du Taoïsme fait monter le « principe humide » des noirceurs de l’ « abîme » (k’an) pour l’unir au « principe igné », en vue de l’éclosion de la « Fleur d’Or » : la couleur de l’or est le blanc.

[Louis Chochod, Occultisme et Magie en Extrême-Orient, Paris, 1949.]

[Jean Danielou, le Mystère de l'Avent, Paris, 1948.]

[Mircea Eliade, Forgerons et Alchimiste, Paris, 1956.]

[Pierre Grison, le Traité de la Fleur d'Or du suprême Un, Paris, 1966.]

[René Guénon, le Symbolisme de la Croix, Paris, 1931.]

[René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962.]

[Jean Herbert, Aux sources du Japon : le Shintô, Paris, 1964.]

[Henri Maspero, le Taoïsme, Paris, 1950.]

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Du point de vue de l’analyse psychologique, dans les rêves diurnes ou nocturnes, comme dans les perceptions sensibles à l’état de veille, le noir est considéré comme l’absence de toute couleurs, de toute lumière. Le noir absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque, avant tout, le « chaos », le néant, le ciel nocturne, les ténèbres terrestres de la nuit, le mal, l’ « angoisse », la tristesse, l’inconscience et la Mort.

Mais le noir est aussi la « terre fertile », réceptacle du « si le grain ne meurt » de l’Evangile, cette terre qui contient les tombeaux, devenu ainsi le séjour des morts et préparent leur renaissance. C’est pourquoi les cérémonies du culte de Pluton, Dieu des Enfers, comprenaient des sacrifices d’animaux noirs, ornés de bandelettes de même couleur. Ces sacrifices ne pouvaient avoir lieu que dans les ténèbres et la tête de la victime devait être tournée vers la terre.

 Le noir rappelle aussi les profondeurs abyssales, les « gouffres » océaniques (« Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune » [Oceano Vox - Victor Hugo]) ; ce qui amenait les anciens à sacrifier des taureaux noirs à Neptune.

En tant qu’évocateur du néant et du chaos, c’est-à-dire de la confusion et du désordre, i lest l’ « obscurité des origines » ; il précède la création dans toutes les religions. Pour la Bible, avant que la « lumière soit, la terre était informe et vide, les ténèbres recouvraient la face de l’Abîme ». Pour la mythologie gréco-latine, l’état primordial du monde était le Chaos ; Le Chaos engendra la Nuit qui épousa son frère l’Erèbe : ils eurent un fils l’Ether.

Ainsi à travers Nuit et Chaos, commence à percer la lumière de la création : l’Ether. Mais entre temps, la Nuit avait engendré, outre le Sommeil et la Mort, toutes les misères du monde comme la pauvreté, la maladie, la vieillesse, etc. Cependant, malgré l’angoisse provoquée par les ténèbres, les Grecs qualifiaient la Nuit d’ « Euphronè », c’est-à-dire la « Mère de bon conseil ». Nous-même disons ; « la Nuit porte conseil. »

C’est qu’en effet, c’est principalement la nuit que nous pouvons progresser en faisant notre profit des avertissements donnés par les rêves, ainsi qu’il est conseillé dans la Bible (Job, 33, 14) et dans le Coran (Sourate, 42).

Si le noir s’attache à l’idée du Mal, c’est-à-dire à tout ce qui contrarie ou retarde le plan d’évolution voulu par le Divin, c’est que ce noir évoque, ce que les Hindous appellent l’Ignorance, l’ « ombre » de Carl Gustav Jung, le diabolique Serpent-Dragon des Mythologies, qu’il faut vaincre en soi pour assurer sa propre métamorphose, mais qui nous trahit à chaque instant.

Ainsi sur quelques très rares images du Moyen Age, Judas le traître apparaît nimbé de noir ;

Ce noir associé au Mal et à l’ « Inconscience » se retrouve dans des expressions telles que : « tramer de noirs desseins », la « noirceur de son âme », un « roman noir ». Quant à « être noir », c’est précisément se trouver dans l’inconscience de l’ivresse. Et si nos turpitudes et nos jalousies sont projetées sur quelqu’un, il devient notre « bête noire ».

Le noir comme couleur marquant la mélancolie, le pessimisme, l’affliction ou le malheur, se rencontreà toutes minutes dans le langage quotidien  nous « broyons du noir »,  nous avons des « idées noires », nous somme d’une « humeur noire », nous nous trouvons dans une « purée noire ». Les écoliers anglais appellent « Black Monday » le lundi de la rentrée des classes et les Romains marquaient d’une « pierre noire » les jours néfastes.

Lorsque le Noir évoque la mort, c’est bien dans les toilettes de deuil et dans les vêtements sacerdotaux des messes des morts ou du Vendredi Saint que nous le retrouvons.

