Le GRENIER des MOTS-REFLETS – Vol.I

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2008 07 6

Symbolisme et nombre : le treize

ganeshabreizh @ 7:25

  

La Cène peinte par Duccio

 

Dès l’Antiquité, le nombre treize fut considéré comme de mauvais augure. Philippe de Macédoine (360- 3336 av.JC ; père d’Alexandre le Grand), ayant ajouté sa statue à celle des Douze Dieux majeurs, lors d’une procession mourût assassiné peu après au théâtre.

 

Au dernier repas du Christ avec ses apôtres, à la Cène, les convives étaient treize. La Kabbale dénombrait treize esprits du mal. Le 13ème chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et de la Bête.

 

Cependant, le treizième dans un groupe apparaît aussi dans l’Antiquité, comme le plus puissant et le plus sublime. Tel est le cas de Zeus dans le cortège des douze dieux, au milieu desquels il siège ou s’avance, comme un treizième, selon Platon et Ovide, distinct des autres par sa supériorité. Ulysse, le treizième de son groupe, échappe à l’appétit dévorant du Cyclope.

 

Dans l’arithmo – symbologie d’Allendy, « ce nombre représente un principe d’activité 3 s’exerçant dans l’unité d’un tout 10 qui le contient » et qui, en conséquence, le limite. Treize correspondrait à un système organisé et dynamique, mais déterminé et particulier, non pas universel ; il serait en quelque sorte la clé d’un ensemble partiel et relatif. Aussi R  Schwaller l’interprète-t-il comme « la puissance génératrice, bonne ou mauvaise ». Par ses limites statiques (le dénaire statique) et dynamiques (le ternaire actif), 13 marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance, puisque celle-ci est limitée : « effort périodiquement brisé ». D’une façon générale, le treize, comme un élément excentrique,  marginal, erratique, détache de l’ordre et des rythmes normaux de l’univers : « au point de vue cosmique, l’initiative du 13 est plutôt mauvaise, parce que l’action de la créature – non harmonisée avec la loi universelle – ne peut être qu’aveugle et insuffisante ; elle sert à l’évolution de l’individu, mais elle agite l’ordonnance du macrocosme et trouble son repos. C’est une unité secouant l’équilibre des rapports variés dans le monde (12 + 1) ».

 

Chiffre sacré fondamental dans l’astronomie, le calendrier et la théologie des anciens mexicains : les « treize dieux » et le dieu treize dans le Popol – Vuh ; le soleil au zénith et les douze étoiles, les douze « dieux des pluies », hypostase du treizième qui est aussi le premier, ou « grand dieu du ciel » : « La Treizième revient… c’est encore la première. Et c’est toujours la seule, ou c’est le seul moment. Car tu es reine, ô toi ! la première ou dernière… (Gérard de Nerval : Artémis – dans les Chimères). C’est dans ce sens qu’il faut interpréter la Mort, treizième arcane majeur du Tarot : elle ne signifie pas une fin, mais un recommencement après l’achèvement d’un cycle : 13 =  12 + 1.

 

Chez les aztèques, c’est le chiffre des temps lui-même, celui qui représente l’achèvement de al série temporelle, il est associé au chiffre 52, le siècle  aztèque (13 x 4), la « ligature des années » pour la durée des soleils. Le premier et le quatrième soleil, qui ont une durée de 676 ans chacun, sont les plus parfaits, puisqu’ils ne contiennent que les deux nombres : 13 x 52 = 676.

Treize jours, c’est également la durée de la semaine aztèque.

D’une façon générale, ce nombre correspondrait à un recommencement, avec cette nuance péjorative qu’il s’agirait moins de renaître que de refaire quelque chose. Il représenterait, par exemple, la perpétuelle remontée du rocher de Sisyphe, ou le tonneau des Danaïdes impossible à remplir.

 

Mythe de Sisyphe (cratère de Munich)

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