Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2008 07 4

Satan, L’enfer et les symbolismes qui s’y rattachent.

Classé sous — ganeshabreizh @ 12:10

Satan, L’enfer et les symbolismes qui s’y rattachent. 

                                          

A propos de SatanParmi les diables et les démons, Satan désigne par antonomase l’Adversaire, l’adversaire aussi arrogant que méchant : « Un jour comme les Fils de Dieu venaient de se présenter devant Yahvé, Satan aussi s’avançait parmi eux. Yahvé dit alors à Satan ; D’où viens-tu ? De parcourir la terre, répondit-il, et de m’y promener (Job, 1, 6, 7). 

Ce terme de Satan, l’adversaire, notent les traducteurs de la Bible de Jérusalem, est emprunté, semble-t-il au langage juridique. (Psaumes, 109, 6, 7) Le terme désignera de plus en plus un être foncièrement mauvais et deviendra un nom propre, celui de la puissance du ma, en fait le synonyme du Dragon, du Diable, du Serpent, autres désignations où figures de l’esprit du mal. Satan tente l’homme pour le pousser au péché, comme le serpent de la Genèse. 

Dans la tradition africaine, le mot est venu par l’Islam. Mais ce n’est pas ici l’anti-dieu, car rien ne peut exister contre Guéno (Doondari). C’est un esprit malin, qui agit par de mauvaises suggestions et incitations. (Amadou Ampaté Ba, Kaydara, (document de l’Unesco) p.37). Dans les traditions hermétiques, Satan est un autre nom de Saturne en tant que principe de la matérialisation de l’Esprit, s’est l’Esprit s’involuant, tombant dans la matière, la chute de Lucifer, le porte lumière…Le mythe de Satan résume tout le problème de ce qu’on nomme le mal, qui n’est autre qu’un monstre neptunien. Son existence, toute relative à l’ignorance humaine, n’est qu’une déviation de la lumière primordiale qui, ensevelie en la Matière, enveloppée en l’obscurité et réfléchie dans le désordre de la conscience humaine, tend constamment à se faire jour. Cette déviation, par les souffrances qu’elle entraîne, peut cependant être la véritable hiérarchie des valeurs et le point de départ de la transmutation de la conscience qui devient ensuite capable de réfléchir purement la Lumière originelle.(Marcelle Senard, Le Zodiaque, clé de l’ontologie appliquée à la psychologie, p.315 n, 417, Paris-Lausanne, 1948). 

Pour les cathares, Satan est le démiurge, le créateur du monde. C’est lui qui apparaît et parle à ses prophètes : le Dieu bon, aucun regard ne peut l’apercevoir. Il existe sans doute des rapports entre la pensée des ascètes juifs du XII ° siècle et la doctrine cathare, entre celle-ci et le Livre Bahir, à propos du rôle cosmique de Satan, ainsi qu’entre la démonologie Kabbalistique et celle des cathares concernant les femmes de Satan. C’est surtout Lilith que la tradition retient comme femme de Satan. En dépit des contacts inévitables, les savants juifs de Provence avaient bien conscience de l’abîme qui les séparait des cathares à propos des démons et de ce monde mauvais, qui ne pouvait qu’être l’œuvre de Satan. (Gershom C. Scholem, La Kabbale, p.250 et suivantes, (trad.de l’allemand par Jean Boesse) Paris, 1951). 

Quand à l’Enfer (Hadès) : Les croyances anciennes égyptiennes, grecques, romaines ont beaucoup varié ; aux mêmes époques, elles étaient déjà nombreuses, en voici l’essentiel. Hadès, « l’invisible », selon une étymologie douteuse, est chez les Grecs le dieu des morts. Comme nul n’osait prononcer son nom de crainte d’exciter sa colère, il reçut en surnom celui de Pluton (le Riche), affreuse dérision plutôt qu’euphémisme, pour désigner les richesses souterraines de la terre, parmi lesquelles ses trouve l’empire des morts. La dérision de vient macabre quand on met entre les bras de Pluton une corne d’abondance. En symbolique, toutefois, le souterrain est lieu des riches gisements, des métamorphoses, des passages de la mort à la vie, de la germination. 

Après la victoire de l’olympe sur les Titans, l’univers fut partagé entre les  trois frères, fil de Cronos et de Rhéa : à Zeus revint le Ciel, à Poséidon la Mer, à Hadès le « monde souterrain », les « Enfers » ou le « Tartare ». Maître impitoyable, aussi cruel que Perséphone, sa nièce et son épouse, il ne relâche aucun de ses sujets. Son nom a été donné au lieu qu’il domine ; l’Hadès est devenu le symbole des enfers. Là encore, les traits sont partout les mêmes : lieu invisible, éternellement sans issue (sauf pour ceux qui croyaient aux réincarnations), perdu dans les ténèbres et le froid, hanté par les monstres et les démons, qui tourmentent les défunts. (Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, préface de Ch. Picard ? 3° ed. corrigée, Paris, 1963). Déjà en Egypte, dans le tombeau de Ramsès VI, à Thèbes, les enfers étaient symbolisés par des cavernes remplies de damnés. Mais les morts n’étaient pas tous les victimes d’Hadès. Des élus, héros sages, initiés, connaissaient d’autres séjours que les Enfers ténébreux, Iles fortunés, Champs Elysées, où la lumière et le bonheur leur était prodigués. 

Paul Diel (psychologue français d’origine autrichienne, philosophe de formation) interprète l’enfer dans la perspective de l’analyse psychologique et éthique : « Chaque fonction de la psyché est représenté par une figure personnifiée et le travail intrapsychique de sublimation ou de pervertissement se trouve exprimé par l’interaction de ces personnages significatifs. L’esprit est appelé Zeus ; l’harmonie des désirs, Apollon ; l’inspiration intuitive , Pallas Athéné ; le refoulement, l’Hadès ; etc., l’élan évolutif (le désir essentiel) se trouve représenté par le héros ; la situation conflictuelle de la psyché humaine par le combat contre les monstres du pervertissement » (Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque, Préface de Gaston Bachelard, Paris, 1952 ;nouvelle édition, Paris, 1966, références prises à la dernière édition, p. 40). Dans cette conception, l’enfer est l’état de la Psyché qui a succombé aux monstres dans sa lutte, soit qu’elle ait accepté de s’identifier à eux dans une perversion consciente. 

Quelques textes religieux moyen-breton mentionnent l’enfer comme étant « an ifern yen » « l’enfer glacé ». Cette expression est si contraire aux normes usuelles qu’on doit la considérer comme une réminiscence d’anciennes conceptions celtiques relatives au « non-être. » 

Dans la cosmologie aztèque, les Enfers sont situés au Nord, pays de la nuit, appelé le « pays de la nuit », appelé le « pays des neuf plaines » ou des neuf enfers. Tous les humains, à l’exception de certaines catégories, héros sacralisés, guerriers morts au combat ou sacrifiés, femmes mortes en couches, enfants mort-nés, viennent des enfers et y retournent, guidé par le chien psychopompe (guide des âmes). Après avoir traversé les huit premiers enfers, ils atteignent le neuvième et dernier, où ils sombrent dans le néant. (Sources Orientales, Les Pèlerinages, III, Paris, 1960). 

Le Dieu des enfers est le cinquième des neuf Seigneurs de la Nuit. Il occupe donc l’exact « milieu » de la nuit ; il est, dirions-nous, le « Seigneur de la Nuit ». Il porte sur son dos le soleil noir. Ses animaux symboliques sont l’araignée et la chouette. 

Pour les peuples turcs altaïques, on se rapproche des esprits des enfers en allant d’Ouest en Est, soit à l’inverse de la démarche du soleil, qui symbolise au contraire le mouvement vital progressif. (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduits de l’allemand par  Jean-Louis Perret, Paris, 1959). 

Cette marche à l’encontre de la lumière, au lieu d’aller à sa poursuite, symbolise la régression vers les ténèbres. 

Dans la tradition chrétienne, le couple lumière ténèbre symbolisera les deux opposés, le ciel et l’enfer. Plutarque décrivait déjà le Tartare comme privé de soleil. Si la lumière s’identifie à la vie et à Dieu, l’enfer signifie la privation de Dieu et de la vie. « L’essence intime de l’enfer est le péché mortel lui-même, dans lequel les damnés sont morts » (Encyclopédie de la Foi, p. 470, Paris, 1965). C’est la perte de la présence de Dieu, et comme aucun autre bien ne peut plus faire illusion à l’âme du défunt, séparée du corps et des réalités sensibles, c’est le malheur absolu, la privation radicale, « tourment mystérieux et insondable ». C’est l’échec total, définitif, irrémédiable, d’une existence humaine. La conversion du damné n’est plus possible ; endurci dans son péché, il est éternellement fixé dans sa peine. 

2008 06 17

propos de Symbolisme – Les Couleurs – II – Rouge, le Rouge : la couleur Rouge ! Le Roux!

Classé sous — ganeshabreizh @ 19:49

 

Et si je vous parlais du Symbolisme du Rouge, la couleur Rouge !

Le Roux!

 

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Universellement considérée comme le symbole fondamental du principe de vie, avec sa force, sa  puissance et son éclat, le rouge, couleur de feu et de sang, possède toutefois la même ambivalence symbolique que ces derniers, sans doute, visuellement parlant, selon qu’il est clair ou foncé.

Le rouge clair, éclatant, centrifuge, est diurne, mâle, tonique, incitant à l’action, jetant comme un soleil son éclat sur toute chose avec une immense et une irréductible puissance. Le rouge sombre, tout au contraire, est nocturne, femelle, secret et, à la limite, centripète ; il représente non l’expression mais le mystère de la vie. L’un entraîne, encourage, provoque, c’est le rouge des drapeaux, des enseignes, des affiches et emballages publicitaires ; l’autre alerte, retient, incite à la vigilance et, à la limite, inquiète : c’est le rouge des feux de circulation routière, la lampe rouge interdisant l’entrée d’un studio de cinéma ou de radio, d’un bloc opératoire, etc. C’est aussi l’ancienne lampe rouge des maisons closes, ce qui pourrait paraître contradictoire, puisqu’au lieu d’interdire, elles invitent, mais ne l’est pas, lorsque l’on considère que cette invite concerne la transgression du plus profond interdit de l’époque concernée, l’interdit je té sur les pulsions sexuelles, la libido, les instincts passionnels.

