Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2007 03 7

A propos de la Toile : « Le commandement de Rigden Djiepo » (Nicolas Roerich)

Classé sous Decouverte de Jourdan-Migonney-Cocteau-Roerich — ganeshabreizh @ 18:12

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Ce tableau évoque la légende tibétaine de Rigden Djiepo, souverain imaginaire du royaume deShambhala. Il est ici représenté sous la forme d’un immense personnage à coiffe et habits dorés, siégeant sur une estrade recouverte d’un tapis et entouré de flammes rouges. La figure et les flammes qui se détachent nettement sur la montagne obscure située derrière elles, sont stylisées à la manière de l’art religieux tibétain. Les autres éléments de la toile sont les messagers du souverain , dont certains se tiennent à ses pieds alors que d’autres s’éloignent à cheval, portant des lances et des étendards. Ils sont peints à contre-jour sur un fond de montagne éclaboussé des oranges et des roses du soleil couchant. Dans son livre intitulé ‘Shambhala’, Roerich rapporte une conversation avec un lama et qui explique les métaphores contenues dans ce tableau:

« Il est dit que Rigden Djiepo apparaît pour donner des commandements à ses messagers ; que le puissant souverain apparaît sur le rocher noir, sur le chemin du Laddakh ; et que de toutes parts les messagers-cavaliers apparaissent pour l’écouter dans le plus grand recueillement ; et qu’ils partent en toute hâte pour accomplir ce qui a été ordonné par le grand sage. ["Shambhala The Resplendent", 'Shambhala', p12]

Rigden Ddjiepo  est souvent associé à l’incarnation de Bouddha connu sous le nom de Maitreya. On le dépeint en génral en position assise, son pied droit touchant le sol, ce qui signifie qu’il se manifeste aux hommes pour révéler un nouvel enseignement. Roerich le représente le représente en outre en train d’exécuter un « mudra », geste caractéristique, la main droite levée en signe de protection. [James Hall,'Illustrated dictionnary of symbols in Eastern and Western Art' (Londres : John Murray, 1994), pp. 131-133.] A la main gauche il tient le manuscrit de l’avenir  marqué du symbole de Chintamani, cheval mythique d’Asie centrale qui porte sur son dos le trésor du monde.

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Mudra daibutsu

(Mudra pour la méditation)

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On retrouve dans le commandement de Rigden Djiepo les conventions propres au « tanka », ou icone sacrée du Tibet. Roerich les a adaptées à la peinture contemporaine, comme il l’avait fait autrefois pour l’art russe orthodoxe. En règle générale les tankas sont organisés autour d’une figure dominante de taille disproportionnée, située au centre d’un cosmos shématisé. Dans ce cas particulier, la composition est asymétrique, avec la figure située sur la droite, ce qui laisse assez d’espace vide sur la gauche pour suggérer que les messagers devront parcourir une longue distance. Cette apparition exceptionnelle de Rigden Djiepo a lieu non pas au sein du cosmos mais dans un lieu physique déterminé ; le peintre reflète ainsi le caractère spontané des légendes qu’il lui fut donner d’observer dans la vie quotidienne en Orient. ["Shambhala the Resplendant" -'Frontiers of Shambhala'(1928) - 'Shambhala' (New York: Frederick A. Stokes, 1930) p.120]

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Tanka bouddhiste tibétain représentant Avalokitesvara Bodhisattva

[voici un "tanka", bouddhiste tibétain, peint sur tissus, représentant Avalokitesvara Bodhisattva mille yeus et mains protégeant le peuple et veillant sur le genre humain.]

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[Source : Nicolas Roerich "Roerich Est & Ouest" par Kenneth Archer - Edition Parkstone - Parkstone Presse - Bournemouth-Angleterre-1999.ISBN / 1-85995-4 78-2]

A propos de la Toile « La mère du monde » (Nicolas Roerich)

Classé sous Decouverte de Jourdan-Migonney-Cocteau-Roerich — ganeshabreizh @ 18:06

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Nicolas et Elena Roerich naquirent et furent élevés dans la religion chrétienne, mais ils élargirent tous deux leurs horizons spirituels dès les premières années de leur mariage, en Russie, en étudiant d’une part les enseignements hindouistes contemporains de Sri Ramakrishna et Swami Vivékananda et, d’autre part, la religion bouddhiste et la théosophie telle que la concevait Elena Blavatski.