Enfin le noir se joint aux couleurs diaboliques pour évoquer, avec le rouge, la matière en ignition. Satan est appelé le Prince des Ténèbres et Jésus lui-même est parfois représenté en Noir, lorsqu’il est tenté par le Diable, comme recouvert du voile noir de la tentation.

Dans son influence sur le psychisme, le Noir donne une impression d’opacité, d’épaississement, de « lourdeur ». C’est ainsi qu’un fardeau peint en noir apparaîtra plus lourd qu’un fardeau peint en blanc. Cependant un tableau aussi sombre (c’est le cas de le dire) des évocations de la couleur noire n’empêche pas celle-ci de prendre une aspect positif. En tant qu’image de la mort, de al terre, de la sépulture, de la « traversée nocturne » des mystiques, le Noir est aussi attaché à la promesse de l’aurore et l’hiver à celle du printemps. Nous avons en outre que, dans la plupart des Mystères antiques, le Myste  devait passer par certaines épreuves de nuit ou subir des rites dans un obscur souterrain. De même, de nos jours, les religieux et les religieuses meurent au monde dans un cloître.

Le Noir correspond au « Yin » féminin chinois, terrestre, instinctif et maternel. On l’a noté, plusieurs déesses Mères, plusieurs Vierges, sont noires ; la Diane d’Ephèse, la Kali hindoue ou Isis sont représentées en noir : une pierre noire symbolisait la Magna Mater sur le mont Palatin : la Ka’ba de La Mecque, en tant qu’ Anima Mundi, est constituée par un cube de pierre noire et d’innombrables pèlerins vénèrent des Vierges noires dans toutes l’Europe.

Dans le même ordre d’idée, le Cavalier de l’Apocalypse qui monte le cheval noir tient une balance à la main et doit mesurer le froment, l’orge, lhuile et le vin, répartissant ainsi, en une période de famine, les produits récoltés sur le sol terrestre fécond de la Grande Mère du Monde.

Dans les rêves, l’apparitions d’animaux noirs, de « nègres » ou d’autres personnages foncés, montre que nous prenons contact avec notre propre « Univers instinctif primitif » qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

 

2008 02 26

Il était un père à la troisième personne

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 18:10

 

 La nébuleuse du mur (The Wall)

 

*

Chemin de vie

Croisement des rencontres

Père aimant naissant

Nouvelle vie

‘ 

Chemin de vie encore

Homme aimant

Connaissance en encontre

Inconscience et patience

 ’ 

Autant de souvenirs

Femme à chérir

Garçons abandonnés

Fille nouvelle née

‘  

Abandon pur

Passion stérile

Espoir déçu

Compréhension nue

‘ 

Autant de mot brut

Que de raison impure

Autant de soucis gris

Que de vie à bout de cœur

‘ 

Déception intime

Faux-pas de côté

Rejet vital

Pardon pourtant.

‘ 

Eloignement cru

Chômage des partages

Incompréhension subie

Opposition des mots

‘ 

« Amour-Colère »

En épine de croix

« Amour-regret »

Scission des soumissions

‘ 

Un mur est né sourd

Mère abusive du sens

Habitude grise découverte 

Et rébellion des peurs

‘ 

Le mur nourrit

Fissure ses tensions

Cimente ces choix

 Conscience en départ de tendresse opportune

Reste à l’esprit du mur

Troisième personne de la vie

Les bras de son cœur de pierre

Pour renaître à l’amour

‘ 

Que les fenêtres s’ouvrent

La maison se fera ensemble

Elle sera grande si grande

Aura le goût de l’univers

*

ganeshabreizh

2007 02 25

Symbolisme et chiffre : le nombre 5 (cinq)

Classé sous — ganeshabreizh @ 2:50

 

Symbolisme et chiffre : Le nombre 5

*

Hierogamos-Hera zeus- tintoretto

Le nombre cinq tire son symbolisme de ce qu’il est, d’une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2+3) ; d’autre part , le milieu des neuf premier nombres. Il es signe d’union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; nombre aussi du centre, de l’harmonie et de l’équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre de la terre mère (2).

 

hierogamos *********Détail of hiero gamos vers 660

Il est encore symbole de l’homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq parties en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre – abri du cœur – la tête, les deux jambes.

Home symbole du nombre 5

Symbole également de l’univers : deux axes, l’un vertical et l’autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l’ordre et la perfection (Gérard de Champeaux, Dom Sébastien Sterckx (O.S.B.) – p.243, 244, Introduction au monde des Symboles, Paris, 1966).