Ce rouge nocturne et centripète est la couleur du « feu central » de l’homme et de la terre, celui du ventre et de l’athanor des alchimistes où, par l’ « œuvre au rouge » s’opère la digestion, le mûrissement, la génération ou la régénération de l’homme ou de l’œuvre.  (L’athanor étant symbole du creuset des transmutations, physiques, morales ou mystiques. Pour les alchimistes, « l’athanor, où s’opère la transmutation, est une matrice en forme d’œuf, comme le monde lui-même, qui est un œuf gigantesque, l’œuf orphique qu’on trouve à la base de toutes les initiations, en Egypte comme en Grèce ; et de même que l’Esprit du Seigneur, ou Ruah Elohim, flotte sur les eaux, de même dans les eaux de l’athanor, doit flotter l’esprit du monde, l’esprit de vie, dont l’alchimiste doit être assez habile pour s’emparer. » [Marcel Griaule, Masques Dogons, p.392, Paris, 1938.]). Les alchimistes occidentaux, chinois et islamiques, utilisent le sens du rouge d’une manière identique, et le « soufre rouge » des Arabes qui désigne l’ « homme universel » est directement issu de cette œuvre au rouge, gestation de l’athanor. Ainsi en va-t-il du « riz rouge » dans le boisseau des Chinois, lui aussi feu – ou sang- de l’athanor, lié au cinabre, dans lequel il se transforme alchimiquement, pour symboliser l’immortalité.

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Sous-jacent à la verdeur de la terre, à la noirceur du Vase, ce rouge éminemment « sacré et secret » est le mystère vital caché au fond des ténèbres et des océans primordiaux. C’est la couleur de l’âme, celle de la libido, celle du cœur. C’est la couleur de la Science, de la Connaissance ésotérique, interdite aux non-initiés, et que les Sages dissimulent sous leur manteau ; dans les lames des Tarots, l’ « Hermite », la « Papesse », l’ « Impératrice » portent une robe rouge, sous une cape ou un manteau bleu : tous trois, à des degrés divers, représentent la science secrète.

Ce rouge, on le voit, est matriciel. Il n’est licitement visible qu’au cours de la mort initiatique où il prend une valeur sacramentelle : les initiés aux mystères de Cybèle étaient descendus dans une fosse, où ils recevaient sur le corps le sang d’un taureau ou d’un bélier, placé sur une grille au-dessus de la fosse et rituellement sacrifié au-dessus d’eux [Victor Magnien, les Mystères d'Eleusis (leur origine, le rituel de leurs initiations), Paris, 1950.] tandis qu’un serpent allait boire à même la plaie de la victime.

Aux îles Fidji, dans un rituel analogue, on montrait aux jeunes gens « une rangée d’hommes apparemment morts, couverts de sang, le corps ouvert et les entrailles sortant. Mais à un cri du prêtre, les prétendus morts se dressaient sur leurs pieds et couraient à la rivière pour se nettoyer du sang et des entrailles de porc dont on les avait couverts. » [James George Frazer, The Golden Bough, A Study in Magic and Religion, 3ème éd. Revised and enlarged, 12 vol., « 3« , 425, London, 1911-1915.] . Les « océans empourprés » des Grecs et la « mer Rouge » relève du même symbolisme : ils représentent le ventre où mort et vie se transmutent l’une en l’autre.

Initiatique, ce rouge sombre et centripète revêt aussi une signification funéraire : « La couleur pourpre, selon Artémidore, a rapport avec la mort 3[Ste-Croix ; Mystère du Paganisme, in Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen Age et les Temps Moderne, p. 136-137, Paris, 1837.] – [Artémidore d'Éphèse (dit de Daldis ou Daldien) est un écrivain grec et oniromancien du IIe siècle né à Éphèse. Il a voyagé dans tout le bassin méditerranéen. Son ouvrage en grec intitulé Onirocriticon condense tout le savoir antique sur la divination par le rêve et servira durant des siècles d'ouvrage de référence sur la question. Il fut lu et relu par Freud.]

Car telle est en effet l’ambivalence de ce rouge de sang profond : caché, il est la condition de la vie. Répandu, il signifie la mort. D’où l’interdit qui frappe les femmes en règles : le sang qu’elle rejettent est l’impur, parce qu’en passant de la nuit utérine au jour il renverse sa polarité, et passe du sacré droit au sacré gauche. Ces femmes sont intouchables, et dans de nombreuses sociétés elles doivent accomplir une retraite purificatrice avant de réintégrer la société dont elles ont été momentanément exclues. Cet interdit c’est longtemps étendu à tout homme qui versait le sang d’autrui, fut-ce pour une juste cause ; le bourreau aux habits rouges est comme le forgeron un intouchable, parce qu’il touche à l’essence même du mystère vital, qu’incarne le rouge centripète du sang et du métal en fusion.

Un mythe des îles Trobiand (Mélanésie), rapporté par Bronislaw Malinowski, illustre l’universalité et l’ancienneté de ces croyances : au début des temps un homme apprit le secret de la magie d’un crabe, qui était rouge « à cause de la sorcellerie dont il était chargé ; l’homme tua le crabe après lui avoir extorqué son secret ; c’est pourquoi les crabes aujourd’hui sont noirs, parce qu’ils ont été dépouillés autrefois de leur sorcellerie ; toutefois ils demeurent lents à mourir parce qu’ils ont été jadis les maîtres de la vie et de la mort. » [Bronislaw Malinowski, Mœurs et Coutumes des Mélanésiens, p. 133-134, Paris, 1933.]

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Le rouge vif, diurne, solaire, centrifuge incite, lui, à l’action ; il est image d’ardeur et de beauté, de force impulsive et généreuse, de jeunesse, de santé, de richesse, d’Eros libre et triomphant – ce qui explique qu’en bien des coutumes, telles que la lampe rouge ci-dessus évoquée, les deux faces du symbole sont présentes. C’est la peinture rouge, généralement diluée dans une huile végétale – ce qui augmente son pouvoir vitalisant – dont femmes et jeunes filles, en Afrique Noire, s’enduisent le corps et le visage, au relevé de l’interdit consécutif à leurs premières règles, à la veille de leur mariage, ou après la naissance de leur premier enfant. C’est la peinture rouge – également dilué dans une huile – dont s’ornent jeunes gens et jeunes filles chez les indiens d’Amérique ; elle est censée stimuler les forces et éveiller le désir. Elle prend une vertu médicale et devient une indispensable panacée. C’est le sens aussi des innombrables traditions qui, de Russie jusqu’en Chine et au Japon, associent la couleur rouge à toutes les festivités populaires, et spécialement aux fêtes de printemps, de mariage et de naissance : bien souvent on dira d’un garçon ou d’une fille qu’il est rouge pour dire qu’il est beau ; on le disait déjà chez les Celtes d’Irlande.

Mais incarnant la fougue et l’ardeur de al jeunesse, le rouge est aussi et par excellence, dans les traditions irlandaises, la couleur « guerrière », et le vocabulaire gaélique connaît deux adjectifs très courant pour le désigner : « derg » et « ruadh ». Les exemples existent par centaines, si ce n’est par milliers, et le Dagda dieu-druide  est dit « Ruahd Roghessa» « rouge de » « la grande science ». Quelques textes, dont surtout le récit de la Destruction de l’ « Auberge de Da Derga » connaissent encore des druides rouges ; ce qui est une référence à leurs capacités guerrières et à la double fonction qui leur est assignée, à la fois de prêtre et de guerrier.

La Gaule a honoré de son côté un Mars Rudiobus et un Rudianus (rouge) [Ernst Windisch, Irische Texte, 5 vol., Leipzig, 1880-1905 passim OGAM -Tradition celtique, 12 - p. 452 - 458,  Rennes, 1948.]

Ainsi, avec cette symbolique guerrière, semble-t-il bien que perpétuellement le rouge soit l’enjeu de la bataille – ou de la dialectique – entre ciel et enfer, feu chtonien et feu ouranien. Orgiastique et libérateur, c’est la couleur de Dyonisos. Les Alchimistes, dont nous avons vu les l’interprétation chtonienne du rouge, disent aussi de la pierre philosophale qu’elle « porte le signe du soleil ». On l’appelle encore Absolu, « elle est pure, puisqu’elle est composée des rayons concentrés du soleil. » [Claude d'Yge, Nouvelle assemblée des philosophes chimiques, aperçus sur le grand œuvre des alchimistes, Préface d'Eugène Canseliet, p. 113, Paris, 1954.].

Lorsque le symbolisme solaire l’emporte et que Mars ravit Venus à Vulcain, le guerrier devient conquérant, et le conquérant « Impérator ». Un rouge somptueux, plus « mûr » et légèrement violacé, devient l’emblème du « pouvoir », qui bien vite s’en réserve l’exclusif usage. C’est la pourpre : cette variété de rouge « était à Rome la couleur des généraux, de la noblesse, des patriciens : elle devint par conséquent celle des Empereurs. Ceux de Constantinople étaient entièrement habillés de rouge… Aussi, dans les commencements, y eut-il des lois qui défendait de porter de gueules dans ses armes [in Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen Age et les Temps Modernes, 130-131, Paris, 1837.] ; le Code de Justinien condamnait à mort l’acheteur ou le vendeur d’une étoffe de  pourpre. C’est dire qu’elle était devenue le symbole même du pouvoir suprême : « Le rouge et le blanc sont les deux couleurs consacrées à Jéhovah comme Dieu d’amour et de sagesse. » (Fred. Portal, id. supra, 125, n.3), qui semble confondre la sagesse et la conquête, la justice et la force.

LeTarot ne s’y trompe pas : l’arcane 11 – La Force – qui ouvre de ses deux mains la gueule du lion, porte cape rouge sur robe bleue, tandis que l’arcane 8, « La Justice » cache sa robe rouge sous un manteau bleu, à l’instar de «L’Impératrice ». Ext2riorisé, le rouge devient dangereux comme l’instinct de puissance s’il n’est pas contrôlé ; il mène à l’égoïsme, à la haine, à la « passion aveugle », à « l’amour infernal » (Fred. Portal, id. supra, 131) ; Méphistophélès porte le manteau rouge des  princes de l’enfer, tandis que les cardinaux portent celui des princes de l’Eglise, et Isaïe (1, 18) fait ainsi parler l’Eternel :

                        « Venez et discutons, dit Yavhé,

                        Quand vos péchés seraient comme l’écarlate,

                        Comme neige ils blanchiront,

                        Quand ils seraient rouges comme la pourpre,

                        Comme laine ils deviendront. »

Il n’est pas de peuple qui n’ait exprimé – chacun à sa manière- cette ambivalence d’où provient tout le pouvoir de fascination de al couleur rouge, qui porte en elle intimement liées les deux plus profondes pulsions humaines : action et passion, libération et oppression ; tant de drapeaux rouges, flottant au vent de notre temps, le prouvent !

Ce rouge de « gueules », comme dit le blason, renvoie à l’ambivalence de la « gueule », symbole, essentiellement, d’une libido non différenciée, qui hante les rêves des enfants, dont on connaît l’universelle attirance pour la couleur rouge. La « gueule ou rouge des armoiries, selon La Colombières (Fred. Portal, id. supra, 135.), dénote entre les vertus spirituelles l’ardent amour envers Dieu et le prochain ; des vertus mondaines, vaillance et fureur ; des vices, la cruauté, le meurtre et le carnage ; des complexions de l’homme, la colérique. » De son côté la sagesse des Bambara dit que la couleur rouge « fait penser au chaud, au feu, au sang, au cadavre, à la mouche, à l’agacement, à la difficulté, au Roi, à ce que l’on ne peut toucher, à l’inaccessible. » [Dominique Zahan, Sociétés d'initiation Bambara, le N'Domo, le Kore, p. 19, Paris - La Haye, 1960.]