RAMAKRISHNASwami Vivekananda

[L'intérêt d'Héléna Roerich pour Ramkrishna et Vivekananda est visible dans ses lettres (vol. II, 1935-1939, p. 277) on y trouve des références à ses lectures théosophiques post Blavatskienne pendant son séjour aus Etats-Unis. Plus tard elle traduisit en russe l'oeuvre majeur de Blavatsky, 'The Secret Doctrine', écrite à l'origine en anglais. En 1926 elle écrivit et publia à compte d'auteur un ouvrage qui fut traduit en anglais sous le titre de 'Foundation of Buddhism', la version anglaise fut publié à titre posthume (New York : Agni Yoga Society, 1971)]

Elena Blavatski

Ces connaissances se reflètent dans les descriptions picturales que Roerich fit des différentes cultures recontrées lors de ses différents voyages en Orient et en Occident. Elles sont également à l’origine des écrits d’Elena Roerich dans la série Agni Yoga (en 1937 elle avait déjà produit treize volumes), écrits qui exaltent le principe féminin dans la spiritualité moderne.

[Elle écrivit le second volumes de 'Leaves of Morya's Garden (Ilumination), qui fut publié en 1925, puis les ouvrages suivants : 'New Era Community, 1926 ; 'Agni Yoga', 1929 ; 'Infinity' (vol. I et II), 1930 ; 'Hierarchy', 1931 ; 'Heart', 1932 ; 'Fiery World' (vol. I, II et III), 1933, 1934, 1935 ; 'Aum', 1936 ; 'Brotherhood', 1937. En 1938 elle poursuivit son oeuvre avec les quatre volumes de 'Supermundane', dont deux ont été traduits en anglais (New York : Agni Yoga Society, 1994 et 1995.)]

Princesse Maria Tenisheva

Dans sa fresque monumentale intitulée Reine du Paradis, exécutée entre 1911 et 1914 pour l’Eglise du Saint-Esprit de la Princesse Maria Tenisheva à Talaschkino, Roerich avait déjà chercher à universaliser la madone russe. Plus tard il évoqua dans ses écrits et sa peinture des thèmes tels que la supériorité spirituelle de la femme e les manifestations de la Mère divine :

Vierge orthodoxe Odighitria

 

« En Orient aussi bien qu’en Occident, l’image de la mère, de la féminité, représente l’unification parfaite…(la Vierge des orthodoxes) n’est autre que qu’une autre facette de… (la déesse chinois) Kwan Yin, lorsque l’Occident exalte… la madone italienne et se pénètre de la profonde spiritualité des toiles de Duccio et de Fra Angelico, nous pensons également à …(la divinité tibétaine) Dukkar … Toutes les représentation de la Mère du monde … fusionnent en un idéal unique (selon lequel) il doit y avoir non pas division mais construction]. (‘Himavat Diary Leaves’ , Allahabad : Kitabistan, 1946 – pp. 286, 287.)

Déesse Kwan Yin (Kwannon au Japon)Madone des franciscains(1300) - Duccio de Buoninsegna

La Mère du Monde reprend, en les modernisant, les conventions de l’art russes des icônes et des tankas tibétains. Comme dans la première version de 1924, Roerich représente une figure hiératique trônant sur une ïle rocheuse. Les auréoles autour de sa tête et de son corps sont à leur tour entourées du bleu du ciel et de la mer. Dans la version antérieure, c’était la planète Vénus et les constellation d’Orion et de la Grande Ourse qui illuminaient le firmament ; ici, se sont les auras qui émanent d’arhats et de bodhisattvas. Un voile protecteur recouvre la déesse, dissimulant à lhomme ses mystères. Le rôle énigmatique de la femme, dans le monde terrestre et l’univers sacré, est d’aileurs un thème souvent abordé dans l’oeuvre de Roerich et dans celle d’autres symbolistes tels que Lucien Lévy-Dhurmer (Silence, 1985) ou Mikhaïl Vroubel (Princesse-cygne, 1900).

Dukkar (Dukhar ou Dukkhar)

['Silence'  est reproduit en noir et blanc dans l'ouvrage français de Philippe Jullian et traduit en anglais sous le titre de 'The Symbolists' par Mary Anne Stevens (Oxford : Phaidon, 1973), ill. 63. 'Princess-cygne est reproduit en couleur dans Cassou, 'The Concise Encyclopedia of Symbolism4? P; 147]

Silence par Lucien Lévy-Dhurmer

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