 

Symbolisme et chiffre :  le nombre 5 (cinq) dans Non classé image001
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…


image001 dans Non classé
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…

 

 

 

 

*Axe du monde*

 

 

 

image002
Le pendant terrestre du Un, centre, axe du monde concret
: souverain de droit divin, prince du sang, montagne, source, etc…
image003
L’Un contenu dans le divers :
monde terrestre des apparences (Maya) et du temps qui passe, individus

 

Il représente aussi les 5 sens et les cinq formes sensibles de la nature : la totalité du monde sensible.

L’harmonie pentagonale des Pythagoriciens laisse sa marque dans l’architecture des cathédrales gothiques. L’étoile à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbolisme hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c’est la quint-essence, ou l’éther. Le cinq par rapport au six est le microcosme par rapport au macrocosme, l’homme individuel par rapport à l’Homme universel.

En Chine également, 5 est le nombre du centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-Chou. La caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s’ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèle s’y adjoignent : le Ciel et la Terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont au nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux,cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l’espace, bien entendu aussi cinq sens. Cinq est le nombre de la Terre : il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l’univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la Terre et le Ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang, de T’ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C’est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l’arc en ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

Dans le symbolisme hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Shiva transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole Shivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangle de feu rayonnants qui sont de linga. Shiva, qui, en tant que Seigneur de l’Univers, domine les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s’identifie à l’axe et n’est généralement pas figurée.

[-L Benoist, L’art du monde, Pris, 1946

- K Battacharya, Les religions brahmaniques dans l’ancien Cambodge, Paris, 1961

- Jean Danielou, Le mystère de l’Avent, Paris, 1948

- M Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934

- René Guénon, Le symbolisme de la croix, Paris, 1931

- René Guénon, La grande triade, Nancy, 1946

-J Lionnet, Le Tao Te King, Paris, 1962

-R.P. Léon Wieger, Caractères chinois, Hien-hien, 1932

-Stella Kramrisch, Arts de l’Inde, Londres, 1955]

Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux, plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs ; cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l’adepte de l’ésotérisme Shingon doit s’efforce d’acquérir, progressivement, pour accéder au niveau de l’éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

Cinq est le nombre des provinces d’Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Munster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d’une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en irlandais mayen coiced, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondateur du panthéon celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux, dont il transcnede tous les aspects : Dadge (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mac Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante, mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. L e shéma est confirmé par César qui, dans le de Bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve. Toutefois chez l’auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait ainsi un symbole de la totalité : totalité du pays d’Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui rassemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait, littéralement trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l’infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d’emploi malaisé.

En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c’est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par une main ouverte. Selon Raphaël Girard (page 198, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954), la sacralisation du chiffre cinq serait lié au processus de germination d u maïs, dont la première feuille sort de terre cinq jour après les semailles. Les Jumeaux Dieux du maïs, après leur mort initiatique, ressuscite des eaux de la rivière cinq jours après que leurs cendres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu’ils apparaissent d’abord sous forme de poissons, puis d’hommes-poissons (sirènes) avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les traits d’un poisson. De nos jours encore les Chorti, descendants des Maya, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans al suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et en Dieu Lune. C’est le Dieu Lune qui conserve le cinq comme symbole numérique (d’où l’analogie avec le poisson, symbole lunaire).

Chez les Chorti également le cycle de l’enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du maïs est le patron des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de raison, c’est-à-dire âgés de moins de cinq ans. (Raphaël Girard, p.201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde qui est son âme, le cinquième jour, de même que le maïs termine sa période de gestation et sort de terre halés par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelé corde ou âme.

Dans la tradition mexicaine, Quetzalcoatl reste quatre jours en enfer avant de renaître le cinquième jour (Raphaël Girard, p.200 et 201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également un dieu solaire.

Cinq est aussi symbole de perfection chez les Maya (J Eric S Thompson, Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouv. édition, 1960) pour qui le cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc, sans discussion le jour du serpent qui envoie la pluie.

Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l’accomplissement d’un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé, mais pas encore manifesté. C’est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s’accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils – et de ces âges – correspondait à l’un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessiné. Il est l’éveil de ce centre le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l’homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au Soleil du Centre la divinité Xiuhtecutli, maître du Feu, représenté quelquefois par un papillon (Jacques Soustelle, La pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940).

Chez lez Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinienne l’associe à l’amour, au printemps, à l’aurore, et à tous les jeux. Le même dieu appelé le chanteur est, chez les Huitchol, l’Etoile du matin.