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En Extrême-Orient, le rouge aussi évoque d’une manière générale, la chaleur, l’intensité, l’action, la passion. C’est la couleur de « rajas » la tendance expansive.

Dans toute l’Extrême-Orient, c’est la couleur du feu, du Sud et parfois de la sécheresse (à noter que le rouge couleur de feu, éloigne le feu : on l’utilise ainsi dans le rite de la construction). C’est aussi la couleur du sang, celle de la vie, celle de  la beauté et de al richesse ; c’est la couleur de l’union (symbolisée par les fils rouges de la destinée noués dans le ciel). Couleur de la vie, c’est aussi celle de l’immortalité, obtenue par le cinabre (sulfure rouge de mercure), par le riz rouge de la Cité des Saules. L’alchimie chinoise rejoint ici le symbolisme de l « œuvre au rouge » de l’alchimie occidentale, et celui du « Soufre rouge » de l’hermétisme islamique. Ce dernier, qui désigne l’ « homme universel », est en fait le produit du premier : la « rubedo » équivaut en effet à l’accession aux « grands Mystères »,  à la sortie de la condition individuelle.

Au Japon, la couleur rouge (Aka) est portée presque exclusivement par les femmes. C’est un symbole de sincérité et de bonheur. D’après certaines écoles shintoïstes, le rouge désigne l’harmonie et l’expansion. Les conscrits japonais portent une ceinture rouge le jour de leur départ, en symbole de fidélité à la patrie. Lorsque l’on veut souhaiter du bonheur à quelqu’un : anniversaire, réussite à un examen, etc., on colore le riz en rouge.

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Le roux est une couleur qui se situe entre le rouge et l’ocre : un rouge terreux. Il rappelle le feu, la flamme, d’où l’expression de « roux ardent ». Mais au lieu de représenter le feu limpide de l’amour céleste (le rouge), il caractérise le feu impur, qui brûle sous la terre, le feu de l’Enfer, c’est une couleur chtonienne.

Chez les Egyptiens, Seth-Typhon, dieu de la concupiscence dévastatrice, était représenté comme roux, et Plutarque raconte qu’à certaines de ses fêtes l’exaltation devenait telle qu’on précipitait les hommes roux dans la boue. La tradition voulait que Judas eût les cheveux roux.

En somme, le roux évoque le feu infernal dévorant, les délires de la luxure, la passion du désir, la chaleur d’ « en bas », qui consument l’être physique et spirituel.

 

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[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

A propos de Symbolisme – Les Couleurs – I – Noir, le Noir : la couleur Noire !

Classé sous — ganeshabreizh @ 6:59

 

Noir, le Noir : la couleur Noire !

 

 

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Contre couleur du Blanc, le Noir est son égal en valeur absolue.

Comme le Blanc il peut se situer aux deux extrémités de la gamme chromatique, en tant que limite des couleurs chaudes comme des couleurs froides. ; selon sa matité ou sa brillance, il devient alors l’absence ou la somme des couleurs, leur négation ou leur synthèse.

Symboliquement, il est le plus souvent entendu sous son aspect froid négatif.

Contre-couleur de toute couleur, il est associé aux ténèbres primordiales, à l’indifférencié originel. En ce sens il rappelle la signification du blanc neutre, du blanc vide, et sert de support à des représentations symboliques analogues, telles que les chevaux de la mort, tantôt blanc, tantôt noirs. Mais le blanc neutre et chtonien est associé, dans les images du mondes, à l’axe Est-Ouest, qui est celui des départs et des mutations, tandis que le noir se place, lui, sur l’axe Nord-Sud, qui est celui de la transcendance absolue et des pôles.

Selon que les peuples placent leur enfer et le dessous du monde vers le Nord ou vers le Sud, l’une ou l’autre de ces directions est considérée comme noire. Ainsi le Nord est-il noir pour les Aztèques, les Algonkin, les Chinois, le Sud pour  les Mayas, et le Nadir, c’est-à-dire la base de l’axe du monde les indiens Pueblo.

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Installé ainsi en dessous du monde, le noir exprime la passivité absolue, l’état de mort accomplie et invariante entre ces deux nuits blanches où s’opèrent, sur ses flancs, les passages de la nuit au jour et du jour à la nuit.

Le noir est donc couleur de deuil, non point comme le blanc, mais d’une façon plus accablante. Le deuil blanc a quelque chose de messianique. Il indique une absence destinée à être comblée, une vacance provisoire. C’est le deuil des Rois et des Dieux, qui vont obligatoirement renaître : le Roi est mort, vive le Roi ! correspond bien à cette cour de France où le deuil se portait en blanc. 

Le deuil noir, lui, est, pourrait-on dire, le deuil sans espoir. « Comme une Rien sans possibilités, comme un Rien mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans l’espérance même d’un avenir, résonne intérieurement le noir», écrit Kandinsky [Vassili Kandinsky, Du spirituel dans l'art, Paris, 1954.]

Le deuil noir c’est la perte définitive, la chute sans retour dans le Néant : L’Adam et Eve du Zoroastrisme, abusés par Ahriman, s’habillent de noir lorsqu’ils sont chassés du Paradis.

Couleur de la condamnation, le noir devient aussi la couleur du renoncement à la vanité de ce monde, d’où les manteaux noirs qui constituent une proclamation de foi dans le Christianisme et dans l’Islam : Le manteau noir des Mawlavi – les Derviches tourneurs du Soufisme (taçawuff) – représente la pierre tombale. Lorsque l’initié le quitte  pour entreprendre sa danse giratoire, il apparaît vêtu d’une robe blanche, qui symbolise sa renaissance au divin, c’eset à dire à la Réalité Véritable : entre temps les trompettes du jugement ont sonné.

En Egypte, « ’après Horapollon, une colombe noire était le hiéroglyphe de la femme qui reste veuve jusqu’à sa mort.» [Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, Paris, 1837].Cette colombe noire peut être considérée comme l’Eros frustré, la vie niée. On sait la  fatalité manifestée par le navire aux voiles noires, depuis l’épopée grecque jusqu’à celle de Tristan.

Mais le monde chtonien, le dessous de la réalité apparente, est aussi le ventre de la terre où s’opère la régénération du monde diurne. « Couleur de deuil en Occident, le noir est à l’origine le symbole de la fécondité, comme dans l’Egypte ancienne ou en Afrique du Nord : la couleur de la terre fertile et des nuages gonflés d’eau de pluie. » [Jean Servier, l'Homme et l'Invisible, p. 96 Paris, 1964]. S’il est en noir comme les eaux profondes, c’est aussi parce qu’il contient la capital de la vie latente, parce qu’il est le grand réservoir de toutes choses : Homère voit l’Océan noir. Les Grandes Déesses de la Fertilité, ces vieilles déesses-mères, sont souvent noires en vertu de leur origine chtonienne : les Vierges noires reconduisent ainsi les Isis, les Athon, les Déméter et les Cybèles, les Aphrodites noires. Orphée dit, selon Frédéric Portal (ib.) : « Je chanterai la nuit, mère des dieux et des hommes, la nuit origine de toutes choses créées, et nous la nommerons Vénus. » Ce noir revêt le ventre du monde, où, dans la grande obscurité gestatrice, opère le rouge du feu et du sang, symbole de la force vitale. D’où l’opposition fréquente du rouge et du noir sur l’Axe Nord-Sud, ou, ce qui revient au même, le fait que rouge et noir peuvent apparaître comme deux substituts, ainsi que le fait remarquer Jacques Soustelle, [la Pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940.] à propos de l’image du monde des Aztèques. D’où aussi la représentation des Dioscures montés sur deux chevaux, l’un noir et l’autre rouge, sur un vase grec décrit par Frédéric Portal, et aussi, sur un autre vase, également décrit par cet auteur, le costume de Camillus, les grand psychopompe des Etrusques, qui a le corps rouge, mais des ailes, des bottines et une tunique noire.

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Les couleurs de « La Mort », Arcane 13 du Tarot, sont significatives. Cette mort initiatique, prélude d’une véritable naissance, fauche le paysage de la réalité apparente – paysage des illusion périssables – d’une faux rouge, tandis que ce paysage est lui-même peint en noir. L’instrument du trépas représente la force vitale et sa victime le néant : fauchant la vie illusoire, l’Arcane 13 prépare l’accès à la vie réelle.

Le symbolisme du nombre confirme ici celui de la couleur ; 13, qui succède à 12, chiffre du cycle accompli, introduit à un nouveau départ, amorce un renouvellement.

Dans le langage du blason, la couleur noire se nomme sable,  ce qui exprime ses affinités avec la terre stérile, habituellement représentée par un jaune ocre, qui est parfois aussi le substitut du noir : c’est ce même jaune de terre ou de sable qui représente le nord, froid et hivernal, pour certains peuples amérindiens, ainsi que pour les Tibétains et les Kalmouk. Le sable signifie prudence, sagesse et constance dans la tristesse et les adversités [Frédéric Portal, des Couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, p. 177, Paris, 1837]. Du même symbolisme relèverait le fameux vers du Cantique des Cantiques : « Je suis noire et pourtant belle, fille de Jérusalem », qui selon des exégètes de l’Ancien Testament, est le symbole d’une grande épreuve. Il n’est peut être pas que cela, car le noir brillant et chaud, issu du rouge, représente, lui, la somme des couleurs. Il devient la lumière divine par excellence dans la pensée des mystiques musulmans. Mevlana Djalâlud-Din Rûmi, le fondateur de l’ordre des Mawlavi ou Derviches Tourneurs, compare les étapes de progressions intérieures du Soufi vers la béatitude à une échelle chromatique. Celle-ci part du blanc, qui représente le Livre de la Loi coranique, valeur de départ passive, par ce qu’elle précède l’engagement du Derviche sur la voie du perfectionnement. Elle aboutit au Noir par le rouge : ce Noir, selon la pensée de Mevlana, est la couleur absolue, l’aboutissement de toutes les autres couleurs, gravies comme autant de marches, pour atteindre au stade suprême de l’extase, où la Divinité apparaît au mystique et l’éblouit. Là aussi le Noir brillant est donc très exactement identique au Blanc brillant. Sans doute peut-on interpréter de la même manière la pierre de la Mecque, elle aussi d’un noir brillant.

On le retrouve en Afrique avec cette profonde patine aux reflets rougeâtres, qui recouvre les statuettes du Gabon gardiennes des sanctuaires où sont conservés les crânes des ancêtres.

Au profane, ce même noir brillant et rougeâtre est le noir « moreau »  des coursiers  de la tradition populaire russe, symbolisant l’ardeur et la puissance de la jeunesse.

Le mariage du noir et du blanc est une hiérogamie ; il engendre le gris moyen, qui, dans la sphère chromatique, est la valeur du centre, c’est-à-dire de l’homme.

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En Extrême-Orient, la dualité du noir et du blanc est, d’une façon générale, celle de l’ombre et de la lumière, du jour et de la nuit, de la connaissance et de l’ignorance, du yin et du yang, de la Terre et du Ciel.

En mode hindou, c’est celles des tendances « tamas » (descendante ou dispersive) et « sattva » (ascendante ou cohésive), ou encore celle de la caste des « shudra » et de la caste des Brahmanes (d’une façon générale, le blanc est la couleur du sacerdoce). Toutefois, « Shiva » (« tamas ») est blanc et « Vishnu » (« sattva ») est noir, ce que les textes expliquent par l’inter dépendances des opposés, mais surtout par le fait que la manifestation extérieure du principe blanc apparaît noire et inversement, de même qu’elle est inversée par la réflexion sur le « miroir » des Eaux.

Le noir est, de façon générale, la couleur de al Substance universelle (« Prakriti »), de la « materia prima », de l’indifférenciation primordiale, du chaos originel, dees eaux inférieures, du nord, de la « mort » : ainsi de la « nigredo » hermétique aux symbolismes hindou, chinois, japonais (ce en quoi il ne s’oppose d’ailleurs pas toujours au blanc mais, par exemple en Chine, au jaune ou au rouge).

Le noir possède incontestablement en ce sens un aspect d’obscurité et d’impureté. Mais inversement, il est le symbole supérieur de la non-manifestation et de la « virginité » primordiale : à ce sens se rattachent le symbolisme des Vierges noires médiévales, celui aussi de Kâlî, noire parce qu’elle réintègre dans l’informel la dispersion des formes et des couleurs.

Dans la « Bhagavad Gîta », c’est véritablement « Krishna », l’immortel, qui est le « sombre », tandis qu’ « Arjuna », le mortel, est le « blanc », images perspectives du « Soi » universel et du « moi » individuel. Nous rejoignons d’ailleurs ici le symbolisme de « Vishnu » et de « Shiva ». L’initié hindou s’assied sur une peau à poils noirs et blancs, signifiant encore le non-manifesté et la manifestation. Dans la même perspective, René Guénon a noté l’important symbolisme des « visages noires » éthiopiens, des « têtes noires » chaldéennes et aussi chinoies (kien-cheou), ainsi que de la « kem », ou « terre noire » égyptienne, toutes ces expressions ayant certainement un sens « central et primordial », la manifestation qui rayonne du centre apparaissant « blanche » comme la lumière.

Car en fait, le « hei » chinois évoque à la fois la couleur noire et la perversion et le repentir ; le noircissement rituel du visage est un signe d’humilité, il vise à solliciter le pardon des fautes. De même, « Malkût » est le second « Hé » du Tétragramme. Exilée et dolente, cette lettre, de taille normale, se rétrécit jusqu’à n’être qu’un petit point noir, qui évoque la forme de la lettre « yod », la plus petite de l’alphabet hébreu.

L’œuvre au noir hermétique, qui est une « mort » et un retour au « chaos » indifférencié, aboutit à l’œuvre au blanc, finalement à l’ « œuvre au rouge » de la libération spirituelle. Et l’embryologie symbolique du Taoïsme fait monter le « principe humide » des noirceurs de l’ « abîme » (k’an) pour l’unir au « principe igné », en vue de l’éclosion de la « Fleur d’Or » : la couleur de l’or est le blanc.

[Louis Chochod, Occultisme et Magie en Extrême-Orient, Paris, 1949.]

[Jean Danielou, le Mystère de l'Avent, Paris, 1948.]

[Mircea Eliade, Forgerons et Alchimiste, Paris, 1956.]

[Pierre Grison, le Traité de la Fleur d'Or du suprême Un, Paris, 1966.]

[René Guénon, le Symbolisme de la Croix, Paris, 1931.]

[René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962.]

[Jean Herbert, Aux sources du Japon : le Shintô, Paris, 1964.]

[Henri Maspero, le Taoïsme, Paris, 1950.]

*

Du point de vue de l’analyse psychologique, dans les rêves diurnes ou nocturnes, comme dans les perceptions sensibles à l’état de veille, le noir est considéré comme l’absence de toute couleurs, de toute lumière. Le noir absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque, avant tout, le « chaos », le néant, le ciel nocturne, les ténèbres terrestres de la nuit, le mal, l’ « angoisse », la tristesse, l’inconscience et la Mort.

Mais le noir est aussi la « terre fertile », réceptacle du « si le grain ne meurt » de l’Evangile, cette terre qui contient les tombeaux, devenu ainsi le séjour des morts et préparent leur renaissance. C’est pourquoi les cérémonies du culte de Pluton, Dieu des Enfers, comprenaient des sacrifices d’animaux noirs, ornés de bandelettes de même couleur. Ces sacrifices ne pouvaient avoir lieu que dans les ténèbres et la tête de la victime devait être tournée vers la terre.

 Le noir rappelle aussi les profondeurs abyssales, les « gouffres » océaniques (« Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune » [Oceano Vox - Victor Hugo]) ; ce qui amenait les anciens à sacrifier des taureaux noirs à Neptune.

En tant qu’évocateur du néant et du chaos, c’est-à-dire de la confusion et du désordre, i lest l’ « obscurité des origines » ; il précède la création dans toutes les religions. Pour la Bible, avant que la « lumière soit, la terre était informe et vide, les ténèbres recouvraient la face de l’Abîme ». Pour la mythologie gréco-latine, l’état primordial du monde était le Chaos ; Le Chaos engendra la Nuit qui épousa son frère l’Erèbe : ils eurent un fils l’Ether.

Ainsi à travers Nuit et Chaos, commence à percer la lumière de la création : l’Ether. Mais entre temps, la Nuit avait engendré, outre le Sommeil et la Mort, toutes les misères du monde comme la pauvreté, la maladie, la vieillesse, etc. Cependant, malgré l’angoisse provoquée par les ténèbres, les Grecs qualifiaient la Nuit d’ « Euphronè », c’est-à-dire la « Mère de bon conseil ». Nous-même disons ; « la Nuit porte conseil. »

C’est qu’en effet, c’est principalement la nuit que nous pouvons progresser en faisant notre profit des avertissements donnés par les rêves, ainsi qu’il est conseillé dans la Bible (Job, 33, 14) et dans le Coran (Sourate, 42).

Si le noir s’attache à l’idée du Mal, c’est-à-dire à tout ce qui contrarie ou retarde le plan d’évolution voulu par le Divin, c’est que ce noir évoque, ce que les Hindous appellent l’Ignorance, l’ « ombre » de Carl Gustav Jung, le diabolique Serpent-Dragon des Mythologies, qu’il faut vaincre en soi pour assurer sa propre métamorphose, mais qui nous trahit à chaque instant.

Ainsi sur quelques très rares images du Moyen Age, Judas le traître apparaît nimbé de noir ;

Ce noir associé au Mal et à l’ « Inconscience » se retrouve dans des expressions telles que : « tramer de noirs desseins », la « noirceur de son âme », un « roman noir ». Quant à « être noir », c’est précisément se trouver dans l’inconscience de l’ivresse. Et si nos turpitudes et nos jalousies sont projetées sur quelqu’un, il devient notre « bête noire ».

Le noir comme couleur marquant la mélancolie, le pessimisme, l’affliction ou le malheur, se rencontreà toutes minutes dans le langage quotidien  nous « broyons du noir »,  nous avons des « idées noires », nous somme d’une « humeur noire », nous nous trouvons dans une « purée noire ». Les écoliers anglais appellent « Black Monday » le lundi de la rentrée des classes et les Romains marquaient d’une « pierre noire » les jours néfastes.

Lorsque le Noir évoque la mort, c’est bien dans les toilettes de deuil et dans les vêtements sacerdotaux des messes des morts ou du Vendredi Saint que nous le retrouvons.

Enfin le noir se joint aux couleurs diaboliques pour évoquer, avec le rouge, la matière en ignition. Satan est appelé le Prince des Ténèbres et Jésus lui-même est parfois représenté en Noir, lorsqu’il est tenté par le Diable, comme recouvert du voile noir de la tentation.

Dans son influence sur le psychisme, le Noir donne une impression d’opacité, d’épaississement, de « lourdeur ». C’est ainsi qu’un fardeau peint en noir apparaîtra plus lourd qu’un fardeau peint en blanc. Cependant un tableau aussi sombre (c’est le cas de le dire) des évocations de la couleur noire n’empêche pas celle-ci de prendre une aspect positif. En tant qu’image de la mort, de al terre, de la sépulture, de la « traversée nocturne » des mystiques, le Noir est aussi attaché à la promesse de l’aurore et l’hiver à celle du printemps. Nous avons en outre que, dans la plupart des Mystères antiques, le Myste  devait passer par certaines épreuves de nuit ou subir des rites dans un obscur souterrain. De même, de nos jours, les religieux et les religieuses meurent au monde dans un cloître.

Le Noir correspond au « Yin » féminin chinois, terrestre, instinctif et maternel. On l’a noté, plusieurs déesses Mères, plusieurs Vierges, sont noires ; la Diane d’Ephèse, la Kali hindoue ou Isis sont représentées en noir : une pierre noire symbolisait la Magna Mater sur le mont Palatin : la Ka’ba de La Mecque, en tant qu’ Anima Mundi, est constituée par un cube de pierre noire et d’innombrables pèlerins vénèrent des Vierges noires dans toutes l’Europe.

Dans le même ordre d’idée, le Cavalier de l’Apocalypse qui monte le cheval noir tient une balance à la main et doit mesurer le froment, l’orge, lhuile et le vin, répartissant ainsi, en une période de famine, les produits récoltés sur le sol terrestre fécond de la Grande Mère du Monde.

Dans les rêves, l’apparitions d’animaux noirs, de « nègres » ou d’autres personnages foncés, montre que nous prenons contact avec notre propre « Univers instinctif primitif » qu’il s’agit d’éclairer, de domestiquer et dont nous devons canaliser les forces vers des objectifs plus élevés.

 

[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter - Collection Bouquins - Ed 1982/.

ISBN - 2.221.50319.8 ]

 

2008 04 4

Drapeau du Tibet

Classé sous A PROPOS DE SYMBOLISME — ganeshabreizh @ 7:17

Drapeau actuel du Tibet - 2008

Symbolisme

  1. La montagne enneigée au centre symbolise la terre du Tibet, bien connue comme étant entourée de monts neigeux.
  2. Les rayons rouges représentent les six tribus à l’origine du Tibet : Sé, Mou, Dhong, Tong, Drou et Ré.
  3. L’alternance des rayons rouges et des rayons bleus foncés du ciel, symbolisent l’activité bénéfique continue des dieux et déités protectrices, l’une rouge, l’autre noire, qui ont depuis des temps très anciens sauvegardé l’autorité religieuse et politique du pays.
  4. Les rayons émanant du soleil qui se lève au-dessus de la montagne enneigée représentent ce dont jouit le peuple tibétain : la liberté, la prospérité, le bonheur matériel et spirituel.
  5. Les deux lions des neiges évoquent l’accomplissement de l’action d’un gouvernement à la fois religieux et laïc.
  6. Le joyau à trois couleurs suggère la vénération du peuple tibétain envers les Trois Joyaux : le Bouddha, son Enseignement et la communauté (Sangha).
  7. Les lions des neiges tiennent le disque représentant le joyau de la joie, qui est de deux couleurs, en tourbillon, et cela fait référence à l’éthique observée selon les grandes traditions et principalement les 10 actions vertueuses et les 16 codes moraux.
  8. La bordure jaune nous fait entrevoir la floraison et le développement des enseignements du Bouddha en un temps et un espace illimités.