Reprenant l’interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, Jacques Soustelle, dans son article : Observation sur le symbolisme du chiffre cinq chez les ancien Mexicains, in Actes du XVIII ème congrès international des Américanistes, Paris, 1947, met clairement en lumière l’ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il, est tout d’abord le nombre du monde présent (qui a été précédé de quatre premières ébauches de création) et du centre de la croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acception, d’une part, solaire, donc liée au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d’autre part, sous sa forme interne, terrestre, chtonienne, liée à la nuit et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcoatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l’idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d’une part au soleil, d’autre part à vénus, qui tous deux disparaissent à l’Ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître – renaître – à l’Est, avec le jour. En tant que Seigneur de la maison de l’aurore, Quetzalcoatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représenté sur les manuscrits mexicains, comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise Jacques Soustelle, dans le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l’auto-sacrifice est la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l’idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l’astre, qui conditionne à son tour la vie. De même le Centre du monde, représenté le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. Le Centre du monde est ici le carrefour central, et comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

Rappelons que c’est aux carrefours qu’apparaissent cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui divinisés comme les guerriers morts au combat ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne – ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quand à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que cinq, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l’opposé de sept, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s’oppose à l’heureuse déesse Chicomecoatl, 7ème des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c’est le soleil des mort – le soleil noir – qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut Jacques Soustelle, le nombre 5 symbolise pour les Mexicains, le passage d’une vie à l’autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l’univers.

Le précieux récit du Père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum (Francisco De Avila, De Pricorum Huarichiriensum Origine et Institutis, Madrid, 1942) montre le rôle capital que jouait le nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours, après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n’étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait apparaître leur esprit, sous la forme d’une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges apparaissent un déluge, qui dura cinq jours et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors, les cimes des montagnes s’entrechoquèrent, les mortier et les pierres à moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un en cinq, il fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l’éclair des cinq régions du ciel.

La conception de cinq humanités successives – la nôtre étant la cinquième – se retrouve dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d’or, les hommes de bronze et les demi-dieux – qui périrent au cours de la guerre de Troie – avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d’or sont devenus, les bons génies de la terre, les gardiens de la terre, dispensateurs des richesses (Hesiode, P.121 à 125 – Théogonie, Les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par P Mazon, Paris, 1928) ; leurs successeurs, les hommes d’argent, coupables d’une folle démesure ayant refusés de rendre le culte dû aux Immortels, furent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore (Ibidem 140-144) ; les hommes de bronze, coupables, eux, non de l’orgueil lucifériens de leurs prédécesseurs, mais de l’excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l’Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre (ibidem, 150 à 155) ; quant à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre des soucis, dans les îles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l’Océan (ibidem, 170 à 175), c’est-à-dire à l’extrême Occident, près du jardins des dieux, gardé par les Hespérides, il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des Aztèques.

Pour les Dogon et les Bambara du Mali, l’unique est exceptionnel, non comme un synonyme d’achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d’erreur de la nature : c’est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé, de ce fait, cinq, fait de l’association de quatre, symbole féminin et de un, est lui-même un symbole d’incomplétude, d’impureté, d’inharmonie, d’instabilité, de création inachevée. C’est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs – dont les fausses couches – et à la mort. Cependant il peut être considéré comme un heureux symbole : les Bambara parlent d’un cinquième monde – à venir – qui serait le monde parfait, né de l’association non plus de quatre et un, comme dans le monde actuel, mais de trois et de deux (Germaine Dieterlen, Essai sur la religion des Bambaras, Paris, 1951).

Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l’homme. L’homme se divise, dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur formée par les bras étendus d’une extrémité d’une main à l’autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur, et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l’homme peut s’inscrire dans un carré parfait (M M Davy, P.170, Un traité de la vie solitaire : Lettres aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940-1946). Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l’intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l’homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

Outre les cinq parties égale dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l’homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête, mains, pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la genèse ou il est dit que les poissons et les volatiles furent créer le cinquième jour de la création… Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, L’association de l’un et de l’autre étant androgyne… Ainsi le pentagramme est l’emblème du microcosme et de l’androgyne. Dans les miniatures médiévales, l’homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme.

Le nombre cinq régit donc bien la structure de l’homme (M M Davy, P. 171, Un traité de la vie solitaire : Lettre aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940, 1946).

 

2006 10 8

Se découvrir

Classé sous POESIE — ganeshabreizh @ 21:39

Un trou …

Peu importe la profondeur

Et la couleur qui s’y trouve.

Y être

Avec son corps

Son coeur.

Il est l’heure,

L’âme s’entrouvre.

Son trou…

Mise à nu du sentiment

Terrestre, humain

Tombée au crochet de la vie.

Il suffit au souffle enfant

D’oxygéner demain

Pour créer l’occis,

Le ferment.

Planter le regret,

Déraciner la vengeance,

Extirper l’amertume,

Vider la solitude,

Laisser aux autres le jugement humain,

Accepter de Dieu celui de son essence.

Renaître après s’être dépouillé.

*

Cherchant

ganeshabreizh

*

Trou dans la croûte minérale

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