NB : Aujourd’hui au Tibet, hisser ce drapeau est considéré par les autorités chinoises comme un acte « séparatiste » portant atteinte à la « sécurité de l’état ». De ce fait, cela reste puni d’une peine très sévère ! C’est pourquoi l’acquisition d’un drapeau tibétain, dans notre monde libre, constitue un acte hautement symbolique et représente votre soutien indéfectible au combat non violent que mène le peuple tibétain depuis 1950 face aux répressions des autorités chinoises.
- Le drapeau tibétain est disponible à la Maison du Tibet, 84 Bd A. Pinard, 75014 Paris.
Drapeau 120×80 cm, 10 € sur place (ouvert de lundi à vendredi, de 09h30 à 18h00) ou 15 € par la Poste.

 

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 Quelques sites intéressant sur le Tibet :

 

http://www.tibet-info.net/www/index.php

http://cercletibetverite.unblog.fr/

 

2008 01 28

Emotions, essence de vie – Recueil de poésie écrit par Lunessences aux Editions Chloé des Lys – [Ainsi que le clip de Father chanté par Helène Ségara - 6'02"] et [documentaires sur le Tigre - Un premier de 2'51" emplies de symbolisme, suivi d'un second de 6'53" d'une réelle émotion] terminé par Nigthtwish et Lacrimosa dans deep silence complete – 4’03 » – +=+ Lacrimosa dans Alleine zu zweit – 3’28

Classé sous A la découverte de ... — ganeshabreizh @ 20:47

Essence de lune aquatique

Lunessences

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 C’est en corrélation avec celui du soleil que se manifeste le symbolisme de la lune. Ses deux caractères les plus fondamentaux dérivent, d’une part, de ce que la lune est privée de lumière propre et n’est qu’un reflet de soleil  ; d’autre part, de ce qu’elle traverse des phases différentes et change de forme. C’est pourquoi elle symbolise la dépendance et le principe féminin (sauf exception), ainsi que la périodicité et le renouvellement.

A ce double titre, elle est symbole de transformation et de croissance.

*

Voici, je viens avec un plaisir immense vous emmener sur les pas d’un univers aux sens de Lunessences, à la découverte de ses contraires et de l’amour qu’elle a des mots dans tous ses quotidiens de vie et de pensée.

ganeshabreizh

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http://www.dailymotion.com/video/x2jjon

Father – Hélène Ségara – 4’11 »

 

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 Mon père,

Ses joues ravagées de sillons profonds, sa peau couleur terre aride, le nez bosselé et courbé comme le bec d’un aigle laissant échapper des narines évasées, la bouche aux lèvres charnues dessinant encore aujourd’hui le même sourire accueillant depuis tant d’années, m’attendrissent.
Ses sourcils broussailleux gris maintenant abritent encore l’éclat d’acier de ses yeux, qui n’ont rien perdu de leur douceur malgré le temps.

Ce paysage vieilli, couleur sépia, si cher à mon cœur d’enfant me sourit, à moi, l’adulte écervelée et nomade, oubliant les peurs et les déceptions infligées.
Ce cœur, d’amour rempli, me regarde tendrement par delà les épreuves et le temps, m’aime comme avant, il abreuve de bonté et de douceur l’enfant qu’il reconnaît et a toujours aimé.

Une perle de pluie naît au coin de ses yeux d’océan tourmenté, elle raconte le bonheur passé, elle raconte l’amour donné et reçu, les heures passées à bercer l’enfant qui a grandi, comme l’espérance de pouvoir le gourmander longtemps, gentiment.
Son discours est plus lent et sa voix moins tonnante, qu’importe, il est là, devant l’entrée, il m’attend et ses bras sont aussi chauds et accueillants que dans mes souvenirs.
Je n’espère plus, je vis.
Je l’aime, le sait-il ?

                                                    Lunessences

(10/05/2004)

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Emotions, essence de vie - Recueil de poésie écrit par Lunessences édité par les Editions Chloé des Lys (1ère et 4ème de couverture) 

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interview effectué par Aragorn du Forum Ames-Poétiques:

Cela faisait un moment que je voulais une interview de Lunessences, à force de persévérence j’ai enfin réussis à la décider…Et pour rien vous cachez je ne suis pas déçus…Vous trouverez quelqu’un qui à vécu avec un oeil réfléchit sur ce qu’est la vie, ce qu’on doit d’en faire…Une personne qui garde un peu de son jardin secret…Quelqu’un de bien vous allez voir.

Pour commencer Lune, le résumé du film de ta vie c’est quoi?
Une adolescence qui ne dérogea pas aux règles de la majorité des jeunes,
quelques petites bêtises au collège et au lycée, une ambition démesurée
qui a fait un saut de 10 étages quand j’ai compris certaines réalités
de la vie. Des études donc interrompues mais aujourd’hui sans regret.
Maman de bonne heure, vivre en liberté devinrent mes objectifs. Très
maman poule j’ai appliqué la loi des femelles sauvages, protection et
prévention pour ma progéniture en leur apprenant très tôt à être
indépendant. Aujourd’hui mes enfants ont respectivement 27 et 23 ans,
et j’avoue qu’ils ont bien profité des enseignements de la vie.

Lunessences au quotidien, c’est qui, c’est quoi, c’est comment?
Lunessences (je vais me là jouer à la Delon) est une « chieuse », exigeante envers elle-même et envers les autres. C’est une femme parfois, une
insatisfaite tout le temps. Lunessences c’est terrible, car tellement
simple pourtant….

Une personne qui a marqué ton enfance?
Sans réfléchir : mon père.

Et à quoi rêvait Lunessences petite fille?
Je rêvais d’être une fée ou un avocat.

Ta scolarité et toi? C’était haine, amour, long fleuve tranquille…
J’ai toujours adoré l’école, apprendre, connaître, tout comprendre sauf les maths (j’ai horreur de ça !). Beaucoup de plaisirs dans ma scolarité, mais elle fût sabordée par l’envie d’indépendance et de liberté que j’éprouvais, donc j’ai stoppé très tôt mes études. Fini le long fleuve tranquille !

Te souviens-tu du jour où tu as franchis l’âge adulte?
Je m’en souviens parfaitement puisque c’était le 25 août 1980.

Pourquoi cette date, pourquoi le 25 Août 1980?
Date de naissance de ma fille.

La vie pour toi au jour le jour c’est plutôt? La vie en rose, I will survivre, je t’aime, Staying alive ou je marche seul…
Je pense un peu comme tout le monde, un jour avec, un jour sans. J’essaye
en général de me donner toutes les chances ou tous les outils pour
vivre le mieux possible, et pour cela c’est : « the eye of the tiger ».
Il y a des risques à vivre de cette façon là, en particulier d’apprécier la solitude.

Qu’est ce qu’il te fait avancer dans la vie?
Mes objectifs me font avancer, uniquement. Si je n’ai plus de projets je meurs.

Et avec le temps qu’as-tu perdu?
Ma confiance envers l’autre et ma fraîcheur.

Lunessences au quotidien c’est plutôt la passion ou bien la raison?
La passion nous fait sentir la vie battre en nous, vivifiante, elle est son expression extrême. La raison je n’en ai pas.

Une couleur qui te définirait le mieux?
En rouge et noir, mais j’adore le rose fuschia.

Et puis trois de tes qualités et trois de tes défauts?
Exigeante-autoritaire-méfiante-prudente- paradoxalement naïve et enfantine.

Un choix un seul, chocolat, cigarette, alcool ou amour?
Un choix cornélien, un peu d’Absinthe parfois, mais toujours un bout de chocolat et une cigarette après l’amour.

Et bien oui, cela serait trop facile sinon…Une question d’ordre plus générale maintenant tu es plutôt Tv, radio, livre?
Les trois : La télé pour les films,
La radio pour la musique,
Les livres, pour l’enseignement et la mémoire de l’humanité.

Tu invites trois personnalités actuellement dans l’actualité à manger chez toi, tu choisis qui?
Un spécialiste dans le droit au travail,
Un dans la défense des Droits de l’homme,
Et Casanova.

Al Gore frappe à ta porte, c’est quoi ta réaction?
Dehors ! Va signer le protocole de Kyoto, on verra après, hypocrite et menteur !

Attention Al Gore c’est un prix Nobel…En parlant de prix Nobel Je t’en offre un, lequel choisis-tu?
Prix Nobel : Aucun, ils ne servent à rien sauf aux buts mercantiles et publicitaires.

Qu’aimerais-tu inventer?
La société a pour valeur majeure le profit à tout prix, donc je souhaiterais
réinventer l’altruisme, surtout pour en droguer les Etats-Unis.

Le destin, fiction ou réalité?
Destin espéré ou voulu, on se le donne, le hasard n’existe pas. Il faut du
courage et beaucoup d’amour de soi pour se le forger, hélas, j’en ai
manqué.

Un regret, un seul et unique?
Ne pas avoir compris et accepter plus tôt que l’on a la vie que l’on se donne.

Une épitaphe?
Ne gît pas ici ! ou alors « oh non pas encore !! »

Merci beaucoup Lunessences de t’être ouvert à nous de cette façon, une bien jolie interview il est vrai…On va t’adorer encore plus maintenant…  

Aragorn

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Lien de l’interview pour suivre les commentaires sur le forum:
http://amespoetique.niceboard.com

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 La notion de tigre interviens dans l’Être Lunessence aussi dois-je l’évoquer.

Le tigre évoque, d’une manière générale, les idées de puissance et de férocité ; ce qui ne comporte pas que des signes négatifs. C’est un animal chasseur, et en celà un symbole de la caste guerrière. Dans la géomancie comme dans l’alchimie chinoise, le tigre s’oppose au dragon ; mais s’ il est , dans le premier cas, un symbole malfaisant, il figure dsans le second un principe actif, l’énergie, par opposition au principe humide et passif, le plomb opposé au mercure, le souffle au semen.

Les cinq tigres, symboles desforces protectrices, sont les gardiens des quatre points cardinaux et du centre. On donne d’ailleurs à pluseurs reprise, dans l’histoire et la légende chinoise, l’appellation de cinq tigres (wou ho) à des groupes de guerriers valeureux, protecteurs de l ‘empire. L’apparition d’un tigre blanc est un signe de la vertu royale. Le tigre est plus spécialement un animal du Nord, du solstice d’hiver, où il dévore les influences maléfiques. S’il est parfois la monture d’un Immortel, c’est qu’il est doué lui-même de longévité. Sa force symbolise encore, dans le Bouddhisme, celle de la foi, de l’effort spirituel, traversant la jungle des péchés, elle même figurée par une forêt de bambous….

*

 

Image de prévisualisation YouTube

[C’est tout simplement génial pour qui sait se transposer dans lesymbolisme du Tigre
Belle réalisation.
amicalement
ganeshabreizh
]

 

*

Monstre de l’obscurité et de la nouvelle lune, il est ausi une des figures du monde supérieure, le monde de la vie et  de la lumière naissante. On le voit souvent reproduis laissant échapper de sa gueule  l’être humain, représenté par un enfant. Il es t l’ancêtre su clan, assimilé  à la lune renaissante : la lumière qui revient (Carl Hentze dans Mythes et symboles lunaires, Anvers, 1932 et Mircea Eliade dans Traité d’histoire des religions, Paris, 1949, nouvelle édition, 1964).

…….

 

http://www.dailymotion.com/video/xbohl

 

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Sur le banc du destin

Autre texte pour vous permettre de sentir la necessité qu’il y a  à lire son expression poétique:

Destin…

 

Assise sur un banc, dans cette ville de bruits inutiles,
 j’ai lancé un pont d’espoir et de douleur
 vers des souvenirs qui usent mon cœur.
Images d’odeurs qui font pleurer mes yeux au bord de ta fenêtre.

J’attends, j’attends ma vie depuis que tu es parti, faiblesse d’une femme au cœur tari,
fêlure d’une existence longue de mélancolie.
J’attends… Un rire, une voix, un signe qui jamais ne viendra.
Ame torturée qui ne sais plus vivre,
Cœur aride qui ne peut que survivre…Je suis.

Aujourd’hui, plus jamais ne serai ce que tu as connu, le temps a fait son œuvre, doucement sans bruit s’en est allé… Et s’est perdu.
Assise sur un banc, je regarde ma vie,
ressac éternel pour une erreur commise, un amour interdit
prière indécente pour un amour sacrilège voire libertin
d’un ange et d’une catin.

 

                                                               05/08/2006     

                                        Lunessences 
Copyright SGDL 2006
Tous droits réservés   

 

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http://www.dailymotion.com/video/x1b84o

 

Nightswish et Lacrimosa – Deep silence complete – 4’03″

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                            Ainsi en musique Lunessences vous dit au revoir et à bientôt sur la terres de sa poésie pour un nouveau partage qu’elle commence immédiatement par un dernier texte :

   Ecorchée vive

Il vit haut perché, là où la lune est née, cet homme froid que j’ai touché, hostile et glacial à tout ce qui n’était pas nous.

Je l’ai aimé pour sa beauté d’âme, et j’ai succombé sous le joug de sa chair.
Seigneur de mes nuits je l’ai baptisé et ma peau suinte encore ses caresses et nos ébats.
Il est ce que je suis et ce que je serai,
il est l’homme de toutes les nuits,
il est l’ivresse jusqu’à plus soif,
il est douleur d’aimer,
il est l’esprit fait homme, l’enfant au creux de mon ventre…

L’envie de son corps, de sa peau, ne se tait ni jour, ni nuit,
le désir de gémir sous ses étreintes me tenaille,
écorche ma chair…encore.
la folie me guette, l’odeur de son intimité affole mes sens.

Ange féroce et doux qui m’avez appris cette amoureuse rage, ne soyez plus aveugle et sourd à la luxure de mes suppliques !!
Mais le temps passe et l’automne de ma vie ôte déjà les agréments de ma chair.

                                                                                    Lunessences

                                                                             27/03/2004 

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Tiger moon, la lune du tigre  

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Lunessences par sa Lune du

Tigre salue en vous toutes vos parts de

Soleil et de Lune, elles sont autant de

parts de masculin et de féminin qui

l’habitent.

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Ainsi le fun de la poésie s’accomplit dans un ultime partage en recherche fusionnelle d’échange avec:

 Lacrimosa – Allaine zu zweit – 3’28 »

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http://www.dailymotion.com/video/x3rp1

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Je n’ai vraiment pas envie de vous quitter alors retrouvons-nous sur toutes les pages des « Grenier Des Mots-Reflet » aussi souvent que vous  voudrez partager ; c’est gràce  à vous qu’ils existent au singulier de leurs pluriels.
ganeshabreizh-esotcelt-cherchant-kegineryann-yannesoganesh

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A fleur de peau lunaire et solaire

 

                           

2007 04 23

Symbolisme et chiffre : le nombre 11 (onze)

Classé sous — ganeshabreizh @ 8:40

                                                                           

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Ce nombre est particulièrement sacré dans les traditions ésotériques africaines.

On va même jusqu’à voir dans ce nombre l’une des clés principales de l’occultisme noire. Il est mis en relation avec les mystères de la fécondité.

La femme mère à onze ouvertures, tandis que l’home n’en a que neuf. Le sperme est censé mettre onze jours pour parvenir à destination et féconder l’ovule maternel. L’enfant qui vient au monde recevra les onze forces divines par les onze ouvertures de sa mère. Dans cette tradition, le onze est pris dans un sens favorable, celui qui oriente vers l’idée de renouvellement des centres vitaux et de communication des forces vitales. Mais il est un sens contraire, plus généralement attesté, semble-t-il, en d’autres aires culturelles.

 

S’ajoutant à la plénitude du dix, qui symbolise un cycle complet, le onze est le signe de l’excès, de la démesure, du débordement, dans quelque ordre que ce soit, incontinence, violence, outrance de jugement ; ce nombre annonce un conflit virtuel.

 

Son ambivalence réside en ceci que l’excès qu’il signifie peut-être envisagé, soit comme le début d’un renouvellement, soit comme une rupture ou un détérioration du dix, une faille dans l’univers. C’est en ce dernier sens que Saint Augustin pourra dire que le nombre onze est l’armoirie du péché

. Son action perturbatrice peut être conçue comme un dédoublement hypertrophique et déséquilibrant d’un des éléments constructifs de l’univers (se référer au 10) ; ce qui définit le désordre, la maladie, la faute.

Représentation du côté noir du chiffre onze (http://dicidense.free.fr)

De façon générale, ce nombre est celui de l’initiative individuelle, mais s’exerçant sans rapport avec l’harmonie cosmique, par conséquent d’un caractère plutôt défavorable. Ce caractère est confirmé par le procédé de l’addition théosophique qui, en faisant le total des deux chiffres composants, donne pour résultat deux, c’est-à-dire le nombre néfaste de la lutte et de l’opposition. Onze serait alors le symbole de la lutte intérieure, de la dissonance, de la rébellion, de l’égarement…de la transgression de la loi…du péché humain…de la révolte des anges. (Dr. René Allendy, Le Symbolisme des Nombres, Paris, 1948.)

 

 

Le nombre onze qui parait bien être une clé de la Divine Comédie, tire aussi son symbolisme de la conjonction des nombres 5 et 6, qui sont la microcosme et le macrocosme, ou le Ciel et la Terre.

Onze est le nombre par lequel se constitue dans sa totalité (tch’eng), la voie du Ciel et de la Terre, c’est le nombre du Tao.

 

 

Au contraire, c’est un symbole de discussion et de conflit chez les Bambaras. La onzième étape de leur genèse est celle du soulèvement du dieu de l’air Teliko, contre l’autorité de Faro, dieu d’eau, organisateur du monde.

 

 

Dans la loge des sociétés secrètes, onze drapeaux sont plantés dans le boisseau sous la forme (2 x 5) + 1, en souvenir, dit-on, des deux séries de cinq fondateurs fondu en un.

 

(M. Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934.) – René Guénon, L’ésotérisme de Dante, Paris, 1925.) – (René Guénon, La grande Triade, Nancy, 1946.)

Drapeau canadien

Les onze pointes de la feuille d’érable, emblême du drapeau canadien

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Les mille bras d'Avalokitesvara et ses onze têtes

Avalokitesvara et ses onze têtes symbolisant les onze désirs obstacles à l’illumination.(Tibet)

2007 03 2

Symbolisme et chiffre : le nombre 2 (deux)

Classé sous — ganeshabreizh @ 9:11

 

Symbolisme et chiffre : Le nombre 2

 

 

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Symbole d’opposition, de conflit, de réflexion, ce nombre indique l’équilibre réalisé ou des menaces latentes. Il est le chiffe de toutes les ambivalences et les dédoublements ; Il est la première et la plus radicale des divisions (le créateur et la créature, le blanc et le noir, le masculin et le féminin, la matière et l’esprit, etc.), celle dont découlent toutes les autres, il était attribué dans l’antiquité à la Mère ; il désigne le principe féminin. Et parmi ses redoutables ambivalences, il peut être le germe d’une évolution créatrice aussi bien que d’une involution désastreuse.Masculin féminin astrologique

 

Le nombre deux symbolise le dualisme, sur le quel repose toute la dialectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, tout progrès. Mais la division est le principe de la multiplication, aussi bien que de la synthèse. Et la multiplication est bipolaire, elle augment ou diminue, selon le signe qui affecte le nombre.

 

Les deux exprime donc un antagonisme, qui de latent devient manifeste ; une rivalité, une réciprocité, qui peut être de haine autant que d’amour : une opposition, qui peut être contraire et incompatible, aussi bien que complémentaire et féconde.

 

Une image double dans la symbolique, deux lion, deux aigles, etc., renforce, en la multipliant, la valeur symbolique de l’image ou, à l’inverse, en la dédoublant, montre les divisions internes qui l’affaiblissent.

Naples under double eagle                         * Déité égyptienne-Aker-Double lion-Gardant les deux extrémités du jour.

 

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Toute la symbolique africaine repose sur un dualisme fondamental, considéré comme la loi cosmique par excellence : il y a dans l’homme la mort et la vie, le bien et le mal ; du même Gueno (dieu) viennent le bien et le mal ; toute chose à son aspect positif (diurne) et son aspect négatif (nocturne) ; à noter aussi la rivalité de a gauche et de la droite, du haut et du bas, de l’inférieur et du supérieur en chaque être et dans ses relations avec tout être, des points cardinaux opposés deux par deux, du jour et de la nuit, des sexes…[Hampate Ba, Amadou, Kaydara (document de l’Unesco).]

 

Dans le système arithmosophique des Bambara (du Mali), le chiffre de la dualité initiale et de la gémellité est un symbole d’union, d’amour ou d’amitié. [Germaine Dieterlen, Essai sur la religion des Bambara, Paris, 1951]

 

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Dans le monde celtique, un certain nombre de figures mythiques vont par deux, groupant ainsi des caractères opposés ou complémentaires. Le travail d’exploration et d’interprétation de la mythologie celtique n’est pas assez avancé pour qu’on en puisse nommer un grand nombre avec certitude, mais le couple, la dualité essentielle est, en pays celtique, celle du druide et du guerrier, souvent réunie ou concentrée en une seule entité divine. L’un représente la force, l’autre la sagesse de la tradition. Toute les séries ou constructions mythologiques respectent ce principe dualiste, qui s’intègre facilement dans une série de symboles numéraux couvrant le champ théologique. [Ogam, 12, 209-234 et 349-382, Tradition Celtique, Rennes, 1948.]

 

 

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En ce qui concerne le dualisme Chinois, il convient de se référer à la notion de Yin et Yang que voici :

Le caractère yin se compose de yin (exprimant la présence des nuages, le temps couvert) et de fou (la colline, le versant) ; yang se compose de yang (désignant le soleil élevé au-dessus de l’horizon, son action) et du même radical fou. Il s’agit donc originellement du versant ombreux et du versant ensoleillé d’une vallée, dont l’étude a pu être une des bases d’étude de la géomancie. Par extension, yin et yang désignent l’aspect obscur et l’aspect lumineux de toutes choses : l’aspect terrestre et l’aspect céleste ; l’aspect négatif, et l’aspect positif : l’aspect féminin et l’aspect masculin ; c’est en somme l’expression du dualisme et du complémentarisme universel. Yin et Yang n’existent que l’un par rapport à l’autre. Ils sont inséparables, et le rythme du monde, celui même de leur alternance : Yi yin, yi yang, dit le Hi-tseu : un yin, un yang, une fois yin, une fois yang.

 

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Yin s’exprime dans le Yi-king par la ligne interrompue – -, Yang par la ligne continue – . Leur combinaison forme les trigrammes, les hexagrammes. Trois (ou six) lignes yin, c’est k’ouen, la perfection passive, la Terre ; trois (ou six) lignes yang, k’ien, la perfection active, le Ciel, Terre et Ciel, c’est la polarisation de l’Unité primordiale, du Grand Faite T’ai-ki : Un produit deux dit le Tao (aphorisme 42). L’Unité se polarise, se détermine en yin et yang : c’est le processus de la manifestation cosmique, la séparation en deux moitiés de l’Oeuf du Monde. Je suis Un qui devient Deux, dit une inscription égyptienne antique. D’une autre façon, si l’on se limite au domaine de la manifestation, yang et yin évoque respectivement l’unité et la dualité, la monade et la dyade des Pythagoriciens, l’impair et le pair.

 

Yin yang

Le symbolisme du Yin-Yang s’exprime par un cercle divisé en deux moitiés égales par une ligne sinueuse, une partie noir (yin), l’autre blanche (yang), dont on peut remarquer que la longueur deal séparation médiane est égale à celle de la demi-circonférence extérieure ; que le contour de chaque moitié yin et yang est donc égale au périmètre total de la figure. Un tel diagramme évoque la formule du kabbaliste Knor de Rosenroth : Le Ciel et la Terre étaient attachés l’un à l’autre et s’étreignaient mutuellement. L’alternance, l’union statique du yin et du yang s’expriment aussi par l’échiquier, le mandala quaternaire simple de Shiva. Le T’ai-ki t’ou de Tcheou Touen-yi les représente par trois anneaux concentriques, qu’un diamètre sépare en moitiés, alternativement noires et blanches. Mais leur aspect dynamique, productif (des cinq éléments et des dix mille êtres), en même temps que leur interprétation ne peuvent s’exprimer mieux que par le yin-yang, dont il faut encore observer que la moitié yin comporte un point yang et la moitié yang un point yin, signe de l’interdépendance des deux déterminations, trace de la lumière dans l’ombre et de l’ombre dans la lumière. Du point de vue spirituel, selon Frithjof Schuon, c’est le signe de la Présence réelle dans la nuit de l’ignorance et de l’individualité ou de la nuit dans l’universalité et le jour de la Connaissance. La ligne médiane peut représenter la trace d’une hélice évolutive, ce qui exprime le symbolisme du yin-yang en tant que cycle de la destinée individuelle : c’est l’élément d’une spirale de pas infinitésimale, les deux extrémités de la spire (entrée et sortie de la figure) correspondant à la naissance et à la mort.

 

Au Japon, Jikkan et Jûnishi correspondent au yin et au yang chinois. Il faut encore signaler un symbole très proche : le tomoe (ou plus précisément le mitsu-tomoe) japonais (qu’on dit originaire de Corée). C’est une forme plus dynamique encore du déroulement cyclique, qui représente les tendances cosmiques sous un aspect ternaire, familier à l’Inde. On a aussi noté que les joyaux impériaux du Japon (magatama) avaient la forme du demi yin-yang, proche de celle du croissant lunaire. Le yin-yang avait été mis autrefois en rapport avec les phases de la lune. Il s’agit évidemment encore d’un aspect de l’évolution cyclique, mais qui apparaît ici de nature subsidiaire, car la lune, astre nocturne, est toujours yin par rapport au soleil yang.

 

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Mitsu-tomoe

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[Sources :

 

Dr. Albert Chamfrault, Traité de médecine chinoise, Angoulême, 1957.

 

Marcel Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934.

 

René Guénon, Le symbolisme de la Croix, Paris, 1931.

 

René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, Paris, 1945.

 

Jean Herbert, Aux sources du Japon : Le Shintô, Paris, 1964.

 

Jacques Lionnet, Les origines de la civilisation chinoise d’après les légendes, in Etudes Traditionnelles, Septembre 1956 numéro 334.

 

Matgioi (Albert Puyou Comte de Pouvourville), La voie métaphysique, Paris, 1936.

 

Gershom C. Scholem, la Kabbale et sa symbolique (traduction de Jean Boesse), Paris, 1966.

 

Paul Schilder, L’image du corps, Paris, 1968.

 

R. P. Léon Wieger, Caractères chinois, Hien-hien, 1932.

 

Richard Wilhelm, I Ging, das Buch der Wandlungen, Düsseldorf, 1956.

 

Yüan-Kuang et Ch. Canone, Méthode pratique de civilisation chinoise par le Yi-King, Paris, 1950.]

 

*

 

Ce symbole condense la plus profonde philosophie et la plus caractéristique de l’esprit chinois. Il n’éprouve guère le besoin de faire appel à des idées abstraites de nombre, de temps, d’espace, de cause, de rythme. Pour traduire ces notions, les Chinois ont ce symbole concret qui, avec le Tao, exprime tout l’ensemble de l’ordonnance du Monde et de celle de l’Esprit. Pour eux, il n’y a pas le temps d’une part et l’espace de l’autre ; ils ne peuvent les concevoir indépendamment des actions concrètes. L’action d’un homme, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle, ne peut exister sans eux, de même que le temps et l’espace ne peuvent se concevoir sans action de l’homme.

 

Ils décomposent le temps en périodes et l’espace en régions, les périodes et les espaces sont qualifiés tantôt de yin, tantôt de yang suivant qu’ils sont clairs ou sombres, bons ou mauvais, intérieurs ou extérieurs, chauds ou froid, masculins ou féminin, ouverts ou fermés, etc.

 

Le yin et le yang sont l’analyse et l’image des représentations spatio-temporelles.

 

Très tôt, les chinois s’en sont servis pour l’utilisation religieuse des sites et des occasions ; ces symboles commandaient alors la liturgie et le cérémonial, de même que l’art topographique et chronologique.

 

Le Yin et le Yang, bien qu’ils représentent deux contraires, ne s’opposent jamais, de façon absolue, parce qu’entre eux il y a toujours une période de mutation qui permet une continuité ; tout, homme, temps, espace est tantôt yin, tantôt yang ; simultanément, tout tient des deux par son devenir même et son dynamisme, avec sa double possibilité d’évolution et d’involution.

 

La littérature chinoise se rapporte toujours, sous des allusions plus ou moins claires, au Yin et au Yang.

 

Peux-tu ouvrir et clore les Célestes Battants. (Lao-Tse).

 

Dans le livre de Mao-Tse-Tung, La stratégie de la guerre révolutionnaire, on lira :

 

La Chine est un grand pays où la nuit tombe à l’Ouest, quand le jour se lève à l’Est ; où la lumière se retire au Midi, tandis que le Nord s’éclaire.

 

Et plus loin :

 

L’échec est souvent l’accoucheur du succès.

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Selon l’arithmosophie d’Allendy, deux est le nombre de la différenciation relative, de la réciprocité antagoniste ou attractive. [Dr. René Allendy, 19, Le symbolisme des nombres, Paris, 1948.] Comme tout progrès ne s’opère que par une certaine opposition, tout au moins par la négation de ce que l’on veut dépasser, deux est le moteur du développement différencié et du progrès. Il est l’autre en tant qu’autre. De même si la personnalité se pose en s’opposant, comme on l’a dit, deux est le principe moteur sur la voie de l’individualisation. Les symboles binaires ou les couples (se référer au symbolisme des jumeaux), sont innombrables dans toutes les traditions ; ils sont à l’origine de toute pensée, de toute manifestation, de tout mouvement.

 

*

 

Dans la culture iranienne, on retrouve le chiffre deux attaché aux thèmes suivants :

- le jour et la nuit présenté comme deux aspects de l’éternel retour du temps et du mouvement célestes ;

- le monde d’ici-bas et le monde de l’au-delà, symbolisé par deux demeures ou deux palais (do-sarâ) ;

- la vie terrestre représentée par une demeure faite de poussière, où existent deux portes, l’une pour entrer et l’autre pour sortir, c’est à dire mourir ;

- la brièveté de la vie illustrée par un séjour de deux jours (do-rûza-mâqam) dans ce monde ;

- Les divergences et les différends entre les homes de chaque époque ont été traduits par un climat où règnent deux atmosphères (do-havâî).

 

*

 

Dans les descriptions populaires poétiques de la beauté d’une femme, certaines parties de son corps et de son visage sont associées deux par deux à des images que l’on retrouve dans tous les contes populaires. En voici un exemple :

 

« Deux boucles d’oreilles de perles ornaient ses deux lobes, deux tresses comme deux bouquets de narcisses caressaient la rose de son visage où deux grains de beauté faisaient penser à deux Indous noirs s’asseyant au bord de la source de ses lèvres ; ses deux yeux ressemblaient à deux narcisses, ses deux lèvres à deux cornalines suaves, et ses sourcils étaient dessinés comme deux arcs…. ses deux seins comme deux citrons doux d’Omman se devinaient sous sa chemise de soie… ; ses deux jambes avaient la grâce de deux colonnes d’ivoire, etc. »

 

En témoignage de son respect ou de son amour, au cours de libations, le héros mets les deux genoux sur le sol, en offrant des deux mains une coupe de vin à sa princesse ou à sa bien-aimée.

Pour exorciser les esprits malfaisants ou pour briser l’enchantement d’un château, le héros récite deux rak’at de prières musulmanes.

fateha - first rak'at

 

Pour bien rendre l’image d’un démon, l’accent est toujours mis sur ses deux cornes.Démon

Les principales expressions persanes utilisant le chiffre deux sont très nombreuses et tendent toutes à montrer que les vertus du sujet sont doublées, décuplées, portées en quelque sorte au carré ou à l’infini. Le deux multiplie la puissance à l’infini, dans la symbolique persane. Par exemple, le messager à deux chevaux signifie une extrême rapidité ; une tente à deux compartiments, l’extrême confort, etc.

[Voir par exemple Nizami, Haft-paykar, ed.Vahid Dastgerdi (2° édition), Téhéran 1334 H.s. p. 354, 101-147 ; Mohammad Kâzen, ‘Alamârâ-ye Nâderî, Moscou, 1960, p. 586.]

 

 

 

 

[Autre Source : Dictionnaire des Symboles, Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres

Editions Robert Laffont/Jupiter

Collection Bouquins

Paris, 1969, 1982

ISBN : 2.221.50319.8]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2007 02 25

Symbolisme et chiffre : le nombre 5 (cinq)

Classé sous — ganeshabreizh @ 2:50

 

Symbolisme et chiffre : Le nombre 5

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Hierogamos-Hera zeus- tintoretto

Le nombre cinq tire son symbolisme de ce qu’il est, d’une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2+3) ; d’autre part , le milieu des neuf premier nombres. Il es signe d’union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; nombre aussi du centre, de l’harmonie et de l’équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre de la terre mère (2).

 

hierogamos *********Détail of hiero gamos vers 660

Il est encore symbole de l’homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq parties en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre – abri du cœur – la tête, les deux jambes.

Home symbole du nombre 5

Symbole également de l’univers : deux axes, l’un vertical et l’autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l’ordre et la perfection (Gérard de Champeaux, Dom Sébastien Sterckx (O.S.B.) – p.243, 244, Introduction au monde des Symboles, Paris, 1966).

 

Symbolisme et chiffre :  le nombre 5 (cinq) dans Non classé image001
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…


image001 dans Non classé
L’Un =Tout, axe de l’univers (à la fois sommet, centre, origine, milieu et fin), absence de temps
:
le Dieu Suprême (alliage des pouvoirs divins), le principe cyclique, l’alliage bronze, l’alliage de couleurs, l’alliage de sons (Om, gong), etc…

 

 

 

 

*Axe du monde*

 

 

 

image002
Le pendant terrestre du Un, centre, axe du monde concret
: souverain de droit divin, prince du sang, montagne, source, etc…
image003
L’Un contenu dans le divers :
monde terrestre des apparences (Maya) et du temps qui passe, individus

 

Il représente aussi les 5 sens et les cinq formes sensibles de la nature : la totalité du monde sensible.

L’harmonie pentagonale des Pythagoriciens laisse sa marque dans l’architecture des cathédrales gothiques. L’étoile à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbolisme hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c’est la quint-essence, ou l’éther. Le cinq par rapport au six est le microcosme par rapport au macrocosme, l’homme individuel par rapport à l’Homme universel.

En Chine également, 5 est le nombre du centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-Chou. La caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s’ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèle s’y adjoignent : le Ciel et la Terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont au nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux,cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l’espace, bien entendu aussi cinq sens. Cinq est le nombre de la Terre : il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l’univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la Terre et le Ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang, de T’ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C’est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l’arc en ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

Dans le symbolisme hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Shiva transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole Shivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangle de feu rayonnants qui sont de linga. Shiva, qui, en tant que Seigneur de l’Univers, domine les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s’identifie à l’axe et n’est généralement pas figurée.

[-L Benoist, L’art du monde, Pris, 1946

- K Battacharya, Les religions brahmaniques dans l’ancien Cambodge, Paris, 1961

- Jean Danielou, Le mystère de l’Avent, Paris, 1948

- M Granet, La pensée chinoise, Paris, 1934

- René Guénon, Le symbolisme de la croix, Paris, 1931

- René Guénon, La grande triade, Nancy, 1946

-J Lionnet, Le Tao Te King, Paris, 1962

-R.P. Léon Wieger, Caractères chinois, Hien-hien, 1932

-Stella Kramrisch, Arts de l’Inde, Londres, 1955]

Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux, plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs ; cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l’adepte de l’ésotérisme Shingon doit s’efforce d’acquérir, progressivement, pour accéder au niveau de l’éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

Cinq est le nombre des provinces d’Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Munster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d’une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en irlandais mayen coiced, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondateur du panthéon celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux, dont il transcnede tous les aspects : Dadge (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mac Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante, mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. L e shéma est confirmé par César qui, dans le de Bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve. Toutefois chez l’auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait ainsi un symbole de la totalité : totalité du pays d’Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui rassemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait, littéralement trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l’infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d’emploi malaisé.

En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c’est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par une main ouverte. Selon Raphaël Girard (page 198, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954), la sacralisation du chiffre cinq serait lié au processus de germination d u maïs, dont la première feuille sort de terre cinq jour après les semailles. Les Jumeaux Dieux du maïs, après leur mort initiatique, ressuscite des eaux de la rivière cinq jours après que leurs cendres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu’ils apparaissent d’abord sous forme de poissons, puis d’hommes-poissons (sirènes) avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les traits d’un poisson. De nos jours encore les Chorti, descendants des Maya, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans al suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et en Dieu Lune. C’est le Dieu Lune qui conserve le cinq comme symbole numérique (d’où l’analogie avec le poisson, symbole lunaire).

Chez les Chorti également le cycle de l’enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du maïs est le patron des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de raison, c’est-à-dire âgés de moins de cinq ans. (Raphaël Girard, p.201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde qui est son âme, le cinquième jour, de même que le maïs termine sa période de gestation et sort de terre halés par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelé corde ou âme.

Dans la tradition mexicaine, Quetzalcoatl reste quatre jours en enfer avant de renaître le cinquième jour (Raphaël Girard, p.200 et 201, Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché, Paris, 1954).

Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également un dieu solaire.

Cinq est aussi symbole de perfection chez les Maya (J Eric S Thompson, Maya Hieroglyphic writing, University of Oklahoma, nouv. édition, 1960) pour qui le cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc, sans discussion le jour du serpent qui envoie la pluie.

Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l’accomplissement d’un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé, mais pas encore manifesté. C’est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s’accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils – et de ces âges – correspondait à l’un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessiné. Il est l’éveil de ce centre le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l’homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au Soleil du Centre la divinité Xiuhtecutli, maître du Feu, représenté quelquefois par un papillon (Jacques Soustelle, La pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940).

Chez lez Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinienne l’associe à l’amour, au printemps, à l’aurore, et à tous les jeux. Le même dieu appelé le chanteur est, chez les Huitchol, l’Etoile du matin.

Reprenant l’interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, Jacques Soustelle, dans son article : Observation sur le symbolisme du chiffre cinq chez les ancien Mexicains, in Actes du XVIII ème congrès international des Américanistes, Paris, 1947, met clairement en lumière l’ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il, est tout d’abord le nombre du monde présent (qui a été précédé de quatre premières ébauches de création) et du centre de la croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acception, d’une part, solaire, donc liée au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d’autre part, sous sa forme interne, terrestre, chtonienne, liée à la nuit et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcoatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l’idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d’une part au soleil, d’autre part à vénus, qui tous deux disparaissent à l’Ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître – renaître – à l’Est, avec le jour. En tant que Seigneur de la maison de l’aurore, Quetzalcoatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représenté sur les manuscrits mexicains, comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise Jacques Soustelle, dans le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l’auto-sacrifice est la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l’idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l’astre, qui conditionne à son tour la vie. De même le Centre du monde, représenté le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. Le Centre du monde est ici le carrefour central, et comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

Rappelons que c’est aux carrefours qu’apparaissent cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui divinisés comme les guerriers morts au combat ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne – ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quand à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que cinq, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l’opposé de sept, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s’oppose à l’heureuse déesse Chicomecoatl, 7ème des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c’est le soleil des mort – le soleil noir – qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut Jacques Soustelle, le nombre 5 symbolise pour les Mexicains, le passage d’une vie à l’autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l’univers.

Le précieux récit du Père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum (Francisco De Avila, De Pricorum Huarichiriensum Origine et Institutis, Madrid, 1942) montre le rôle capital que jouait le nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours, après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n’étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait apparaître leur esprit, sous la forme d’une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges apparaissent un déluge, qui dura cinq jours et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors, les cimes des montagnes s’entrechoquèrent, les mortier et les pierres à moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un en cinq, il fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l’éclair des cinq régions du ciel.

La conception de cinq humanités successives – la nôtre étant la cinquième – se retrouve dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d’or, les hommes de bronze et les demi-dieux – qui périrent au cours de la guerre de Troie – avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d’or sont devenus, les bons génies de la terre, les gardiens de la terre, dispensateurs des richesses (Hesiode, P.121 à 125 – Théogonie, Les Travaux et les Jours, le Bouclier, traduit par P Mazon, Paris, 1928) ; leurs successeurs, les hommes d’argent, coupables d’une folle démesure ayant refusés de rendre le culte dû aux Immortels, furent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore (Ibidem 140-144) ; les hommes de bronze, coupables, eux, non de l’orgueil lucifériens de leurs prédécesseurs, mais de l’excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l’Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre (ibidem, 150 à 155) ; quant à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre des soucis, dans les îles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l’Océan (ibidem, 170 à 175), c’est-à-dire à l’extrême Occident, près du jardins des dieux, gardé par les Hespérides, il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des Aztèques.

Pour les Dogon et les Bambara du Mali, l’unique est exceptionnel, non comme un synonyme d’achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d’erreur de la nature : c’est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé, de ce fait, cinq, fait de l’association de quatre, symbole féminin et de un, est lui-même un symbole d’incomplétude, d’impureté, d’inharmonie, d’instabilité, de création inachevée. C’est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs – dont les fausses couches – et à la mort. Cependant il peut être considéré comme un heureux symbole : les Bambara parlent d’un cinquième monde – à venir – qui serait le monde parfait, né de l’association non plus de quatre et un, comme dans le monde actuel, mais de trois et de deux (Germaine Dieterlen, Essai sur la religion des Bambaras, Paris, 1951).

Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l’homme. L’homme se divise, dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur formée par les bras étendus d’une extrémité d’une main à l’autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur, et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l’homme peut s’inscrire dans un carré parfait (M M Davy, P.170, Un traité de la vie solitaire : Lettres aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940-1946). Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l’intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l’homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

Outre les cinq parties égale dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l’homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête, mains, pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la genèse ou il est dit que les poissons et les volatiles furent créer le cinquième jour de la création… Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, L’association de l’un et de l’autre étant androgyne… Ainsi le pentagramme est l’emblème du microcosme et de l’androgyne. Dans les miniatures médiévales, l’homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme.

Le nombre cinq régit donc bien la structure de l’homme (M M Davy, P. 171, Un traité de la vie solitaire : Lettre aux Frères du Mont-Dieu, 2 vol., Paris, 1940, 1946).

 

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